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Roms : des exemples d’intégration –Nord Eclair – 22 novembre 2010.
Auto-construction à Turin, gitans espagnols à Valence, culture rom dans les écoles britanniques : des programmes qui ont fait leurs preuves ont été présentés à Lille alors que la justice se penchera demain sur la circulaire anti-Roms du 5 août qui avait fait un tollé.
Comment intégrer les familles roms d’Europe de l’Est ? Si la question est délicate à Lille, elle l’est aussi à Turin, Valence ou Leeds. Dans chaque ville, des associations, fondations ou collectivités tentent de faire face aux problèmes de logement, de chômage, d’illettrisme et de racisme. Le séminaire organisé mercredi à la gare Saint-Sauveur par la députée européenne Hélène Flautre a permis à des Nordistes d’échanger de « bonnes pratiques » avec des travailleurs sociaux européens venus présenter leurs initiatives locales.
Une maison pour faire le lien
Le bon exemple italien s’appelle Il Dado : une bâtisse abandonnée en banlieue de Turin transformée en jolie maison jaune qui fait la fierté du quartier grâce à un programme d’auto-construction. « Nous avons sélectionné huit familles et nous leur avons confié la rénovation du bâtiment, explique Olivier Alotto de l’association Terra del Fuoco. Aujourd’hui, les Roms cohabitent avec 2 Italiens et 5 jeunes stagiaires européens et tous les enfants vont à l’école. » L’initiative lancée en 2005 a déjà eu de nombreuses retombées positives. Dans la lutte contre le racisme d’abord. « Ce projet a permis de montrer qu’eux aussi peuvent vivre dans une maison, que s’ils vivent dans des bidonvilles ça n’est pas parce qu’ils sont nomades mais parce qu’ils sont pauvres ! Montrer des Roms au travail leur a aussi redonné leur dignité. Aujourd’hui, les voisins les remercient d’avoir embelli le quartier. » Autre avantage : l’auto-construction ne coûte pas cher. Les Roms (sans permis de travail) n’ont pas perçu de salaire, mais la promesse de pouvoir vivre à Il Dado pendant trois ans.
Pas de coût électoral non plus : le maire de cette commune a été réélu.
En Espagne, la fondation Secretariado Gitano joue la carte de l’expertise. Fondée pour s’occuper des Gitans d’Espagne, la structure s’est tournée vers l’Est en 2007 avec une question : « Est-ce que l’expérience d’intégration que nous avons avec les Gitans d’Espagne est utile pour les Roms d’Europe de l’Est ? », pose José Maria Picon. Un diagnostic mené dans 13 villes en 2007 révèle plusieurs différences. L’accès au travail est plus difficile en raison de la langue et d’un moratoire qui interdisait aux Roumains et aux Bulgares de travailler en Espagne jusqu’en 2009. Les enfants sont moins scolarisés et les questions de santé sont plus délicates. « Dans certaines communautés, les filles doivent absolument rester vierges avant le mariage : si on leur parle de planning familial, on court le risque qu’elles soient rejetées par leur famille ».
Les Britanniques de Leeds misent sur la vie scolaire pour intégrer des familles venues surtout de République Tchèque, Slovaquie et Pologne. Un éducateur rom slovaque employé par la Ville rencontre les parents pour leur expliquer l’importance de l’école et comment s’inscrire. « S’ils ne mettent pas leurs enfants à l’école ce n’est parce qu’ils ne veulent pas mais parce qu’ils ont d’autres problèmes par ailleurs et se méfient des administrations » , commente Eugen Bataz du GRTAS. « Dans les écoles publiques anglaises, il y a parfois des enfants de 20 pays différents, les Roms ne sont qu’une minorité en plus », témoigne sa collègue Claire Lockwood. La structure organise des fêtes dans les écoles pour mettre en valeur la culture rom.
« Ce séminaire vise à inscrire les acteurs de la métropole lilloise dans des réseaux reconnus », explique Hélène Flautre. La métropole a-t-elle l’intention de copier l’une de ces initiatives ? « Il existe déjà de bonnes pratiques chez nous, avec des projets d’auto-construction et surtout des villages d’insertion », remarque Malik Ifri, délégué à Lille Métropole, qui espère étendre l’expérience à d’autres villes de la métropole.
8 propositions de LGM en matière de prévention de la délinquance – Proposition n° 2 : Impulsion Diplôme (= IDJ) – La sortie des Jeunes du système éducatif sans qualification.
ETAT DES LIEUX :
Il existe en France différents dispositifs divers et variés, adaptés à certains types de publics, concernant des jeunes sortis du système éducatif sans qualification. On dénombra aujourd’hui près de 125 000 jeunes dans cette situation. Je pense que l’on ne se trouve pas en phase avec la réalité, ce chiffre est sûrement supérieur.
Tous ces dispositifs cohabitent, vraisemblablement bien ensemble, sont complémentaires les uns aux autres, voire même assez performants pour certains.
Ils sont essentiellement pensés par des spécialistes de la formation initiale et sont ensuite appliqués par des acteurs et partenaires de terrain.
En revanche, la dimension géographique des territoires ne sont à mon sens pas assez pris en compte, on ne sort pas du système éducatif pour les mêmes raisons que l’on soit à Paris, en banlieue, dans le sud…et pour cause tous les facteurs socio-économiques et humains que nous connaissons.
A cela, il faut rajouter les différences de publics que nous devons aider. Et c’est là que nous faisons le constat, que tous ces dispositifs existants ne s’adressent pas à tous. Notamment, le public relevant du « milieu carcéral » à un moment donné et à un passage donné.
Sans compter que la consultation des professionnels du monde économique (chefs d’entreprise, responsables de formation professionnelle…) n’est pas suffisamment faite.
Reste le plus gros problème de ces dispositifs : la Validation !
Nous savons que plus les jeunes détiennent une formation, un niveau qualifiant, plus leur insertion dans le monde du travail est favorisée. Or, à l’issue de ces dispositifs se posent cette question fondamentale. Et c’est à ce moment là que nous nous retrouvons confrontés à ce problème de la qualification ! Soit ces jeunes repassent un diplôme quel que soit le niveau, et on les remet dans une situation qu’ils ont rejetée, soit ils de retrouvent en situation d’échec car les examens restent les mêmes !
PROPOSITION :
Donc, un dispositif, et oui, un autre, a été pensé par des représentants du monde du travail en collaboration avec des professionnels de l’Education Nationale en essayant de prendre en compte ce constat en imaginant un système innovant qui pourrait si on le réalise bouleverser les mentalités, les pratiques et les modalités d’obtention des diplômes en France, à savoir instaurer un système d’Unités de Valeur ou d’Unités Capitalisables, comme cela se fait d’ailleurs en milieu universitaire. Ce qui aurait le grand intérêt de placer ces jeunes en situation de réussite !
Ce dispositif sera expérimental et testé dans des 5 villes de France répondant à des critères détaillés ci-dessus (Nice, Drancy, Suresnes, Lille et Mulhouse).
Ce dispositif se nomme « IMPULSION DIPLÔME », les professionnels du monde du travail sont issus d’une association (CERF) regroupant des chefs d’entreprise de TPE françaises et est synthétisé ci-dessous.
IMPULSION DIPÔME (ID)
DES JEUNES ADULTES SANS QUALIFICATION
PROJET EXPÉRIMENTAL
Le dispositif doit conduire chaque bénéficiaire au changement,
dans le cadre d’une démarche volontaire et personnalisée.
Il s’agit de créer les conditions qui permettront de passer
- d’une SITUATION D’ECHEC, caractérisée par
la rupture scolaire
l’absence de qualification
l’inactivité, le chômage
- à une SITUATION DE RÉUSSITE, caractérisée par
la revalorisation personnelle
l’obtention d’un diplôme professionnel
l’accès à un emploi
ou à une formation de niveau supérieur
Pour être efficace, l’action menée avec chaque jeune doit s’inscrire dans une durée raisonnable, clairement définie dans le cadre d’un engagement contractuel, formulé en référence à un statut du qualifiant* approprié à chacune des deux étapes de son parcours.
IDJ implique que puissent être introduites d’importantes innovations dans les modalités de délivrance de certains diplômes professionnels* (CAP et BEP, Bac pro), en particulier sur la validation de la partie générale du dispositif expérimental qui correspond au programme transversal de ces diplômes.
Le dispositif implique 2 ETAPES, chacune étant conçue pour favoriser l’individualisation des parcours, dans une logique d’entrées et sorties permanentes des bénéficiaires.
- La 1ère étape (ID 1) doit permettre au jeune d’élaborer le projet professionnel qui lui convient, et d’accéder à son premier niveau de qualification.
Elle est réalisée en SAS D’ORIENTATION et de PREMIÈRE QUALIFICATION*.
Elle nécessite la mise en œuvre de procédures nouvelles et de moyens spécifiques.
Totalité : 600 heures (formation + observation en entreprises)
Groupes : 12-14 qualifiants
450 heures de cours (communication écrite et orale – FLE – et comportementale, économie du ménage et de l’entreprise…)
5 fois 1 semaine en entreprises
Evaluation finale
Choix de l’orientation
- La 2ème étape (ID 2) accompagne le jeune jusqu’à l’obtention de son diplôme professionnel, puis jusqu’à l’emploi, selon des modalités adaptées.
Elle est réalisée dans le cadre du DISPOSITIF D’ACCOMPAGNEMENT RENFORCE*.
Formation en alternance (apprentissage ou professionnalisation) : à la signature du contrat, un avenant est également signé pour 30 heures de pilotage individualisé (coaching), par an, jusqu’à l’obtention du diplôme.
Cette structure de coordination est fondée sur des pratiques éprouvées, et ne justifie pas d’investissements lourds.
* Ces éléments font l’objet de fiches de synthèse détaillées
Marc-Philippe Daubresse prévoit 1,2 million de bénéficiaires du RSA «activité» en 2013.
Le nombre de ménages allocataires du RSA « activité » devrait doubler pour atteindre 1,2 million de foyers en 2013, selon les prévisions du ministère des Solidarités actives présentées le 30 septembre 2010. Au 31 juillet 2010, le RSA était versé à 1,79 million de foyers dont 1,15 million touchant le RSA « socle » pour 427 euros mensuels en moyenne et 642.000 le RSA « activité », de 170 euros en moyenne, a rappelé le ministre des solidarités actives Marc-Philippe Daubresse en présentant le budget de son ministère. En 2011, le gouvernement a prévu de passer à 935.000 bénéficiaires, puis à 1,13 million en 2012 et enfin à 1,2 million en 2013.
Marc-Philippe Daubresse s’était déjà désolidarisé des prévisions de son prédécesseur Martin Hirsch, qui pensait que 800.000 foyers en bénéficieraient déjà fin 2009. « J’ai estimé que la sortie de crise allait faire monter le RSA ‘activité’ » en remettant de nombreuses personnes au travail, a commenté le ministre. Pour autant, « nous avons fait une prévision plutôt volontariste, je pense que nous serons en-deçà » de ces chiffres, a-t-il ajouté. Côté finances, l’Etat prévoit pour le RSA « activité » 2,24 milliards d’euros en 2011, 2,48 milliards en 2012 puis 2,54 mds en 2013.
Ces dépenses intègrent l’extension du RSA à l’Outremer pour 200 millions en 2011 et aux jeunes de moins de 25 ans qui travaillent, pour 75 millions, une somme qui équivaut au versement d’une prestation à 15.000 jeunes sur l’année.
Pour le service civique, 97 millions sont prévus en 2011, 134 en 2012 et 171 en 2013. 3.500 volontaires ont été recrutés au 25 septembre.
Interrogé sur le Revenu contractualisé d’autonomie, dont l’expérimentation a été annoncée le 28 septembre 2010, Marc-Philippe Daubresse a indiqué que « dans un an, nous devrions être en mesure de savoir si ça marche ou pas » pour aider les jeunes diplômés à trouver un travail, et donc de décider ou non d’une généralisation. Pour les jeunes sans qualification, l’expérimentation est de deux ans.
AFP.
La réalité en face.
Existe-t-il une délinquance ethnique ? Si oui, a-t-on intérêt à l’étudier et pour quels objectifs ? Les sociologues français s’opposent de plus en plus autour de ces questions. Dans un livre paru aux éditions du Seuil, Le déni des cultures, Hugues Lagrange explore ce lien entre immigration et délinquance, soulignant une surreprésentation des jeunes issus de l’Afrique sahélienne dans les activités délictuelles.
On peut s’étonner que le simple fait de s’interroger sur la visibilité ethnique de la délinquance fasse l’objet d’une controverse. Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, réfute, dans Le Monde du 14 septembre, la thèse d’une délinquance aux origines culturelles, insistant sur le caractère multifactoriel de cette dernière.
Au-delà du débat scientifique, et des contradictions naturelles qui en naîtront, le fait d’analyser le lien entre délinquance et ethnicité paraît urgent car il est absolument nécessaire d’éviter de laisser ce champ libre aux seules expressions d’extrême-droite. Par définition, un non-dit est pus violent lorsqu’il est claquemuré que lorsqu’il est en débat.
Le populisme touche plus facilement les pauvres gens que ceux qui s’arment des outils de la connaissance, de la civilisation. Les maires des communes difficiles sont démunis face à la question ethnique, alors qu’elle est essentielle à la cohésion de tout corps social et qu’un brin d’intelligence dans l’aménagement des territoires ne serait pas de trop face à cette difficulté. Si dire la réalité s’apparente à pactiser avec le diable lepéniste, alors oui, on peut redouter que la bombe sociale explose à la figure de ceux qui n’auront pas mené les bons diagnostics. Qu’on se le dise et qu’on se le rappelle régulièrement : la question ethnique est au cœur de la ghettoïsation gauloise, ce reflux communautaire qui est la conséquence de l’échec de l’intégration sociale des jeunes issus de l’immigration.
Tous les voyants sont au rouge : une discrimination galopante, des Marseillaises sifflées lors de matchs internationaux supposément montés au nom de la réconciliation historique (avec de jeunes Beurs évoluant dans l’équipe nationale !), une guerre des civilisations si caricaturalement bushienne qu’elle engendre une riposte caricaturale, une droitisation sarkozyenne qui fait son footing sur la question Rom, plus réunificatrice dans le rejet populiste, avant, sans doute, de s’attaquer à la question maghrébine dans la dernière côte de l’élection présidentielle pour distancer la redoutable Marine Le Pen, etc.
Bref, nous avons besoin des Roché, Bronner, Mucchielli et autres Lagrange pour charpenter un point de vue audible dans le grand déballage populiste qui s’annonce. Leurs travaux relèvent de la salubrité publique intellectuelle.
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Bockel à Sarcelles pour préparer les assises sur la prévention de la délinquance – 9 septembre 2010 (AFP).
Le secrétaire d’Etat à la Justice, Jean-Marie Bockel, s’est rendu jeudi à Sarcelles afin d’y entamer une série de rencontres et consultations en vue des prochaines assises sur la prévention de la délinquance juvénile.
« Je crois que tout le monde a conscience, dans notre pays, que la prévention est nécessaire pour la réussite de toute politique sécuritaire », a déclaré M. Bockel au cours de sa visite.
« Il s’agit pour moi de rencontrer un maximum de personnes à travers tout le pays, professionnels, éducateurs, psychologues ou autres, afin de faire le tour des expériences existantes en la matière, en France mais aussi chez nos voisins européens, les bonnes idées peuvent être dans les villes de gauche comme celles de droite », a conclu Jean-Marie Bockel.
Le secrétaire d’Etat s’est rendu à l’Espace de médiation interculturel et social de Sarcelles afin d’y rencontrer les professionnels en lien avec les jeunes en difficulté sur la commune, avant d’auditionner François Pupponi, maire PS de la ville.
« Il y a peu de débat entre maires de villes confrontées à la délinquance, de gauche comme de droite, quant au fait d’assurer une prévention forte afin d’éviter qu’un jeune ne tombe dans la délinquance puis dans le choix répressif une fois que le pas est franchi, seules les méthodes envisagées peuvent évoluer », a expliqué M. Pupponi à l’issue de cette rencontre.
Les assises sur la prévention de la délinquance juvénile se tiendront le 14 octobre. Dans la semaine suivante, M. Bockel remettra au président de la République son rapport sur la prévention de la délinquance des jeunes.
Il n’y a rien de plus drôle que l’arroseur arrosé!
Martine Aubry, premier secrétaire du Parti socialiste, a saisi la justice fin juillet pour demander, en tant que présidente de la Communauté urbaine de Lille, l’expulsion par la force de Roms qui occupaient un terrain à Villeneuve d’Ascq, selon un document publié par Le Figaro.
Le quotidien publie jeudi la requête adressée par son avocat, Me Maurice-Alain Caffier, au tribunal de Lille le 19 juillet, la décision de justice qui fait droit à cette demande et le procès-verbal de réquisition de la force publique décidé pour mener à bien l’expulsion.
« Depuis quelques jours, plusieurs véhicules et caravanes se sont installés (à Villeneuve d’Ascq – NDLR), sans droit ni titre. (…) Il s’agit là d’une violation flagrante du droit de propriété, cette installation sauvage risque d’être à l’origine de difficultés et troubles de voisinage et il y a urgence à ordonner leur expulsion », lit-on dans la requête de l’avocat de Martine Aubry.
La dirigeante socialiste s’est vivement opposée à la campagne commencée fin juillet par le gouvernement et qui consiste à renvoyer des groupes de Roms en Roumanie. Cette mesure a été décidée après un fait divers impliquant des Manouches de nationalité française.
Martine Aubry estime que cette campagne pose un problème moral, puisqu’une catégorie de population est visée en tant que telle et se voit imputer une responsabilité collective. Elle voit dans cette initiative une tentative de diversion aux problèmes économiques et judiciaires de la majorité.
La majorité UMP juge cette position hypocrite et le Premier ministre François Fillon a évoqué lundi dernier, à l’appui de cet argument, la démarche judiciaire de Martine Aubry.
Les proches de Martine Aubry ont répliqué que l’évacuation d’un camp pouvait se révéler nécessaire pour des raisons de sécurité mais qu’elle ne pouvait être assimilée à une expulsion du territoire français. Les demandes d’évacuation sont gelées désormais, du fait de la campagne gouvernementale, précise la majorité de gauche de Lille.
Le maire de Lille a déclaré mercredi à la presse qu’elle demandait désormais au préfet de ne plus procéder au démantèlement de camps sur le territoire de sa communauté urbaine.
Thierry Lévêque, édité par Philipe Bas-Rabérin -Yahoo -2 septembre 2010.
Ces endroits sans droits.
Un homme en a tué deux autres, le soir du 14 juillet, dans une cité HLM de Gentilly (Val-de-Marne). Le tueur présumé n’en pouvait plus de supporter le bruit des pétards jusqu’à une heure indue. On peut lire ce dramatique fait divers de diverses manières. Le présumé coupable, c’est l’auteur des coups de couteau. La question ne se pose même pas. C’est la seule certitude juridique dans un contexte où le droit n’existe plus. Et mêmes les circonstances atténuantes ne changent rien : dans une société qui entend garder un mince espoir de civilisation, tuer ne se justifie pas. C’est ce qui empêche l’américanisation de notre société, le « faire justice soi-même » ramenant l’époque à celle du western, où le plus fort, ou le mieux armé, se chargeait de nettoyer l’injustice avant d’être lui-même nettoyé par mieux armé que lui. L’horreur absolue. L’absence de droit interpelle fortement : les rodomontades sarkozystes, proférées par ces élus qui osent, toute honte bue, assurer que l’action du chef de l’Etat a fait reculer la délinquance, n’y changeront rien. Il existe des zones de non-droit en France, des endroits où la police n’intervient plus sur les querelles de voisinage mais tentent, par à-coups spectaculaires, de changer la donne en donnant un grand coup de pied dans la fourmilière. L’attitude de la police n’est pas condamnable en elle-même : c’est un fait que certaines interventions méritent d’être mûrement réfléchies. Mais elle pose une difficulté croissante : comment la régulation sociale s’installe-t-elle dans le face-à-face musclé entre une population excédée et des jeunes ou des moins jeunes conscients jusqu’à la provocation de leur impunité ? Comment garder le contact républicain avec cette population des cités, dont le seul crime est de vouloir vivre en paix ? Qui peut agir en amont pour « dealer », si j’ose dire, les modalités d’une paix sociale ?
On a dit et répété que les grands frères ne servaient à rien, si ce n’est à couvrir des actes délictueux. Cette médiation sociale n’est même plus dans les tuyaux de la conceptualisation. C’est dommage : elle incarne une des rares solutions de compréhension de la situation, de rapprochement entre les enfants et les adultes des cités. On a dit et répété que la police de proximité était avant tout douée pour jouer au foot avec ces délinquants potentiels. C’est dommage : les unités territoriales de quartiers (UTEQ), depuis leur déploiement en 2008, semblent dégager quelques perspectives positives. Ce ne sont pas des intellos fumeurs de pétards et boboïsables à souhait qu’ils le disent mais un rapport officiel du ministère de l’Intérieur gardé sous le coude de peur qu’il contredise les certitudes circulaires de N. Sarkozy.
Donc, entre les jeteurs de pétards, les petits cons qui se foutent de la tranquillité des populations, et des policiers qui ne peuvent intervenir comme ils le souhaitent dans des cités potentiellement éruptives, il n’y a plus rien. Le vide sidéral, celui où la violence se déploie avec des bottes de sept lieux. Ou plutôt si : le passage à l’acte d’un adulte un peu plus courageux qu’un autre et qui règle le problème de la plus mauvaise des manières, plusieurs coups de couteau et deux morts au final. La médiation sociale est l’art de désamorcer les conflits potentiels dans l’espace public ; c’est un métier difficile, réalisé par des femmes et des hommes d’une immense qualité humaine, un métier irremplaçable dans le sens où il ne peut évoluer dans la caricature idéologique. Nous évoluons malheureusement dans un cadre politique où les émetteurs symboliques relèvent d’une forte idéologisation. Il faudrait donc complètement isoler la prévention de la délinquance de la surenchère politique pour ne la renforcer que dans ce qu’elle a de plus pragmatique, à savoir sa technicité de terrain, son approche méthodologique. La prévention de la délinquance se heurte à de nombreux échecs, mais pas plus que la police, métier lui aussi ô combien estimable. Inutile d’appeler ici à un Grenelle gadget de la prévention de la délinquance. Mais les deux hommes morts le 14 juillet et l’auteur des coups mortels qui passera une bonne partie de sa vie derrière les barreaux sont les victimes collatérales de ce jusqu’au-boutisme idéologique qui ampute la prévention de la délinquance de son hyper-technicité professionnelle.
Par jean-loup DUJARDIN
Les mesures de sécurité, voulues par Nicolas Sarkozy, largement approuvées.
Un sondage IFOP, pour le Figaro, montre que les mesures proposées par Nicolas Sarkozy, le gouvernement ou l’UMP sont très largement approuvées par les Français.
Parmi ces mesures, le démantèlement de camps illégaux de Roms ou de gens du voyage recueille l’assentiment de 79% des sondés.
70% approuvent le retrait de la nationalité française aux individus qui auront attentés à la vie d’un policier ou d’un gendarme.
67% approuvent l’installation de 60.000 caméras de video surveillance d’ici 2012….
Il faut rappeler que le parti socialiste est violemment opposé à toutes ces mesures.
Non aux réactions faussement vertueuses du PS.
C’est avec stupéfaction que j’ai pris connaissance de la réaction faussement vertueuse du PS, qui émet les critiques les plus acerbes aux propos de Brice Hortefeux concernant les agissements récents des Roms à Saint-Aignan. En effet, en tant que Conseillère municipale et communautaire à Lille, je tiens à apporter les précisions suivantes : les citoyens de la ville et de la Communauté urbaine sont depuis des mois perturbés par la mendicité de plus en plus agressive qui s’exerce sur les trottoirs et aux feux rouges. Les commerçants sont harcelés dans le centre de Lille et dans certains quartiers (Faubourg de Douai notamment) et villes limitrophes de Lille (Ronchin notamment).
L’édile de la ville, première secrétaire du PS, laisse pourrir la situation plutôt que de proposer des solutions d’intégration qui permettent de rendre leur dignité à ces populations. Si l’on admet leur présence sur notre sol, seul un accompagnement social permettra de leur faire accepter nos règles de vie en société et de les faire rentrer dans la légalité. A Lille en 2009, 5 familles de Roms sur des centaines, voire des milliers ont été accompagnées sur des fonds mis à disposition par la Préfecture alors que le budget alloué à la Culture a représenté 39% du budget de la Communauté urbaine. Dans notre région, on dit aux socialistes « si tu veux grimper à l’arbre, fieu, tu dois avoir une prop’culotte ».
Brigitte MAUROY
Présidente de la Commission des Affaires sociales de LGM
Lutte contre l’exclusion -Marc-Philippe Daubresse : «Les jeunes restent une priorité du gouvernement».
Lu sous la plume de Stéphanie Lampert, dans la gazette-santé-social.fr :
«Je ne suis pas d’accord pour dire que la montée en charge du RSA est décevante. Je ne suis pas Martin Hirsch, je ne me suis pas fixé de cible». Invité à s’exprimer, le 15 juin 2010, devant l’Association des journalistes de l’information sociale, le nouveau ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives, Marc-Philippe Daubresse, s’est démarqué d’emblée du «père» du revenu de solidarité active (RSA), auquel il a succédé en mars. Jeunes, insertion, service civique, vie associative : il a également fait le point sur les nombreux autres dossiers ouverts par son prédécesseur et dont il reprend aujourd’hui les commandes, dans une continuité qui n’exclut pas certains ajustements.
Simplifier le RSA «socle» Au moment de l’entrée en vigueur du revenu de solidarité active, l’ancien Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté n’avait pas hésité à avancer le chiffre de 3,1 millions de bénéficiaires potentiels. Un an plus tard, la cible est loin d’être atteinte, mais son successeur préfère voir «le verre à moitié plein» : «En un an, via le RSA, l’Etat a déjà dépensé un milliard d’euros qui ne l’étaient pas auparavant. Pour moi, c’est une avancée sociale.» Soulignant l’inévitable «côté diesel» de la montée en charge de toute nouvelle prestation sociale, Marc-Philippe Daubresse a également pointé les «effets de la crise». Selon lui, le nombre d’allocataires devrait repartir à la hausse à la fin de l’année, avec la reprise économique : «Je pense que nous allons assister à une stabilisation du RSA socle et à une montée en puissance du RSA activité liée à une reprise du travail intérimaire et du travail à temps partiel. Mais en attendant, il y a quand même des choses à faire pour stimuler la montée en charge.»
Le ministre a listé un certain nombre d’obstacles spécifiques au RSA : complexité du dispositif, crainte des bénéficiaires d’être stigmatisés, renoncement à la prestation face à la faiblesse du gain potentiel… Une étude est actuellement réalisée auprès de 1 000 bénéficiaires, pour mieux comprendre ces freins. «Il nous reste également un important travail à faire auprès des maires, des présidents de conseil général, des bailleurs sociaux, afin qu’ils informent leurs propres agents, qui sont souvent des bénéficiaires potentiels. Des courriers vont leur être envoyés. Nous réfléchissons aussi au moyen de nous adresser directement aux bénéficiaires de l’allocation logement, qui sont tous potentiellement éligibles au RSA.»
Concernant plus spécifiquement le RSA socle, ex-RMI, Marc-Philippe Daubresse a reconnu que son nouveau mode de gouvernance était «assez compliqué», avec de «fortes disparités entre départements» concernant notamment l’aiguillage des demandeurs. Selon le ministre, deux séances de travail ont déjà eu lieu avec les travailleurs sociaux des départements afin d’améliorer le dispositif. «Nous devrions pouvoir proposer quelque chose début juillet. Je pense qu’on pourrait mettre en œuvre une charte de bonnes pratiques, pour mieux coordonner les acteurs.»
La jeunesse, «toujours une priorité du gouvernement» Les décrets relatifs au RSA jeunes paraîtront «avant le 14 juillet», pour un premier versement le 5 octobre, a annoncé le ministre, qui a confirmé que le dispositif ne serait accessible qu’aux jeunes ayant travaillé au moins 3200 heures dans les trois années précédentes et pas aux étudiants de moins de 25 ans. Mais Marc-Philippe Daubresse n’a pas repris à son compte l’objectif-cible de 160 000 bénéficiaires, avancé par Martin Hirsch. «Il est très difficile d’établir le nombre de jeunes qui ont pu travailler le nombre d’heure exigé», a-t-il expliqué. Il a par ailleurs assuré qu’une «communication ciblée» serait assurée auprès de cette population.
Le nouveau ministre de la Jeunesse a dressé un bilan plutôt élogieux de la politique globale de Martin Hirsch en direction des 16-25 ans et confirmé que ce dossier restait une «priorité du gouvernement». Mais tout en se félicitant des expérimentations lancées par son prédécesseur via le fonds d’expérimentation pour la jeunesse (lire la Gazette Santé-Social n°57, p. 24), il a estimé que sur ces 300 actions, «une quinzaine seulement sont vraiment structurantes d’un parcours de jeune». Le ministre souhaite donc mettre en place «une dizaine de laboratoires» en France, qui expérimenteront pendant plusieurs années, sur un même territoire, un nombre limité d’actions, mais couvrant l’ensemble du parcours des jeunes. Le premier sera lancé à Marseille le 23 juin, et au moins sept autres seront installés à l’automne.
Questionné plus spécifiquement sur la dotation d’autonomie, dont le président de la République avait annoncé l’expérimentation dans son plan «Agir pour la jeunesse», présenté en septembre 2009, le ministre a expliqué qu’elle n’avait pas démarré «car elle est compliquée à mettre en œuvre». «Une autre idée a germé depuis, celle du prêt social étudiant, qui pourrait s’adresser à des jeunes qui n’ont pas accès à une bourse mais qui ne sont pas non plus aidés par leurs parents», a-t-il précisé. Des mesures pourraient être annoncées dans ce domaine à la fin de l’année.
10 000 services civiques dès 2010 En matière d’orientation scolaire et professionnelle, Marc-Philippe Daubresse nommera «dans les dix jours qui viennent» le nouveau délégué interministériel à l’orientation : «Son premier chantier sera d’unifier la communication et l’accès à l’information donnée aux jeunes dans ce domaine, a-t-il affirmé. Ensuite, nous souhaitons monter très vite un portail internet unique, rassemblant tous les acteurs du secteur, et construire le service public de l’orientation, en disant qui fait quoi dans ce domaine. Nous souhaitons également donner plus d’outils aux équipes éducatives.» Le ministre a également fait le point sur le lancement du service civique, qui devrait débuter en septembre. «3000 à 4000 dossiers sont déjà dans les tuyaux», a-t-il expliqué, rappelant que le budget prévoyait la possibilité pour 10 000 jeunes de se lancer dès la rentrée 2010. «A terme, nous visons 10% d’une classe d’âge», a-t-il ajouté.
Succès du CUI Le ministre des Solidarités actives a ensuite fait le point sur la mise en œuvre du nouveau contrat unique d’insertion (CUI), créé par la loi de décembre 2008 instaurant le revenu de solidarité active. Depuis le début de l’année, plus de 240 000 CUI ont été signés, dont 83 000 contrats initiative emploi (secteur marchand) et 160 000 contrats d’accompagnement dans l’emploi (secteur non marchand). «L’objectif de 260 000 contrats devrait être atteint fin juin», a-t-il avancé.
Economie sociale Dernier dossier abordé par le ministre : celui de l’économie sociale et de la vie associative. Revenant sur le rapport remis en avril par le député Francis Vercarmer, qui comporte selon lui «de vraies pistes d’action, dont certaines nécessiteraient des lois», Marc-Philippe Daubresse s’est dit convaincu de l’intérêt de l’économie sociale et solidaire, pour les jeunes notamment, et a affirmé sa volonté d’ «essaimer» ce modèle «sans le ghettoïser ni le banaliser».
Concernant la conférence de la vie associative, qui s’est déroulée en décembre dernier, le ministre en fera un premier bilan fin juin devant la conférence permanente des coordinations associatives (CPCA). «Nous proposerons au secteur un tableau de bord avec des échéances. Nous comptons également créer des ateliers permanents, qui permettront de poursuivre la réflexion entre deux conférences de la vie associative.»
Stéphanie Lampert