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La démocratie n’a jamais été aussi grande!
Il est de bon ton, dans l’opposition, mais aussi pour d’anciens premiers ministres aigris, dans les colonnes du célèbre trio donneur de leçons « Mediapart, Le Monde, Marianne » et bien sûr chez les bobos, de crier au manque de démocratie qui règnerait en France. Certains vont même, ignorants sans doute plus que méchants, jusqu’à parler de « République bananière » !
Tout cela est absurde mais c’est dit avec tant d’aplomb et répété si souvent que les esprits faibles peuvent être troublés et même le croire. Or non seulement c’est faux mais il est facile de montrer que la démocratie n’a jamais été aussi grande en France que depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. Alors, prenons les choses une par une.
Nicolas Sarkozy a fait inscrire dans la Constitution, pour éviter le risque d’un trop long pouvoir présidentiel , que seuls deux mandats pourraient être effectués par le Président de la République. Jacques Chirac, quand il était passé du septennat au quinquennat, avait refusé de prendre cette mesure, pourtant de saine démocratie. La nouvelle Constitution permet également d’encadrer dans de grandes mesures le pouvoir de nominations du Président, auparavant quasiment discrétionnaire.
Enfin, dans la pratique, Nicolas Sarkozy est le premier président de la Vème République dont le temps de parole soit décompté, alors que Chirac et Mitterrand notamment ont toujours voulu pouvoir parler sans que cela n’ampute le temps de parole de la majorité. On peut constater également que jamais un Président (et un gouvernement) n’ont autant discuté avec les syndicats (dont la représentativité est aujourd’hui démocratiquement reconnue), ne les ont autant écoutés.
Le Gouvernement, pour sa part est le plus ouvert et le plus divers de la Vème République, ce qui le rend plus que tout autre, représentatif de la diversité des opinions et des réalités de notre peuple. Des mesures récemment annoncées devraient le confirmer comme le plus vertueux.
Les droits du Parlement ont été largement accrus avec un droit d’initiative, toujours refusé jusqu’alors, ou la discussion en séance du projet amendé par les commissions et non le projet du gouvernement. Les débats sont mieux organisés et donnent moins de possibilité au blocage de s’exprimer ce qui représente un grand progrès de la démocratie parlementaire. Les possibilités de contrôle du gouvernement ont été renforcées, notamment avec les droits nouveaux reconnus aux Commissions…
L’opposition parlementaire dispose de droits et de pouvoirs nouveaux. La Présidence de la plus importante des commissions parlementaires, celle des finances lui est accordée. L’opposition dispose du droit de voir discuter ses textes, et de demander la création d’une commission parlementaire par session. Enfin son temps de parole est devenu égal à celui de la majorité dans les « questions au gouvernement ». Il lui est même supérieur dans certaines discussions de textes.
Dans la pratique on constate que c’est un membre de l’opposition qui a été nommé comme Président de la Cour des Comptes ce qui n’avait jamais été le cas, et représente un pouvoir et une capacité d’intervention immenses. Au Conseil Constitutionnel Nicolas Sarkozy a nommé un socialiste là où Mitterrand et Debré nommaient des très proches (Dumas pour l’un Debré pour l’autre).
La liberté des médias n’a jamais été plus grande (souvenons-nous de l’époque où Mitterrand les faisaient écouter illégalement, de celle où Chirac boycottait Le Monde…), et nous aurions du mal à citer un Président et un gouvernement qui ait été plus librement et plus durement critiqués que Sarkozy et son gouvernement. Preuve que ce droit existe et qu’il est très largement et très librement utilisé. Les Etats Généraux de la presse, voulus par le Président, sont une ultime chance d’éviter le déclin pour une presse de moins en moins lue car de qualité de plus en plus médiocre !
Le parti majoritaire, l’UMP, marque une belle indépendance d’expression et de vote, vis-à-vis du Président et du gouvernement…On est loin du RPR godillot ou du PS totalement soumis à Mitterrand puis Jospin !
Une chose pourrait être utilisée contre le Président : la procédure de nomination des responsables de l’audio visuel public. C’est en effet une mesure qui n’était pas nécessaire et qu’il aurait mieux valu éviter. Pourtant l’intervention conforme du CSA et celle des commissions de l’Assemblée viennent largement tempérer ce pouvoir.
Par ailleurs cela évite l’hypocrisie des « nominations » par le CSA, rappelons-nous de la nomination à France Télévision sous Chirac, par un CSA bien peu contestataire, de Patrick de Carolis qui venait d’écrire un livre avec Bernadette Chirac ! Au moins, les nominations tant de Jean-Luc Hees que de Rémy Pflimlin sont indiscutables.
Enfin, les citoyens bénéficieront de l’exception d’inconstitutionnalité qui révolutionne notre droit et, quand la loi organique sera votée, du droit d’initiative populaire.
Toutes ces mesures montrent à l’évidence que non seulement la démocratie n’a pas reculé, mais qu’elle n’a jamais, sous aucun Président, sous aucun gouvernement de la Vème République été plus grande en France tant sur le plan institutionnel que sur celui de la pratique politique. J’attends très tranquillement que l’on me contredise.
Imaginons que l’on revienne seulement quelques années en arrière, avec certes la nomination dans l’audio visuel par le CSA, mais un Président sans limitation pour les très nombreuses autres nominations, qui désignerait son principal partisan au Conseil Constitutionnel ( !), un Président qui pourrait parler sans que son temps de parole ne soit décompté, un gouvernement constitué d’un seul « clan » et sans pratiquement aucun représentant de la diversité, un Parlement sans droit d’initiative et privé d’un grand nombre des moyens de contrôle que donnent les commissions, d’une opposition ne disposant de la présidence d’aucune commission, d’aucun poste de contre-pouvoir institutionnel, d’un temps de parole tout juste proportionnel (et donc minoritaire) dans les discussions, de syndicats (à la représentativité autoritairement définie) ignorés (comme sous Juppé ou Jospin) ou méprisés (comme sous Villepin), des médias moins libres, indignement « écoutés », ou poussés à s’auto censurer comme sous Mitterrand, un parti majoritaire aux ordres qui voterait comme un seul homme tous les textes, (heureusement qu’il n’est pas remplacé par ce parti d’opposition convaincu de tricher sans vergogne dans ses « élections » internes), des citoyens ne disposant pas du pouvoir de contester une loi qu’on leur appliquerait et qu’ils jugeraient injuste….
Que diraient-ils les Eric Fottorino, les Jean-François Kahn et les autres journalistes d’opposition, ou les pseudo « belles âmes » à la Royal ou à la Badinter ?
Ils savent tous pertinemment que la démocratie a progressé et qu’elle est, chez nous particulièrement vivante …Ce qui ne les empêche pas de prétendre qu’elle n’existe pas ou qu’elle est menacée alors qu’elle est si grande qu’ils peuvent en toute impunité prétendre le contraire, contre toute réalité !
Marc d’Héré
Si la présidentielle avait lieu dimanche…
Une dépêche de l’AFP
Le président Nicolas Sarkozy devancerait de trois points la première secrétaire du PS Martine Aubry au premier tour de la présidentielle si celui-ci avait lieu dimanche, selon une enquête Ifop pour la Lettre de l’opinion parue mardi.
A la question « Si le premier tour de l’élection présidentielle se déroulait dimanche prochain, parmi les candidats suivants, pour lequel y aurait-il le plus de chances que vous votiez ? », 27% des personnes répondent Nicolas Sarkozy, 24% Martine Aubry.
Dans un sondage publié le 26 avril, Nicolas Sarkozy et Martine Aubry faisaient jeu égal avec chacun 25% des intentions de vote.
« A la peine dans les cotes de confiance, avec une popularité en berne », Nicolas Sarkozy « retrouverait un socle électoral conséquent » à la présidentielle, estime l’institut. Ce maintien est dû « à un niveau assez élevé à sa capacité à reconquérir une part des électeurs âgés qui lui avaient fait défaut ces derniers mois »: il obtiendrait 48% parmi les plus de 65 ans. « Mais il reste en grande difficulté dans le monde rural ou chez les ouvriers ».
Marine Le Pen (Front national) arrive troisième, avec 13% des intentions de vote (inchangé). Elle confirme ainsi les scores élevés qu’elle obtient depuis quelques semaines « en parvenant à séduire des nouveaux électeurs parmi les sympathisants de la droite populaire et rurale », écrit l’Ifop. Marine Le Pen réussit à également percer auprès des femmes.
François Bayrou est à 8% (+1) et Dominique de Villepin (7%, inchangé). Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) à 1%.
A gauche, Jean-Luc Mélenchon (6%, inchangé) devance Cécile Duflot (5%, -3) et Olivier Besancenot (5%, +2). Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) ferait 1% (inchangé).
L’Ifop teste pour la première fois une candidature de Bernard Tapie, qui aurait 3% des voix. En revanche, il a retiré de son sondage une candidature de Jean-Louis Borloo.
AFP
Bayrou délaisse l’opposition frontale à Sarkozy…
AFP Lepoint.fr du 01 06 10
François Bayrou laisse désormais de côté les attaques au vitriol contre Nicolas Sarkozy pour peaufiner son image d’homme du centre prêt à discuter avec la droite et plus seulement avec la gauche, deux mois après une débâcle électorale qui a hypothéqué son avenir politique.
Au moment où plusieurs personnalités, dont son ancien lieutenant le ministre de la Défense Hervé Morin (Nouveau Centre), tentent de fédérer un centre-droit resté sans vrai leader depuis l’éclatement de l’UDF, François Bayrou joue la carte du rassemblement.
« Le centre, c’est une famille politique » et « un jour elle se reconstituera parce qu’elle n’a pas le rôle qu’elle devrait avoir », a-t-il déclaré dimanche, promettant de mettre « toutes les forces au service de cette reconstruction ». Et alors qu’il y a quelques mois encore il n’avait pas de mots assez durs contre Nicolas Sarkozy – qu’il présentait dans un pamphlet comme « un enfant barbare » -, il affirme aujourd’hui qu’il répondra présent « chaque fois que le président de la République » demandera à le voir.
Un changement de ton évident qui s’est déjà concrétisé par une rencontre discrète le 22 avril à l’Elysée avec Nicolas Sarkozy.
Le président aurait alors expliqué à François Bayrou qu’il était prêt à travailler avec lui s’il modifiait sa ligne politique : « Tu t’es trompé de stratégie. La gauche ne peut pas faire alliance avec toi, sinon elle perd l’extrême gauche! », lui aurait-il dit. Sur le fond aussi, l’ancien candidat à la présidentielle se veut plus conciliant. Ainsi, sur la réforme des retraites, il s’est dit prêt à la voter si elle lui paraissait « raisonnable », tout en restant déterminé à « combattre les fautes du gouvernement ».
Faut-il y voir de l’opportunisme pour sortir d’une impasse politique? « J’ai le sentiment qu’il met la barre à droite parce qu’il s’est rendu compte que son électorat ne le suivait pas » dans sa main tendue à la gauche, juge la présidente de Cap 21 Corinne Lepage, qui a quitté le MoDem, dont elle fut co-fondatrice.
L’UMP en tout cas a salué l’inflexion de François Bayrou. « Je pense qu’il n’est jamais trop tard pour comprendre », a lancé son porte-parole, Frédéric Lefebvre. « Son évolution est intéressante. Nous avons à l’égard du pécheur le pardon facile. Mais pardonner est une chose, travailler ensemble en est une autre », tempère le porte-parole adjoint de l’UMP Dominique Paillé, un ancien UDF.
La vice-présidente du MoDem Marielle de Sarnez récuse elle tout « infléchissement » du discours de François Bayrou à l’égard de l’exécutif. « Nos fondamentaux n’ont pas varié d’un iota », dit-elle. Avant d’ajouter ce gros bémol: « dans une période de crise, nous nous sentons en co-responsabilité ». Et d’affirmer dans la foulée que la politique d’ouverture au PS n’est plus d’actualité. « Aujourd’hui Martine Aubry nous donne le sentiment de courir après son extrême gauche », assène Marielle de Sarnez.
Il n’est pas sûr que le patron du MoDem qui continue de brandir l’étendard de son « indépendance » décide brutalement de faire allégeance. Mais s’il entend être candidat en 2012, l’UMP espère bien y trouver une réserve de voix pour le second tour.
« Est-ce que nous avons intérêt à la disparition d’un candidat du centre? Sans doute pas, il y a beaucoup d’appétits sur ce créneau là », avance une source dans le parti majoritaire. Mieux vaut donc l’avoir comme allié.
Dans l’entourage d’Hervé Morin, on y voit surtout une peau de banane du chef de l’Etat pour décourager une candidature Nouveau Centre.
Par AFP et lepoint.fr
Lettre ouverte de la Gauche Moderne à la majorité présidentielle
Chers amis,
La Gauche Moderne, aile gauche de la majorité, présidée par Jean-Marie Bockel a réuni son conseil national samedi 23 janvier afin de procéder à une analyse de la conjoncture politique, et à l’élaboration d’une orientation, qui en cette année 2010 doit viser principalement à la reconquête d’un électorat populaire, qui aujourd’hui ressent souvent un sentiment d’abandon de la part des partis de gouvernement, majorité ou opposition.
Si la phase la plus aigue de la crise financière semble derrière nous, le monde du travail, se voit confronté à la poursuite des délocalisations, à la montée continue du chômage, et maintenant, à la difficulté de son indemnisation qui entraîne la multiplication des situations de fin de droits. Dans cette situation de difficulté, que nos concitoyens les plus touchés par les effets de la Crise, vivent avec responsabilité et dignité, la reprise des profits bancaires, principalement assis sur la spéculation, sur les matières premières ou à la Bourse, l’envol des salaires de certains dirigeants, ou la reprise de la distribution de bonus démesurés aux traders, sont vécus comme une gifle qui conforte un sentiment d’abandon et d’injustice.
La majorité doit se tourner vers la Justice sociale
Si La Gauche Moderne entend demeurer fidèle à la majorité présidentielle et loyale à l’égard de l’action conduite par le Président de la République et le gouvernement, elle souhaite apporter sa contribution pour donner un nouvel élan à cette majorité présidentielle, afin notamment de mettre la valeur le travail et l’exigence de justice sociale au coeur du pacte républicain.
Les difficultés du monde du travail sont essentiellement causées par les graves déséquilibres économiques révélés à l’occasion de la crise, et qui ne sont pas à ce jour surmontés et ce en dépit du volontarisme exprimé par le Président de la République, auquel nous adhérons pleinement.
Le système bancaire n’a pas effectué les remises en cause qui s’imposaient. Les moyens mis à disposition des établissements financiers par les États ont été aussitôt utilisés dans la spéculation, bien plus que dans la relance de l’économie réelle. Et la ronde indécente des bonus a finalement repris comme si de rien n’était, tandis que, prudemment, on coupe en deux –devant eux – les cartes de crédit des salariés qui viennent de perdre leur emploi.
On pourrait attendre de l’Union européenne qu’elle constitue pour ses entreprises et leurs salariés une protection efficace, mais les processus nécessaires tardent à se mettre en oeuvre.
Le Traité de Lisbonne a confirmé le choix fondateur de l’Union pour « la concurrence libre et non faussée », le temps est venu de mettre véritablement en oeuvre ce programme.
Réformer et renforcer notre modèle social
Comment imaginer que nos entreprises pourront durablement maintenir l’emploi en France et même en Europe, si la Chine, dont la monnaie est extrêmement sous-évaluée, présente un
différentiel de plus de 80 contre 1 dans le coût de la main d’oeuvre. La concurrence faussée est là ! Dumping monétaire, social, environnemental, l’Union européenne ne peut rester indifférente devant le nombre croissant de productions, qui dans tous les secteurs arrivent ainsi sur nos marchés en provenance de pays émergents. Notre responsabilité est de faire que la France demande à l’Union d’agir conformément à son intérêt et à ses traités. Qu’elle prenne des mesures propres à rétablir l’équité qui est la base du libre-échange. Ainsi nous pourrons montrer à nos concitoyens que nous allons à la racine des problèmes, que nous ne laissons tomber personne.
Dans le monde entier, notre modèle social est apparu comme un stabilisateur reconnu face au choc de cette crise, et il explique la bonne résistance de la France dans la tourmente.
Ce modèle social, dont nous avons dit – ensemble – ses archaïsmes et son inadaptation au dynamisme nécessaire, doit être réformé, dans le sens d’une véritable sécurité sociale professionnelle. Il doit aussi pouvoir faire face aux défis du vieillissement de la population, et à l’augmentation des retraités. Mais le principe de son existence constitue indubitablement un pilier central de l’identité nationale, qui est aujourd’hui l’enjeu du débat que nous connaissons. Notre Constitution définit République comme laïque et sociale, deux valeurs constitutives de l’existence même de notre formation.
C’est dans cet état d’esprit que nous abordons le chantier de la réforme de notre système de retraite, persuadés que nous pouvons, par le dialogue social, parvenir à une vraie solution dynamique, en utilisant le levier que constitue le paritarisme, chaque fois que les forces vives qui le composent prennent la mesure des évolutions du monde et de leurs responsabilités. Pour cela, un nouvel élan est nécessaire, il doit conduire l’ensemble des forces qui soutiennent l’action présidentielle à définir ensemble le contenu du pacte social et républicain que nous devons enrichir et renforcer à la lumière de la présente crise qui invite avec pragmatisme et lucidité à remettre à plat notre modèle social, sans brader notre histoire et ses acquis. C’est ce que nous appelons la Réforme Juste.
Il y a un an, l’intervention des États a été l’élément décisif pour permettre de sauver le système bancaire et d’atténuer le choc de la crise au plan économique et financier. Le plan de relance et le Grand emprunt avaient pour fonction d’injecter suffisamment de moyens et d’investissements pour faire de notre pays une des locomotives de la reprise et, pour cela, tourner notre capitalisme vers les industries et la création de vraies richesses, plutôt que vers la finance spéculative. Mais pour trouver une pleine efficacité, c’est à l’échelle européenne et donc sur des montants autrement massifs qu’il faut intervenir pour peser sur un système aujourd’hui si largement mondialisé. Notre rôle est aussi d’agir là. Sans actionner ce levier européen, chacun sait que nos efforts ne parviendront souvent qu’à des résultats limités. Plus d’Europe, mais mieux d’Europe, chaque fois que c’est possible, voilà la nécessité.
Mais dans le même temps le vent qui souffle du côté des élites économiques et médiatiques est tout autre. C’est celui de l’autisme, de l’arrogance et du retour aux credo de la globalisation néo-conservatrice, comme si la crise n’avait pas eu lieu, comme si elle ne devait entraîner aucune remise en question.
Nous le sentons bien, la majorité et l’exécutif subissent ainsi une pression idéologique forte, qui vise à minimiser l’action du Président de la République et même à la détourner dans un sens principalement conservateur, qui serait conforme aux intérêts de la petite fraction la plus riche de la population, qui a vu son patrimoine et ses revenus croître de manière démesurée et dont le destin fastueux est adossé à la mondialisation financière dans ce qu’elle peut avoir de moins productif de richesses réelles.
La politique de la France doit répondre aux attentes du cœur de la nation, producteur de vraies richesses. Elle doit reposer sur les salariés, les chercheurs, les artisans, les chefs d’entreprises, les industriels tournés vers l’innovation, la recherche et le développement. L’État réformé demeure la colonne vertébrale de la Nation, lui seul, en s’appuyant sur la créativité des forces du marché, demeure en capacité d’orienter un projet sur le long terme, sans être soumis au besoin de retour immédiat sur investissement. Un État stratège, garant de l’intérêt général, et promoteur d’un projet pour la France du XXIème siècle.
Des choix courageux pour préparer l’avenir
Nous souhaitons opposer à la campagne de diabolisation de nos déficits publics, une force qui exprime que l’investissement productif d’aujourd’hui est le prix de la construction de l’avenir des générations futures, et non un fardeau que nous leur laissons. Sans investissement, il n’est pas d’avenir, pas d’initiative, pas d’entreprise, et, dans la crise, l’investissement demande l’endettement. Un État n’est pas un ménage. La Gauche Moderne entend être un pôle d’équilibre pour que l’espérance et la confiance portées par le peuple français à l’égard du Président de la République, des orientations qu’il incarne, trouvent leur consécration dans les actes.
La volonté politique pas plus que la souveraineté populaire ne peuvent être mises sous la tutelle des marchés financiers, ou celle des rentiers faiseurs d’opinion. Mais aussi, comme l’a justement rappelé le Premier Ministre, François Fillon, avec constance, nous devons juguler les dépenses de fonctionnement de l’État et être impitoyables avec la dépense improductive et les gaspillages qui sont une insulte aux sacrifices de nos concitoyens. Nous devons être attentifs et alerter – là encore l’Union européenne – à l’encontre de la constitution en cours d’une nouvelle bulle spéculative qui se nourrit des dettes des États, dont la solvabilité devient problématique.
La constitution puis l’éclatement d’une telle bulle porteraient un coup terrible aux efforts des États, aux comptes des entreprises, au patrimoine des épargnants et à l’emploi. Pour cela une stricte maîtrise des comptes publics est notre devoir. Cela ne saurait cependant être opposé aux nécessités de préparer l’avenir. Faut-il enjoindre aux États de revenir à marche forcée à l’équilibre budgétaire au risque de condamner la zone euro à une décennie de croissance atone ou coordonner une politique d’investissements ciblés et efficaces ? C’est dans la maîtrise de cet équilibre délicat que nous montrerons la force politique de notre majorité.
Sur l’ensemble de ces questions la majorité a besoin d’un nouveau souffle pour donner au cap fixé par le Président de la République une incarnation, une traduction politique.
Rééquilibrer le partage de la richesse créée
Pour La Gauche Moderne, un rééquilibrage s’impose, notamment sur cet enjeu essentiel du partage de la valeur ajoutée en trois tiers, entre l’investissement productif, la juste rémunération des actionnaires et enfin, la juste rémunération du travail. C’est un axe majeur de la politique qu’a voulue Nicolas Sarkozy. Ce débat devra avoir lieu sans tabou.
Quelles initiatives européennes sont nécessaires pour faire prévaloir et respecter les normes sociales et les normes environnementales qu’elle doit fermement préserver ? Comment rendre le commerce mondial plus juste, c’est-à-dire la concurrence moins faussée tant entre pays occidentaux que dans les États émergents ?
Quels instruments mettre en oeuvre pour procéder à un tel rééquilibrage ? Comment préserver une cohésion sociale menacée par la déflation salariale, les délocalisations, les exigences exorbitantes, sur les salariés, comme sur les sous-traitants, portées par les croisés de la « valeur actionnariale » ?
La gauche institutionnelle française, dans une attitude inédite en Europe, s’enlise dans une vacuité doctrinale et arbore une rhétorique protestataire d’autant plus pathétique que les dirigeants socialistes sont comptables dans les faits de la mise en place des structures économiques à l’origine de la crise.
Face à ce vide sidéral d’une opposition dangereusement inconsistante, nous entendons continuer à oeuvrer pour que la politique de réforme impulsée par le Président de la République s’amplifie et crée les conditions d’un plus juste partage de la richesse créée, d’un changement de trajectoire du capitalisme, qui sache renouer avec l’investissement et l’innovation, d’une France plus juste, plus fière d’elle-même qui affirmera ainsi son rang et la portée de son message dans le concert des nations.
Beaucoup reste à faire, pour une telle ambition, la Gauche Moderne est prête à se mobiliser, mais elle entend aussi faire entendre sa différence et son originalité pour aider Nicolas Sarkozy à être effectivement le Président de la République qui aura mis la valeur travail au centre de sa pensée et de son action.
La Gauche Moderne
Conseil national du 23 janvier 2010