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M.-Ph. Daubresse assure que l’État soulagera les communautés urbaines – Chritian Furling – 11 octobre 2010

Ni les contribuables ni les communautés urbaines ne paieront les pots cassés. Dans sa dotation de compensation, l’État va « neutraliser » cette année le surcoût de la taxe d’habitation induit par la réforme des collectivités. …

C’est ce qu’a assuré, hier, à Lambersart, le ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives, Marc-Philippe Daubresse (UMP).

4,7 millions à Lille

Selon M. Daubresse, le citoyen de Lille ou de Dunkerque ne financera pas la réforme de la taxe professionnelle. Celle-ci pouvait conduire à une hausse de la taxe d’habitation. Bercy a imaginé de transférer sa part départementale aux communes ou groupements de communes. Or, pour des raisons de valeurs locatives et d’abattements, certaines collectivités sont gagnantes (Bordeaux, 8 millions d’euros), d’autres perdantes (Lille Métropole communauté urbaine, 4,7 millions). Soit LMCU paye ces 4,7 millions, soit elle laisse les communes, généralement « aux revenus moyens les plus modestes », reporter la charge directement sur les contribuables.

Le 1er octobre, les élus de LMCU de tous bords ont réclamé que le gouvernement corrige le tir. « Il est fondamental que l’État abonde de 4,7 millions pour notre communauté », a dit Dominique Baert, premier vice-président (PS) aux finances, approuvé par l’UMP Marc-Philippe Daubresse, favorable lui aussi à une réévaluation de la dotation de compensation. Il a pu défendre cette position, parmi d’autres, lors d’une réunion interministérielle qui se traduit aujourd’hui par un courrier d’Alain Marleix, secrétaire d’État aux collectivités territoriales, aux maires de France.

« Cette lettre dit que les niveaux d’abattement des communes et des intercommunalités par rapport aux départements seront neutralisés , détaille M. Daubresse. Et que l’État versera une somme aux agglomérations, dans la dotation de compensation, afin que le système soit neutralisé. Cela coûtera 65 millions à l’État. » Selon lui, les agglomérations gagnantes verront leur compteur remis à zéro, les autres ne paieront plus de surcoût. Adieu les 4,7 millions pour la communauté urbaine de Lille. À l’arrivée, l’ardoise gouvernementale croîtrait de 65 millions.

« Si la somme est bien versée dans la dotation de compensation, c’est notre demande, se réjouissait, hier, prudemment, Dominique Baert. Nous constatons avec satisfaction que l’État nous écoute, nous verrons si nous avons été entendus. Il ne faudrait pas que ces 65 millions soient pris sur une autre dotation. Qu’on mette un sparadrap ici pour rouvrir une plaie ailleurs. La mesure évoquée par M. Daubresse ne figure pas dans le projet de loi de finances 2011, c’est normal, ce serait sans doute un amendement. Je le verrai mercredi, en commission des finances à l’Assemblée. » Hier, la question demeurait, y compris pour M. Daubresse : où seront pris ces 65 millions ? •

Banques : « Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Nous y voilà, l’été qui n’en finit pas d’arriver nous apporte une nouvelle étude sur les banques. D’après la Fédération des centres de gestion agréés, 65% des entreprises seraient satisfaites de leur relation avec leur banque. Conclusion : tout irait bien.

S’il est vrai qu’en politique, 65% d’opinions favorables ressemblent à un satisfecit (50% suffisants à se faire élire), il n’en est pourtant rien en matière commerciale et économique. Car si le marché n’est pas faussé, 35% de clients mécontents représentent un taux catastrophique en termes d’image et de résultat, sans parler du plan actionnarial s’il s’agit d’une entreprise cotée en bourse. Heureusement pour les banques, l’oligopole bancaire bénéficie d’une clientèle captive qui lui permet de ne pas modifier ses pratiques pour maintenir son niveau de résultat, lequel, pour le coup, est effectivement excellent. Tant mieux pour les banques, tant pis pour leurs clients. Et tant pis pour l’économie et les emplois.

Car la réalité est bien là : 35% d’entreprises insatisfaites, ce sont 35% des créateurs d’emplois et de richesse du pays dont les besoins ne sont pas satisfaits. Pour le dire autrement, ce serait 35% d’une équipe sportive qui ferait la compétition en étant sous-oxygénée. On comprend alors sans mal le nombre des abandons, les difficultés à se maintenir en tête du classement et l’impossibilité d’avoir le niveau de performance collectif dont notre économie a besoin pour assurer la croissance nécessaire à la relance et aux financements divers et variés de la solidarité, des soins, de l’éducation, de la culture…

Il faut bien comprendre que la politique des banques en matière de frais, lesquels augmentaient les besoins de financement des entreprises au fur et à mesure que celles-ci rencontraient des difficultés, a eu un effet amplificateur de la crise économique. C’est pourquoi le Cerf n’a eu de cesse d’appeler à un changement de comportement de la part des banques, et de proposer autant des mesures incitatives, de régulation, qu’un encadrement légal, notamment grâce à lapétition contre les abus bancaires. De nombreux députés et sénateurs ont manifesté leur inquiétude sur ce plan, sans que cela n’aboutisse à des propositions ou des mesures concrètes. Le Ministre de l’économie a commandé un rapport sur les frais bancaires, dont l’auteur, un banquier, a rendu les conclusions qui ne sont pas à la hauteur du problème ! Aujourd’hui, enfin, timidement, d’autres organisations patronales commencent à reprendre les positions du Cerf sur un dossier qui reste majeur et qui ne permet aucune impasse.

Les choses avancent, mais trop lentement au regard de l’ampleur des difficultés quotidiennes rencontrées par les entreprises, des enjeux économiques et, il ne faut pas se tromper, politiques. 35% d’entreprises insatisfaites, ce sont près d’1 million de patrons et leur conjoint. Sans parler de leurs salariés qui se sentent menacés.

Par jean-loup DUJARDIN

Consommation : Le pouvoir d’achat a augmenté en 2009.

Le pouvoir d’achat des ménages français a progressé de 1,6% en 2009.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le pouvoir d’achat des ménages français a nettement progressé en 2009, gagnant 1,6% en un an grâce à la baisse de l’inflation. C’est en tout cas ce qui ressort d’une étude publiée ce mardi par l’INSEE.

En raison notamment de la crise économique et de la flambée du chômage, le revenu disponible brut des ménages a en valeur moins augmenté l’an dernier qu’en 2008 (+1,0% après +3,2%). Mais leur pouvoir d’achat s’accélère à +1,6% après +0,4% seulement en 2008, grâce à la baisse des prix à la consommation de 0,6% en 2009.

Ces prix avaient bondi de 2,9% l’année précédente sous l’effet d’une flambée des cours de l’énergie et des produits alimentaires.

« Mesuré au niveau individuel », le pouvoir d’achat (par unité de consommation) progresse en moyenne de 0,8%, après avoir baissé de 0,4% en 2008, précise l’INSEE, qui a introduit ce nouveau mode de calcul afin de répondre à certaines critiques.

La consommation est restée molle

« Malgré l’accélération du pouvoir d’achat, la consommation n’a que modestement progressé » et continue d’augmenter à un « rythme modeste » de +0,6%, après +0,5% en 2008, relève l’INSEE.

La consommation a toutefois résisté malgré la récession record enregistrée l’an dernier : elle contribue pour 0,6 point à la hausse du produit intérieur brut (PIB), alors que celui-ci a chuté de 2,6% au total en 2009.

A l’inverse de la consommation, l’épargne des Français a nettement augmenté : leur taux d’épargne est passé à 16,2% du revenu disponible brut en 2009 (+0,8%), « sans doute pour des motifs de précaution face notamment à la forte dégradation du marché du travail ».

avec AFP.