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8 propositions de LGM en matière de prévention de la délinquance – Proposition n° 2 : Impulsion Diplôme (= IDJ) – La sortie des Jeunes du système éducatif sans qualification.
ETAT DES LIEUX :
Il existe en France différents dispositifs divers et variés, adaptés à certains types de publics, concernant des jeunes sortis du système éducatif sans qualification. On dénombra aujourd’hui près de 125 000 jeunes dans cette situation. Je pense que l’on ne se trouve pas en phase avec la réalité, ce chiffre est sûrement supérieur.
Tous ces dispositifs cohabitent, vraisemblablement bien ensemble, sont complémentaires les uns aux autres, voire même assez performants pour certains.
Ils sont essentiellement pensés par des spécialistes de la formation initiale et sont ensuite appliqués par des acteurs et partenaires de terrain.
En revanche, la dimension géographique des territoires ne sont à mon sens pas assez pris en compte, on ne sort pas du système éducatif pour les mêmes raisons que l’on soit à Paris, en banlieue, dans le sud…et pour cause tous les facteurs socio-économiques et humains que nous connaissons.
A cela, il faut rajouter les différences de publics que nous devons aider. Et c’est là que nous faisons le constat, que tous ces dispositifs existants ne s’adressent pas à tous. Notamment, le public relevant du « milieu carcéral » à un moment donné et à un passage donné.
Sans compter que la consultation des professionnels du monde économique (chefs d’entreprise, responsables de formation professionnelle…) n’est pas suffisamment faite.
Reste le plus gros problème de ces dispositifs : la Validation !
Nous savons que plus les jeunes détiennent une formation, un niveau qualifiant, plus leur insertion dans le monde du travail est favorisée. Or, à l’issue de ces dispositifs se posent cette question fondamentale. Et c’est à ce moment là que nous nous retrouvons confrontés à ce problème de la qualification ! Soit ces jeunes repassent un diplôme quel que soit le niveau, et on les remet dans une situation qu’ils ont rejetée, soit ils de retrouvent en situation d’échec car les examens restent les mêmes !
PROPOSITION :
Donc, un dispositif, et oui, un autre, a été pensé par des représentants du monde du travail en collaboration avec des professionnels de l’Education Nationale en essayant de prendre en compte ce constat en imaginant un système innovant qui pourrait si on le réalise bouleverser les mentalités, les pratiques et les modalités d’obtention des diplômes en France, à savoir instaurer un système d’Unités de Valeur ou d’Unités Capitalisables, comme cela se fait d’ailleurs en milieu universitaire. Ce qui aurait le grand intérêt de placer ces jeunes en situation de réussite !
Ce dispositif sera expérimental et testé dans des 5 villes de France répondant à des critères détaillés ci-dessus (Nice, Drancy, Suresnes, Lille et Mulhouse).
Ce dispositif se nomme « IMPULSION DIPLÔME », les professionnels du monde du travail sont issus d’une association (CERF) regroupant des chefs d’entreprise de TPE françaises et est synthétisé ci-dessous.
IMPULSION DIPÔME (ID)
DES JEUNES ADULTES SANS QUALIFICATION
PROJET EXPÉRIMENTAL
Le dispositif doit conduire chaque bénéficiaire au changement,
dans le cadre d’une démarche volontaire et personnalisée.
Il s’agit de créer les conditions qui permettront de passer
- d’une SITUATION D’ECHEC, caractérisée par
la rupture scolaire
l’absence de qualification
l’inactivité, le chômage
- à une SITUATION DE RÉUSSITE, caractérisée par
la revalorisation personnelle
l’obtention d’un diplôme professionnel
l’accès à un emploi
ou à une formation de niveau supérieur
Pour être efficace, l’action menée avec chaque jeune doit s’inscrire dans une durée raisonnable, clairement définie dans le cadre d’un engagement contractuel, formulé en référence à un statut du qualifiant* approprié à chacune des deux étapes de son parcours.
IDJ implique que puissent être introduites d’importantes innovations dans les modalités de délivrance de certains diplômes professionnels* (CAP et BEP, Bac pro), en particulier sur la validation de la partie générale du dispositif expérimental qui correspond au programme transversal de ces diplômes.
Le dispositif implique 2 ETAPES, chacune étant conçue pour favoriser l’individualisation des parcours, dans une logique d’entrées et sorties permanentes des bénéficiaires.
- La 1ère étape (ID 1) doit permettre au jeune d’élaborer le projet professionnel qui lui convient, et d’accéder à son premier niveau de qualification.
Elle est réalisée en SAS D’ORIENTATION et de PREMIÈRE QUALIFICATION*.
Elle nécessite la mise en œuvre de procédures nouvelles et de moyens spécifiques.
Totalité : 600 heures (formation + observation en entreprises)
Groupes : 12-14 qualifiants
450 heures de cours (communication écrite et orale – FLE – et comportementale, économie du ménage et de l’entreprise…)
5 fois 1 semaine en entreprises
Evaluation finale
Choix de l’orientation
- La 2ème étape (ID 2) accompagne le jeune jusqu’à l’obtention de son diplôme professionnel, puis jusqu’à l’emploi, selon des modalités adaptées.
Elle est réalisée dans le cadre du DISPOSITIF D’ACCOMPAGNEMENT RENFORCE*.
Formation en alternance (apprentissage ou professionnalisation) : à la signature du contrat, un avenant est également signé pour 30 heures de pilotage individualisé (coaching), par an, jusqu’à l’obtention du diplôme.
Cette structure de coordination est fondée sur des pratiques éprouvées, et ne justifie pas d’investissements lourds.
* Ces éléments font l’objet de fiches de synthèse détaillées
8 propositions de LGM en matière de prévention de la délinquance – Proposition n°1 : Le soutien à la parentalité.
La Gauche Moderne a été très honorée que le Président de la République confie à son président Jean-Marie Bockel, la charge d’organiser des Assises Nationales de la prévention de la délinquance, préparatoires au rapport qu’il doit lui remettre. Elle y voit la
reconnaissance de son travail dans le secteur de la prévention, et aussi la valorisation du travail au gouvernement de la République de l’aile gauche de la majorité.
C’est la synthèse de ses travaux et des propositions qui en découlent que La Gauche
Moderne a décidé de communiquer à la veille de la tenue des assises de la prévention de la délinquance.
Dans cette optique, nos propositions sur la prévention articulent, de façon cohérente, les 3 niveaux de prévention:
- prévention primaire, s’attachant à lutter contre toutes les formes d’exclusion sociale ;
- prévention secondaire (partielle, ciblée) dont l’objectif doit être la lutte contre l’aggravation et l’extension des troubles, par des interventions socio-éducatives adaptées ;
- prévention tertiaire (curative) qui doit s’occuper de la réinsertion, de la rééducation, de la lutte contre la récidive voire de l’accompagnement vers le soin thérapeutique.
Je vous propose, en 8 « publications », les 8 propositions qui ont été réfléchies pour atteindre cet objectif.
PROPOSITION N°1 : Le soutien à la parentalité
CONSTAT :
Dans le domaine de la prévention primaire (ou de la primo-délinquance des jeunes) la question du soutien à la parentalité est primordiale.
Il existe, bien évidemment, des aides éducatives dont la qualité n’est pas à remettre en question mais dont le champ des possibilités s’amenuise, compte tenu du manque de moyens.
La clinique, compte tenu du manque de moyens également, intervient souvent en deuxième intention et, dans ce cadre, c’est dommage.
Sur le plan clinique, deux facteurs, entre autres, émergent très régulièrement comme avant-garde d’une possible déviance, voire délinquance, à savoir :
- Les difficultés d’autonomisation psychique rencontrées par l’enfant.
- Le déficit des transmissions au sein de la famille.
Le premier point porte sur ce qu’il est courant d’appeler la relation fusionnelle avec la mère qui empêche ou rend difficile tout processus d’individuation chez l’enfant, processus nécessaire et incontournable de son émergence en tant que sujet de ses « pulsions » et donc des limites à y mettre.
Pour faire très court, cette situation génère un état d’angoisse très fort chez l’enfant qui présente, très tôt, une intolérance à la frustration se traduisant par : « je veux, je prends ».
Le deuxième point porte sur le déficit des transmissions symboliques à l’intérieur de la famille (d’origine ou reconstituée), incluant la différenciation sexuelle et générationnelle (dont l’absence est repérée lors des situations d’agressions sexuelles notamment), les notions d’intimité et de respect, de soi et des autres…
A ce champ clinique « stricto sensu », il faut rajouter la souffrance transculturelle des migrants qui transmettent à leurs enfants des « traditions » retouchées, idéalisées ou figées.
L’enfant peut en arriver à rester « étranger » dans un pays où il est né et « étranger » dans le pays d’origine de ses parents.
L’errance identitaire, de ce fait induite par la division et la contradiction, génère un malaise qui peut déboucher sur de la violence auto ou hétéro-agressive.
Un vecteur commun et des offres différenciées et différentiables.
- Le vecteur commun à l’ensemble des familles et aux familles concernées par la délinquance serait la recherche du dialogue avec les enfants/ados et leurs parents.
- Les offres de soutien, d’informations et d’offres de soins seraient diversifiées et identifiables dans leurs différences par les intéressés: un stage de parentalité de parents dangereux pour leurs enfants ne se confond pas avec la fréquentation de centres médico-psychologiques.
PROPOSITIONS : Non à la démission parentale – Oui à l’aide a la parentalité
Le soutien à la parentalité, dans se multiples aspects, est au cœur de la prévention.
Elle reste essentielle dans le traitement de la délinquance.
Elle nécessite une re-définition des métiers du social et de l’éducatif: les cloisonnements actuels sont peu propices à l’approche globale de la famille.
Une recherche commune des différents acteurs éducatifs, sociaux, médico-psychologiques, quant aux moyens nécessaires aux parents pour être à l’aise -voire légitimes- pour soutenir leurs enfants dans leur devenir.
Une telle recherche pourrait aboutir à des offres d’informations avec débats, qui ont l’intérêt de ne pas inférioriser les parents.
De telles rencontres permettent aussi de « banaliser » la fréquentation des centres médico-psychologiques dont le développement est sans nul doute urgent.
L’efficacité du soutien aux familles en difficulté, dans le cadre de la prévention primaire, est directement liée:
- à l’accès libre des familles aux structures de soutien;
- à des réponses multifactorielles coordonnées, s’appuyant sur des professionnels reconnus (médecins, psychologues, travailleurs sociaux diplômés, orthophonistes…) travaillant en partenariat
- dans des structures pérennes.
L’optimisation de structures telles que les centres médico-psychologiques (infanto-juvéniles) serait une réponse aux besoins des familles, qu’elles aient été confrontées ou non à des actes de délinquance de leur enfant. Les moyens existent mais doivent être renforcés d’une part ; il est nécessaire d’autre part de procéder à une réorganisation dans le sens d’un partenariat entre les différents acteurs.
Cette optimisation pourrait aboutir grâce aux mesures suivantes :
Affecter des budgets supplémentaires à l’aide à la parentalité, pour les régions qui ont une augmentation régulière et constante de leur population (comme le Languedoc-Roussillon-NPDC), pas tant pour créer de nouvelles structures mais pour créer des emplois supplémentaires ou redistribuer des emplois existants (psychologues, éducateurs).
Optimiser les structures existantes
La création d’espaces de parentalité au sein des centres médico-psychologiques des services de psychiatrie infanto-juvénile.
Par manque de moyens « humains », les centres de consultation ont des difficultés à faire de la « prévention » de manière plus systématisée.
L’enfant et l’adolescent font symptôme des errances et tâtonnements des adultes.
Les parents devraient pouvoir venir évoquer et partager… (autonomisation psychique et transmission symbolique), à travers des groupes de parole, par exemple.
Une gestion plus affinée de la crise d’adolescence, par la création d’équipes pluridisciplinaires en centres médico-psychologiques.
La crise d’adolescence est une « pathologie normale » disait Anna FREUD.
Les actes d’auto et d’hétéro-agressivité en sont l’expression la plus violente. Si activité délinquentielle il y a, elle ne peut que s’inscrire dans ce contexte de « pas-sage ».
C’est pourquoi, prévenir la primo-délinquance des mineurs revient plutôt à gérer la crise d’adolescence. Le mineur de doit et ne peut pas être (sur un plan clinique) considéré comme un délinquant, mais plutôt comme un mineur qui commet des actes de délinquance.
Dans la clinique des adolescents, l’acte ne peut figer le sujet dans une catégorie, car il est en devenir et le risque pourrait être (et est, peut-être) de favoriser la récidive.
Là encore, le déficit en moyens humains doit être pointé, d’autant que la période des troubles s’allonge (en lien, notamment, avec les problèmes socio-économiques contemporains, expressions d’une société en mutation).
la création d’équipes pluridisciplinaires (psychologues, infirmiers, éducateurs) en centres médico-psychologiques, en nombre suffisant, pourrait donner lieu à l’observation, l’évaluation, l’accompagnement, donc la prévention. Elle pourrait, peut-être, permettre d’éviter le « ping-pong » systématique entre le soin et l’éducatif, générant des désordres institutionnels propices à la création de vides, dans lesquels viennent s’engouffrer des passages à l’acte qui, pour le coup, mettent fin à la prévention et déclenchent la sanction sociale.
CONCLUSION
La prévention primaire nécessite l’articulation du social et de l’éducatif avec le champ clinique, dépositaire du travail d’élaboration de la loi symbolique.
La loi symbolique est celle qui fixe les limites du sujet.
A défaut, il y a nécessairement multiplication de lois sociales répressives pour l’individu….. et là, on n’est plus dans le champ de la prévention…
Mais les équipes existent. Il est essentiel d’organiser un vrai partenariat entre tous les acteurs dans l’objectif de faire émerger un véritable outil de médiation éducative permettant le soutien à des parents isolés ou non souvent démunis face à la violence et la révolte précoce des enfants et au transfert de l’autorité aux « copains ».
Politique Sondage Gouvernement – AFP – 23 septembre 2010.
Fillon préféré pour diriger le prochain gouvernement (OpinionWay)
PARIS, 23 septembre 2010 (AFP) – François Fillon est la personnalité politique préférée des Français pour diriger le gouvernement qui sera issu du prochain remaniement, selon un sondage OpinionWay pour le Figaro-Magazine rendu public jeudi.
A la question « pour chacune des (six) personnalités suivantes, laquelle préféreriez-vous comme Premier ministre à l’issue d’un prochain remaniement? », 37% des personnes interrogées désignent l’actuel chef du gouvernement, loin devant la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie (18%). Le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo est 3ème (14%), suivi de la ministre de l’Economie Christine Lagarde (12%), du patron des députés UMP à l’Assemblée Jean-François Copé (7%), et du ministre du Budget François Baroin (5%).
Mme Lagarde est la ministre que les Français souhaitent le plus voir rester au gouvernement (63%), suivie par Mme Alliot-Marie (60%), M. Borloo (59%), Nathalie Kosciusko-Morizet (secrétaire d’Etat à l’économie numérique) 54% et Rama Yade (secrétaire d’Etat aux sports) 53%, à égalité avec M. Baroin.
Roselyne Bachelot (Santé) est dernière de ce classement (29%), derrière son collègue du Travail Eric Woerth (31%). Christian Estrosi (Industrie) est à égalité avec le secrétaire d’Etat à la Justice, Jean-Marie Bockel (35%).
46% des personnes interrogées souhaitent voir l’ancien Premier ministre Alain Juppé intégrer le gouvernement, devant l’écologiste Nicolas Hulot (45%), M. Copé (44%), l’ancien ministre socialiste Jack Lang (42%), et le secrétaire général de l’UMP Xavier Bertrand (37%).
Viennent ensuite le président du MoDem François Bayrou (34%), à égalité avec l’historien Max Gallo, et l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin (32%).
Le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, est avant-dernier de ce classement (22%), devant le président du Mouvement pour la France (MPF), Philippe de Villiers (19%).
Sondage réalisé en ligne (système Cawi) du 15 au 17 septembre auprès d’un échantillon de 1.071 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).
Les rencontres de Mulhouse – Gérard Delahaye, La Gauche Moderne.
Les rencontres de Mulhouse ont été marquées par un incontestable succès : près de 400 participants au sein des quels on pouvait compter pas moins de 120 délégués représentant 20 régions où LGM est désormais implantée. on peut compter sur nous, mais il faut aussi compter avec nous.
Dans le contexte de cette rentrée difficile, où les membres de notre mouvement pouvaient avoir quelques interrogations légitimes concernant lune conjoncture économique, sociale et politique assez tendue, convenons que l’ambiance était chaleureuse et que les participants étaient heureux de se retrouver qu’ils ne manquaient pas d’ardeur dans le débat et qu’ils se projetaient dans l’avenir avec pugnacité. Certes la visibilité de Jean-Marie Bockel qui s’est vu confié par le Président de la République une importante mission sur le volet de la prévention de la délinquance, essentiel pour la mise en œuvre d’une politique de sécurité équilibrée ouvre à notre formation des perspectives intéressantes.
La Gauche Moderne est peut être une formation encore jeune et modeste, mais elle est bien ancrée dans le paysage politique comme une offre novatrice, un lieu où il fait bon vivre et où l’on peut respirer librement. Les rencontres de Mulhouse ont donné le ton d’une structure collective en ordre de marche, capable de débattre sereinement des sujets de fond, sans se censurer, mais sans se perdre dans une introspection démobilisatrice et démoralisante. .. Les intervenants se sont succédés à la tribune lors du débat général du matin, témoignant de la diversité du mouvement mais aussi et surtout de sa cohésion quel que soit le sujet évoqué, sécurité, retraites, reconduite des Roms, politique sociale et économique, avenir de l’outre-mer, Europe. .
Des hommes et des femmes issus de cultures différentes de la gauche française, des élus, des responsables de fédérations, des jeunes et des moins jeunes, venus de tous les territoires de la République ont pu parvenir ensemble à la même conclusion qu’il est une gauche moderne, sérieuse, républicaine à reconstruire sur des bases nouvelles, loin des palinodies d’une gauche d’opposition sans boussole ni alternative. Cette force là n’est pas imputable à des appétits de pouvoir ou d’egos circonstanciels, elle est une énergie collective, une force de conviction au service de la culture de gouvernement. Car le positionnement de LGM va bien au-delà de la séquence politique dite d’ouverture.
LGM entend plus que jamais œuvrer à la construction d’une aile gauche au sein de la majorité présidentielle et peser sur ses orientations, tirant en cela les conséquences de l’épuisement d’une gauche d’opposition qui a perdu sa force propulsive.
La venue de Jean-Louis Borloo aux rencontres de LGM témoignait des convergences évidentes qu’il convient de cultiver pour construire un axe fort au sein de la majorité. Une gauche réformiste éprise de transformation mais soucieuse du réel, fidèle à ses valeurs mais désireuse de tirer les bilans d’échec des gauches du 20ème siècle a vocation naturelle à prendre langue avec cet éminent représentant de la planète radicale qu’est Jean-Louis Borloo. Et quand je dis planète je pèse soigneusement mes mots car c’est bien à cette échelle globale que le Ministre d’Etat a posé avec éloquence les enjeux stratégiques d’une croissance durable et maîtrisée, des emplois de demain, fixant ainsi un cap stratégique pour le redéploiement de la France dans un monde où rien ne pourra plus se passer comme avant le déclenchement de la crise.
Beaucoup des éléments inclus dans cette vaste fresque mériteraient d’être discutés de manière approfondie, je n’indiquerai qu’un seul thème tout à fait central au regard de cette première crise de la mondialisation que nous continuons de traverser, qui est celui du juste échange, thème utilisé par Jean-Louis Borloo lors de la crise financière. Comment assurer le maintien d’une politique industrielle rénovée et préserver un niveau satisfaisant de protection sociale et de rémunération du facteur travail dans une économie ouverte, en butte à l’âpre concurrence des puissances émergentes ? C’est une question qui touche tant aux normes sociales qu’environnementales, décisive pour toutes celles et tous ceux qui veulent s’inscrire dans une vision stratégique et prospective.
Il en va des puissances économiques du 21ème siècle comme des puissances européennes du 19ème siècle, elles doivent être régulées par un principe d’équilibre. C’est tout l’enjeu du prochain G20 qui sera présidé par la France. L’énergie contagieuse de Jean-Louis Borloo reflétait un volontarisme partagé par les membres de LGM, loin des prophéties moroses des déclinologues comme des utopies déprimantes et malthusiennes des tenants de la décroissance.
Le tempérament iconoclaste de Jean-Louis Borloo n’est pas pour déplaire aux mutants que sont les militants de LGM, d’autant que bien les valeurs qui puisent dans l’héritage républicain du 19ème siècle nous rapprochent à bien des égards, qu’il s’agisse du principe d’égalité, de la promotion des libertés de la personne ou de la laïcité notre idéal commun qui seul permettra d’enrayer la montée en puissance des communautarismes.
Quant au Président de la Gauche Moderne, un Jean-Marie Bockel manifestement très en forme, il est revenu sur la polémique estivale concernant les Roms à la lumière de son expérience d’élu local, pour se réjouir d’une plus forte implication de l’Etat face à l’instrumentalisation de cette population par les réseaux maffieux. Il a souligné à juste titre que seule une plus grande fermeté ay compris par les reconduites ainsi qu’un dialogue soutenu avec les autorités roumaines permettront de conduire une politique d’insertion de ces familles avec quelques chances de réussite.
Jean-Marie a affirmé haut et clair notre attachement indéfectible aux valeurs républicaines qu’il s’agisse de la lutte contre la délinquance comme de l’intégration des migrants et à plaidé pour une France rassemblée et non éclatée en une mosaïque de communautés. S’il a réaffirmé la nécessité de mieux maîtriser la dépense publique afin de résorber les déficits il a tenu à la souligner la nécessité de ne pas mettre en œuvre une politique d’ajustement trop brutale qui pourrait compromettre une reprise fort ténue. Sans état d’âme et plus déterminé que jamais à porter un nouvel espoir pour des électeurs de gauche lassés du magistère du verbe arboré par une opposition inconsistante, il a appelé LGM à apporter au Président de la République un soutien loyal mais aussi une contribution pour mettre la Réforme juste au cœur du logiciel de la majorité présidentielle.
L’après midi avant le Conseil national les commissions se sont réunies pour poser de nouveaux jalons, qu’il s’agisse du projet pour 2012, de la mission prévention de la délinquance, des cantonales. Il faut souligner la forte présence de l’équipe web qui a donné au site LGM une nouvelle ligne graphique et éditoriale. Preuve que sur le terrain des nouveaux réseaux sociaux, LGM entend mériter son épithète de moderne. Enfin ces rencontres, ont été placées sous le signe de la convivialité, de la cuisine alsacienne, de ses vins et de sa bière. Toutes les conditions ont été ainsi réunies, pour que ce moment soit aussi celui de la gaité, des retrouvailles, des rencontres. Carton plein.
Gérard Delahaye.
Mulhouse 2010 : Des rencontres studieuses mais pas ennuyeuses.
Des rencontres studieuses mais pas ennuyeuses. Alors que la situation politique française dérape parfois dans l’invective, les fausses interprétations, les provocations et les procès d’intention, les membres de La Gauche Moderne ont voulu faire le point sur les questions de l’heure. Elles ne sont pas toujours celles que les médias, parfois avides de sensationnel, mettent en une, mais tous les sujets ont été abordés franchement et librement par les participants de ces Journées de Mulhouse, édition 2010. Cette année, La Gauche Moderne accueillait Jean-Louis Borloo, dans le cadre des débats nécessaires à la création d’un pôle qui pourrait regrouper, dans la majorité, les radicaux, les centristes et l’aile gauche que représente La Gauche Moderne. La grande qualité et la hauteur de vue de son intervention ont permis d’aller plus loin dans la réflexion sur ce que devrait être un programme politique moderne pour les années qui viennent, enjeu majeur de l’échéance de 2012. Jean-Marie Bockel, dans un discours très complet, a tracé les horizons et les perspective de La Gauche Moderne pour l’année qui vient et au delà, jusqu’à l’élection présidentielle. Aussi bien en séance plénière que dans les commissions qui se sont tenue dans l’après-midi, les participants ont pu largement, dans un climat de grande liberté et de franchise, développer leur point de vue ou leur ressenti face aux évolutions politiques de ces derniers mois et aux problèmes concrets que se posent nos concitoyens. Enfin un Conseil Politique national a conclu cette journée, prenant les décisions nécessaires pour passer immédiatement à l’action, pour défendre les intérêts de nos concitoyens, pour renforcer la majorité, pour servir notre pays, pour construire et développer La Gauche Moderne.
Gilles Casanova
Borloo séduit la Gauche moderne – L’Alsace.fr – 19 septembre 2010.
Jean-Louis Borloo, accueilli par Jean-Marie Bockel, en présence de Patricia Kliber, présidente régionale du Parti radical, et de la députée européenne Michèle Striffler. Photo Jean-François Frey
Le président du Parti radical, Jean-Louis Borloo, a été accueilli en « cousin », hier, aux Rencontres de La Gauche moderne à Mulhouse.
Il n’est pas facile d’être un jeune parti, comme l’a reconnu son secrétaire général, Michel Suchod. « Nous sommes au milieu du gué. La Gauche moderne a été créée il y a 20 mois, et dans 20 mois se déroulera l’élection du président de la République », a résumé l’ancien député chevènementiste qui a choisi d’accompagner Jean-Marie Bockel dans son parcours atypique.
Les responsables de cette formation qui s’affirme toujours comme l’aile gauche de la majorité présidentielle, même si Nicolas Sarkozy a donné un coup de barre à droite, n’ont pas manqué, tout au long de la matinée, de s’interroger. « Avons-nous réellement pesé sur les débats ? Sommes-nous suffisamment écoutés dans la majorité ? » Poser la question, c’est déjà y répondre. D’autres se sont interrogés sur l’avenir de leur formation, si Jean-Marie Bockel ne siégeait plus au gouvernement… Mais la mission sur la prévention de la délinquance des mineurs que lui a confiée Nicolas Sarkozy a semblé les rassurer sur ce point.
Yves Urieta, l’ancien maire de Pau, a tenté de rasséréner ses camarades. « J’ai occupé au PS presque tous les postes. Qu’est-ce qu’on est bien à Gauche moderne ! Nous sommes libres », a-t-il lancé, tout en appelant la salle à « porter les valeurs d’une gauche ouverte ». Évoquant l’apport de son parti à « la refondation du pacte républicain », le sénateur de la Guadeloupe, Daniel Marsin, s’est fait fort de proposer « quelques amendements pour rendre la réforme des retraites acceptable ».
Bâtir un projet
Autant dire que Jean-Louis Borloo, ministre d’État et président du Parti radical, invité par Jean-Marie Bockel, a été chaleureusement applaudi, lui qui a proposé, comme il l’avait fait à Lyon, de « rassembler toutes les familles historiques du centrisme français ». S’adressant aux militants, il leur a expliqué : « Vous êtes un parti jeune, mais vous représentez une famille politique ancienne et très importante, la social-démocratie ». Après avoir fait le parallélisme avec le Parti radical qui « s’inscrit également dans une vieille famille de pensée », il a souhaité élargir son rassemblement aux démocrates-chrétiens et aux libéraux. « Ces familles éparpillées, qui ensemble ont bâti la République, la décentralisation et l’Europe, doivent bâtir un projet ensemble », a-t-il plaidé, en souhaitant ancrer ce projet dans le XXIe siècle. En conclusion, tout en répétant qu’il y a « toujours eu deux gauches françaises », Jean-Louis Borloo a observé : « Nous sommes dans la même situation. Les radicaux ne peuvent peser qu’en acceptant de grandir et on ne grandit pas tout seul… » En partant, il évoquera la création d’ « un comité de liaison » pour rassembler le pôle centriste.
Jean-Marie Bockel — qui avait accueilli les grands élus alsaciens, de la majorité, les présidents Philippe Richert et Charles Buttner, les députés Arlette Grosskost et Francis Hillmeyer, la sénatrice Fabienne Keller — s’est félicité de ce « cousinage avec les radicaux », prônant « une France rassemblée, riche de sa diversité, forte de son unité retrouvée, qui sait adapter le modèle républicain qui est le bien le plus précieux ».
Faire bouger les lignes
Le président de La Gauche moderne a « assuré aussi le président de la République de son soutien, quelle que soit sa situation au gouvernement », affirmant qu’il est plus que jamais persuadé de la nécessité de « faire bouger les lignes et pour faire accepter les réformes justes ».
Yolande Baldeweck
Bockel se veut toujours utile au gouvernement – Anne Rovan, Le Figaro – 24 août 2010.
Le secrétaire d’État à la Justice et président de la Gauche moderne pense être maintenu au gouvernement suite au remaniement d’octobre.
Jeudi, dans le centre éducatif fermé de Brignoles (Var). Jean-Marie Bockel s’entretient avec des mineurs délinquants et multirécidivistes accueillis ici. Au cours de la visite de cet établissement, situé à une heure de voiture des Issambres où il passe alors ses vacances, le secrétaire d’État à la Justice tombe aussi sur un punching-ball. Et lâche: «C’est Besson qui fait de la boxe. Moi, je n’en ai pas besoin.»
Pas besoin? Le secrétaire d’État à la Justice et président de la Gauche moderne fait pourtant partie des ministres qui pourraient faire les frais du remaniement d’octobre. Lui ne croit pas à son départ. «Je ne suis pas inquiet», confie-t-il.
Bockel évoque tout de même au passage les marques d’attention que lui aurait témoigné Nicolas Sarkozy ces dernières semaines: un entretien d’«une petite demi-heure» le 2 août et la mission sur la prévention de la délinquance des mineurs qu’il lui a confié dans la foulée. «J’ai aussi accompagné le président à Grenoble le 30 juillet, lorsqu’il a fait son discours sur la sécurité. C’est un signal que je ne qualifierais pas de négatif», poursuit Jean-Marie Bockel.
Celui qui a grogné en juin 2009 d’avoir été nommé à la tête d’un secrétariat d’État sans réelle attribution pense donc être maintenu au gouvernement. Mais pas au même poste. «Je n’ai pas vocation à rester secrétaire d’État à la Justice et je ne m’en suis jamais caché», explique-t-il.
La Gauche moderne
En fait, l’ex-ministre de François Mitterrand, l’ancien maire de Mulhouse qui a donné les clés de sa ville à son adjoint UMP début mai, estime être le dernier ministre d’ouverture du gouvernement Fillon.
Jean-Marie Bockel pense aussi que le président aura besoin de la Gauche moderne en 2012. Oubliant un peu vite que, sur le flan droit de l’UMP, Christine Boutin, qui croyait elle aussi que Nicolas Sarkozy ne pouvait pas se priver de sa sensibilité, a été remerciée après les européennes. «On peut considérer qu’il faudra donner des signaux au second tour de la présidentielle», espère-t-il en admettant que le virage sécuritaire du gouvernement a déplu à certains des adhérents de son parti.
En attendant d’être fixé sur son sort, Bockel tente de se rapprocher de celui qui, à ses yeux, incarne «l’aile gauche de l’UMP», Jean-Louis Borloo. Le ministre du Développement durable et président du Parti radical participera aux rencontres annuelles de la Gauche moderne, le 18 septembre, à Mulhouse. Bockel parie-t-il sur Borloo à Matignon? «J’ai de la sympathie pour lui.» .
Jean-Marie Bockel chargé d’une mission sur la prévention de la délinquance.
Publié le 04 Aout 2010
Secrétaire d’Etat à la Justice
Communiqué de presse
Mission sur la prévention de la délinquance des jeunes confiée à Jean Marie BOCKEL
Le Président de la République a confié une mission sur la prévention de la délinquance des jeunes à Jean-Marie Bockel, Secrétaire d’Etat à la Justice.
Cette mission s’intéressera notamment à la prévention sociale et éducative de la délinquance des jeunes, à la recherche tant en France qu’à l’international des bonnes pratiques et à la formulation de propositions innovantes en la matière.
Elle s’inscrit dans la continuité du rapport, demandé par le Secrétaire d’Etat à la justice au mois de novembre 2009 à monsieur Jean Yves Ruestch et intitulé « prévenir la délinquance des jeunes, un enjeu pour demain », qui lui a été remis le 18 février dernier.
Jean Marie Bockel remettra son rapport de mission avant la fin du mois d’octobre.
Conseil National de La Gauche Moderne à Pau
Interview de Jean-Marie Bockel dans Sud-Ouest . Par Nicolas Rebière
« Sud Ouest ». Vous venez à Pau samedi pour animer des Rencontres de printemps. Pourquoi Pau ?
Jean-Marie Bockel. Depuis la création de la Gauche moderne voici trois ans, un de nos deux grands rendez-vous annuels se tient à Pau au printemps. La présence d’Yves Urieta explique bien des choses. Les autres se déroulent à Mulhouse à l’automne. À chaque fois, nos délégués se retrouvent pour discuter des sujets d’actualité à travers un conseil national. Là, nous allons parler des régionales qui viennent de se dérouler et affirmer notre stratégie politique.
À propos des régionales, vous avez beaucoup insisté auprès de l’UMP pour qu’Yves Urieta, l’ancien maire de Pau soit à une place éligible. Vous l’aviez même proclamé dans le « Figaro ». Mais ce ne fut pas le cas…
Nous avons effectivement eu des négociations difficiles pour ces régionales. Les places étaient chères, et il s’est avéré très difficile pour l’UMP de les laisser à ses petits alliés. Mais c’est lié au mode de scrutin proportionnel. Nous aurions aimé avoir plus de candidats, c’est vrai. A l’arrivée, nous avons obtenu une conseillère régionale à Mulhouse, et deux élus Outre-Mer.
Vous comptez être plus présents aux prochaines cantonales ?
Nous avons l’intention de proposer cette fois des candidats au premier tour, soit comme candidats de la majorité s’ils obtiennent l’investiture, soit parfois en les maintenant au premier tour, mais dans les cantons où le sortant n’appartient pas à la majorité. On ne s’interdit rien,
Souhaitez-vous investir des candidats sur Pau, où l’on dit que la Gauche moderne possède une de ses plus grosses sections avec Mulhouse ? On pense à Yves Urieta, bien sûr…
Je connais bien Yves, on se voit toutes les semaines et je ne préfère pas parler pour lui. Ce que nous souhaitons, c’est investir des candidats susceptibles de rassembler au moins 5 % dans les endroits où nous le pourrons. C’est normal qu’un parti profite d’élections comme celles-là, uninominale à deux tours pour pouvoir se compter.
Est-ce une manière de mieux « affirmer la stratégie » de la Gauche moderne ?
A deux ans de l’échéance présidentielle, nous ne sommes plus dans l’ouverture. Donc oui, nous souhaitons lancer une démarche stratégique et davantage nous différencier de l’UMP. Car de deux choses l’une, soit on considère qu’on n’a pas du tout besoin de s’attirer une partie de l’électorat de gauche, soit on estime que le résultat risque d’être serré et que chaque voix pourra compter. Il existe des centaines de milliers de personnes de sensibilité de gauche qui ne pourront plus voter pour le PS, ne se retrouvent pas dans la démarche d’Europe Écologie ou de l’extrême gauche. Nous nous considérons comme l’aile gauche, l’aile sociale de la majorité, et sommes là pour leur dire « vous avez votre place, comme nous l’avons ». Le président ne nous a jamais demandé de nous renier, à nous de nous différencier, de faire entendre notre voix sur des sujets comme les retraites par exemple.
Article de Jean-Marc Faure, dans La République des Pyrénées
Le secrétaire d’État à la justice, présent samedi à Pau pour le conseil national de son parti et un meeting, a développé sa vision de la réforme des retraites.
S’il accepte d’avance la décision de reculer l’âge légal du départ à la retraite qui doit être annoncée cette semaine, Jean-Marie Bockel, secrétaire d’État d’ouverture et fondateur de la « Gauche moderne », tient à faire entendre sa différence.
« Tout en soutenant la démarche difficile d’Éric Woerth (ministre du Travail), nous sommes attachés à la symbolique de la retraite à 60 ans », a-t-il expliqué samedi au parc des expositions de Pau.
Pour Jean-Marie Bockel, la compréhension par les Français de ce recul de l’âge légal passe d’abord par une garantie de la place des seniors dans le monde du travail. Il défend également, un système unique de retraite (permettant de tenir compte de la pénibilité), un rapprochement à terme des régimes du public et du privé, les contributions au financement des retraites des revenus du capital et la mise à plat de certains régimes spéciaux y compris ceux des « politiques ».
Jean-Marie Bockel se veut le garant dans la majorité présidentielle de la « réforme juste ». C’est ainsi qu’il propose que les niches fiscales soient rabotées plus vite et plus fort, la fusion entre CSG et impôt sur le revenu et l’abandon de l’intangibilité du bouclier fiscal.
Son parti, qui revendique 1 500 adhérents, présentera une cinquantaine de candidats aux cantonales de 2011. « Il y en aura à Pau », a précisé samedi Yves Urieta, son responsable départemental en notant que les cantons de Pau-nord et Pau-ouest étaient « intéressants. »
Lors du meeting de samedi, l’opposant palois a largement critiqué l’équipe en place sur le quartier de la porte des gaves, sur le projet du stade nautique, et sur les calendriers du Grand Prix de Pau et de la modernisation des Halles. Jean-Marie Bockel, qui a rencontré récemment la maire de Pau, a indiqué au sujet du déménagement projeté de la maison d’arrêt que « le processus est enclenché ». Le dossier pourrait arriver à échéance après 2 015.
Face à l’immobilisme de la gauche traditionnelle, La Gauche Moderne
Extrait du livre « Plus belle la gauche- Pour une gauche moderne », de Marc d’Héré et GillesCasanova…
La révolution technologique des dernières décennies et la mondialisation des échanges ont profondément transformé notre environnement, nos modes de production et de consommation, nos conditions de vie. Une société à dominante industrielle composée de grandes masses homogènes a progressivement laissé place à une société, hétérogène, fragmentée, une société dominée par les services et les activités du savoir, où les choix, les besoins et les attentes s’individualisent, où la concurrence s’exacerbe, où les liens sociaux se distendent. D’une société relativement stable et aux évolutions progressives et prévisibles pour chacun, on est passé à une société déconcertante, mouvante et précaire.
Cette mutation mal comprise et mal appréhendée, l’affaiblissement des repères et des encadrements collectifs traditionnels sans qu’aucun autre ne se soit imposé, la perte d’énergie d’une démocratie insuffisamment participative, sont la source d’un malaise collectif et provoquent des déséquilibres que sont venus aggraver, en France, l’absence depuis 20 ans de projet politique mobilisateur, le maintien d’une organisation administrative ankylosée, dont plus personne ne sait à quoi elle sert mais dont tous ressentent combien elle nous coûte, la persistance d’inégalités injustifiables et une situation économique qui ne s’améliorait plus durablement – avant même la crise mondiale. Le sentiment d’abattement, la morosité, le retrait civique qui en résultent, ou à l’inverse le recours à la violence, nous contraignent à rechercher des solutions qui, nous le savons bien, ne peuvent être celles d’hier.
La gauche, ontologiquement préservée des dérives ultra-libérales, qui s’est longtemps voulue acteur du progrès et s’est toujours prétendue attentive aux exigences de justice et de cohésion sociale, aurait pu et dû mieux que d’autres incarner ce changement nécessaire, et en proposer les voies. A la différence d’une grande partie de leurs homologues européens, les socialistes français n’ont pu, et ne pourront sans doute pas davantage dans l’avenir, remplir ce rôle.
La vision du monde qu’ils délivrent à l’usage de leurs électeurs, se cantonne à la diabolisation d’un capitalisme jugé intrinsèquement et définitivement « mauvais » – sans indiquer en rien les voies d’une nouvelle façon de produire les richesses – au refus de toute modernisation d’essence libérale qu’ils qualifient systématiquement de régression ultra-libérale et à un hypocrite et illusoire discours de résistance à la mondialisation auquel jamais aucun acte, durant les périodes ou ils ont été aux affaires, n’a donné consistance.
Encore marqués par le sentiment que la gauche ne peut se rassembler ou attirer les suffrages que par une référence à la culture marxiste, enfermés dans les dogmes d’un programme socialiste qui renvoie à un monde qui a cessé définitivement d’exister, écartelés entre un réalisme économique sans souffle lorsqu’ils sont aux affaires et un alter mondialisme spontané lorsqu’ils sont dans l’opposition, ils brandissent les recettes de la social-démocratie d’hier, où le recours à l’assistance et à l’accroissement continu de la dépense publique faisait figure de baume universel, et ne peuvent offrir la moindre perspective. A regarder l’avenir dans le rétroviseur on ne fait que ressusciter un fantôme, celui de l’économie administrée. L’archaïsme des militants rassemblés sur ces bases et qui ne se renouvellent plus guère, la peur du changement exprimée par leurs électeurs issus de la fonction publique vis-à-vis desquels ils n’ont jamais fait œuvre de pédagogie, leur regards de Chimène pour la gauche protestataire dont ils évitent de trop s’éloigner pour ne pas perdre son soutien au second tour des élections, leur interdisent toute proposition novatrice et réaliste, les condamnent à l’immobilisme. Révolutionnaires il y a 40 ans quand toute la gauche européenne était sociale démocrate, les socialistes français se sont, sans le dire et avec un remords qu’ils ne peuvent dissimuler, convertis à une social-démocratie qui a épuisé ses capacités de création et d’innovation, à l’heure où leurs homologues sont devenus sociaux libéraux. Toujours en retard d’une guerre et d’une idée, à moins qu’ils n’aient jamais été sincères dans leurs proclamations et ne le soient pas davantage aujourd’hui, ils sont engagés sur le chemin d’un déclin qui pour être lent n’en n’est pas moins inéluctable.
Face à cette gauche archaïque et nostalgique, réduite à la protestation et figée dans le respect des vaches sacrées que sont les avantages catégoriels et les situations acquises – dont le maintien, loin de garantir l’avenir renforce sa menace – une autre gauche a la lucidité et le courage de dire que le progrès social est aujourd’hui assis sur les succès économiques et sur les réformes de structure d’une société qui doit sortir du conservatisme.
Être de gauche aujourd’hui c’est vouloir réaliser un nouveau consensus social autour du projet d’une société dynamique, ouverte et solidaire, permettant une croissance forte et durable dont puisse profiter le plus grand nombre, assise sur la responsabilité, l’équité et la justice. C’est vouloir un mode de production de la richesse mieux contrôlé mais vigoureux, car avant de la répartir équitablement encore faut-il avoir produit cette richesse. C’est vouloir que le capitalisme – car nous n’avons pas encore de système alternatif à celui-ci – réponde à l’équilibre entre la liberté qui permet cette production de richesse et la régulation qui permet l’optimisation de son utilisation, entre le « libéral » et le « social », deux concepts que l’on veut arbitrairement opposer, quand s’impose leur complémentarité.
C’est, au-delà des idéologies abstraites et des recettes dépassées, vouloir répondre, ici et maintenant aux questions que la vie pose aux gens. Pour apporter des solutions à cette crise, mais c’est aussi valable en situation de prospérité et de croissance, ce sont les orientations que nous proposons, compromis entre les dynamiques individuelles et les régulations collectives, les initiatives de la société civile et le volontarisme de l’État, les libertés et la solidarité, qui paraissent toujours les mieux adaptées.
Ce sont celles de ce courant de pensée tourné vers l’action qui s’est développé sous le nom de « social libéralisme », courant que nous prétendons incarner et dont la pertinence des analyses et des propositions est confirmée par la crise que nous vivons. En redonnant confiance dans l’avenir, il veut encourager chacun à réagir face aux difficultés, à s’engager dans la construction d’une société de croissance, de liberté et de justice, à s’affirmer acteur responsable d’une société où tous pourront se voir donner leur chance, une « société des possibles. »
Attentive à l’évolution du monde, résolument tournée vers l’avenir, engagée dans l’action, La Gauche Moderne, adaptation à notre époque et à notre société des aspirations fondamentales et des objectifs qui ont fait la gauche depuis deux siècles, représente un courant de pensée réformiste qui se trouve être le mieux placé pour contribuer à la rénovation intellectuelle, doctrinale, politique de la gauche, pour autant que cette dernière notion conserve encore tout son sens.
Rénovation qui ne passe certainement pas aujourd’hui par une opposition frontale ou systématique à un Président et une majorité qui s’efforcent justement depuis plus de deux ans d’agir pour moderniser et transformer la France.
Regroupant des militants venant de la gauche ou se reconnaissant en elle, La Gauche Moderne s’est clairement engagée dans la majorité présidentielle, car il lui est apparu que seul Nicolas Sarkozy, homme de mouvement, décidé à affronter les conservatismes, avait la volonté et la capacité de mettre en œuvre les changements nécessaires. En soutenant la politique de réforme mise en œuvre depuis mai 2007 et en agissant pour qu’elle soit toujours plus équitable et plus solidaire, La Gauche Moderne permet à cette politique d’être mieux comprise, plus largement acceptée et lui donne ainsi davantage de chances de réussir.
Par Marc d’Here et Gilles Casanova