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En matière de prévention, le Parti Socialiste ne fait pas autorité -LGM-4 novembre 2010.
C’est avec tristesse et consternation que La Gauche Moderne a pris connaissance de la réaction du Parti Socialiste, suscitée par le rapport de Jean-Marie Bockel consacré à la Prévention de la Délinquance des jeunes, remis au Président de la République le 3 novembre 2010.
En choisissant de prendre comme angle d’attaque bêtement polémique, le constat pourtant partagé par l’ensemble des élus auditionnés quelles que soient leurs appartenances partisanes du lien évident entre délitement de l’autorité parentale, difficulté des familles monoparentales et glissements progressifs pouvant conduire à la délinquance, le PS s’enferme de manière indigne dans l’autisme et le déni du réel.
La Gauche Moderne constate à cet égard avec étonnement que c’est le Secrétaire national à la famille qui a été prié de prendre la plume pour rédiger ce laborieux communiqué. N’eût-il pas été plus cohérent de confier cette tâche au responsable des questions de sécurité ?
La vérité, c’est que malgré les rodomontades de Martine Aubry appelant le PS à porter un projet alternatif sur les questions de sécurité et de prévention, les éléphants n’ont accouché que d’une piètre souris.
Le sursaut moral et politique annoncé avec tambours et trompettes par Madame le Premier Secrétaire a été repoussé sine die, le PS décidant courageusement d’annuler la convention thématique programmée sur ce thème, faute de cohérence, faute de ligne politique et sans doute de consensus interne.
Voilà la triste réalité d’un parti à la dérive qui s’abrite derrière les clichés les plus médiocres de la bienpensance pour masquer sa faillite morale et politique. Les dirigeants socialistes ont beau sauter comme des cabris en criant « police de proximité, police de proximité », l’histoire retiendra que c’est Lionel Jospin qui, pour amadouer l’aile la plus angélique de la défunte gauche plurielle, a fait échouer cette réforme que portait avec volontarisme Jean-Pierre Chevènement, dénoncée comme sécuritaire par les belles âmes enfermées dans la culture de l’excuse.
L’indigence et la malhonnêteté intellectuelles de ce communiqué témoigne de la vacuité sidérale du Parti Socialiste sur cet enjeu de prévention qui constitue pourtant l’un des piliers essentiels d’une politique de sécurité équilibrée articulant prévention, dissuasion et sanction.
La Gauche Moderne invite Monsieur Jean-Patrick Gille ainsi que son homologue chargé des questions de sécurité, à prendre le temps de lire ce rapport, y compris ses annexes où certains élus socialistes de terrain auditionnés se sont montrés beaucoup moins dogmatiques que les hiérarques de Solferino. Quant à la question du diagnostic précoce des enfants en souffrance, La Gauche Moderne invite le PS à faire montre de plus de rigueur et si possibilité d’honnêteté. Jean-Marie Bockel a clairement écrit qu’il ne souhaitait nullement raviver la polémique suscitée en 2005 par le rapport de l’INSERM, mais qu’il invitait l’ensemble des acteurs à anticiper le risque en étant à l’écoute des signes annonciateurs chez l’enfant d’une détresse pouvant éventuellement aboutir à un comportement de rupture avec la famille et l’école. Tel est le sens du diagnostic précoce ici préconisé.
La majorité de nos compatriotes attendent sur ces questions de la dignité dans le débat public mais aussi des réponses adaptées aux enjeux. Le PS n’en prend pas le chemin. La Gauche Moderne, pour sa part n’attendra pas l’improbable aggiornamento du PS pour continuer d’œuvrer aux côtés du Président de la République et au sein de la majorité à la mise en œuvre d’une politique nationale de la prévention, à la mesure des défis ressentis par nos concitoyens au quotidien.
Le PS juge « aberrant » le rapport Bockel sur la délinquance juvénile – AFP – 4 novembre 2010.
Le Parti socialiste a qualifié jeudi d’ »aberrant » le rapport sur la prévention de la délinquance juvénile du secrétaire d’Etat à la Justice Jean-Marie Bockel, qui reprend notamment l’idée controversée d’un repérage des troubles du comportement dès deux-trois ans.
« Selon cette logique, puisque les enfants en difficulté deviennent des enfants délinquants, il faut chercher à repérer leurs troubles dès la crèche, dès la naissance, voire avant même la naissance », s’indigne le secrétaire national à la Famille Jean-Patrick Gille dans un communiqué.
« Les mères célibataires sont accusées dans le rapport de ne pas s’occuper de leurs enfants », déplore-t-il. « Il est faux de prétendre que c’est l’absence des pères qui rend les enfants délinquants ».
Le PS « demande au gouvernement de ne pas reprendre ce texte aberrant dans un futur projet de loi et d’apporter, à la place, des mesures de soutien aux foyers en difficulté, notamment monoparentaux (…) cela passe par la création d’un véritable service public de la petite enfance et par la possibilité d’une scolarisation dès deux ans ».
Jean-Marie Bockel (ex-PS) a remis mercredi au président Sarkozy un rapport contenant une quinzaine de propositions, dont plus d’un tiers portent sur « la responsabilité parentale ». Il revient également sur l’idée d’un « repérage précoce » des troubles du comportement chez l’enfant.
Rapport sur la délinquance rendu le 03 novembre – AFP – 25 octobre 2010.
Le secrétaire d’Etat à la Justice Jean-Marie Bockel remettra le 3 novembre à Nicolas Sarkozy son rapport de mission sur la prévention de la délinquance juvénile, qui prône une action « transversale, menée le plus en amont possible », a-t-il déclaré à l’AFP. « Les réponses apportées jusqu’à présent ne sont pas à la hauteur du problème », affirme M. Bockel, rappelant que « la délinquance des jeunes a plus que doublé » en vingt ans, avec des actes « de plus en plus violents », des délinquants « de plus en plus jeunes », une implication croissante des filles…
« Les voyants sont au rouge », les réponses « ne sont pas à la hauteur du problème », estime-t-il, en préconisant une approche globale (« sociétale ») sur trois terrains prioritaires d’intervention: « parentalité », « citoyenneté » et « espace public ». Il suggère qu’ »un tableau clair de qui fait quoi » soit dressé dans chaque juridiction, ou chaque département, afin de cerner les besoins mais aussi pour « éviter les doublons » et utiliser au mieux les moyens. Parce que « parfois, ça part dans tous les sens », dit-il.
S’inspirant de « bonnes pratiques » mises en oeuvre par certaines municipalités, le rapport Bockel devrait notamment préconiser une prise en charge des adolescents exclus de leur collège ou lycée. Prenant en compte également « l’immigration, qui est une réalité », il devrait appuyer « une mise à niveau linguistique de certains parents ».
Au total, il fera une quinzaine de propositions, avec « méthodes d’action » et « pistes concrètes », assure son auteur.
Investi début août par le président de la République de cette mission sur la prévention de la délinquance des jeunes, Jean-Marie Bockel, ancien maire PS de Mulhouse et ministre d’ouverture, affirme, à la veille d’un remaniement annoncé, que sa mission est « déconnectée de (son) avenir personnel ». La prévention de la délinquance des jeunes étant « l’affaire de tous », le dossier est « interministériel », souligne-t-il. Il juge aussi « de bon ton de dire que beaucoup de rapports finissent dans des tiroirs ». Mais en même temps, poursuit-il, « tout ce qu’on a fait de bien à un moment donné a d’abord été imaginé lors d’un travail d’évaluation et de proposition ».
Au total, il fera une quinzaine de propositions, avec « méthodes d’action » et « pistes concrètes », assure son auteur.
Jean-Marie Bockel: «La contrainte permet de faire bouger les parents, pas l’abandon» – 20minutes.fr – 12 octobre 2010.
INTERVIEW – Le secrétaire d’Etat à la Justice évoque le rapport sur la prévention de la délinquance qu’il doit remettre au Président…
Il est «très à l’aise» avec la politique sécuritaire du gouvernement. Et pour cause, Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Justice, a été chargé, au lendemain du discours de Grenoble, par Nicolas Sarkozy, de rédiger un rapport sur la prévention de la délinquance des mineurs.
Avant de le remettre la semaine prochaine au chef de l’Etat, il organise demain des Assises à ce sujet. Entretien exclusif.
Avec ce rapport sur la prévention de la délinquance des mineurs, n’avez-vous pas peur d’apparaître comme une simple caution au regard de la politique sécuritaire du gouvernement?
Je n’imagine même pas que ma démarche puisse être gadget ou caution tellement elle est au coeur de la cohésion sociale. Mon but est de surmonter un certain nombre de contradictions permanentes.
Pourtant, la prévention est plutôt un sujet qui rassemble…
C’est un sujet important aux yeux de tous mais disparate sur les réponses. Il y a le point de vue du maire, celui de l’éducateur, celui du policier, du juge, de la victime… Nous devons y voir clair.
Il y a aussi le point de vue du député (UMP) Eric Ciotti, qui propose de couper les allocations familiales à certains parents. Vous qui êtes de gauche, ça vous choque?
Non, nous sommes d’accord avec Eric Ciotti. C’est la possibilité de la contrainte qui permet de faire bouger les parents plutôt que de les abandonner. A la fin, je peux vous assurer que les parents vous remercient. Ils vous disent «Merci de m’avoir tendu la main».
Et l’encadrement militaire des jeunes délinquants prôné par Ségolène Royal?
Ca mérite d’être regardé. C’est un des points que j’évoquerai lors des Assises. Il faut analyser les expériences dans d’autres pays. S’exprime ici une certaine nostalgie de ce qu’a apporté le service militaire. Dans l’absolu, je reconnais que l’armée, par rapport à des jeunes en difficulté, joue un rôle positif considérable.
Annoncées lors du discours de Grenoble, plusieurs propositions du chef de l’Etat ont déjà été votées avec les lois sur la sécurité ou l’immigration. Qu’en sera-t-il de votre travail?
Je ne proposerai pas un grand soir législatif. Tout ce que l’on peut faire à législation constante est à privilégier. Mais je sais que le Président prend l’affaire très au sérieux. Ce qui est important, c’est qu’il dira et fera de mon rapport.
Avez-vous envie de rester au gouvernement après le remaniement?
D’abord, j’ai beaucoup de chance d’avoir une mission qui m’occupe. Tous les matins, je ne me dis pas «Mais qu’est ce qui va m’arriver?». A titre personnel, je me sens motivé pour continuer dans le cadre d’un raisonnement politique. La Gauche moderne peut jouer un rôle dans la perspective du deuxième tour présidentiel. Je suis loyal et fidèle. Et quoi qu’il arrive, je le resterai jusqu’en 2012. Tout ça dépend du Président. Moi, j’ai la positive attitude.
Recueilli par Vincent Vantighem
Les centres fermés pour délinquants sont-ils efficaces? Laurent Chabrun, lexpress.fr – 05 octobre 2010.
La lutte contre la délinquance des jeunes bute sur le manque de moyens des juges et des éducateurs. Résultat: peu d’options entre défaut de sanction et prison.
Lenteurs judiciaires, éducateurs surchargés, prévention défaillante… Les experts qui se réuniront le 14 octobre prochain autour de Jean-Marie Bockel, le secrétaire d’Etat à la Justice, pour faire le point sur la lutte contre la délinquance des mineurs, tireront un triste constat, à en juger par les chiffres. En 2007, date des dernières statistiques disponibles, pas moins de 300 000 mineurs ont été identifiés en situation de fragilité et de délinquance. Parmi eux, 76 046 ont fait l’objet d’une sanction après être passés devant un juge pour enfants – une augmentation de 1,6 % par rapport à 2006 – tandis que 211 809 autres ont été confiés, dans le cadre de la protection judiciaire, à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) ou au secteur associatif. « Pour ces derniers, il s’agit d’enfants fragilisés qui peuvent sombrer dans la délinquance et sur lesquels il faut porter l’effort », note l’ex-procureur Dominique Barella. C’est aux conseils généraux que revient la tâche d’assurer ce soutien. Aussi la qualité du traitement préventif dépend-elle beaucoup de l’implication du département et de ses moyens financiers. Or, comme « l’Etat s’est totalement désengagé de cet effort, certains départements croulent sous la charge », regrette Dominique Dupilet, président du Conseil général du Pas-de-Calais.
Autre difficulté : la qualité de la peine retenue contre un mineur délinquant. 33 297 « admonestations et remises aux parents », selon la formule en vigueur, ont été prononcées en 2007, soit environ 40 % des sanctions prises… Trop léger, affirment certains, estimant que cette mesure avait un sens en 1945, lorsque les textes de protection des mineurs ont été rédigés, mais qu’elle est aujourd’hui dépassée.
Juges pour enfants et greffiers surchargés
Les causes de ce « laxisme » sont aussi techniques, les mesures d’admonestation étant souvent prises par défaut. « Il est particulièrement difficile de trouver d’autres options que le placement en détention car l’offre d’hébergement pour les mineurs délinquants s’est raréfiée depuis dix ou quinze ans », analyse Régis Lemierre, chef éducateur à la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). De plus, les condamnations à des travaux d’intérêt général (TIG) ne touchent qu’environ 5 000 mineurs sur les 76 046 sanctionnés. La mise en place de peines alternatives exige des partenariats avec la société civile ou des administrations, montés et gérés par des éducateurs. Or le budget de la PJJ régresse d’année en année. « Moins d’éducateurs, moins d’hébergements en foyer ; le seul endroit où je sais que l’on ne va pas refuser un gamin qui sort de mon bureau, c’est malheureusement la prison », soupire la juge pour enfants Virginie Duval, en poste au tribunal de Caen.
Dernier écueil : le délai entre la commission des faits et l’application de la sanction. Une décision d’assistance éducative peut ainsi rester bloquée entre trois et cinq mois avant d’être mise en oeuvre, tandis qu’une peine prononcée attend parfois jusqu’à dix mois avant d’être exécutée. « Un problème de moyens, là encore », affirme Laurent Bedouet, secrétaire général de l’Union syndicale des magistrats (USM), qui pointe du doigt la surcharge de travail des juges pour enfants et des greffiers. Dès lors, la tentation est grande de calquer la mécanique judiciaire appliquée aux mineurs sur celle des adultes, en particulier avec le recours aux comparutions immédiates devant le tribunal, les anciens « flagrants délits ». Un tel raccourci ébranlerait sérieusement les principes éducatifs et humanistes à l’oeuvre dans les ordonnances de 1945, qui régissent encore le traitement de la délinquance des mineurs.
Mille policiers et gendarmes réaffectés à la sécurité –Christophe Carnevin – Le Figaro.fr – 05 octobre 2010.
INFO LE FIGARO – Une note détaille les «charges indues» judiciaires supprimées dès janvier 2011.
Faire en sorte que les forces de sécurité se consacrent pleinement à leur cœur de métier, sans tailler dans les effectifs tout en respectant les contraintes budgétaires liées à l’inéluctable réduction du train de vie de l’État… Soucieux de réussir cette prouesse et conformément au souhait du président de la République, Brice Hortefeux a fixé la suppression des tâches indues pesant sur les policiers et les gendarmes comme une priorité majeure. Depuis un an, le ministre de l’Intérieur a multiplié les réunions de travail avec la Chancellerie pour identifier des «tâches judiciaires» chronophages et désorganisatrices. Une note interne, que s’est procurée Le Figaro, dévoile le détail de ce plan qui met fin à des décennies d’immobilisme. Alors que les socialistes ont alimenté tout l’été une polémique sur les effectifs, il constitue la première étape visant à muscler plus encore la lutte contre la délinquance.
• La police des audiences confiée au privé ou à des réservistes
Minirévolution dans les palais de justice: à compter du 1er janvier 2011, la Chancellerie prendra en charge la police des audiences en la faisant assurer par des sociétés privées et des réservistes de la police et de la gendarmerie «rémunérés et équipés» par la Place Vendôme. Au total, 530 postes actuellement dévolus à cette mission vont ainsi être dégagés au profit du ministère de l’Intérieur. Seules les comparutions à «risques», comme celle du braqueur Antonio Ferrara, resteront sécurisées par le ministère de l’Intérieur. Par ailleurs, avant la fin de décembre, un audit sera mené au sein du palais de justice de Paris pour «alléger les charges pesant sur les gendarmes». Pour l’instant, quelque 500 militaires sont embarqués sur ce paquebot judiciaire.
• Les transfèrements judiciaires rationalisés
Des années durant, en particulier en province, policiers ou gendarmes étaient désorganisés par des demandes inopinées d’extractions et d’escortes de détenus entre leurs geôles et le cabinet de magistrats instructeurs. Ces missions mobilisent 1200 hommes. Dès janvier, 800 emplois seront reversés sur trois ans à Justice, qui aura la responsabilité des transfèrements dès les mises sous écrou. Le ministère de l’Intérieur y gagne 400 emplois.
• La protection des magistrats revisitée
Les juges antiterroristes, en particulier, vont conserver leur protection rapprochée mais leurs voitures de fonction et leurs chauffeurs – jusque-là financés par l’Intérieur – seront l’an prochain à la charge de leur propre administration. Le gain pour la Place Beauvau est évalué à «dix équivalents temps plein et dix véhicules». Par ailleurs, dix-huit gardes républicains qui faisaient le planton place Vendôme retourneront dans leur unité.
• Les unités hospitalières sécurisées
Le ministère de la Justice va prendre en charge dès le Nouvel An la première des sept unités hospitalières sécurisées interrégionales accueillant des détenus nécessitant plus de quarante-huit heures de soins. Là encore, 86 policiers et gendarmes postés à leur chevet vont pouvoir être redéployés sur le terrain.
• Les syndicats de police très satisfaits
Les syndicats de police, informés dès lundi soir, ont applaudi ce train de mesures. «Davantage de policiers vont enfin être réemployés pour faire leur véritable métier qui est de lutter contre la délinquance, confiait mardi Jean-Claude Delage, secrétaire général d’Alliance police nationale. Le plan établi par Brice Hortefeux en partenariat avec la justice est une avancée considérable. C’est un bon début, motivant pour les troupes.»
• Le traitement des procurations à l’étude
D’autres mesures d’économies sont à l’étude. L’une d’elles viserait à reconsidérer le traitement des procurations de vote faites dans les brigades et les commissariats, engorgés par les coups de tampons à la veille de chaque échéance démocratique. Elle coûte l’équivalent de 300 et 400 emplois par an. «Entre les présidentielles de 2002 et 2007, les procurations ont plus que doublé (+1,2 million), a précisé le député UMP Éric Ciotti qui souhaiterait voir transférer l’établissement de procurations aux commissions de la révision des listes électorales.
Quand c’est la France qu’on stigmatise.
J’ai grandi et même muri bercé par la musique tzigane. Dans ma vie de débauché, j’ai écumé les cabarets russes jusqu’au petit jour bien avant la fin du communisme, un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. A chacun ses grands soirs, les miens étaient très exaltés et imprégnés de vodka russe servie dans des petits verres glacés. J’ai toujours ressenti une forte connivence à l’égard de cette culture qui a propagé ses chants dans toute l’Europe de l’est et qui constitue un trait d’union entre les peuples slaves Je m’en sens très proche, par tempérament, par affinité.
Les chants du Yddishland n’en ont jamais été fortement éloignés. Je sais le lourd tribut payé par les tziganes dans les camps d’extermination. Serait-ce une raison pour laisser accroire que la politique de reconduite actuelle des populations roumaines nomades souvent désignées par l’épithète de « roms puisse présenter une quelconque analogie avec les abominations de Vichy. Les français de confession israélite préalablement déchus de la fonction publique et même de la citoyenneté se voyaient-ils remettre 200 euros par personne et 100 euros par enfant à Drancy avant d’être conduits dans les camps de la mort ?
Qui peut accepter sans sourciller que l’on débite pareille infamie comparatrice?
Les dirigeants de l’opposition et Dominique de Villepin lui-même se déshonorent en osant procéder à cette analogie pestilentielle qui est une offense pour la mémoire des déportés et de leurs descendants.
Cette reductio ad hitlerum que nous subissons depuis des décennies est inqualifiable et insupportable, elle tient du chantage idéologique permanent et latent et justifie des excommunications qui ont un relent de totalitarisme. Beaucoup en ont fait les frais, et beaucoup sont visés de Finkielkraut à Claude Allègre, de Renaud Camus à Michèle Tribalat, de Robert Redeker à Eric Zemmour il ne fait pas bon de s’écarter de la ligne du bien,. Chaque fois que quelqu’un a signifié la moindre critique l’égard du catéchisme de cette regrettable gauche morale, il a subi la fièvre imprécatrice ce clergé d’inquisiteurs toujours prêts à leur signifier un prompt bannissement.
Adieu Régis Debray, et chassons le Chevènement qui est dans nos têtes s’exclamait l’immense Bernard-Henri Lévy quand les républicains des deux rives osaient mettre en doute la légitimité de la guerre du Kossovo.
Qui peut oublier les philippiques de Philippe Sollers contre les nostalgiques de la France moisie permettant de jeter la même opprobre grossière sur des auteurs aussi divergents que Péguy, Barrès ou Maurras. C’est toute l’élite de la gauche établie tapie derrière ces hussards gris de la repentance qui reniait le patriotisme républicain de Jaurès et des grands hommes de la gauche républicaine du 19ème siècle. .Ils oubliaient dans le même temps face à la montée de la délinquance et des violences urbaines le sens profondément républicain de la formule d’Auguste Compte, père du positivisme : Ordre et progrès. Ils bradaient leur héritage au nom de quelques sornettes soixante-huitardes frappées d’obsolescence.
Quand Sarkozy invoquait Jaurès, il avait raison, il renvoyait les amnésiques à la crudité de leur refoulement. Cette descente aux enfers de l’ignorance et de la manipulation des esprits est hélas loin d’être terminée. C’est le terreau fertile d’un antisarkozysme pavlovien qui balaye très large de Besancenot à Villepin. L’esprit Canal fait flores. Il n’a pour seul carburant que une haine déversée par tombereaux en direction de la personne de Nicolas Sarkozy. Cette meute des hommes du ressentiment n’a aucune gêne à mettre à mal la fonction présidentielle qui est une pièce maîtresse de notre édifice symbolique en Vème République. Mais les apprentis sorciers n’en ont cure, ils considèrent la république soit comme une pièce de musée, soit comme une construction juridique. Ils n’en ont jamais perçue la dimension transcendantale qui a permis au peuple français en dépit des épreuves de rester debout et uni par une communauté de destin. Ils ont perdu le sens de l’histoire, ce point d’articulation subtil entre la nation française et la Répuiblique qui lui est postérieure. Car la nation française celle du sacre de Reims perdure dans la République de Valmy et du au Mont-Valérien.
Mais un saut supplémentaire dans l’ignominie a été franchi après les insinuations scabreuses de Madame Reding, commissaire européen à la justice, comparant le traitement des Roms en France à celui des juifs durant la seconde guerre mondiale.
Qu’il y ait eu une maladresse dans la rédaction d’une circulaire est une chose, mais cette débauche d’idéologie compassionnelle ne peut dissimuler la démagogie qui l’inspire. Les Roms bénéficieraient donc d’un droit collectif à émigrer de leur pays d’origine –entré dans l’Union européenne- pour échapper à une condition trop indigne, mais les pays d’accueil se verraient interdits d’appréhender ce phénomène migratoire de manière collective, sous peine de se rendre coupable de stigmatisation, de discrimination à l’encontre de cette minorité. Une telle asymétrie est insupportable.
La commission européenne serait bien inspirée de modérer ses propos contre la France, car cet épisode révèle la complexité d’une situation imputable à une entrée précipitée et mal négociée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’union européenne en 2007. La France au nom de la libre-circulation intra-européenne devrait-elle se résoudre à accepter la renaissance de bidonvilles aux portes de ses villes et à prendre en charge une population miséreuse instrumentalisée par les organisations maffieuses qui les programment pour la délinquance.
La circulaire du Ministère de l’intérieur tant décriée était peut être maladroite dans sa rédaction, mais elle a sa logique. Ce n’est pas sombrer dans les « heures les plus noires de notre histoire » que d’organiser le démantèlement des campements sauvages et d’effectuer des reconduites à la frontière à l’égard d’une population difficilement intégrable et susceptible de porter atteinte à l’ordre public. La bienveillance sans limite et sans frontière est l’apanage des belles âmes qui ne seront jamais confrontées à la dure réalité du terrain. Ce n’est pas suffisant pour couvrir la France de tous les péchés ni la traîner devant le TPI.
Je ferai remarquer qu’il paraît essentiel de mettre les autorités roumaines devant leurs responsabilités pour trouver une solution afin d’endiguer un flux de migration générateur de grandes difficultés pour l’ensemble des pays d’accueil au sein de l’Union européenne. Enfin pour conclure, il est consternant de voir les dirigeants de l’opposition serrer les rangs derrière Madame Reding pour stigmatiser à travers la personne de Nicolas Sarkozy leur propre pays. On est droit d’analyser ce zèle européen comme un manque de loyauté à l’égard de la France. Les électeurs en jugeront le temps venu par eux-mêmes.
Je sais disant cela que certains au sein de la Gauche Moderne ont ressenti un trouble tout au long de cette polémique estivale délétère. Je veux seulement leur dire de serrer les rangs et de ne pas se laisser intimider par les outrances et la stratégie de culpabilisation ourdie à tout propos par une opposition qui invoque la morale en permanence pour mieux s’en débarrasser. Ainsi la gauche des années 80 a joué avec l’antiracisme et le droit à la différence sans se rendre compte qu’elle faisait le lit du communautarisme. Ainsi se refusait-elle à adopter un principe clair sur le port du voile à l’école, au risque de faciliter la propagation d’un islamisme spirituellement appauvri, hostile aux lois de la République et animé par un désir de prosélytisme conscient et assumé. Ainsi, pouvait-on voire le Parti Socialiste organiser d’une main les grandes messes de l’antifascisme et de l’autre introduire une dose de proportionnelle qui permit au Front National de siéger à l’Assemblée.
Etait-ce là la manifestation d’une exigence morale inflexible et irréfutable ? Il est bien temps de refonder une gauche honnête, sérieuse émancipée de cette hypocrisie qui masque la vacuité politique et intellectuelle de l’opposition. La France ne peut être mise sous tutelle par les professionnels des bons sentiments qui n’ont de cesse de pratiquer le déni du réel. Elle doit pouvoir écrire librement son histoire, celle du 21ème siècle.
Gérard Delahaye
La réalité en face.
Existe-t-il une délinquance ethnique ? Si oui, a-t-on intérêt à l’étudier et pour quels objectifs ? Les sociologues français s’opposent de plus en plus autour de ces questions. Dans un livre paru aux éditions du Seuil, Le déni des cultures, Hugues Lagrange explore ce lien entre immigration et délinquance, soulignant une surreprésentation des jeunes issus de l’Afrique sahélienne dans les activités délictuelles.
On peut s’étonner que le simple fait de s’interroger sur la visibilité ethnique de la délinquance fasse l’objet d’une controverse. Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, réfute, dans Le Monde du 14 septembre, la thèse d’une délinquance aux origines culturelles, insistant sur le caractère multifactoriel de cette dernière.
Au-delà du débat scientifique, et des contradictions naturelles qui en naîtront, le fait d’analyser le lien entre délinquance et ethnicité paraît urgent car il est absolument nécessaire d’éviter de laisser ce champ libre aux seules expressions d’extrême-droite. Par définition, un non-dit est pus violent lorsqu’il est claquemuré que lorsqu’il est en débat.
Le populisme touche plus facilement les pauvres gens que ceux qui s’arment des outils de la connaissance, de la civilisation. Les maires des communes difficiles sont démunis face à la question ethnique, alors qu’elle est essentielle à la cohésion de tout corps social et qu’un brin d’intelligence dans l’aménagement des territoires ne serait pas de trop face à cette difficulté. Si dire la réalité s’apparente à pactiser avec le diable lepéniste, alors oui, on peut redouter que la bombe sociale explose à la figure de ceux qui n’auront pas mené les bons diagnostics. Qu’on se le dise et qu’on se le rappelle régulièrement : la question ethnique est au cœur de la ghettoïsation gauloise, ce reflux communautaire qui est la conséquence de l’échec de l’intégration sociale des jeunes issus de l’immigration.
Tous les voyants sont au rouge : une discrimination galopante, des Marseillaises sifflées lors de matchs internationaux supposément montés au nom de la réconciliation historique (avec de jeunes Beurs évoluant dans l’équipe nationale !), une guerre des civilisations si caricaturalement bushienne qu’elle engendre une riposte caricaturale, une droitisation sarkozyenne qui fait son footing sur la question Rom, plus réunificatrice dans le rejet populiste, avant, sans doute, de s’attaquer à la question maghrébine dans la dernière côte de l’élection présidentielle pour distancer la redoutable Marine Le Pen, etc.
Bref, nous avons besoin des Roché, Bronner, Mucchielli et autres Lagrange pour charpenter un point de vue audible dans le grand déballage populiste qui s’annonce. Leurs travaux relèvent de la salubrité publique intellectuelle.
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Les milliards de l’UE pour les Roms sous-employés –Claire Gallen – Le Figaro – 17 septembre 2010.
Sur la période 2007-2013, 17,5 milliards d’euros ont été affectés à des mesures en faveur des Roms et des autres populations défavorisées. Avec des résultats plus que mitigés.
Au-delà des tensions diplomatiques, la polémique entre Bruxelles et Paris aura mis en lumière les difficultés récurrentes de l’intégration des Roms en Europe. Un problème qui mobilise des sommes et une énergie considérables, pour un résultat jugé décevant.
Les Roms sont aujourd’hui la première minorité ethnique en Europe, avec une population estimée entre 10 et 12 millions de personnes. Leur intégration est l’un des grands chantiers de la Commission qui, depuis 2008, organise tous les deux ans des «sommets sur les Roms». Et s’inquiète régulièrement de la discrimination dont ils sont l’objet.
Les efforts de l’Espagne
Les anciens pays de l’Est sont abonnés aux critiques. En 2009, Bruxelles s’était déclarée «très inquiète» de violences ciblant les minorités roms en Hongrie, entre autres pays. La Roumanie, qui accueille la plus forte population en Europe avec 1,8 million de personnes, est régulièrement accusée par les associations de vouloir se débarrasser de ses Roms. En 2007, la Cour européenne des droits de l’homme avait condamné la République tchèque pour discrimination envers les Roms, dont elle envoyait les enfants dans des écoles destinées aux handicapés mentaux.
«Derrière les petits jeux polémiques, il y a le sort de 11 millions de personnes dont on ne s’est pas occupé depuis la chute du mur de Berlin», tonnait en début de semaine le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Pierre Lellouche. «La France se retrouve en accusation parce qu’elle est la première à en parler.»
Pour favoriser leur intégration, ce n’est – en théorie – pas l’argent qui manque. Sur la période 2007-2013, quelque 17,5 milliards d’euros ont été affectés dans 12 États membres à des mesures en faveur des Roms et des autres populations défavorisées. Avec des résultats plus que mitigés au regard de l’ampleur de l’effort demandé aux fonds communautaires (Fonds social européen, Fonds agricole pour le développement rural, Fonds de développement régional). «L’argent est là, le problème est qu’il est très peu utilisé», note une source diplomatique.
Selon une récente analyse interne de la Commission, l’Espagne est le pays qui a prévu de débloquer les sommes les plus importantes pour les Roms, alors qu’ils ne représentent que 1,6 % de sa population. La Roumanie n’aurait pour sa part budgété que 38 millions d’euros pour des programmes visant spécifiquement cette minorité, alors que les montants prévus au titre du Fonds social européen atteignent 2,2 milliards d’euros. En Pologne, les sommes prévues uniquement pour les Roms sont de 22 millions, alors que les fonds européens dépassent 1,7 milliard.
Pour tenter d’y voir plus clair, la Commission a créé le 7 septembre une «task force» chargée d’évaluer l’utilisation des fonds et d’identifier les moyens d’améliorer leur efficacité. L’idée est notamment de vérifier «que les fonds sont vraiment dépensés dans des programmes pour les Roms», note-t-on à la Commission. Les premiers résultats doivent être présentés avant la fin de l’année.
Négociations bilatérales
En attendant, ce manque de visibilité fait grincer des dents. «Des transferts de fonds massifs ont été mis en place entre l’Ouest et l’Est. Si maintenant on dit que c’est l’Ouest qui doit encore payer, alors l’Europe est en danger», tonne Pierre Lellouche. Pour le ministre français, «ces pays feraient mieux de s’occuper de ces gens plutôt que de les laisser s’installer dans des conditions épouvantables dans d’autres pays».
Mais, à moins de violer les textes européens, aucun pays ne peut refuser d’intégrer les Roms sur son sol. S’il veut convaincre un autre État de garder ses ressortissants, il doit passer par des négociations bilatérales. C’est ce que fait la France avec la Roumanie, qui ont convenu la semaine dernière d’un plan d’action commun. Concrètement, outre les moyens alloués par l’Union européenne, Bucarest va établir un nouveau plan d’inclusion sociale pour les Roms, avec le soutien technique de Paris.
Bockel à Sarcelles pour préparer les assises sur la prévention de la délinquance – 9 septembre 2010 (AFP).
Le secrétaire d’Etat à la Justice, Jean-Marie Bockel, s’est rendu jeudi à Sarcelles afin d’y entamer une série de rencontres et consultations en vue des prochaines assises sur la prévention de la délinquance juvénile.
« Je crois que tout le monde a conscience, dans notre pays, que la prévention est nécessaire pour la réussite de toute politique sécuritaire », a déclaré M. Bockel au cours de sa visite.
« Il s’agit pour moi de rencontrer un maximum de personnes à travers tout le pays, professionnels, éducateurs, psychologues ou autres, afin de faire le tour des expériences existantes en la matière, en France mais aussi chez nos voisins européens, les bonnes idées peuvent être dans les villes de gauche comme celles de droite », a conclu Jean-Marie Bockel.
Le secrétaire d’Etat s’est rendu à l’Espace de médiation interculturel et social de Sarcelles afin d’y rencontrer les professionnels en lien avec les jeunes en difficulté sur la commune, avant d’auditionner François Pupponi, maire PS de la ville.
« Il y a peu de débat entre maires de villes confrontées à la délinquance, de gauche comme de droite, quant au fait d’assurer une prévention forte afin d’éviter qu’un jeune ne tombe dans la délinquance puis dans le choix répressif une fois que le pas est franchi, seules les méthodes envisagées peuvent évoluer », a expliqué M. Pupponi à l’issue de cette rencontre.
Les assises sur la prévention de la délinquance juvénile se tiendront le 14 octobre. Dans la semaine suivante, M. Bockel remettra au président de la République son rapport sur la prévention de la délinquance des jeunes.