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Jean-Marie Bockel : “Impliquer les familles de délinquants” – Valeurs actuelles – 10 novembre 2010.

Secrétaire d’État à la Justice, Jean-Marie Bockel a remis le 3 novembre à Nicolas Sarkozy un rapport sur la prévention de la délinquance des jeunes.

Pourquoi ce rapport ? Parce que le président de la République a toujours considéré que la prévention de la délinquance était indissociable de la lutte contre la criminalité. Ce sont les deux faces d’une même politique : assurer la sécurité de nos concitoyens en sanctionnant les coupables, mais en évitant aussi que des jeunes, en échec scolaire ou faute de repères familiaux, ne basculent dans la délinquance. Or il ressort des auditions que nous avons faites que le nombre total de mineurs mis en cause est passé de 98 000 en 1990 à 214 000 en 2009 : +118 % en vingt ans.

Fait nouveau, les filles participent à cette augmentation de la délinquance… Plusieurs intervenants, dont le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, et Alain Bauer, criminologue, nous ont alertés sur l’augmentation inquiétante des violences commises par des bandes de filles. Elles semblent mimer des conduites jusqu’à présent masculines.

Ce qui me conduit à proposer la mise en œuvre d’une politique de prévention spécifique, ciblée sur ces bandes féminines. D’autres pays nous ont précédés sur cette voie, comme l’Allemagne : Berlin organise des “stages antiviolence” pour apprendre à de jeunes délinquants, garçons et filles, à se contrôler.

Vous insistez beaucoup sur la responsabilité parentale. On ne dira jamais assez que le mineur délinquant est souvent un mineur en rupture familiale. La paternité traverse une crise, les familles monoparentales se multiplient. C’est la conséquence d’évolutions qui ne sont pas toutes négatives, mais qui nous obligent à soutenir la parentalité. Il existe déjà de nombreux outils : stages parentaux, réseaux d’aide à la parentalité, contrats de responsabilité parentale… Utilisons-les ! Je propose que le contrat de responsabilité parentale soit généralisé et qu’il intègre un stage parental au titre des obligations imposées aux familles.

De quoi s’agit-il ? Ce contrat peut être proposé aux parents par le président du conseil général en cas d’absentéisme scolaire ou de troubles liés aux carences de l’autorité parentale. Il leur rappelle qu’ils ont des obligations à remplir. S’ils ne respectent pas ce contrat, ils encourent la suspension du versement des prestations familiales. Ça marche ! Éric Ciotti fait un excellent travail dans les Alpes-Maritimes. La menace de sanction a un effet dissuasif immédiat : les difficultés se résorbent sans qu’il soit besoin de sévir. Cette disposition est légale, efficace. Encore faut-il l’utiliser, ce qui est rarement le cas…

La gauche est contre. Je sais. Elle dit : “Mais vous ne vous rendez pas compte ! Ce sont des familles en difficulté, qui cumulent les handicaps. Elles n’y peuvent rien, et vous allez en plus les menacer de sanctions !” Je connais ce discours par coeur. Quel mépris ! Je pense, moi, que chaque famille a une chance de s’en sortir. Et je sais que les parents viennent souvent remercier les élus de les avoir sortis de leur torpeur en les obligeant à se ressaisir. À recouvrer leur dignité en les aidant à exercer leur autorité. Cette dimension contraignante a une vraie vertu pédagogique.

Vous soulignez que beaucoup de parents sont démunis face au comportement de leurs enfants. Ces difficultés sont accrues dans les familles immigrées. En effet, car il est fréquent que les enfants, dans ces familles, comprennent et parlent mieux le français que leurs parents. D’où la nécessité de rendre obligatoire la participation des parents à une mise à niveau linguistique et républicaine, portant sur nos institutions et sur le fonctionnement de l’école, que beaucoup ignorent.

Lors des manifestations contre la réforme des retraites, près de 1 800 casseurs ont été placés en garde à vue. Rares sont ceux qui sont passés en comparution immédiate. Que vat- il se produire maintenant ? Toutes les condamnations n’ont pas été prononcées dans le cadre des comparutions immédiates, mais 360 personnes ont néanmoins été renvoyées devant un juge. Il nous faut trouver une réponse pénale adaptée, car il y a parmi elles de nombreux mineurs, instrumentalisés par leurs aînés qui savent qu’ils sont davantage protégés par la loi. Ils seront sanctionnés, sachant que nous devons aussi travailler en amont pour éviter que ces violences se produisent.   Propos recueillis par Fabrice Madouas

Communiqué de la Présidence de la République – Remise du rapport de M. Jean-Marie BOCKEL, secrétaire d’Etat à la Justice, sur la prévention de la délinquance des mineurs.

Le Président de la République a reçu ce jour M. Jean-Marie BOCKEL, secrétaire d’Etat à la Justice, qui lui a remis son rapport sur la prévention de la délinquance juvénile.

Cette mission lui avait été confiée par le chef de l’Etat le 3 août dernier en vue d’engager une large concertation avec les acteurs de la prévention et de la sécurité, d’expertiser les bonnes pratiques en France comme à l’étranger et de formuler en conséquence des propositions innovantes.

Aux termes de plus de soixante auditions et de la tenue, le 14 octobre dernier, des « assises de la prévention de la délinquance juvénile », M. Jean-Marie BOCKEL a formulé quinze propositions. Il propose de recentrer la politique nationale de prévention de la délinquance juvénile autour de trois axes prioritaires :

1/ Une politique publique de soutien à la parentalité :

Des mesures sont proposées pour renforcer l’autorité parentale, favoriser l’intégration et responsabiliser les familles à l’égard de l’obligation scolaire. Le rôle du maire dans les dispositifs locaux de prévention de la délinquance est par ailleurs réaffirmé en proposant de développer les mesures de rappel à l’ordre et de généraliser les Conseils des droits et des devoirs des familles.

2/ La restauration de la citoyenneté par l’école :

L’école doit demeurer le creuset où se forge non seulement le futur citoyen mais où s’intègre également, dès le plus jeune âge, la notion de règle. Des mesures doivent être prises pour accompagner les dispositifs ambitieux déjà mis en place par le Gouvernement afin de lutter contre l’absentéisme et le décrochage scolaire, qui touche 60.000 élèves par an et recoupe très souvent la délinquance. Il est proposé en particulier la mise en place d’un repérage précoce des difficultés sociales et sanitaires des enfants afin de permettre leur prise en charge le plus en amont possible. Des programmes de lutte contre les violences scolaires (racket harcèlement) doivent également être conduits.

3/ La mise en œuvre d’une stratégie volontariste de reconquête de l’espace public :

Cet enjeu constitue le devoir de l’Etat et de l’ensemble des acteurs concernés qui sont mobilisés par la notion d’intérêt général. Il s’agit de regarder ici la réalité en face, d’affronter les défis qui minent le pacte républicain dans son expression quotidienne, qu’il s’agisse des phénomènes de bandes, des trafics, de la montée en puissance de l’économie souterraine mais aussi d’un prosélytisme fondamentaliste hostile aux principes de laïcité.

Les principales propositions visent à concevoir et à mettre en œuvre une politique spécifiquement ciblée sur les violences commises par les bandes de jeunes filles, dont la part dans la délinquance ne cesse d’augmenter, à redonner une place centrale à la prévention spécialisée et aux éducateurs de rue et à développer des formations adaptées aux spécificités des mineurs dans les écoles de police.

Le rapport propose enfin la création d’un dispositif d’appel à des bénévoles pour mettre en œuvre un parrainage civique de jeunes en situation de rupture.

Présidence de la République.

En matière de prévention, le Parti Socialiste ne fait pas autorité -LGM-4 novembre 2010.

C’est avec tristesse et consternation que La Gauche Moderne a pris connaissance de la réaction du Parti Socialiste, suscitée par le rapport de Jean-Marie Bockel consacré à la Prévention de la Délinquance des jeunes, remis au Président de la République le 3 novembre 2010.

En choisissant de prendre comme angle d’attaque bêtement polémique, le constat pourtant partagé par l’ensemble des élus auditionnés quelles que soient leurs appartenances partisanes du lien évident entre délitement de l’autorité parentale, difficulté des familles monoparentales et glissements progressifs pouvant conduire à la délinquance, le PS s’enferme de manière indigne dans l’autisme et le déni du réel.

La Gauche Moderne constate à cet égard avec étonnement que c’est le Secrétaire national à la famille qui a été prié de prendre la plume pour rédiger ce laborieux communiqué. N’eût-il pas été plus cohérent de confier cette tâche au responsable des questions de sécurité ?

La vérité, c’est que malgré les rodomontades de Martine Aubry appelant le PS à porter un projet alternatif sur les questions de sécurité et de prévention, les éléphants n’ont accouché que d’une piètre souris.

Le sursaut moral et politique annoncé avec tambours et trompettes par Madame le Premier Secrétaire a été repoussé sine die, le PS décidant courageusement d’annuler la convention thématique programmée sur ce thème, faute de cohérence, faute de ligne politique et sans doute de consensus interne.

Voilà la triste réalité d’un parti à la dérive qui s’abrite derrière les clichés les plus médiocres de la bienpensance pour masquer sa faillite morale et politique. Les dirigeants socialistes ont beau sauter comme des cabris en criant « police de proximité, police de proximité », l’histoire retiendra que c’est Lionel Jospin qui, pour amadouer l’aile la plus angélique de la défunte gauche plurielle, a fait échouer cette réforme que portait avec volontarisme Jean-Pierre Chevènement, dénoncée comme sécuritaire par les belles âmes enfermées dans la culture de l’excuse.

L’indigence et la malhonnêteté intellectuelles de ce communiqué témoigne de la vacuité sidérale du Parti Socialiste sur cet enjeu de prévention qui constitue pourtant l’un des piliers essentiels d’une politique de sécurité équilibrée articulant prévention, dissuasion et sanction.

La Gauche Moderne invite Monsieur Jean-Patrick Gille ainsi que son homologue chargé des questions de sécurité, à prendre le temps de lire ce rapport, y compris ses annexes où certains élus socialistes de terrain auditionnés se sont montrés beaucoup moins dogmatiques que les hiérarques de Solferino. Quant à la question du diagnostic précoce des enfants en souffrance, La Gauche Moderne invite le PS à faire montre de plus de rigueur et si possibilité d’honnêteté. Jean-Marie Bockel a clairement écrit  qu’il ne souhaitait nullement raviver la polémique suscitée en 2005 par le rapport de l’INSERM, mais qu’il invitait l’ensemble des acteurs à anticiper le risque en étant à l’écoute des signes annonciateurs chez l’enfant d’une détresse pouvant éventuellement aboutir à un comportement de rupture avec la famille et l’école. Tel est le sens du diagnostic précoce ici préconisé.

La majorité de nos compatriotes attendent sur ces questions de la dignité dans le débat public mais aussi des réponses adaptées aux enjeux. Le PS n’en prend pas le chemin. La Gauche Moderne, pour sa part n’attendra pas l’improbable aggiornamento du PS pour continuer d’œuvrer aux côtés du Président de la République et au sein de la majorité à la mise en œuvre d’une politique nationale de la prévention, à la mesure des défis ressentis par nos concitoyens au quotidien.

Le PS juge « aberrant » le rapport Bockel sur la délinquance juvénile – AFP – 4 novembre 2010.

Le Parti socialiste a qualifié jeudi d’ »aberrant » le rapport sur la prévention de la délinquance juvénile du secrétaire d’Etat à la Justice Jean-Marie Bockel, qui reprend notamment l’idée controversée d’un repérage des troubles du comportement dès deux-trois ans.

« Selon cette logique, puisque les enfants en difficulté deviennent des enfants délinquants, il faut chercher à repérer leurs troubles dès la crèche, dès la naissance, voire avant même la naissance », s’indigne le secrétaire national à la Famille Jean-Patrick Gille dans un communiqué.

« Les mères célibataires sont accusées dans le rapport de ne pas s’occuper de leurs enfants », déplore-t-il. « Il est faux de prétendre que c’est l’absence des pères qui rend les enfants délinquants ».

Le PS « demande au gouvernement de ne pas reprendre ce texte aberrant dans un futur projet de loi et d’apporter, à la place, des mesures de soutien aux foyers en difficulté, notamment monoparentaux (…) cela passe par la création d’un véritable service public de la petite enfance et par la possibilité d’une scolarisation dès deux ans ».

Jean-Marie Bockel (ex-PS) a remis mercredi au président Sarkozy un rapport contenant une quinzaine de propositions, dont plus d’un tiers portent sur « la responsabilité parentale ». Il revient également sur l’idée d’un « repérage précoce » des troubles du comportement chez l’enfant.

Délinquance juvénile: Bockel propose un repérage des troubles chez l’enfant dès 2-3 ans – L’Internaute – 3 novembre 2010.

Dans un rapport sur la prévention de la délinquance juvénile remis mercredi à Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Bockel met l’accent sur la responsabilisation des parents et revient sur l’idée controversée d’un repérage des troubles du comportement dès 2-3 ans.

A l’issue d’une mission de trois mois, le secrétaire d’Etat à la Justice fait au total une quinzaine de propositions dans ce rapport qui devait être remis au chef de l’Etat dans l’après-midi.

Il souligne que le nombre de mineurs mis en cause dans des faits de délinquance a plus que doublé en une vingtaine d’années (+118% entre 1990 et 2009).

Le phénomène des bandes s’est « modifié et amplifié », avec notamment le développement des bandes de filles qui semblent « mimer des conduites jusqu’à présent masculines ».

La mise en cause de jeunes filles dans les infractions de violences volontaires a augmenté de 97,5% entre 2004 et 2009, selon des chiffres de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Les seules violences des adolescentes contre les policiers ont augmenté de 75,5% sur la même période.

Face à cette situation, le rapport préconise « une politique de prévention et d’action spécifiquement ciblée sur les bandes de filles ».

M. Bockel a notamment évoqué dans la presse l’exemple allemand, où les jeunes filles mises en cause doivent suivre des « stages anti-violence » de quelques heures, après l’école. Selon lui, « dans les deux tiers des cas, il n’y a pas de récidive ».

Plus d’un tiers de ses propositions portent sur « la responsabilité parentale ». « Dans certains quartiers où explose la délinquance juvénile, plus d’un foyer sur deux est une famille monoparentale », constate le rapport, préconisant pour les foyers recomposés de « confier un statut aux beaux-parents » afin d’aider à restaurer l’autorité.

Il propose aussi de « généraliser le contrat de responsabilité parentale », qui permet aux conseils généraux de suspendre les allocations familiales des parents qui ne respectent pas leurs obligations, et de « faciliter le recours aux poursuites pénales pour les parents défaillants ».

Il estime toutefois que l’Etat, « face à une parentalité en berne, en échec ou en difficulté », doit « généraliser les écoles de parents » et développer le « coaching parental ».

Pour les parents d’origine étrangère qui ne maîtrisent pas bien la langue française, il préconise « une mise à niveau linguistique et républicaine ».

M. Bockel revient sur l’idée d’un « repérage précoce » des troubles du comportement chez l’enfant, qui avait suscité un tollé quand elle avait été proposée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) en 2005, puis reprise par Nicolas Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’Intérieur.

La « vulnérabilité pourrait être repérée chez les petits entre deux et trois ans », estime-t-il, citant un projet d’avis du conseil économique et social favorable à « un dépistage plus précoce des troubles mentaux des enfants et adolescents », datant de février 2010.

D’autres propositions portent sur une accentuation de la lutte contre les violences scolaires. Citant les phénomènes d’intimidation et le phénomène nouveau de « cyber harcèlement » par internet, il souligne que des programmes innovants ont été développés au Canada, aux Etats-Unis et dans certains pays d’Europe du Nord pour aider les élèves à maîtriser leur violence, et déplore le « retard » pris par la France dans ce domaine.

Vers un dépistage des «enfants en souffrance» – Le Figaro – Laurence De Charette – 02 novembre 2010.

Jean-Marie Bockel propose quinze mesures pour prévenir la délinquance

Le secrétaire d’État à la Justice doit remettre ce mercredi à Nicolas Sarkozy un rapport sur la prévention de la délinquance des mineurs. Il met l’accent sur la responsabilité des parents.

Repérer les enfants dès l’âge de 2-3 ans

L’idée que les troubles du comportement manifestés par certains enfants et adolescents pourraient être dépistés dès la maternelle a déjà suscité une très vive polémique à la suite d’une étude de l’Inserm publié en 2005 –  travail qui avait inspiré à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, le projet de créer un «cahier de comportement de l’enfant». Dans son rapport, Jean-Marie Bockel ne craint pas pour autant de revenir sur le sujet –  même s’il a pesé personnellement chaque mot utilisé pour la rédaction de ce paragraphe sensible. Il propose une prise en charge précoce des difficultés des enfants, dès 2-3 ans. «De grands professionnels de l’enfance, comme les médecins Marcel Rufo ou Philippe Jeammet, ou le magistrat Jean-Pierre Rosenczveig, m’ont convaincu  », explique-t-il. Sur ce terrain qu’elle sait miné, la mission fait référence à un projet d’avis du Conseil économique et social du 10 février dernier expliquant que « le retard dans le dépistage des troubles du comportement est d’autant plus préjudiciable qu’il annonce des difficultés supplémentaires dans le traitement». 15 % des enfants seraient «vulnérables», selon des études, c’est-à-dire dans l’incapacité de répondre de manière appropriée à l’agressivité. Le rapport Bockel préconise une formation des enseignants pour leur permettre de repérer les difficultés.

Créer un statut du beau-parent

«Dans certains quartiers où explose la délinquance juvénile, plus d’un foyer sur deux est une famille monoparentale  », constate la mission, qui en tire cette conclusion : «Le statut du beau-père reste un sujet complexe qui ne peut plus rester en jachère. » Ce débat, lancé en 2009 par la majorité, a lui aussi déjà suscité la polémique, en réveillant notamment les antagonismes entre les associations de défense de l’homoparentalité – qui veulent un statut pour le «deuxième parent» de même sexe – et les associations familiales défendant une vision plus traditionnelle de la famille. «C’était peut-être trop tôt…, défend Jean-Marie Bockel. Certaines idées progressent pas à pas. L’absence des pères est en tout cas un vrai sujet.» Le rapport milite donc pour que les textes accordent une place officielle à la deuxième personne référente dans l’éducation. En même temps qu’il rappelle les parents à leur responsabilité, Jean-Marie Bockel propose de permettre plus largement la suspension des allocations familiales, estimant que la menace de la sanction jouera un effet dissuasif. «Plusieurs des personnalités auditionnées ont déploré le faible recours à cet instrument alors qu’il apparaît à l’usage comme extrêmement performant», note le rapport au sujet des contrats de responsabilité parentale qui peuvent entraîner une suspension des prestations familiales. La mission a été frappée par les témoignages racontant, le cas d’enfants manifestement délaissés, arrivant en pyjama à l’école.

Des programmes contre la violence à l’école

Près de 10 % des enfants seraient ce mercredi victimes à l’école de discriminations ou de harcèlement – avec des insultes portant sur la taille, le poids, les bonnes notes, mais aussi la couleur de peau ou la religion… 20 à 25 % des élèves seraient même victimes, selon Eric Debarbieux, de «cyberharcèlement» avec Internet. Les professionnels se sont rendu compte que ce harcèlement est bien souvent à l’origine de l’absentéisme scolaire. Selon la mission, la France serait en retard sur ce sujet par rapport à de nombreux autres pays qui ont développé des programmes spécifiques. Le Canada, et les États-Unis ont par exemple généralisé ces programmes avec des résultats spectaculaires sur les discriminations, mais aussi sur les dégradations commises au sein des locaux scolaires.

Le temps des Maires.

La politique de la ville est à bout de souffle, il faut la simplifier pour la régénérer. L’architecture d’ensemble et l’illisibilité des dispositifs devient problématique pour le citoyen.

Il est indispensable de clarifier le rôle de chacun en matière sociale. Le des dispositifs est problématique pour le citoyen.

L’objectif est de mettre à plat le mille-feuilles administratif et de créer un guichet unique de recours social, rôle qui pourrait être dévolu au CCAS. La relation avec les associations, acteur central de l’action sociale, serait ainsi renforcée et clarifiée. Deux exemples :

-       Selon un sondage sur les 16-25 ans lillois dans les quartiers type Moulins, le premier souci n’est pas l’emploi, mais la santé. Ils souhaiteraient trouver des lieux où poser leurs questions et trouver des réponses. Un « espace information en santé » (= ERI) répondrait à leurs attentes.

-       Un ménage en difficulté se tourne d’abord vers sa mairie et son CCAS ; mais l’accès à la prestation, quelle qu’elle soit, est un parcours d’obstacle, au terme duquel les bénéficiaires reviennent souvent à la case départ, donc à la mairie pour demander des aides. M.P.Daubresse ne s’y est pas tropmé, en proposant : «des plates-formes communes réunissant CCAS, conseil général, CAF et Pôle Emploi. Une bonne partie de la solution réside dans la coordination de ces partenaires naturels ».

Faisons le pari, pourquoi pas, d’un maire plus acteur, plus réactif, plus impliqué: à lui de prendre la main pour compenser  la défaillance morale de ceux qui disent :«l’état ne peut pas tout, donc je ne ferai rien». La sortie de crise pourrait ainsi être une opportunité pour la Ville de montrer qu’elle a un vrai rôle à jouer en matière sociale.

Groupe UNION POUR LILLE

B.MAUROY-La Gauche Moderne

Rapport sur la délinquance rendu le 03 novembre – AFP – 25 octobre 2010.

Le secrétaire d’Etat à la Justice Jean-Marie Bockel remettra le 3 novembre à Nicolas Sarkozy son rapport de mission sur la prévention de la délinquance juvénile, qui prône une action « transversale, menée le plus en amont possible », a-t-il déclaré à l’AFP. « Les réponses apportées jusqu’à présent ne sont pas à la hauteur du problème », affirme M. Bockel, rappelant que « la délinquance des jeunes a plus que doublé » en vingt ans, avec des actes « de plus en plus violents », des délinquants « de plus en plus jeunes », une implication croissante des filles…

« Les voyants sont au rouge », les réponses « ne sont pas à la hauteur du problème », estime-t-il, en préconisant une approche globale (« sociétale ») sur trois terrains prioritaires d’intervention: « parentalité », « citoyenneté » et « espace public ». Il suggère qu’ »un tableau clair de qui fait quoi » soit dressé dans chaque juridiction, ou chaque département, afin de cerner les besoins mais aussi pour « éviter les doublons » et utiliser au mieux les moyens. Parce que « parfois, ça part dans tous les sens », dit-il.

S’inspirant de « bonnes pratiques » mises en oeuvre par certaines municipalités, le rapport Bockel devrait notamment préconiser une prise en charge des adolescents exclus de leur collège ou lycée. Prenant en compte également « l’immigration, qui est une réalité », il devrait appuyer « une mise à niveau linguistique de certains parents ».
Au total, il fera une quinzaine de propositions, avec « méthodes d’action » et « pistes concrètes », assure son auteur.

Investi début août par le président de la République de cette mission sur la prévention de la délinquance des jeunes, Jean-Marie Bockel, ancien maire PS de Mulhouse et ministre d’ouverture, affirme, à la veille d’un remaniement annoncé, que sa mission est « déconnectée de (son) avenir personnel ». La prévention de la délinquance des jeunes étant « l’affaire de tous », le dossier est « interministériel », souligne-t-il. Il juge aussi « de bon ton de dire que beaucoup de rapports finissent dans des tiroirs ». Mais en même temps, poursuit-il, « tout ce qu’on a fait de bien à un moment donné a d’abord été imaginé lors d’un travail d’évaluation et de proposition ».

Jean-Marie Bockel: «La contrainte permet de faire bouger les parents, pas l’abandon» – 20minutes.fr – 12 octobre 2010.

INTERVIEW – Le secrétaire d’Etat à la Justice évoque le rapport sur la prévention de la délinquance qu’il doit remettre au Président…

Il est «très à l’aise» avec la politique sécuritaire du gouvernement. Et pour cause, Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Justice, a été chargé, au lendemain du discours de Grenoble, par Nicolas Sarkozy, de rédiger un rapport sur la prévention de la délinquance des mineurs.

Avant de le remettre la semaine prochaine au chef de l’Etat, il organise demain des Assises à ce sujet. Entretien exclusif.

Avec ce rapport sur la prévention de la délinquance des mineurs, n’avez-vous pas peur d’apparaître comme une simple caution au regard de la politique sécuritaire du gouvernement?

Je n’imagine même pas que ma démarche puisse être gadget ou caution tellement elle est au coeur de la cohésion sociale. Mon but est de surmonter un certain nombre de contradictions permanentes.

Pourtant, la prévention est plutôt un sujet qui rassemble…

C’est un sujet important aux yeux de tous mais disparate sur les réponses. Il y a le point de vue du maire, celui de l’éducateur, celui du policier, du juge, de la victime… Nous devons y voir clair.

Il y a aussi le point de vue du député (UMP) Eric Ciotti, qui propose de couper les allocations familiales à certains parents. Vous qui êtes de gauche, ça vous choque?

Non, nous sommes d’accord avec Eric Ciotti. C’est la possibilité de la contrainte qui permet de faire bouger les parents plutôt que de les abandonner. A la fin, je peux vous assurer que les parents vous remercient. Ils vous disent «Merci de m’avoir tendu la main».

Et l’encadrement militaire des jeunes délinquants prôné par Ségolène Royal?

Ca mérite d’être regardé. C’est un des points que j’évoquerai lors des Assises. Il faut analyser les expériences dans d’autres pays. S’exprime ici une certaine nostalgie de ce qu’a apporté le service militaire. Dans l’absolu, je reconnais que l’armée, par rapport à des jeunes en difficulté, joue un rôle positif considérable.

Annoncées lors du discours de Grenoble, plusieurs propositions du chef de l’Etat ont déjà été votées avec les lois sur la sécurité ou l’immigration. Qu’en sera-t-il de votre travail?

Je ne proposerai pas un grand soir législatif. Tout ce que l’on peut faire à législation constante est à privilégier. Mais je sais que le Président prend l’affaire très au sérieux. Ce qui est important, c’est qu’il dira et fera de mon rapport.

Avez-vous envie de rester au gouvernement après le remaniement?

D’abord, j’ai beaucoup de chance d’avoir une mission qui m’occupe. Tous les matins, je ne me dis pas «Mais qu’est ce qui va m’arriver?». A titre personnel, je me sens motivé pour continuer dans le cadre d’un raisonnement politique. La Gauche moderne peut jouer un rôle dans la perspective du deuxième tour présidentiel. Je suis loyal et fidèle. Et quoi qu’il arrive, je le resterai jusqu’en 2012. Tout ça dépend du Président. Moi, j’ai la positive attitude.

Recueilli par Vincent Vantighem

Jean-Marie Bockel veut « mieux agir » contre la délinquance des jeunes – Le Point.fr – 12 octobre 2010.

L’augmentation de la délinquance des jeunes n’est pas une « fatalité », déclare le secrétaire d’Etat à la Justice Jean-Marie Bockel, qui organise jeudi, à Paris, des « assises » pour « mieux agir ensemble ». « Il n’y a pas un jeune à la maison, un autre à l’école, un troisième dans l’espace public, tout ça, c’est la même personne », constate Jean-Marie Bockel, qui prône donc une approche globale, dans tous les lieux, tous les domaines concernés. Investi par Nicolas Sarkozy d’une mission sur la prévention de la délinquance juvénile début août, en plein débat sur la politique sécuritaire, Jean-Marie Bockel affirme sa conviction qu’une politique de sécurité « ne peut réussir qu’articulée avec une politique de prévention ».

En une vingtaine d’années, le nombre de mineurs mis en cause dans des faits de délinquance a augmenté de 118 %, selon Jean-Marie Bockel. Pourtant, « là où on met en oeuvre, sur le terrain, un certain nombre de réponses concrètes, on constate des baisses souvent importantes de cette délinquance ». Preuve qu’il n’y a pas de « fatalité ». À la veille d’un remaniement annoncé, Jean-Marie Bockel, ministre « d’ouverture » et président du petit parti social libéral La Gauche moderne (LGM), considère qu’il n’a pas « forcément vocation à assurer lui-même le suivi de cette affaire, qui concernera de nombreux ministères, intervenants, métiers, collectivités ». Mais il souligne que la prévention de la délinquance n’est pas une préoccupation nouvelle pour lui qui fut maire de Mulhouse durant vingt ans et a initié fin 2009 une étude sur ce sujet. Ces dernières semaines, il a consulté, effectué des visites de terrain.

« Partager le diagnostic pour pouvoir mieux agir ensemble »

Jeudi, il réunit à la cour d’appel de Paris des « assises de la prévention de la délinquance juvénile » autour de trois thèmes : autorité parentale, « citoyenneté républicaine » et « prévention de proximité ». Élus locaux, magistrats, avocats, policiers, éducateurs, enseignants… évoqueront leurs expériences. « Le but est de partager le diagnostic pour pouvoir mieux agir ensemble », explique Jean-Marie Bockel, qui rendra ensuite son rapport de mission. « Il y a, bien sûr, une dimension professionnelle, spécialisée, de la prévention (…) mais il faut aussi élargir la démarche à tout un chacun. » Les parents ? Il ne s’agit pas de les « punir, sauf cas extrêmement graves, mais de les pousser, lorsqu’ils ne sont pas spontanément prêts à le faire, à accepter la main qu’on leur tend et à entrer dans une démarche d’apprentissage de leur rôle de parents ».

La « citoyenneté républicaine, c’est une manière de dire que le jeune (…) doit être aidé, soutenu, par un cadre de valeurs et de règles de vie : droits, devoirs, estime de soi, etc. », selon lui. « Même si elle joue un rôle important, penser que l’école peut tout régler, c’est une erreur, tout comme compter sur les seuls parents serait également une erreur », estime-t-il. « Il faut unir tous les acteurs pour donner toutes leurs chances à ces gamins. » Jean-Marie Bockel insiste aussi sur la nécessaire « cohérence entre les différents intervenants, qui sont déjà très nombreux », et une meilleure utilisation des moyens, « parfois déployés sans qu’on le sache ». « On peut faire mieux avec les moyens existants », maintient-il. Bien sûr, « il faut ici ou là des moyens complémentaires », mais qui doivent être « bien identifiés ».