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Les socialistes se divisent sur la lutte contre les inégalités – Les Echos.fr – 09 novembre 2010.

Le Parti socialiste réunit ce soir son conseil national pour arrêter son projet sur « l’égalité réelle ». Certains de ses dirigeants y voient un « catalogue » et critiquent un manque de réalisme financier. Des reproches mal perçus Rue de Solferino.

La nuit dernière promettait d’être longue pour les socialistes. Objet des débats : le projet du PS pour lutter contre les inégalités. Une « commission des résolutions » devait examiner des dizaines d’amendements sur des sujets aussi divers que la santé, l’éducation, le logement, les discriminations… Aujourd’hui, en fin de journée, le conseil national (parlement) du PS, qui se réunira à l’Assemblée nationale, doit voter sur le texte à propos de « l’égalité réelle » d’une quarantaine de pages qui sera soumis en décembre aux militants.

Ce volet supplémentaire du préprojet présidentiel, après ceux sur l’économie, la rénovation et l’international prévoyait entre autres comme mesures phares : le paiement au forfait des médecins généralistes, la maternelle obligatoire à partir de trois ans, la semaine de cinq jours à l’école, les vacances scolaires d’été raccourcies, un statut social pour les jeunes (allocation d’autonomie pour les étudiants, aide à la recherche du premier emploi), le mariage et le droit à l’adoption pour les couples homosexuels, le congé parental partagé à égalité entre le père et la mère, l’interdiction du crédit revolving et un grand service public de l’eau.

La question du financement

Si le débat promettait d’être long hier soir, c’est que des voix discordantes se sont fait entendre ces derniers jours. En première ligne de la contestation, François Hollande et ses amis. Au nom de la « crédibilité », ils fustigent ce « catalogue irréaliste » au regard de la situat ion des finances publiques. Autre leader très critique, Manuel Valls a prévenu qu’il ne voterait pas le texte « en l’état ». Il estime, comme François Hollande, que « pour être audible, il est plus sage de procéder à une évaluation financière pour chaque mesure ». Souvent peu amène envers la direction, le maire de Lyon, Gérard Collomb, ajoute que « les mesures, chacune séparément, sont parfaites, mais, le problème est que tant que l’on n’a pas répondu à la question du financement, on n’a rien résolu » !

Des reproches que rejette la Rue de Solferino. « Nous ne sommes pas dans le catalogue, nous sommes déjà dans la hiérarchie », plaide Benoît Hamon, le porte-parole du PS, qui a coordonné ce travail sur « l’égalité réelle ». A mots couverts, on estime à la direction du parti que ces critiques contribuent à alimenter l’image d’une gauche dispendieuse alors que « celle qui de toute évidence a un problème avec le déficit, c’est la droite » ! Benoît Hamon précise : « Il y a des déficits d’égalité, qu’il s’agisse de la santé ou de l’éducation par exemple. Oui, nous sommes ambitieux, mais cela ne veut pas dire que nous sommes dépensiers. »

Un membre de l’équipe de Martine Aubry ajoute : « Nous allons préciser les moyens, mais les uns et les autres n’échapperont pas au débat politique sur le projet ». Complétant : « Ils masquent leur absence d’idées en mettant en avant le souci de la bonne gestion des finances publiques. » L’actuelle direction du PS estime que le projet que François Hollande avait validé en 2006 n’est pas très éloigné de celui-ci. « Peut-être, mais la situation du pays n’est plus la même », répond un proche de l’ancien premier secrétaire. Entre l’« ambition » des uns et le « pragmatisme » des autres, les débats promettaient d’être houleux.

Surtout, les principaux reproches qui sont faits aux « opposants », que sont François Hollande et Manuel Valls, sont que leurs attitudes ne seraient qu’une posture visant à les démarquer en vue des primaires socialistes de l’automne 2011. « François prend la posture du candidat crédible, mais il est avant tout un candidat timide ! », s’amuse un proche de Benoît Hamon.

RENAUD CZARNES, Les Echos

Politique de la Ville : Daubresse dénonce les idées du PS – AFP – Le Figaro – 6 novembre 2010.

Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint de l’UMP, a qualifié aujourd’hui « de supercherie » « les propositions pour une nouvelle société urbaine« , présentées aujourd’hui à Lille par le Parti socialiste.

« Après le ‘care’, Martine Aubry annonce le ‘new deal’. A court d’idées et ayant apparemment totalement renoncé à explorer la très grande richesse de la langue française, Martine Aubry utilise un vocabulaire anglo-saxon pour masquer la pauvreté de ses propositions », écrit le ministre de la Jeunesse dans un communiqué.

Pour M. Daubresse, lui-même élu de la banlieue lilloise, « le laboratoire du ‘vivre ensemble’ porté à Lille par Martine Aubry n’est en réalité qu’un village en carton-pâte, tels ceux que traversaient au grand galop jadis Catherine de Russie pour éviter d’affronter la contestation de son peuple ».

« Les socialistes ont laissé en 2000 un champ de ruines en matière de politique de la ville et du logement », dénonce ce proche de Jean-Louis Borloo –ministre de la Ville (2002-2004)– en vantant a contrario les réalisations opérées par la majorité grâce à « l’intervention de l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) ».

« De 2002 à 2010, les efforts conjugués du gouvernement et un engagement financier sans faille de l’Etat ont permis de métamorphoser plus de 400 quartiers de ‘banlieue’ où habitent plus de 3 millions de nos compatriotes », dit-il.

En matière de prévention, le Parti Socialiste ne fait pas autorité -LGM-4 novembre 2010.

C’est avec tristesse et consternation que La Gauche Moderne a pris connaissance de la réaction du Parti Socialiste, suscitée par le rapport de Jean-Marie Bockel consacré à la Prévention de la Délinquance des jeunes, remis au Président de la République le 3 novembre 2010.

En choisissant de prendre comme angle d’attaque bêtement polémique, le constat pourtant partagé par l’ensemble des élus auditionnés quelles que soient leurs appartenances partisanes du lien évident entre délitement de l’autorité parentale, difficulté des familles monoparentales et glissements progressifs pouvant conduire à la délinquance, le PS s’enferme de manière indigne dans l’autisme et le déni du réel.

La Gauche Moderne constate à cet égard avec étonnement que c’est le Secrétaire national à la famille qui a été prié de prendre la plume pour rédiger ce laborieux communiqué. N’eût-il pas été plus cohérent de confier cette tâche au responsable des questions de sécurité ?

La vérité, c’est que malgré les rodomontades de Martine Aubry appelant le PS à porter un projet alternatif sur les questions de sécurité et de prévention, les éléphants n’ont accouché que d’une piètre souris.

Le sursaut moral et politique annoncé avec tambours et trompettes par Madame le Premier Secrétaire a été repoussé sine die, le PS décidant courageusement d’annuler la convention thématique programmée sur ce thème, faute de cohérence, faute de ligne politique et sans doute de consensus interne.

Voilà la triste réalité d’un parti à la dérive qui s’abrite derrière les clichés les plus médiocres de la bienpensance pour masquer sa faillite morale et politique. Les dirigeants socialistes ont beau sauter comme des cabris en criant « police de proximité, police de proximité », l’histoire retiendra que c’est Lionel Jospin qui, pour amadouer l’aile la plus angélique de la défunte gauche plurielle, a fait échouer cette réforme que portait avec volontarisme Jean-Pierre Chevènement, dénoncée comme sécuritaire par les belles âmes enfermées dans la culture de l’excuse.

L’indigence et la malhonnêteté intellectuelles de ce communiqué témoigne de la vacuité sidérale du Parti Socialiste sur cet enjeu de prévention qui constitue pourtant l’un des piliers essentiels d’une politique de sécurité équilibrée articulant prévention, dissuasion et sanction.

La Gauche Moderne invite Monsieur Jean-Patrick Gille ainsi que son homologue chargé des questions de sécurité, à prendre le temps de lire ce rapport, y compris ses annexes où certains élus socialistes de terrain auditionnés se sont montrés beaucoup moins dogmatiques que les hiérarques de Solferino. Quant à la question du diagnostic précoce des enfants en souffrance, La Gauche Moderne invite le PS à faire montre de plus de rigueur et si possibilité d’honnêteté. Jean-Marie Bockel a clairement écrit  qu’il ne souhaitait nullement raviver la polémique suscitée en 2005 par le rapport de l’INSERM, mais qu’il invitait l’ensemble des acteurs à anticiper le risque en étant à l’écoute des signes annonciateurs chez l’enfant d’une détresse pouvant éventuellement aboutir à un comportement de rupture avec la famille et l’école. Tel est le sens du diagnostic précoce ici préconisé.

La majorité de nos compatriotes attendent sur ces questions de la dignité dans le débat public mais aussi des réponses adaptées aux enjeux. Le PS n’en prend pas le chemin. La Gauche Moderne, pour sa part n’attendra pas l’improbable aggiornamento du PS pour continuer d’œuvrer aux côtés du Président de la République et au sein de la majorité à la mise en œuvre d’une politique nationale de la prévention, à la mesure des défis ressentis par nos concitoyens au quotidien.

Le PS juge « aberrant » le rapport Bockel sur la délinquance juvénile – AFP – 4 novembre 2010.

Le Parti socialiste a qualifié jeudi d’ »aberrant » le rapport sur la prévention de la délinquance juvénile du secrétaire d’Etat à la Justice Jean-Marie Bockel, qui reprend notamment l’idée controversée d’un repérage des troubles du comportement dès deux-trois ans.

« Selon cette logique, puisque les enfants en difficulté deviennent des enfants délinquants, il faut chercher à repérer leurs troubles dès la crèche, dès la naissance, voire avant même la naissance », s’indigne le secrétaire national à la Famille Jean-Patrick Gille dans un communiqué.

« Les mères célibataires sont accusées dans le rapport de ne pas s’occuper de leurs enfants », déplore-t-il. « Il est faux de prétendre que c’est l’absence des pères qui rend les enfants délinquants ».

Le PS « demande au gouvernement de ne pas reprendre ce texte aberrant dans un futur projet de loi et d’apporter, à la place, des mesures de soutien aux foyers en difficulté, notamment monoparentaux (…) cela passe par la création d’un véritable service public de la petite enfance et par la possibilité d’une scolarisation dès deux ans ».

Jean-Marie Bockel (ex-PS) a remis mercredi au président Sarkozy un rapport contenant une quinzaine de propositions, dont plus d’un tiers portent sur « la responsabilité parentale ». Il revient également sur l’idée d’un « repérage précoce » des troubles du comportement chez l’enfant.

La gaffe de Hamon, le flou du PS – Guillaume Tabard – Les Echos – 21 octobre 2010.

On comprend l’embarras des dirigeants socialistes. En plaidant ouvertement pour une renégociation de l’allongement de la durée de cotisation, Benoît Hamon a jeté le trouble sur la lisibilité et la crédibilité de la position du PS sur les retraites. Alors qu’il en est le porte-parole ! C’est comme si Frédéric Lefebvre demandait de revenir sur les barrières d’âge inscrites dans le projet du gouvernement…

Il est commode de juger simplement « regrettable » la sortie de Hamon, mardi sur RTL, comme l’a fait la députée Marisol Touraine, auteure du projet PS. Il est facile de reprocher à ce proche d’Henri Emmanuelli de vouloir faire fructifier son capital personnel à la gauche du PS. Bref, il est plus simple de pointer une gaffe que de s’interroger sur la signification et la portée d’une telle position, plus proche d’Olivier Besancenot que de Dominique Strauss-Kahn.

Si la position du PS avait été énoncée avec plus de clarté, le porte-parole du parti n’aurait pas pu s’en démarquer officiellement.

Sur les huit pages du projet en faveur d’un « système universel et personnalisé », adopté le 18 mai, il est glissé d’une simple phrase : « Jusqu’à 2020, des dispositions sont prévues concernant la durée de cotisation. » Avant d’envisager, au conditionnel et de manière restrictive, un nouvel allongement ultérieur. Autrement dit, le PS entérine le passage aux 41,5 ans de cotisation en 2020 prévu par la loi de Fillon de 2003, et qu’il avait alors promis de corriger. C’est un ralliement important mais pas suffisamment assumé. Même si, la semaine dernière dans « A vous de juger », Martine Aubry a confirmé prendre acte de ces 41,5 ans. Benoît Hamon s’est engouffré dans cette timidité pour faire entendre sa singularité.

Cette timidité s’explique aussi par la volonté du PS d’apparaître en phase avec la contestation sociale. Et dans les cortèges de rue, il est plus facile d’être accueilli en défendant le symbole du droit au départ à 60 ans, qu’en avouant qu’une retraite à taux plein ne sera pas envisageable à cet âge. Là encore, Hamon n’a fait que s’appuyer sur l’engagement de Martine Aubry, sur France 2, d’ouvrir une vraie négociation de six mois avec les syndicats. D’autant que la première secrétaire du PS n’a pas précisé si l’allongement de la durée de cotisation faisait partie ou non des sujets à négocier. Ce qui supposerait des financements supplémentaires, alors que le projet prévoit déjà des prélèvements nouveaux.

Mensonges syndicaux et socialistes? Marc d’Here.

Le premier « mensonge » viendrait des syndicats qui annoncent pour les manifestations des chiffres totalement farfelus, et que reprennent les journalistes qui connaissent fort bien leur côté farfelu.

Un élément de  preuve. Deux études faites par un organisme spécialisé espagnol pour France Soir et une autre de « Média part » donnent pour la manifestation de mardi dernier à Paris 80.000 participants. Or la police avait donné 89.000 et les syndicats 330.000 ! On a donc la preuve que ce sont les chiffres de la police qui sont exacts.

D’ailleurs, si l’on veut réfléchir une seconde c’est évident. On peut estimer à 300 le nombre moyen de manifestants passant à un certain point en une minute, ce qui est raisonnable quand on sait que dans toute manifestation il y a des rangs compacts mais d’autres très légers, que certains sont serrés et d’autres très, très espacés, enfin qu’il y a de nombreux moments d’arrêt. Pour parvenir aux 330.000 revendiqués par la CGT et la CFDT,  il faudrait défiler 18 heures !

Pour parvenir aux 80.000 il faut 4 heures et demie, le temps de la manifestation parisienne.

Les syndicats n’ont jamais pu compter 330.000, ce chiffre est manifestement faux,  vraisemblablement inventé de toutes pièces et mensonger !

Le second « mensonge » viendrait à la fois des syndicats et des socialistes. Ils affirment, en chœur et sur tous les tons, que le gouvernement, a refusé tout débat et qu’il fait preuve d’autisme,  en refusant  de bouger et  de modifier son projet.

Or cela ne correspond pas à la réalité. La concertation avec les partis et les syndicats s’est déroulée sur plusieurs mois, les débats très longs au Parlement sont encore prolongés au Sénat! Le texte d’origine a été largement modifié, et  des avancées importantes réalisées sur la pénibilité, les carrières longues, les handicapés, la situation particulière des femmes, sur la participation des hauts revenus au financement…

Aujourd’hui sur les 700 .000 personnes partant chaque année en retraite, plus de 200.000, continueront à pouvoir partir à 60 ans ou 65 ans sans décote…Alors prétendre que le gouvernement n’a rien voulu changer est faux et, encore une fois, vraisemblablement mensonger.

Le troisième « mensonge » est socialiste et vient notamment de Ségolène Royal (mais pas seulement).  Celle-ci qui a appelé sur TF1, les lycéens à descendre dans la rue, prétend que ce n’est pas vrai, aujourd’hui…Il y a quelques millions de téléspectateurs qui savent qu’elle l’a bien dit. Mais au-delà du « cas » particulier( !) que représente l’ancienne candidate à la Présidentielle, les socialistes affirment partout qu’ils ne font rien pour attirer les lycéens et les  faire manifester. Pas de chance,   on a aujourd’hui des témoignages en provenance du lycée Buffon, cités par le JDD.fr, qui montrent le contraire. Les Jeunes Socialistes sont venus dans ce lycée, la semaine passée, mardi et encore ce jeudi. Ils ont distribué des tracts qui jonchent l’entrée de l’établissement. Dessus, deux nombres écrits en gros 60 et 67 ans, laissant entendre que le report de l’âge l’égal de la retraite dépasse largement deux années ! « Le PS racole devant le lycée à visage découvert, commente une surveillante. C’est presque un blocus organisé clé en main! ». Ici, les jeunes socialistes ont aussi fait passer une liste en demandant aux élèves leur numéro de portable pour leur faire parvenir des informations. « On reçoit des textos », explique Luca. « Tout marche par chaîne téléphonique », confirme un autre. Ce qui n’est pas sans irriter quelques rebelles. « J’avais écrit mon numéro sur la liste avant de découvrir ’socialiste’ écrit en bas, tout en petit. Je n’ai pas apprécié », raconte Léo, 16 ans…

Voilà la conception qu’ont  les syndicats et les socialistes de la vérité !  Il s’agit d’un mépris de la démocratie et une manière insupportable de faire de la politique.. Il est vrai que pour les socialistes, ce n’est pas très surprenant quand on se souvient que c’est grâce à une fraude massive, dans sa propre fédération, celle du Nord, que Martine Aubry a pu être élue première secrétaire !

Marc d’Héré

L’UMP accuse Ségolène Royal d instrumentaliser les jeunes – Marie Estelle Pech, Nicolas Barotte – Le Figaro – 13 octobre 2010.

Pour ses proches, elle fait de la politique de manière «très maternelle». Les jeunes sont dans la rue. Ségolène Royal cherche à les comprendre. Mais mardi soir sur TF1, après les manifestations contre la réforme des retraites, l’ex-candidate à la présidentielle est allée plus loin en laissant de l’ambiguïté dans ses propos. «Les jeunes sont assez grands pour savoir ce qu’ils doivent faire, a-t-elle expliqué. À 15 ans, à 16 ans, je pense en effet que les jeunes sont responsables et savent pourquoi ils descendent dans la rue. Je leur demande d’ailleurs de descendre dans la rue, mais de façon très pacifique.»

Généralement, les leaders politiques évitent d’avancer sur ce terrain, pour ne pas être accusés d’inciter la jeunesse à manifester. «Si c’est le sentiment que les déclarations de Ségolène Royal ont donné, alors ce n’était pas une bonne chose», assène un député PS. La droite ne s’y est pas trompée. Mercredi, la majorité s’est déchaînée pour accuser la présidente de Poitou-Charentes «d’irresponsabilité». Au cours de la séance des questions au gouvernement, le président du groupe UMP à l’Assemblée, Jean-François Copé, a même demandé à son homologue, Jean-Marc Ayrault, de la «désavouer».

Ségolène Royal a tenté de corriger le tir elle-même en fin de journée. «Je n’ai jamais appelé les jeunes à manifester dans la rue, a-t-elle assuré sur France Info. Au contraire, j’ai appelé à la prudence.»

Quoi qu’il en soit, le soutien des socialistes n’a pas fait défaut à Royal, officiellement. «Ce n’est pas la droite du CPE et des émeutes qui va nous donner des leçons sur la façon de s’adresser à la jeunesse», a déclaré mercredi le numéro deux du PS, Harlem Désir. «La droite panique, car elle est confrontée à un front des générations.»

Après Ségolène Royal, c’est Martine Aubry qui est attendue sur le sujet. «Il ne faut pas être timoré par rapport à la jeunesse», explique un jeune membre de la direction. «C’est à la première secrétaire, Martine Aubry, d’envoyer des signaux pour dire que le PS sera au rendez-vous.» La polémique est là, néanmoins, sur la manipulation supposée de la jeunesse par le PS. «Cette polémique a quelque chose de poussiéreux. Ce n’est pas le PS qui bloque les lycées» , assure-t-on au sein de la direction . Mais s’il n’existe plus de courroie de transmission comme par le passé, le PS n’est pas non plus indifférent au sujet. Ainsi le Mouvement des jeunes socialistes ne manque pas de fournir à ceux qui le demandent les conseils d’organisation dont ils ont besoin. Le MJS participe, avec vingt et une autres organisations, au collectif «La retraite une affaire de jeunes».

Mouvement spontané et anarchique

Du côté des organisations de jeunesse, on revendique aussi son indépendance. Victor Colombani, fraîchement élu à la tête de l’UNL, première organisation lycéenne, affirme qu’aucune «organisation adulte » n’a lancé d’appel pour mobiliser les lycéens. Si ces derniers manifestent, c’est parce qu’ils seront les premières «victimes » de la réforme des retraites et parce qu’ils refusent «de commencer à travailler à 30 ans pour terminer à 67 ». Les liens de l’UNL avec le milieu politique sont pourtant bien réels. Le principal mouvement lycéen constitue en quelque sorte la branche cadette de l’Unef, lui-même principal mouvement étudiant, très lié au PS. Au PS, les ex-leaders étudiants ne manquent pas, de Benoît Hamon à Bruno Julliard, leader de la lutte anti-CPE en 2006.

Pour autant, les lycéens ne sont pas à proprement parler «téléguidés » par le PS, assure Olivier Vial, du MET-UNI, mouvement étudiant proche de l’UMP. Pas besoin de donner des conseils ou de les orienter : «Ils sont issus du même vivier, du même courant politique, ils développent donc les mêmes idées et les mêmes réflexes. »

Démêler les liens entre les syndicats lycéens, le PS, l’extrême gauche, mais aussi des syndicats comme la CGT ou FO, est difficile. Des membres ou sympathisants des Jeunes communistes ou du Nouveau Parti anticapitaliste y sont aussi impliqués. De même, si les premiers mots d’ordre, le 30 septembre, ont été lancés par la Fidl associée à Force ouvrière (FO), le mouvement est aujourd’hui spontané et anarchique dans de nombreux lycées. D’expérience, au PS, on conclut : «Les manifestations de jeunes, on sait comment cela commence, on ne sait pas comment cela s’arrête.»

Où va la gauche? Claude Imbert – Le Point –30 septembre 2010.

Grèves, défilés : l’exception française fait des siennes ! En Europe, en Occident, les malveillants ricanent et nos amis soupirent. L’étouffement par la rue du pouvoir des urnes les sidère. Et de même sa logique perverse : la rue qui vote avec ses pieds prétend les comptabiliser. D’où cette évaluation bouffonne, du simple au triple, des processionnaires. La crispation populaire sur le régime des retraites, ce refus atavique d’une réforme que toute l’Europe a ralliée, ce déni des réalités du monde nouveau préfacent-ils l’embellie d’une gauche française unique en son genre ? J’y entends plutôt le requiem pathétique d’une exception passée qui rechigne à passer.

En tête du défilé, Martine Aubry, Cécile Duflot, Marie-George Buffet affichaient, coude à coude, le cliché d’une gauche impossible où socialistes, Verts et communistes réchaufferaient le ragoût de feu le Programme commun. Une chimère, évidemment ! Bonne encore pour caresser la conquête du pouvoir. Bonne, ces temps-ci, devant les pas de clerc et foucades de la droite, pour exploiter la sarkophobie ambiante. Et après, pour quoi faire ? Enterrer la réforme des retraites ? Allons donc… Tandis que tendre son rouge tablier pour y cueillir la colère populaire, pardi, pourquoi pas ? Au pouvoir, s’il échoit, on avisera…

Qui peut croire que le socialisme français, seul en Europe, pourrait défier la sanction arithmétique d’un régime condamné par la longévité des retraités ? Et, au-delà, comment braver les contingences du monde tel qu’il est devenu ? Aucun socialiste n’y songe, et DSK moins que personne. Le spectre d’une faillite nationale dissuaderait quiconque voudrait emplir à nouveau le panier percé de l’Etat-mamma. Martine Aubry ménage de son mieux, et tout à la fois, l’illusion électoraliste et la réalité qu’elle connaît. Mais, mariant l’eau et le feu, elle navigue dans la vapeur. Seul DSK, le verni, plane sur le mutisme que le FMI lui impose sur la scène nationale : son silence, du moins, n’insulte pas l’avenir…

Quoi que suggère l’actuelle convulsion française, le socialisme, ces temps-ci, n’est pas à la fête. L’Europe vire à droite. Et, plus fâcheux, à l’extrême droite. L’époque n’est que trop propice aux séductions, à proprement parler  » réactionnaires « . Mais on devrait méditer aussi le déclin plus paradoxal de la gauche un peu partout en Occident, alors même que le capitalisme pâtit de ses délires financiers.

Un intellectuel de gauche italien, Raffaele Simone, trouve à ce déclin une ampleur historique (1). Il voit la gauche durablement plombée par les ruines de l’idéologie d’inspiration marxiste et incapable de  » se hisser à la hauteur des temps « . Il n’insiste guère sur la poussée mondialiste des peuples pauvres et de ses nouveaux molosses, dont l’essor menace le statut défensif des avantages sociaux glanés par la gauche en Occident. La gauche y redécouvre des prolétaires, mais ce ne sont plus les siens : ils envahissent d’ores et déjà les marchés du monde. Là contre, grèves et défilés ne sont que coups d’épée dans l’eau.

Notre visionnaire italien insiste sur le désarroi de la gauche à quitter la  » lutte des classes « , à trouver de nouvelles marques dans nos sociétés contemporaines infantilisées par l’Etat-providence. Celles que Tocqueville pressentit. Il voit ces sociétés dominées par le culte souverain de la consommation, la dévalorisation du travail au profit du loisir, du festif, du virtuel. Il les peint soumises  » à la tyrannie des corps, à un égoïsme arrogant, jeuniste, branché… où tout s’accélère, le succès, l’argent, les amours « . Cette société où le consommateur remplace le citoyen favorise, dit-il, une droite nouvelle, consommatrice, médiatique, méfiante envers les pauvres et les immigrés, flirtant avec le populisme, bref bien accoutrée pour l’ambiance générale de l’époque. Une droite qui n’hésite pas à s’approprier, contre la crise, l’étatisme défensif de la gauche. Raffaele Simone croit la gauche européenne en passe de rater le grand projet européen. » Trop aveugle, dit-il,sur les dommages de l’immigration de masse, trop peu fidèle à l’idéal laïque devant l’islam radical, trop aveugle sur les violences urbaines et l’insécurité. «  Comme sur les nécessités cruciales d’un enseignement performant…

J’ignore si cette perspective éclaire, autant qu’il le croit, le proche avenir. Le fait est qu’elle pointe, pour l’heure, les misères de la gauche française, plus encombrée que d’autres par l’antique fatras idéologique. L’intérêt national, en tout cas, voudrait que ses vieilles oeillères ne précipitent pas la Nation dans une impasse catastrophique. L’alternance démocratique mérite une gauche rénovée. Dieu merci, elle se cherche. Chez elle, les archaïques, étourdis par la colère populaire, protestent qu’ » on ne change pas de peuple « . Certes ! Mais on ne change pas de monde non plus !

Claude Imbert, Le Point

1.  » Le monstre doux. L’Occident vire-t-il à droite ? « , de Raffaele Simone (Gallimard).

Qui a peur de Martine Aubry?…

….Certainement pas le Président. Martine Aubry représenterait l’adversaire idéale de Nicolas Sarkozy à l’élection  présidentielle, où  on voit mal comment elle pourrait l’emporter.

Martine Aubry manque de crédibilité. Deux éléments, dont elle ne parviendra pas à se défaire, la plombent : les 35 heures qu’elle a imposées, et continué à défendre, même après qu’une  majorité des Français ait été convaincu de leur nocivité. Elle restera la « dame des 35 heures » ! Et puis la manière indigne dont elle a pris le pouvoir au PS, avec les tricheries et les fraudes, dans sa propre fédération, celle du Nord, sans lesquelles Ségolène Royal aurait été élue première secrétaire. On en parle moins, mais ce n’est pas oublié et, dans une campagne, elle  ne manquerait pas de voir ressurgir cette faute contre l’éthique,  particulièrement inadmissible et impardonnable pour la fille d’un Jacques Delors, unanimement respecté.

Elle manque aussi de crédibilité car son discours est tout sauf clair. Sur les retraites, elle a changé plusieurs fois de langage, et de position. Le  socialiste Malek Boutih vient de déclarer : « Martine Aubry a un problème avec la vérité politique…Il n’y a qu’à voir la manière dont elle a slalomé sur le dossier des retraites ». Le Figaro rappelle qu’il avait déjà déclaré au mois de juin dernier : « Jacques Delors a souhaité ne pas prendre le pouvoir pour ne pas mentir. Sa fille, elle, ment en permanence pour avoir le pouvoir. »  Toujours cette comparaison avec son père, honnête homme s’il en fût, comparaison qui l’écrase et l’accuse !

Manque de crédibilité encore pour une première secrétaire incapable de trancher, de choisir, ou de faire choisir son parti sur les sujets de fond. Le PS d’Aubry n’a aucun projet, ni l’ombre d’un programme, et lorsqu’il prétend, par la voix de sa première secrétaire,  revenir, au cas où il reprendrait le pouvoir, sur l’âge légal de départ à la retraite à  62 ans, près de 65% des Français n’y croient pas ! Seule avancée de Martine Aubry cette fameuse et fumeuse société du « care » qu’elle nous annonce et qui laisse abasourdis ses camarades,  sceptiques ou franchement rigolards les Français, ceux du moins qui comprennent ce qu’elle a voulu dire !

Manque de crédibilité encore du fait des oppositions qu’elle provoque dans son parti, de la part des « réalistes » ou des sociaux démocrates sincères, à commencer par François Hollande,  qui la voient jour après jour se rapprocher de l’extrême gauche radicale, et se cantonner, par manque d’idées,  dans un « anti sarkozysme » systématique et parfois injurieux. Et elle a le talent de faire revivre une opposition qui avait quasiment disparue, quand, par manque de courage, elle a refusé de débattre des retraites à la télévision, laissant Ségolène Royal y aller à sa place, faire un show remarquable et s’affirmer de nouveau comme sa grande rivale !

Enfin, Martine Aubry manque totalement du charisme nécessaire pour une campagne aussi personnalisée que la campagne présidentielle. Susciter l’enthousiasme est nécessaire si l’on veut pouvoir mobiliser ses partisans et empiéter  sur le terrain de l’adversaire. Malgré ses faiblesses, malgré ses foucades, malgré sa solitude, Ségolène Royal est parvenue à réaliser un score honorable en 2007, car elle a su susciter l’enthousiasme !  Qui pourrait s’enthousiasmer pour Martine Aubry ?

Marc d’Héré

Un regard sur l’actualité (septembre 2010).

Des chiffres encourageants.  L’amélioration de la situation économique de la France se poursuit. L’INSEE nous donne aujourd’hui 3 bonnes nouvelles qui viennent contredire le pessimisme volontairement entretenu par de nombreux médias.

D’abord, concernant la croissance, on apprend qu’au 2ème trimestre celle-ci a été encore plus forte que précédemment  annoncée : 0,7%, au lieu de 0,6%…L’objectif de 1,4% initialement fixé, que les socialistes et certains organes de presse comme Le Monde estimaient irréalisable, sera largement dépassé. Cela permettra d’avoir en fin d’année un déficit public inférieur aux prévisions, autour de 150 milliards d’Euros et de descendre en 2011 à 91 milliards.

On apprend aussi que, toujours durant le 2ème trimestre, le pouvoir d’achat, loin de baisser comme on nous le répète à longueur de colonnes, a augmenté de 0,3% et que la consommation a fait un bond de 0,6% !

Quand au chômage, il a poursuivi et amplifié au 2ème trimestre, la baisse constatée au premier, (60.000 emplois ont été créés sur les 6 premiers mois). Il a aussi baissé au mois de  Juillet, et même si les chiffres d’août seront sans doute  plus difficiles, la tendance à la  baisse est certaine.

A l’évidence, la France est sortie de la crise et elle en sort plus vite que prévu.

Réforme des retraites. La  journée de revendication du 23 septembre  a pu être ressentie comme  une déception  par les syndicats :   nette baisse du nombre de grévistes, dans tous les secteurs, et baisse  aussi du nombre de manifestants qui atteint, si l’on en croit les chiffres officiels, le million, ce qui est important mais loin d’être exceptionnel.

Après  ce relatif échec, les syndicats ont choisi de tenter d’améliorer la mobilisation en décidant de manifester un samedi, le 2 octobre, puis, si nécessaire, de faire un dernier baroud d’honneur  le 12 octobre.

En réponse, le gouvernement, soutenu par la majorité, doit amplifier son travail de pédagogie, tout en   continuant à discuter avec la CGT et la CFDT. Cela devrait conduire à de nouvelles avancées, qui, sans dénaturer le projet de réforme et sans remettre en cause son équilibre financier, permettraient de l’améliorer en  le rendant plus juste. Ces concertations, auxquelles devra s’ajouter une concertation  avec les sénateurs,   pourraient permettre  quelques amendements significatifs sur les trois points de la pénibilité, des carrières longues et particulièrement sur le  cas des personnes ayant subi de longues interruptions dans leur vie professionnelle,  et qui pour la plupart sont des femmes. Je souhaiterais aussi qu’il décide de faire davantage participer au financement de cette réforme,  les hauts revenus et les revenus du capital.

Quoi qu’il en soit, il est assez clair aujourd’hui que, sauf catastrophe imprévisible ou maladresse insigne et malgré quelques difficultés qui ne manqueront pas d’apparaître, le projet de réforme des retraites sera  voté et appliqué.

Martine Aubry, ça ne s’arrange pas. Martine Aubry qui voit à nouveau poindre la concurrence d’une Ségolène Royal, plus brillante et plus offensive, se laisse aller à la surenchère. Se rapprochant toujours davantage de la gauche radicale elle appelle à des manifestations de rues « même après que la loi ait été votée (!) ». Hier, elle a traité  carrément le Président de menteur, faisant comme s’il évoquait la baisse des manifestants alors qu’il parlait de celle, incontestée, des grévistes. De la part de celle qui a grossièrement triché pour prendre le pouvoir au PS, c’est cocasse! Qui peut la croire ou lui faire confiance?
D’ailleurs 63% des Français pensent qu’elle ment (avec ses amis) quand elle dit qu’elle rétablira la retraite à 60 ans si elle arrivait au pouvoir! Martine Aubry n’a rien à proposer de sérieux sur le fond, pas davantage sur les retraites que sur le reste, alors elle utilise l’injure et le mensonge!

Et puis ce matin on apprend que les « primaires » du parti socialiste se transformeraient en « comédie », des arrangements ayant lieu pour décider, « entre amis » et loin des militants, du nom du candidat. Les militants n’étant invités à se déplacer que pour  « confirmer » le choix fait en coulisses. Difficile à faire accepter, à mon avis…Cette fois-ci il  va falloir qu’elle…démente !

L’insoutenable rancœur de Viviane Reding. Luc Ferry, dans un article récent du  Figaro, où il écrit que « l’anti sarkozysme tourne au délire » rappelle,  en citant les termes exacts employés par Viviane Reding, qu’à la différence de ce que disaient certains, elle a bien fait une comparaison « aussi stupide historiquement qu’insultante » entre la politique de la France et celle des nazis « C’est une honte…Nous avons de sinistre mémoire les déportations pendant la deuxième guerre mondiale, alors recommencer cela! »…

Cette pasionaria en tous cas,  veut à toute force mettre officiellement la France en accusation…Ce que  José Barroso, vexé d’avoir été contraint de « lâcher » sa commissaire et rancunier, risque effectivement d’accepter…Nicolas Sarkozy devra alors s’opposer clairement à la Commission, ce qui ne le rendra pas forcément impopulaire !

Pour sa part, intervenant courageusement dans cette polémique stupide et artificielle, le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, a affirmé, à un grand journal financier américain que les expulsions de Roms par le gouvernement français n’avaient pas été ordonnées pour des raisons ethniques.

« Les mesures ont été adoptées dans le cadre de la loi. Les principes d’intégration doivent fonctionner, mais l’ordre public doit également être respecté dans les camps qui n’ont pas les conditions sanitaires ou sécuritaires adéquates », a-t-il ajouté.

Le socialiste espagnol  Zapatero défend mieux la France que les socialistes Français!

Marc d’Héré.