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Communautarisme, discriminations : l’école peine à intégrer les enfants issus de l’immigration – Pierre-Anthony Canovas – 26 octobre 2010.

Un rapport du Haut Conseil à l’Intégration pointe du doigt l’échec de l’école à intégrer les enfants issus de l’immigration.

Le constat est sans appel. L’école éprouve de plus en plus de difficultés à intégrer les enfants issus de l’immigration : tel est l’un des enseignements d’un document de travail du Haut Conseil à l’Intégration (HCI) dont la version définitive sera remise au Premier ministre en novembre.

Qu’ils soient « élèves nouvellement arrivés en France » (ENAF), au nombre de 34700 en 2008-2009, enfant dont l’un des parents seulement est immigré et qui deviennent français après naturalisation, ou en situation irrégulière, ils vivent souvent des situations comparables. Le document, disponible sur le site du JDD, l’analyse : « Les différences d’orientations et de cursus, le taux de redoublement ou la sortie du système scolaire sans diplôme affecte plus souvent les élèves issus de l’immigration que ceux qui ne le sont pas ». Jusqu’ici, rien de nouveau.

Intitulé « Relever les défis de l’intégration à l’école », le rapport note en revanche une montée du communautarisme. Il y est écrit que : « Les transformations économiques et la paupérisation de populations, concentrées sur des territoires repérés, que des politiques pourtant volontaristes n’ont pas sortis de la précarité, mettent l’école en difficulté dans sa visée d’intégration ». Pire encore, « l’espace scolaire est fortement exposé aux tensions ethnico-culturelles. Elle est aujourd’hui le lien de revendications nouvelles qui ressortent de l’expression du communautarisme, d’une identité religieuse, voire, au rejet de la culture et des valeurs et de la République française ».

« Appartheid scolaire »

Pour la sénatrice PS des Bouches-du-Rhône, Samia Ghali, d’origine algérienne, évoquer les  seuls enfants issus de l’immigration n’a pas de sens : « L’école a de plus en mal à intégrer tout court ». La vice-présidente de la région PACA, qui a grandi dans un bidonville des quartiers Nord de Marseille est claire : « Aujourd’hui en France, nous sommes dans l’apartheid scolaire et même dans la ghettoïsation ». Et se désole que l’éducation ne soit pas une « priorité »  du gouvernement actuel. Elle déplore le manque de financement alloué à l’Education.

Un constat que ne partage pas vraiment Philippe Dallier. Pour le Sénateur UMP de Seine-Saint-Denis, « Il faut arrêter de remettre encore et toujours sur la table la question du manque de moyens». Il poursuit : « Je crois qu’il faut se reposer la question d’un système éducatif en fonction des publics concernés. C’est la vraie question ». Le sénateur préconise un meilleur aménagement des classes. Car, rappelle-t-il, « dans les zones d’éducation prioritaire (ZEP), on s’aperçoit que le nombre d’élèves moyens par classe au collège, comme celles de mon département, tourne autour d’une vingtaine de personnes. Pourtant, en province, un collège qui est hors ZEP peut-être quelquefois en dessous de ce chiffre ».

Pour ce qui est des solutions envisageables, le sénateur s’interroge : « Est-ce que redescendre à une moyenne par classe de vingt élèves quand on a cinquante pour cent des enfants dont les parents ne parlent pas le français est suffisant?». Et de rajouter: « La réponse est clairement non ». Philippe Dallier pense que les causes de cette faiblesse sont lointaines : « C’est un échec de trente années de gouvernements successifs ».

Ce rapport évoque également le Programme de Réussite Educative (PRE) lancé en 2005 et prévu par la loi de cohésion sociale. Il est destiné aux enfants de 2 à 16 ans ne bénéficiant « pas d’un univers familial, social et culturel favorable ». Plus de 725.000 collégiens et 147.000 élèves du primaire en ont bénéficié en 2008-2009.  En 2010, l’Etat a financé ce plan à hauteur de 110 millions d’euros.

ARTICLE HAUT CONSEIL À L’INTÉGRATION PHILIPPE DALLIER PS SAMIA GHALI SEINE-SAINT-DENIS UMP

Quand retombe la nuit – De Favilla – Les Echos – 29 octobre 2010.

De nombreux enseignants sont découragés. Ils ne peuvent plus aborder dans leurs cours certains sujets inscrits au programme. Certains élèves s’y opposent avec une violence qui confine parfois à l’émeute. Sont principalement concernés certains chapitres de l’histoire et des sciences de la nature, et plus particulièrement trois sujets : la colonisation (qu’on peut comprendre sensible à des descendants d’ex-colonisés) ; la Shoah (que ne contestent ordinairement que les antisémites forcenés) ; enfin et surtout, les origines de l’homme, dont les avancées scientifiques ne révoltent que les exaltés des Ecritures saintes.

On aura compris que ces malheureux exclus de la République du savoir sont issus de l’immigration. Ils n’y sont heureusement qu’une minorité, mais ils font la loi dans certains établissements, ce qui trahit une évolution préoccupante : remontée de l’obscurantisme, refus borné de la connaissance, imperméabilité à l’esprit d’examen, incapacité assumée au dialogue. En somme, le retour à la nuit dans ce monde plutôt éclairé. Parmi les causes socio-économiques du phénomène, on cite volontiers l’illettrisme ou la superstition des parents, la déréliction due à leur chômage, l’activisme rustique des imams autoproclamés… Certains font aussi le parallèle avec les créationnistes américains, qui nient également l’évolution des espèces.

Les plus obtus des créationnistes se réclament bruyamment de la « vraie Amérique », alors que nos récalcitrants rejettent ouvertement la France et ses valeurs (ô Condorcet !). Quant à l’islam, plusieurs siècles de manipulations l’ont mutilé de sa composante « Ijtihad » (interprétation à la lumière de l’évolution), ô Averroès ! En ayant fait de ces enfants ni des vrais Français ni des vrais musulmans, les agitateurs de caves ont, au total, accompli leur mission, qui est de stériliser la jeunesse.

Où va la France? Une tribune de Max Gallo, dans Le Figaro du 5 août 2010…

Est-elle entraînée par la « dérive antirépublicaine » d’un « président aux abois » qui « donne un coup de poignard dans le dos de la République », qui annonce des lois qui nous renverraient « aux heures les plus sombres de notre histoire » (le régime de Vichy) ? L’opposition le clame après les déclarations du président de la République sur les problèmes de sécurité.

La France dirigée par ce président qui « abîme la fonction présidentielle » est-elle désormais vouée, par le pouvoir politique, à ce « populisme xénophobe » et de surcroît soumise au règne injuste et indécent de l’argent ? L’opposition l’affirme.

L’opposition oublie qu’elle a salué les dernières décisions du Conseil constitutionnel comme un progrès important du droit qui protège les libertés. Or, c’est ce même président de la République qui a proposé la réforme constitutionnelle – refusée par l’opposition – qui a ouvert ce nouveau champ au droit. Quant à l’argent, au libéralisme, au capitalisme financier, faut-il rappeler que le Fonds monétaire international et l’Organisation mondiale du commerce sont présidés par d’éminents socialistes ? Et personne n’ose dire que le FMI et l’OMC dénoncent le pouvoir de l’Argent dans la mondialisation et sont deux redoutables machines de guerre anticapitalistes ! Il est vrai qu’il y a quelques décennies les opposants qualifiaient de Gaulle de fasciste, maître d’oeuvre d’un « coup d’État permanent », selon la formule de François Mitterrand.

Entre l’homme du 18 Juin et le vichysto-résistant, l’histoire a tranché. Réduisons donc les outrances polémiques à leur objet : délégitimer le président et son gouvernement, engranger des suffrages de républicains inquiets pour les droits de l’homme, et attiser le feu social afin de créer une fin de quinquennat chaotique et de permettre en 2012 l’élection d’un leader de l’opposition.

Mais conduite de cette manière, la confrontation politique n’aide pas à éclairer la question majeure du moment : où va la France ?

Pour en dégager les enjeux, il faut changer de perspective, rappeler que le XXe siècle a été pour la France une crise nationale de longue durée (saignée de 1914-1918, crise des années 1930, fascisme, nazisme, abîme de 1940, collaboration, guerres coloniales). Pour s’en tenir à la deuxième moitié du siècle, on peut distinguer le temps des années pleines (1945-1980) – restauration de l’État par de Gaulle, reconstruction du pays après la guerre, grands projets, énergie, nucléaire, etc. – et le temps des années creuses (1980-2007), où aucune grande réforme n’est entreprise – sinon la décentralisation, dont le bilan doit être discuté.

Mais, de 1945 à 2000, les élites françaises qui sont aux affaires ont en commun d’avoir joué la carte européenne. Vision juste, grand projet français, mais qui s’est bâti sur la conviction que la forme nationale était un archaïsme, et qu’il fallait dissoudre les souverainetés nationales dans une Europe fédérale. Or, cette grande utopie européenne se brise à la fin du siècle. L’Union soviétique s’effondre. Le carcan qui tenait l’Europe centrale saute. La révolution démocratique se double d’une révolution « nationale ». C’est le début du retour des nations, symbolisé par la réunification de l’Allemagne, qui désormais trace son « chemin »en fonction de ses intérêts, de son identité, de sa souveraineté.

Il n’est pas un pays d’Europe – et, au-delà, des autres continents – qui ne soit concerné par ce mouvement qui désagrège, recompose. Nos « élites » avaient parié sur l’effacement des nations. Elles ressurgissent partout. Comment la France pourraitelle échapper à ce courant ? Mais nous n’osons pas aborder les problèmes que cette nouvelle donne comporte. Parler de l’identité nationale est tabou. Parler de civilisation française est une incongruité. On évite même de parler « France ». On préfère, quand un problème se pose, invoquer la « République » comme un « ensoi », oubliant qu’elle est française ! C’est-à-dire issue de cet Ancien Régime qui a fait la France durant plusieurs siècles. Car la France commence à naître au Moyen Âge – Clovis, roi des Francs… –, la République française est fille naturelle de la monarchie. Et ce millénaire est présent dans chacun de nos villages et de nos villes. Il est abbaye, cathédrale, château, modeste église, il est notre langue façonnée au fil des siècles comme notre paysage et l’implantation de notre habitat.

Faire surgir cette histoire, la rappeler, c’est s’interroger sur ce que signifie être, devenir français. Dire seulement République c’est répondre qu’il suffit d’une carte d’identité. Dire France, c’est reconnaître qu’il existe une identité nationale, en permanente évolution, certes, mais selon des lignes de forces que notre histoire millénaire a commencé de tracer bien avant le 14 juillet 1789 ou le 20 septembre 1792. La Bastille et Valmy sont des événements décisifs de notre histoire, mais la France ne commence pas avec eux.

Quand on employait jadis le mot assimilation, on osait penser et dire que devenir français, pour un émigré – et la France a toujours été une terre d’immigration –, c’était assimiler les éléments de cette civilisation française. Poser le problème de la nationalité française en ces termes est difficile, ambitieux, et soulève de lourds problèmes juridiques. Mais rester dans le non-dit, c’est comme marcher dans un champ de mines. Nous y piétinons depuis près d’un demi-siècle.

Il faut ouvrir le débat. Importer le concept de « care » – prendre soin de l’autre – pour éviter l’émiettement communautaire est illusoire.

Le ciment d’une communauté nationale, c’est le patriotisme, c’est-à-dire l’amour de la France qui relègue à l’arrière-plan les choix politiques. Parmi les premiers Français libres qui ont rejoint de Gaulle, il y avait des républicains et des monarchistes adversaires de la Gueuse. Mais ils venaient tous donner leur vie pour la patrie, pour la France. Ce patriotisme français n’est pas un patriotisme d’exclusion. Il est, dans sa genèse même, partie prenante de la civilisation européenne, qui n’efface pas les nations mais les célèbre, les reconnaît comme fondatrices, créatrices de cette civilisation. Où va la France ? Vers les autres, à condition qu’ils en respectent et assimilent l’histoire, la civilisation et les lois.

Max Gallo dans Le Figaro du 5  août

Les mesures de sécurité, voulues par Nicolas Sarkozy, largement approuvées.

Un sondage IFOP, pour le Figaro, montre que les mesures proposées par Nicolas Sarkozy, le gouvernement ou  l’UMP sont très largement approuvées par les Français.

Parmi ces  mesures, le démantèlement de camps illégaux de Roms ou de gens du voyage recueille l’assentiment de 79% des sondés.

70% approuvent le retrait de la nationalité française aux individus qui auront attentés à la vie d’un policier ou d’un gendarme.

67% approuvent l’installation de 60.000 caméras de video surveillance d’ici 2012….

Il faut rappeler que le parti socialiste est violemment opposé  à toutes ces mesures.

L’affaire de Nantes et le politiquement correct

Brice Hortefeux, répond à un article  »tendancieux » du Monde, dans le journal  daté 29 avril  2010

Longtemps, j’ai lu Le Monde avec l’attention et le respect que l’on doit aux institutions vertueuses et rigoureuses. Je savais, en ouvrant le quotidien du soir, que j’allais y trouver une information précise, fidèle aux principes de son fondateur. De la trace laissée par Hubert Beuve-Méry, le journal avait su conserver l’essentiel: un attachement actif à la laïcité, un humanisme entier, un respect exigeant des droits des personnes.

C’est donc avec une certaine tristesse que j’ai pris connaissance, lundi 26 avril, de l’éditorial du Monde. « Stupide » et « indigne »: vous ne trouvez pas de mots assez forts pour dénoncer l’action conduite par le gouvernement afin de mettre un terme au port du voile intégral en France. Et en appelant à ma propre « déchéance ministérielle », vous n’êtes pas loin de rejoindre Tariq Ramadan, qui m’accuse, lui, de « trahir les valeurs de la France ».

Rien de moins! Venant d’un rhéteur proche des Frères musulmans, qui n’a jamais clairement condamné la lapidation, cette leçon de républicanisme est une curiosité. Je regrette que vous vous soyez embourbés aux côtés de ce prédicateur aussi habile que pernicieux. Car je n’imagine pas que vous puissiez cheminer avec ceux qui prônent l’asservissement des femmes.

A mon tour, je vous pose une question: où sont passés les principes du Monde ? Auriez-vous oublié que vous étiez laïcs, humanistes et respectueux des droits des personnes ? Pour le dire autrement: dans l’« affaire de Nantes », fallait-il que le ministre de l’intérieur reste silencieux ? Fallait-il que je cache ce qui se tramait derrière les déclarations de cette femme tenant une conférence de presse pour affirmer, au nom de la liberté, le droit d’être enfermée derrière un voile intégral ? Fallait-il que je taise les éléments d’information dont je disposais, tendant à montrer qu’un individu appartenant à la mouvance radicale du Tabligh vivrait avec plusieurs femmes voilées, ayant douze enfants et détournant le système d’aide sociale ? Mon silence aurait été une faute morale autant que politique.

Parce que la République respecte les droits des femmes, parce que la République refuse qu’elles soient emmurées, instrumentalisées, humiliées, parce que la République défend la dignité des personnes, je devais veiller à ce que l’autorité judiciaire puisse effectuer son travail. Le dossier est suffisamment grave pour que le parquet ait décidé d’ouvrir une enquête confiée à la police judiciaire.

Et il m’appartenait de saisir également le ministre de l’intégration, Eric Besson, pour examiner, en fonction de l’avancée de l’enquête, les conditions d’une déchéance de la nationalité française que cet individu a acquise par mariage. Car nous devons veiller au respect effectif de la loi. Lorsqu’un étranger devient français, c’est parce que la communauté nationale le reconnaît parmi les siens. C’est ce que le code civil nomme l’« assimilation ». Et c’est ce même code civil qui proclame que « la polygamie est constitutive d’un défaut d’assimilation ». Etre français, c’est une chance qui donne accès à des droits, mais c’est aussi un honneur qui suppose le respect de devoirs.

Je ne céderai pas aux tenants du politiquement correct qui, toujours, préfèrent ne rien dire, ne rien faire, ne rien penser, pour ne prendre aucun risque. Je suis, pour ma part, convaincu que les responsables politiques ont un devoir de transparence. Je préfère déplaire au Monde que d’empêcher, par mon silence, la manifestation de la vérité, quelle qu’elle soit.

Brice Hortefeux