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Un rapport souligne les difficultés de l’école à intégrer les enfants de l’immigration – lemonde.fr avec AFP – 24 octobre 2010.
L‘école a de plus en plus de difficultés à assurer ses missions d’intégration d’enfants d’immigrés, notamment dans les départements où ces populations sont surreprésentées, pointe le Haut conseil à l’intégration (HCI) dans un avis rendu public dimanche 24 octobre. Dans ce document de travail – mis en ligne par le Journal du Dimanche (PDF) et qui doit être remis dans sa version définitive au premier ministre en novembre – le HCI rappelle que « l’école républicaine » constitue « un espace d’intégration sociale » et que « l’école française doit exercer sa mission d’intégration culturelle ». « Toutefois, force est de constater qu’aujourd’hui, l’école française a de plus en plus de mal à exercer ces missions », déplore le HCI.
« COMMUNAUTARISME »
« Les transformations économiques et la paupérisation de populations, concentrées sur des territoires repérés, que des politiques pourtant volontaristes n’ont pas sortis de la précarité, mettent l’école en difficulté dans sa visée d’intégration », souligne l’avis. Le HCI observe qu’en France, la « proportion de jeunes issus de familles dont au moins un des parents est immigré, s’élève à moins de 20 % ». Mais, caractéristique de l’Hexagone, cette répartition est très inégale sur l’ensemble du territoire. « Ainsi, en 2005, les plus fortes concentrations départementales sont en (…) Seine-Saint-Denis (57 %), Paris (41 %), Val-de-Marne (40 %) et Val-d’Oise (40 %) », selon le HCI.
Là, « l’espace scolaire est fortement exposé aux tensions ethno-culturelles. L’école donne des signes de souffrance. Elle est aujourd’hui le lieu de revendications nouvelles qui ressortent de l’expression du communautarisme, d’une identité religieuse, voire, au rejet de la culture et des valeurs de la République française », s’inquiète le Haut conseil à l’intégration. Le rapport relève par exemple, dans certains collèges, les difficultés pour les professeurs d’histoire-géographie d’enseigner la Shoah ou l’histoire du Proche-Orient.
MESURES D’ACCOMPAGNEMENT
Les auteurs du rapport analysent l’efficacité des moyens publics mis en œuvre pour améliorer l’intégration et la réussite scolaire de ses élèves. L’Etat a déboursé 110 millions d’euros en 2010 pour financer le programme de réussite éducative prévu par la loi de cohésion soxiale, rappelle le HCI. Plus de 725 000 collégiens (près d’un tiers des effectifs) et 147 000 élèves du primaire en ont bénéficié en 2008-2009. Le HCI vante les mérites d’une démarche d’accompagnement individualisé des élèves en difficulté mais note le manque de coopération et d’informations entre les différents acteurs et l’absence d’évaluation des dispositifs.
Dirigé par Patrick Gaubert depuis fin 2008, le HCI a été institué par un décret du 19 décembre 1989 de Michel Rocard, alors premier ministre. Il a pour mission de « donner son avis et de faire toute proposition utile, à la demande du premier ministre, sur l’ensemble des questions relatives à l’intégration des résidents étrangers ou d’origine étrangère ».
Jean-Marie Bockel : “Impliquer les familles de délinquants” – Valeurs actuelles – 10 novembre 2010.
Secrétaire d’État à la Justice, Jean-Marie Bockel a remis le 3 novembre à Nicolas Sarkozy un rapport sur la prévention de la délinquance des jeunes.
Pourquoi ce rapport ? Parce que le président de la République a toujours considéré que la prévention de la délinquance était indissociable de la lutte contre la criminalité. Ce sont les deux faces d’une même politique : assurer la sécurité de nos concitoyens en sanctionnant les coupables, mais en évitant aussi que des jeunes, en échec scolaire ou faute de repères familiaux, ne basculent dans la délinquance. Or il ressort des auditions que nous avons faites que le nombre total de mineurs mis en cause est passé de 98 000 en 1990 à 214 000 en 2009 : +118 % en vingt ans.
Fait nouveau, les filles participent à cette augmentation de la délinquance… Plusieurs intervenants, dont le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, et Alain Bauer, criminologue, nous ont alertés sur l’augmentation inquiétante des violences commises par des bandes de filles. Elles semblent mimer des conduites jusqu’à présent masculines.
Ce qui me conduit à proposer la mise en œuvre d’une politique de prévention spécifique, ciblée sur ces bandes féminines. D’autres pays nous ont précédés sur cette voie, comme l’Allemagne : Berlin organise des “stages antiviolence” pour apprendre à de jeunes délinquants, garçons et filles, à se contrôler.
Vous insistez beaucoup sur la responsabilité parentale. On ne dira jamais assez que le mineur délinquant est souvent un mineur en rupture familiale. La paternité traverse une crise, les familles monoparentales se multiplient. C’est la conséquence d’évolutions qui ne sont pas toutes négatives, mais qui nous obligent à soutenir la parentalité. Il existe déjà de nombreux outils : stages parentaux, réseaux d’aide à la parentalité, contrats de responsabilité parentale… Utilisons-les ! Je propose que le contrat de responsabilité parentale soit généralisé et qu’il intègre un stage parental au titre des obligations imposées aux familles.
De quoi s’agit-il ? Ce contrat peut être proposé aux parents par le président du conseil général en cas d’absentéisme scolaire ou de troubles liés aux carences de l’autorité parentale. Il leur rappelle qu’ils ont des obligations à remplir. S’ils ne respectent pas ce contrat, ils encourent la suspension du versement des prestations familiales. Ça marche ! Éric Ciotti fait un excellent travail dans les Alpes-Maritimes. La menace de sanction a un effet dissuasif immédiat : les difficultés se résorbent sans qu’il soit besoin de sévir. Cette disposition est légale, efficace. Encore faut-il l’utiliser, ce qui est rarement le cas…
La gauche est contre. Je sais. Elle dit : “Mais vous ne vous rendez pas compte ! Ce sont des familles en difficulté, qui cumulent les handicaps. Elles n’y peuvent rien, et vous allez en plus les menacer de sanctions !” Je connais ce discours par coeur. Quel mépris ! Je pense, moi, que chaque famille a une chance de s’en sortir. Et je sais que les parents viennent souvent remercier les élus de les avoir sortis de leur torpeur en les obligeant à se ressaisir. À recouvrer leur dignité en les aidant à exercer leur autorité. Cette dimension contraignante a une vraie vertu pédagogique.
Vous soulignez que beaucoup de parents sont démunis face au comportement de leurs enfants. Ces difficultés sont accrues dans les familles immigrées. En effet, car il est fréquent que les enfants, dans ces familles, comprennent et parlent mieux le français que leurs parents. D’où la nécessité de rendre obligatoire la participation des parents à une mise à niveau linguistique et républicaine, portant sur nos institutions et sur le fonctionnement de l’école, que beaucoup ignorent.
Lors des manifestations contre la réforme des retraites, près de 1 800 casseurs ont été placés en garde à vue. Rares sont ceux qui sont passés en comparution immédiate. Que vat- il se produire maintenant ? Toutes les condamnations n’ont pas été prononcées dans le cadre des comparutions immédiates, mais 360 personnes ont néanmoins été renvoyées devant un juge. Il nous faut trouver une réponse pénale adaptée, car il y a parmi elles de nombreux mineurs, instrumentalisés par leurs aînés qui savent qu’ils sont davantage protégés par la loi. Ils seront sanctionnés, sachant que nous devons aussi travailler en amont pour éviter que ces violences se produisent. Propos recueillis par Fabrice Madouas
Communautarisme, discriminations : l’école peine à intégrer les enfants issus de l’immigration – Pierre-Anthony Canovas – 26 octobre 2010.
Un rapport du Haut Conseil à l’Intégration pointe du doigt l’échec de l’école à intégrer les enfants issus de l’immigration.
Le constat est sans appel. L’école éprouve de plus en plus de difficultés à intégrer les enfants issus de l’immigration : tel est l’un des enseignements d’un document de travail du Haut Conseil à l’Intégration (HCI) dont la version définitive sera remise au Premier ministre en novembre.
Qu’ils soient « élèves nouvellement arrivés en France » (ENAF), au nombre de 34700 en 2008-2009, enfant dont l’un des parents seulement est immigré et qui deviennent français après naturalisation, ou en situation irrégulière, ils vivent souvent des situations comparables. Le document, disponible sur le site du JDD, l’analyse : « Les différences d’orientations et de cursus, le taux de redoublement ou la sortie du système scolaire sans diplôme affecte plus souvent les élèves issus de l’immigration que ceux qui ne le sont pas ». Jusqu’ici, rien de nouveau.
Intitulé « Relever les défis de l’intégration à l’école », le rapport note en revanche une montée du communautarisme. Il y est écrit que : « Les transformations économiques et la paupérisation de populations, concentrées sur des territoires repérés, que des politiques pourtant volontaristes n’ont pas sortis de la précarité, mettent l’école en difficulté dans sa visée d’intégration ». Pire encore, « l’espace scolaire est fortement exposé aux tensions ethnico-culturelles. Elle est aujourd’hui le lien de revendications nouvelles qui ressortent de l’expression du communautarisme, d’une identité religieuse, voire, au rejet de la culture et des valeurs et de la République française ».
« Appartheid scolaire »
Pour la sénatrice PS des Bouches-du-Rhône, Samia Ghali, d’origine algérienne, évoquer les seuls enfants issus de l’immigration n’a pas de sens : « L’école a de plus en mal à intégrer tout court ». La vice-présidente de la région PACA, qui a grandi dans un bidonville des quartiers Nord de Marseille est claire : « Aujourd’hui en France, nous sommes dans l’apartheid scolaire et même dans la ghettoïsation ». Et se désole que l’éducation ne soit pas une « priorité » du gouvernement actuel. Elle déplore le manque de financement alloué à l’Education.
Un constat que ne partage pas vraiment Philippe Dallier. Pour le Sénateur UMP de Seine-Saint-Denis, « Il faut arrêter de remettre encore et toujours sur la table la question du manque de moyens». Il poursuit : « Je crois qu’il faut se reposer la question d’un système éducatif en fonction des publics concernés. C’est la vraie question ». Le sénateur préconise un meilleur aménagement des classes. Car, rappelle-t-il, « dans les zones d’éducation prioritaire (ZEP), on s’aperçoit que le nombre d’élèves moyens par classe au collège, comme celles de mon département, tourne autour d’une vingtaine de personnes. Pourtant, en province, un collège qui est hors ZEP peut-être quelquefois en dessous de ce chiffre ».
Pour ce qui est des solutions envisageables, le sénateur s’interroge : « Est-ce que redescendre à une moyenne par classe de vingt élèves quand on a cinquante pour cent des enfants dont les parents ne parlent pas le français est suffisant?». Et de rajouter: « La réponse est clairement non ». Philippe Dallier pense que les causes de cette faiblesse sont lointaines : « C’est un échec de trente années de gouvernements successifs ».
Ce rapport évoque également le Programme de Réussite Educative (PRE) lancé en 2005 et prévu par la loi de cohésion sociale. Il est destiné aux enfants de 2 à 16 ans ne bénéficiant « pas d’un univers familial, social et culturel favorable ». Plus de 725.000 collégiens et 147.000 élèves du primaire en ont bénéficié en 2008-2009. En 2010, l’Etat a financé ce plan à hauteur de 110 millions d’euros.
ARTICLE HAUT CONSEIL À L’INTÉGRATION PHILIPPE DALLIER PS SAMIA GHALI SEINE-SAINT-DENIS UMP
La désindustrialisation? Un bobard – Georges Kaplan, Causeur.fr
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, qui en matière de gestion de carrière politique, aurait pu donner quelques leçons aux plus inoxydables de nos gouvernants, avait en son temps édicté un principe fondamental qui fait depuis office de référence dans le discours public : « En politique, ce qui est cru devient plus important que ce qui est vrai ».
Ainsi en va-t-il de cette l’affirmation, dument répétée tel un mantra bouddhiste par l’ensemble de notre classe politique, selon laquelle la France se désindustrialise. De Nicolas Sarkozy, qui déclarait encore l’autre jour(1)que jamais il n’accepterait la désindustrialisation, à l’état-major du PS en passant par Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou ou Dominique de Villepin, c’est toute notre classe politique qui tire son mouchoir et la sonnette d’alarme face à la disparition de notre industrie, de nos usines et de nos ouvriers.
Les coupables de cet odieux forfait sont bien sûr connus et désignés de toute part : la mondialisation, le libre-échangisme, les capitalistes … brefs les « autres », ces êtres tout aussi maléfiques, qu’ils sont inconnus et invisibles et qui nous veulent du mal(2). Heureusement pour nous, le bon peuple, nos élus ont des solutions – et pas que deux ou trois – pour réindustrialiser la France : des subventions aux nationalisations en passant par le protectionnisme, c’est toute la gamme des politiques interventionnistes qu’on nous déballe comme au marché. Faites vot’ choix m’sieurs dames… Elles sont bonnes mes salades !
En dix ans, la production industrielle a augmenté de 25%
Si la France se désindustrialise comme nous l’affirment nos politiciens professionnels, nous devrions pouvoir observer le phénomène dans les chiffres publiées par l’Insee qui mesurent depuis 1949 la production de chaque secteur d’activité de notre économie. Et là, ô surprise, ajustée de l’inflation, notre production industrielle de 2009(3) était 26% plus élevée qu’en 1990, 50% plus élevée qu’en 1980, 106% plus élevée qu’en 1970 et – excusez du peu – 570% plus élevée qu’en 1949. Pas l’ombre de la queue du début d’un commencement de désindustrialisation.
Ce qui est vrai, c’est que nous avons perdu l’essentiel de notre industrie textile (-45% depuis 1970) et une part substantielle de notre production de combustibles et autres carburants (-33%). Mais ce qui est aussi vrai, c’est que la production de nos industries navales, aéronautiques et ferroviaires a augmenté de 449.5%, que celle de nos industries pharmaceutiques et cosmétiques est aujourd’hui 490.2% plus importante qu’en 1970 et que notre production d’équipements électriques et électroniques a été multipliée par six dans le même laps de temps.
Ce qui est surtout vrai, donc, c’est que notre industrie a changé. Encore dominée il y a quelques décennies par des chaines de production sur lesquelles on alignait des ouvriers peu qualifiés et misérablement payés, elle est devenue une industrie de pointe qui embauche essentiellement des ingénieurs, des ouvriers qualifiés et des cadres, investit massivement dans la recherche et offre des rémunérations sans aucune commune mesure avec ce que peuvent espérer les ouvriers chinois(4).
Le merveilleux monde d’avant était aussi celui des salaires misérables
Le discours politique – et médiatique – est resté enfermé dans un monde de grandes usines, pourvoyeuses d’emplois à vie et en masse, où des milliers de salariés constitués en « classe ouvrière » produisent à la chaîne des taille-crayons ou des paires de chaussures. On nous rebat les oreilles d’un monde merveilleux, un monde d’avant, où les grandes luttes ouvrières faisaient les heures de gloire de la gauche marxiste et les patrons paternalistes aux mines sévères celle d’une droite conservatrice. Mais ce que le discours politique oublie, c’est que ce monde était aussi celui des salaires misérables, des mineurs qui risquaient leur peau au moindre coup de grisou, des ouvrières du textile qui usaient leur jeunesse et leurs doigts dans les usines et des ouvriers qui étouffaient dans l’atmosphère surchauffée des hauts-fourneaux.
Alors oui, ça fait moins de monde dans les usines (et aux manifestations de la CGT) mais non, la France ne se désindustrialise pas. Elle va même plutôt bien notre industrie entre l’Oréal dont les ventes explosent dans les pays émergents (+13% en 6 mois), Legrand qui réalise l’essentiel de sa croissance en dehors de l’Europe ou notre Cognac qui exporte plus de 96% de sa production. L’avenir de nos enfants n’est plus derrière un métier à tisser ni au fond d’une mine, il est derrière une planche à dessin, dans des laboratoires de recherche ou aux commandes d’une chaine de production automatisée. Et pour tout vous dire, moi je préfère ça.
Georges Kaplan, Causeur.fr
(1) Au salon de l’automobile, le 1er octobre 2010.
.(2)Toute ressemblance avec une série télévisée américaine dont l’action se situe sur une île mystérieuse serait purement fortuite.
(3)844.7 milliards d’euros selon l’INSEE, soit environ 27% de notre production totale en valeur.
(4)Le salarié moyen de l’industrie manufacturière française coûte un peu plus de 49 000 euros par an à son employeur… soit – au bas mot – 15 fois plus que son homologue chinois.
Communiqué de la Présidence de la République – Remise du rapport de M. Jean-Marie BOCKEL, secrétaire d’Etat à la Justice, sur la prévention de la délinquance des mineurs.
Le Président de la République a reçu ce jour M. Jean-Marie BOCKEL, secrétaire d’Etat à la Justice, qui lui a remis son rapport sur la prévention de la délinquance juvénile.
Cette mission lui avait été confiée par le chef de l’Etat le 3 août dernier en vue d’engager une large concertation avec les acteurs de la prévention et de la sécurité, d’expertiser les bonnes pratiques en France comme à l’étranger et de formuler en conséquence des propositions innovantes.
Aux termes de plus de soixante auditions et de la tenue, le 14 octobre dernier, des « assises de la prévention de la délinquance juvénile », M. Jean-Marie BOCKEL a formulé quinze propositions. Il propose de recentrer la politique nationale de prévention de la délinquance juvénile autour de trois axes prioritaires :
1/ Une politique publique de soutien à la parentalité :
Des mesures sont proposées pour renforcer l’autorité parentale, favoriser l’intégration et responsabiliser les familles à l’égard de l’obligation scolaire. Le rôle du maire dans les dispositifs locaux de prévention de la délinquance est par ailleurs réaffirmé en proposant de développer les mesures de rappel à l’ordre et de généraliser les Conseils des droits et des devoirs des familles.
2/ La restauration de la citoyenneté par l’école :
L’école doit demeurer le creuset où se forge non seulement le futur citoyen mais où s’intègre également, dès le plus jeune âge, la notion de règle. Des mesures doivent être prises pour accompagner les dispositifs ambitieux déjà mis en place par le Gouvernement afin de lutter contre l’absentéisme et le décrochage scolaire, qui touche 60.000 élèves par an et recoupe très souvent la délinquance. Il est proposé en particulier la mise en place d’un repérage précoce des difficultés sociales et sanitaires des enfants afin de permettre leur prise en charge le plus en amont possible. Des programmes de lutte contre les violences scolaires (racket harcèlement) doivent également être conduits.
3/ La mise en œuvre d’une stratégie volontariste de reconquête de l’espace public :
Cet enjeu constitue le devoir de l’Etat et de l’ensemble des acteurs concernés qui sont mobilisés par la notion d’intérêt général. Il s’agit de regarder ici la réalité en face, d’affronter les défis qui minent le pacte républicain dans son expression quotidienne, qu’il s’agisse des phénomènes de bandes, des trafics, de la montée en puissance de l’économie souterraine mais aussi d’un prosélytisme fondamentaliste hostile aux principes de laïcité.
Les principales propositions visent à concevoir et à mettre en œuvre une politique spécifiquement ciblée sur les violences commises par les bandes de jeunes filles, dont la part dans la délinquance ne cesse d’augmenter, à redonner une place centrale à la prévention spécialisée et aux éducateurs de rue et à développer des formations adaptées aux spécificités des mineurs dans les écoles de police.
Le rapport propose enfin la création d’un dispositif d’appel à des bénévoles pour mettre en œuvre un parrainage civique de jeunes en situation de rupture.
Présidence de la République.
En matière de prévention, le Parti Socialiste ne fait pas autorité -LGM-4 novembre 2010.
C’est avec tristesse et consternation que La Gauche Moderne a pris connaissance de la réaction du Parti Socialiste, suscitée par le rapport de Jean-Marie Bockel consacré à la Prévention de la Délinquance des jeunes, remis au Président de la République le 3 novembre 2010.
En choisissant de prendre comme angle d’attaque bêtement polémique, le constat pourtant partagé par l’ensemble des élus auditionnés quelles que soient leurs appartenances partisanes du lien évident entre délitement de l’autorité parentale, difficulté des familles monoparentales et glissements progressifs pouvant conduire à la délinquance, le PS s’enferme de manière indigne dans l’autisme et le déni du réel.
La Gauche Moderne constate à cet égard avec étonnement que c’est le Secrétaire national à la famille qui a été prié de prendre la plume pour rédiger ce laborieux communiqué. N’eût-il pas été plus cohérent de confier cette tâche au responsable des questions de sécurité ?
La vérité, c’est que malgré les rodomontades de Martine Aubry appelant le PS à porter un projet alternatif sur les questions de sécurité et de prévention, les éléphants n’ont accouché que d’une piètre souris.
Le sursaut moral et politique annoncé avec tambours et trompettes par Madame le Premier Secrétaire a été repoussé sine die, le PS décidant courageusement d’annuler la convention thématique programmée sur ce thème, faute de cohérence, faute de ligne politique et sans doute de consensus interne.
Voilà la triste réalité d’un parti à la dérive qui s’abrite derrière les clichés les plus médiocres de la bienpensance pour masquer sa faillite morale et politique. Les dirigeants socialistes ont beau sauter comme des cabris en criant « police de proximité, police de proximité », l’histoire retiendra que c’est Lionel Jospin qui, pour amadouer l’aile la plus angélique de la défunte gauche plurielle, a fait échouer cette réforme que portait avec volontarisme Jean-Pierre Chevènement, dénoncée comme sécuritaire par les belles âmes enfermées dans la culture de l’excuse.
L’indigence et la malhonnêteté intellectuelles de ce communiqué témoigne de la vacuité sidérale du Parti Socialiste sur cet enjeu de prévention qui constitue pourtant l’un des piliers essentiels d’une politique de sécurité équilibrée articulant prévention, dissuasion et sanction.
La Gauche Moderne invite Monsieur Jean-Patrick Gille ainsi que son homologue chargé des questions de sécurité, à prendre le temps de lire ce rapport, y compris ses annexes où certains élus socialistes de terrain auditionnés se sont montrés beaucoup moins dogmatiques que les hiérarques de Solferino. Quant à la question du diagnostic précoce des enfants en souffrance, La Gauche Moderne invite le PS à faire montre de plus de rigueur et si possibilité d’honnêteté. Jean-Marie Bockel a clairement écrit qu’il ne souhaitait nullement raviver la polémique suscitée en 2005 par le rapport de l’INSERM, mais qu’il invitait l’ensemble des acteurs à anticiper le risque en étant à l’écoute des signes annonciateurs chez l’enfant d’une détresse pouvant éventuellement aboutir à un comportement de rupture avec la famille et l’école. Tel est le sens du diagnostic précoce ici préconisé.
La majorité de nos compatriotes attendent sur ces questions de la dignité dans le débat public mais aussi des réponses adaptées aux enjeux. Le PS n’en prend pas le chemin. La Gauche Moderne, pour sa part n’attendra pas l’improbable aggiornamento du PS pour continuer d’œuvrer aux côtés du Président de la République et au sein de la majorité à la mise en œuvre d’une politique nationale de la prévention, à la mesure des défis ressentis par nos concitoyens au quotidien.
Le PS juge « aberrant » le rapport Bockel sur la délinquance juvénile – AFP – 4 novembre 2010.
Le Parti socialiste a qualifié jeudi d’ »aberrant » le rapport sur la prévention de la délinquance juvénile du secrétaire d’Etat à la Justice Jean-Marie Bockel, qui reprend notamment l’idée controversée d’un repérage des troubles du comportement dès deux-trois ans.
« Selon cette logique, puisque les enfants en difficulté deviennent des enfants délinquants, il faut chercher à repérer leurs troubles dès la crèche, dès la naissance, voire avant même la naissance », s’indigne le secrétaire national à la Famille Jean-Patrick Gille dans un communiqué.
« Les mères célibataires sont accusées dans le rapport de ne pas s’occuper de leurs enfants », déplore-t-il. « Il est faux de prétendre que c’est l’absence des pères qui rend les enfants délinquants ».
Le PS « demande au gouvernement de ne pas reprendre ce texte aberrant dans un futur projet de loi et d’apporter, à la place, des mesures de soutien aux foyers en difficulté, notamment monoparentaux (…) cela passe par la création d’un véritable service public de la petite enfance et par la possibilité d’une scolarisation dès deux ans ».
Jean-Marie Bockel (ex-PS) a remis mercredi au président Sarkozy un rapport contenant une quinzaine de propositions, dont plus d’un tiers portent sur « la responsabilité parentale ». Il revient également sur l’idée d’un « repérage précoce » des troubles du comportement chez l’enfant.
Délinquance juvénile: Bockel propose un repérage des troubles chez l’enfant dès 2-3 ans – L’Internaute – 3 novembre 2010.
Dans un rapport sur la prévention de la délinquance juvénile remis mercredi à Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Bockel met l’accent sur la responsabilisation des parents et revient sur l’idée controversée d’un repérage des troubles du comportement dès 2-3 ans.
A l’issue d’une mission de trois mois, le secrétaire d’Etat à la Justice fait au total une quinzaine de propositions dans ce rapport qui devait être remis au chef de l’Etat dans l’après-midi.
Il souligne que le nombre de mineurs mis en cause dans des faits de délinquance a plus que doublé en une vingtaine d’années (+118% entre 1990 et 2009).
Le phénomène des bandes s’est « modifié et amplifié », avec notamment le développement des bandes de filles qui semblent « mimer des conduites jusqu’à présent masculines ».
La mise en cause de jeunes filles dans les infractions de violences volontaires a augmenté de 97,5% entre 2004 et 2009, selon des chiffres de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Les seules violences des adolescentes contre les policiers ont augmenté de 75,5% sur la même période.
Face à cette situation, le rapport préconise « une politique de prévention et d’action spécifiquement ciblée sur les bandes de filles ».
M. Bockel a notamment évoqué dans la presse l’exemple allemand, où les jeunes filles mises en cause doivent suivre des « stages anti-violence » de quelques heures, après l’école. Selon lui, « dans les deux tiers des cas, il n’y a pas de récidive ».
Plus d’un tiers de ses propositions portent sur « la responsabilité parentale ». « Dans certains quartiers où explose la délinquance juvénile, plus d’un foyer sur deux est une famille monoparentale », constate le rapport, préconisant pour les foyers recomposés de « confier un statut aux beaux-parents » afin d’aider à restaurer l’autorité.
Il propose aussi de « généraliser le contrat de responsabilité parentale », qui permet aux conseils généraux de suspendre les allocations familiales des parents qui ne respectent pas leurs obligations, et de « faciliter le recours aux poursuites pénales pour les parents défaillants ».
Il estime toutefois que l’Etat, « face à une parentalité en berne, en échec ou en difficulté », doit « généraliser les écoles de parents » et développer le « coaching parental ».
Pour les parents d’origine étrangère qui ne maîtrisent pas bien la langue française, il préconise « une mise à niveau linguistique et républicaine ».
M. Bockel revient sur l’idée d’un « repérage précoce » des troubles du comportement chez l’enfant, qui avait suscité un tollé quand elle avait été proposée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) en 2005, puis reprise par Nicolas Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’Intérieur.
La « vulnérabilité pourrait être repérée chez les petits entre deux et trois ans », estime-t-il, citant un projet d’avis du conseil économique et social favorable à « un dépistage plus précoce des troubles mentaux des enfants et adolescents », datant de février 2010.
D’autres propositions portent sur une accentuation de la lutte contre les violences scolaires. Citant les phénomènes d’intimidation et le phénomène nouveau de « cyber harcèlement » par internet, il souligne que des programmes innovants ont été développés au Canada, aux Etats-Unis et dans certains pays d’Europe du Nord pour aider les élèves à maîtriser leur violence, et déplore le « retard » pris par la France dans ce domaine.
Vers un dépistage des «enfants en souffrance» – Le Figaro – Laurence De Charette – 02 novembre 2010.
Jean-Marie Bockel propose quinze mesures pour prévenir la délinquance
Le secrétaire d’État à la Justice doit remettre ce mercredi à Nicolas Sarkozy un rapport sur la prévention de la délinquance des mineurs. Il met l’accent sur la responsabilité des parents.
Repérer les enfants dès l’âge de 2-3 ans
L’idée que les troubles du comportement manifestés par certains enfants et adolescents pourraient être dépistés dès la maternelle a déjà suscité une très vive polémique à la suite d’une étude de l’Inserm publié en 2005 – travail qui avait inspiré à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, le projet de créer un «cahier de comportement de l’enfant». Dans son rapport, Jean-Marie Bockel ne craint pas pour autant de revenir sur le sujet – même s’il a pesé personnellement chaque mot utilisé pour la rédaction de ce paragraphe sensible. Il propose une prise en charge précoce des difficultés des enfants, dès 2-3 ans. «De grands professionnels de l’enfance, comme les médecins Marcel Rufo ou Philippe Jeammet, ou le magistrat Jean-Pierre Rosenczveig, m’ont convaincu », explique-t-il. Sur ce terrain qu’elle sait miné, la mission fait référence à un projet d’avis du Conseil économique et social du 10 février dernier expliquant que « le retard dans le dépistage des troubles du comportement est d’autant plus préjudiciable qu’il annonce des difficultés supplémentaires dans le traitement». 15 % des enfants seraient «vulnérables», selon des études, c’est-à-dire dans l’incapacité de répondre de manière appropriée à l’agressivité. Le rapport Bockel préconise une formation des enseignants pour leur permettre de repérer les difficultés.
Créer un statut du beau-parent
«Dans certains quartiers où explose la délinquance juvénile, plus d’un foyer sur deux est une famille monoparentale », constate la mission, qui en tire cette conclusion : «Le statut du beau-père reste un sujet complexe qui ne peut plus rester en jachère. » Ce débat, lancé en 2009 par la majorité, a lui aussi déjà suscité la polémique, en réveillant notamment les antagonismes entre les associations de défense de l’homoparentalité – qui veulent un statut pour le «deuxième parent» de même sexe – et les associations familiales défendant une vision plus traditionnelle de la famille. «C’était peut-être trop tôt…, défend Jean-Marie Bockel. Certaines idées progressent pas à pas. L’absence des pères est en tout cas un vrai sujet.» Le rapport milite donc pour que les textes accordent une place officielle à la deuxième personne référente dans l’éducation. En même temps qu’il rappelle les parents à leur responsabilité, Jean-Marie Bockel propose de permettre plus largement la suspension des allocations familiales, estimant que la menace de la sanction jouera un effet dissuasif. «Plusieurs des personnalités auditionnées ont déploré le faible recours à cet instrument alors qu’il apparaît à l’usage comme extrêmement performant», note le rapport au sujet des contrats de responsabilité parentale qui peuvent entraîner une suspension des prestations familiales. La mission a été frappée par les témoignages racontant, le cas d’enfants manifestement délaissés, arrivant en pyjama à l’école.
Des programmes contre la violence à l’école
Près de 10 % des enfants seraient ce mercredi victimes à l’école de discriminations ou de harcèlement – avec des insultes portant sur la taille, le poids, les bonnes notes, mais aussi la couleur de peau ou la religion… 20 à 25 % des élèves seraient même victimes, selon Eric Debarbieux, de «cyberharcèlement» avec Internet. Les professionnels se sont rendu compte que ce harcèlement est bien souvent à l’origine de l’absentéisme scolaire. Selon la mission, la France serait en retard sur ce sujet par rapport à de nombreux autres pays qui ont développé des programmes spécifiques. Le Canada, et les États-Unis ont par exemple généralisé ces programmes avec des résultats spectaculaires sur les discriminations, mais aussi sur les dégradations commises au sein des locaux scolaires.
Quand retombe la nuit – De Favilla – Les Echos – 29 octobre 2010.
De nombreux enseignants sont découragés. Ils ne peuvent plus aborder dans leurs cours certains sujets inscrits au programme. Certains élèves s’y opposent avec une violence qui confine parfois à l’émeute. Sont principalement concernés certains chapitres de l’histoire et des sciences de la nature, et plus particulièrement trois sujets : la colonisation (qu’on peut comprendre sensible à des descendants d’ex-colonisés) ; la Shoah (que ne contestent ordinairement que les antisémites forcenés) ; enfin et surtout, les origines de l’homme, dont les avancées scientifiques ne révoltent que les exaltés des Ecritures saintes.
On aura compris que ces malheureux exclus de la République du savoir sont issus de l’immigration. Ils n’y sont heureusement qu’une minorité, mais ils font la loi dans certains établissements, ce qui trahit une évolution préoccupante : remontée de l’obscurantisme, refus borné de la connaissance, imperméabilité à l’esprit d’examen, incapacité assumée au dialogue. En somme, le retour à la nuit dans ce monde plutôt éclairé. Parmi les causes socio-économiques du phénomène, on cite volontiers l’illettrisme ou la superstition des parents, la déréliction due à leur chômage, l’activisme rustique des imams autoproclamés… Certains font aussi le parallèle avec les créationnistes américains, qui nient également l’évolution des espèces.
Les plus obtus des créationnistes se réclament bruyamment de la « vraie Amérique », alors que nos récalcitrants rejettent ouvertement la France et ses valeurs (ô Condorcet !). Quant à l’islam, plusieurs siècles de manipulations l’ont mutilé de sa composante « Ijtihad » (interprétation à la lumière de l’évolution), ô Averroès ! En ayant fait de ces enfants ni des vrais Français ni des vrais musulmans, les agitateurs de caves ont, au total, accompli leur mission, qui est de stériliser la jeunesse.