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La désindustrialisation? Un bobard – Georges Kaplan, Causeur.fr
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, qui en matière de gestion de carrière politique, aurait pu donner quelques leçons aux plus inoxydables de nos gouvernants, avait en son temps édicté un principe fondamental qui fait depuis office de référence dans le discours public : « En politique, ce qui est cru devient plus important que ce qui est vrai ».
Ainsi en va-t-il de cette l’affirmation, dument répétée tel un mantra bouddhiste par l’ensemble de notre classe politique, selon laquelle la France se désindustrialise. De Nicolas Sarkozy, qui déclarait encore l’autre jour(1)que jamais il n’accepterait la désindustrialisation, à l’état-major du PS en passant par Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou ou Dominique de Villepin, c’est toute notre classe politique qui tire son mouchoir et la sonnette d’alarme face à la disparition de notre industrie, de nos usines et de nos ouvriers.
Les coupables de cet odieux forfait sont bien sûr connus et désignés de toute part : la mondialisation, le libre-échangisme, les capitalistes … brefs les « autres », ces êtres tout aussi maléfiques, qu’ils sont inconnus et invisibles et qui nous veulent du mal(2). Heureusement pour nous, le bon peuple, nos élus ont des solutions – et pas que deux ou trois – pour réindustrialiser la France : des subventions aux nationalisations en passant par le protectionnisme, c’est toute la gamme des politiques interventionnistes qu’on nous déballe comme au marché. Faites vot’ choix m’sieurs dames… Elles sont bonnes mes salades !
En dix ans, la production industrielle a augmenté de 25%
Si la France se désindustrialise comme nous l’affirment nos politiciens professionnels, nous devrions pouvoir observer le phénomène dans les chiffres publiées par l’Insee qui mesurent depuis 1949 la production de chaque secteur d’activité de notre économie. Et là, ô surprise, ajustée de l’inflation, notre production industrielle de 2009(3) était 26% plus élevée qu’en 1990, 50% plus élevée qu’en 1980, 106% plus élevée qu’en 1970 et – excusez du peu – 570% plus élevée qu’en 1949. Pas l’ombre de la queue du début d’un commencement de désindustrialisation.
Ce qui est vrai, c’est que nous avons perdu l’essentiel de notre industrie textile (-45% depuis 1970) et une part substantielle de notre production de combustibles et autres carburants (-33%). Mais ce qui est aussi vrai, c’est que la production de nos industries navales, aéronautiques et ferroviaires a augmenté de 449.5%, que celle de nos industries pharmaceutiques et cosmétiques est aujourd’hui 490.2% plus importante qu’en 1970 et que notre production d’équipements électriques et électroniques a été multipliée par six dans le même laps de temps.
Ce qui est surtout vrai, donc, c’est que notre industrie a changé. Encore dominée il y a quelques décennies par des chaines de production sur lesquelles on alignait des ouvriers peu qualifiés et misérablement payés, elle est devenue une industrie de pointe qui embauche essentiellement des ingénieurs, des ouvriers qualifiés et des cadres, investit massivement dans la recherche et offre des rémunérations sans aucune commune mesure avec ce que peuvent espérer les ouvriers chinois(4).
Le merveilleux monde d’avant était aussi celui des salaires misérables
Le discours politique – et médiatique – est resté enfermé dans un monde de grandes usines, pourvoyeuses d’emplois à vie et en masse, où des milliers de salariés constitués en « classe ouvrière » produisent à la chaîne des taille-crayons ou des paires de chaussures. On nous rebat les oreilles d’un monde merveilleux, un monde d’avant, où les grandes luttes ouvrières faisaient les heures de gloire de la gauche marxiste et les patrons paternalistes aux mines sévères celle d’une droite conservatrice. Mais ce que le discours politique oublie, c’est que ce monde était aussi celui des salaires misérables, des mineurs qui risquaient leur peau au moindre coup de grisou, des ouvrières du textile qui usaient leur jeunesse et leurs doigts dans les usines et des ouvriers qui étouffaient dans l’atmosphère surchauffée des hauts-fourneaux.
Alors oui, ça fait moins de monde dans les usines (et aux manifestations de la CGT) mais non, la France ne se désindustrialise pas. Elle va même plutôt bien notre industrie entre l’Oréal dont les ventes explosent dans les pays émergents (+13% en 6 mois), Legrand qui réalise l’essentiel de sa croissance en dehors de l’Europe ou notre Cognac qui exporte plus de 96% de sa production. L’avenir de nos enfants n’est plus derrière un métier à tisser ni au fond d’une mine, il est derrière une planche à dessin, dans des laboratoires de recherche ou aux commandes d’une chaine de production automatisée. Et pour tout vous dire, moi je préfère ça.
Georges Kaplan, Causeur.fr
(1) Au salon de l’automobile, le 1er octobre 2010.
.(2)Toute ressemblance avec une série télévisée américaine dont l’action se situe sur une île mystérieuse serait purement fortuite.
(3)844.7 milliards d’euros selon l’INSEE, soit environ 27% de notre production totale en valeur.
(4)Le salarié moyen de l’industrie manufacturière française coûte un peu plus de 49 000 euros par an à son employeur… soit – au bas mot – 15 fois plus que son homologue chinois.
L’obsession française de la retraite à 60 ans – La chronique de Jean-Marc Vittori – Les Echos – 26 octobre 2010.
Mai s pourquoi donc les Français sont-ils si acharnés à défendre la retraite à 60 ans ? Car il ne faut pas s’y tromper. Si les dirigeants des syndicats, des partis de gauche et de la presse d’opposition réclament une réforme plus juste, évoquant tour à tour le sort des femmes, la pénibilité ou la taxation du capital, la grande majorité des Français s’en moque. Quand on se glisse dans les cortèges, quand on lit les banderoles, quand on écoute les slogans, quand on se plonge dans la masse des reportages sur le terrain, les manifestants ont une idée en tête, des gamins aux papys : « Objectif retraite à 60 ans » ! C’est d’ailleurs pour cette raison que Ségolène Royal fut la première des éléphants socialistes à dire que l’âge légal de la retraite serait ramené à cette barre fatidique, en cas de victoire de la gauche en 2012, elle qui est la championne des courts-circuits avec l’opinion publique.
Pour comprendre les racines de cette ét range obsession française, il suffit d’écouter. Même si les Français savent bien, au fond, que le prochain épisode s’appellera « On a marché sur la retraite à 60 ans », ils résistent, avec parfois l’énergie du désespoir, pour une raison simple : ils sont persuadés que le travail, c’est l’enfer. Et c’est vrai que le travail est devenu plus dur au fil des décennies. La dernière enquête sur les conditions de travail remonte à 2005, mais elle montre la tendance. En vingt ans, les salariés restant « longtemps dans une posture pénible » sont passés de 16 à 34 % du total. Plus de la moitié ont « un rythme de travail imposé par une demande extérieure à satisfaire immédiatement », une proportion qui a, là aussi, doublé. Le fait de « devoir porter ou déplacer des charges lourdes » concerne désormais 39 % des salariés au lieu de 21 %. Ces tendances sont confirmées par les observations médicales, avec par exemple la montée des TMS - troubles musculo-squelettiques.
Le mouvement est plus marqué en France qu’ailleurs, car le travail y a été concentré, comme du jus d’orange. Et le dialogue social y est médiocre, étouffant les initiatives qui permettraient une amélioration bénéfique pour l’employeur et l’employé. Depuis trente ans, tout se passe comme s’il y avait un accord implicite entre les salariés, les entreprises et l’Etat : on travaille moins mais plus dur. Le temps passé en entreprise a été réduit comme peau de chagrin - études plus longues, semaine écourtée, départ à la retraite plus tôt. Mais, en échange, le travail est désormais un jus hautement concentré, au point d’en être devenu corrosif. Voilà pourquoi il semble inimaginable à beaucoup de Français de continuer « plus longtemps que prévu ».
Pour aller au-delà de 60 ans, il faudra changer le travail. Réorganisation d’un chantier pour qu’un maçon senior puisse trav ailler sans porter des sacs de 50 kilos, formation des salariés même après 45 ans, transmission des savoirs, gestion des carrières, aménagement des grilles de salaire pour casser les augmentations automatiques à l’ancienneté qui poussent les entreprises à éjecter leurs chers seniors… Les dirigeants d’entreprise en panne d’idées ont largement de quoi s’inspirer dans les pays où l’âge effectif de la retraite approche, voire dépasse les 65 ans.
Les entreprises ont également un levier formidable à actionner. Car les Français sont schizophrènes sur la question, comme sur bien d’autres. Ils sont convaincus que le travail est un enfer, mais ils savent aussi qu’il peut constituer pour beaucoup d’entre eux, n’ayons pas peur de le dire, un petit bout de paradis. Dans les relations avec les collègues, mais aussi par l’implication dans un projet collectif ou tout simplement dans l’accomplissement personnel. Il suffit (et il faut) q u’un collège brûle au Mans pour entendre soudain des professeurs parler du bonheur qu’ils avaient à y enseigner. Oui, du bonheur ! Une idée neuve en entreprise…
Si les employeurs ne travaillent pas sur le travail, leurs employés continueront de se battre, d’une manière ou d’une autre, pour y rester le moins longtemps possible. L’autre voie est connue. Pour combler un trou qui approcherait les 50 milliards d’euros en 2020, selon les calculs du Conseil d’orientation des retraites établis sur des hypothèses qui peuvent paraître aujourd’hui optimistes (7 % de chômage en 2020, 1,5 % de progrès annuel de productivité d’ici là), il faudrait relever les cotisations de 0,7 % par an, soit la moitié de la progression espérée du pouvoir d’achat. Il n’est pas sûr que les Français préfèrent cette solution.
Attali et les allocs.
Conditionner le versement des allocations CAF aux revenus des familles est une question taboue sur l’ensemble de l’échiquier politique.
Les allocations familiales relèvent de la politique familiale et non d’un soutien financier prenant en compte la situation de la cellule familiale. Elles sont les seules à échapper à cette approche classique égalitaire.
Le législateur a ainsi toujours estimé que chaque enfant devait être traité sur un même pied d’égalité, que ses parents soient millionnaires ou Rmistes.
Dans un contexte de recherche correctrice des flux financiers publics, un rééquilibrage est-il souhaitable ? Peut-on estimer qu’à partir d’un certain niveau de salaire, certains riches puissent percevoir moins que certains pauvres ?
Le bouclier fiscal a l’avantage d’interroger l’opinion sur la nécessité d’un new deal fiscal à la Française. Qu’est-ce être riche ?
A partir de quel niveau de salaire peut-on réviser la nature et le montant de l’aide sociale ?
Dans son rôle d’agitateur d’idées, Attali pose de justes questions sans apporter les bonnes réponses.
Mais le débat mérite d’être posé, sans être renvoyé brutalement au rang de sacralité intouchable .
Par jean-loup DUJARDIN
TVA PME 35 heures les propositions chocs de Copé – Le Figaro.fr – 04 octobre 2010.
INTERVIEW – Le président du groupe UMP à l’Assemblée propose une stratégie économique nouvelle, visant à aligner la France sur le modèle allemand.
Jean-François Copé réunit mardi soir son club politique, en présence de dirigeants patronaux et d’élus, parmi lesquels Laurence Parisot (Medef), Frédéric Oudéa (Société générale) ou encore Anne-Marie Idrac, secrétaire d’État au Commerce extérieur. Le président du groupe UMP leur exposera ses projets chocs pour doper la compétitivité française : suppression des 35 heures, instauration d’une TVA antidélocalisation ou création d’un vrai ministère des entreprises…
Votre club, Génération france.fr tient mardi son 3e forum thématique dont le thème est la croissance de demain. Quelles sont vos propositions?
Construire une stratégie économique nouvelle pour la France, passant par la construction d’un G2 avec notre partenaire allemand pour contrebalancer l’émergence du G2 Chine- Etats-Unis. Cette logique doit déterminer toutes nos grandes décisions économiques et sociales des prochaines années. Concrètement, cela signifie que nous devons recoller au modèle économique de l’Allemagne. La principale force de notre partenaire Outre-Rhin est son «Mittelstand», c’est-à-dire sa myriade d’entreprises de taille moyenne, liées aux grands groupes et qui partent ensemble à la conquête du monde. C’est exactement ce qui manque en France.
Vous voulez donc renforcer la taille des PME?
Oui. Le prochain quinquennat doit être celui des PME conquérantes. Les grands groupes français doivent aider à faire grossir les petites entreprises en signant des contrats de partenariat avec elles. Il s’agit d’une nouvelle forme de patriotisme économique. Cela signifie d’abord drainer plus de capitaux vers les petites entreprises: il faut créer des fonds publics-privés similaires au FSI y compris à l’échelle régionale destinés à financer les entreprises moyennes exportatrices mais aussi faciliter l’accès aux marchés financiers pour les PME. Renforcer les PME signifie également drainer les salariés de talent dans ces entreprises. Trop de diplômés des grandes écoles préfèrent être anonymes dans un grand groupe que reconnus dans une PME! Nous devons tout faire, enfin, pour faciliter les relations entre les PME et l’administration qui devrait davantage adopter la culture du conseil que celle du contrôle et de la sanction. Cela passe par la suppression des effets de seuils. Enfin, pour faciliter ces relations je propose la création d’un grand ministère des entreprises, de l’industrie et du commerce qui doit mettre en place un véritable guichet unique.
Les entreprises allemandes sont également plus compétitives…
Exactement, c’est pourquoi nous devons faire en sorte qu’en France on travaille plus et mieux. Il faut assumer la logique de sortie des 35 heures qui est une vraie clef pour nous maintenir dans la dynamique européenne. Mais pour que les Français acceptent de travailler plus nous devons leur proposer de travailler mieux. Ils ont besoin de considération. Cela signifie par exemple renforcer les bonnes pratiques manageriales dans les entreprises pour favoriser l’épanouissement des employés.
Comment sortir des 35 heures?
Je suis favorable à des accords de branche ou mieux à des accords d’entreprise sur le modèle de celui signé par Siemens, en Allemagne, il y a dix jours: du temps de travail en plus en échange d’une garantie de plusieurs années sur l’emploi.
Au point de supprimer toute durée légale du travail?
Pas forcément. Mais il faut être cohérent jusqu’au bout. Le gouvernement propose un budget 2011 courageux grâce à l’effort de tous, mais nous devrons aller plus loin dans cette logique de rigueur. On fait les fonds de tiroir, en supprimant 500 millions d’avantages fiscaux aux jeunes mariés, alors qu’il existe un gisement de presque 20 milliards d’allégements de charges destinées en partie à compenser les 35 heures. Ouvrons le débat : Pourquoi ne pas les supprimer en échange de la possibilité de sortir des 35 heures – ou au contraire les ôter aux branches qui ne souhaitent pas en sortir?
On a vu avec la baisse de la TVA restauration qu’il était difficile de s’assurer qu’une branche professionnelle tiendrait ses engagements en matière d’emplois…
Le contexte était différent.
Vous parlez de convergence avec Berlin : les allemands ont adopté une TVA sociale il y a deux ans. Faut-il les imiter ?
Oui ! Simplement il faut la rebaptiser pour bien expliquer aux Français ce qu’elle est réellement: une TVA anti-délocalisation. Il s’agit tout bonnement de ne plus faire peser tout le financement de notre protection sociale sur les travailleurs. Si on augmente la TVA – les Allemands l’ont fait à hauteur de trois points – et si on baisse parallèlement les cotisations sociales employeurs et salariés, on fait reculer notre coût du travail, donc on favorise l’emploi dans le pays tout en faisant contribuer les importations aux ressources de la Sécurité sociale. C’est un rééquilibrage entre entreprises françaises et étrangères.
Êtes-vous favorable à la suppression du bouclier fiscal et de l’ISF?
Absolument. Je le réclame depuis longtemps et j’assume tout à fait que nous lancions dès maintenant un grand débat sur ce thème dans la perspective de 2012. Avant même que le parti socialiste ne hurle au cadeau fait aux riches, je rappelle l’ordre des choses: le bouclier fiscal a été créé pour contrebalancer les effets négatifs de l’ISF qui faisait fuir les contribuables. L’ISF a une multitude d’autres effets pervers, notamment le fait de concerner les résidences principales. J’assume aussi ma proposition de fusionner l’impôt sur le revenu et la CSG, qui permettra, entre autres de ne plus avoir qu’une seule caisse de collecte.
Fusionner les deux rendra la CSG progressive en fonction du revenu, ce qui risque de déplaire aux électeurs de droite…
Cela rend la CSG progressive, mais permet aussi de lui appliquer le quotient familial. Et cela ne signifie pas pour autant une hausse d’impôt: tout dépend du niveau où vous fixez les tranches.
Le Parlement doit-il revenir sur son engagement de ne pas faire payer nos déficits sociaux par les générations futures, en prolongeant la Cades après 2021?
C’est un vrai dilemme. Si on ne le faisait pas, il faudrait augmenter la CRDS de 3,5 milliards d’euros. Je pense que ce n’est pas responsable et je préfère augmenter la durée de vie de la Cades de quatre ans pour absorber le «choc de déficit» exceptionnel dû à la crise.
Cette durée est assez courte pour ne pas trop peser sur les générations futures.
Gaétan de Capèle, Olivier Auguste et Cyrille Lachèvre
Effectifs des régions: des dérives inacceptables – FrancK Louvrier, sur Face Book
Les données du rapport annuel de la fonction publique publiées hier viennent de démontrer des dérives inacceptables en matière de recrutement de fonctionnaires de la part des collectivités territoriales.
Alors que l’on peut constater une quasi-stagnation en 2008 des effectifs de la fonction publique d’État notamment grâce à l’engagement du président de la République, du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite, les collectivités locales ont continué à effectuer près de 70 000 créations d’emplois en 2008 : c’est une envolée de 40 % par rapport à 1998 ! Les Régions ont en moyenne chaque année augmenté leurs effectifs de 49 % par an depuis 2005.
M. Jacques Auxiette ne fait pas mentir cette explosion : avec une dette régionale qui dépassera le milliard d’euros cette année, les charges annuelles de personnels du Conseil régional se sont accrues de 17,5 millions d’euros en 5 ans. Depuis 2004, la Région des Pays de la Loire a recruté l’équivalent d’un fonctionnaire de plus par semaine soit 74 % de hausse des dépenses correspondantes (23,5 à 41 millions d’euros par an) ! Ce sont ainsi 204 postes de fonctionnaires territoriaux qui ont été créés hors transferts de compétences : ces transferts sont donc un mauvais argument pour cautionner cette inflation car les postes créés ne sont pas ceux des compétences transférées.
On ne peut accepter une « France fourmi » vigilante sur les dépenses de l’État et une « France cigale » qui ne prend pas en compte la situation économique de notre pays. Cette France à deux vitesses n’est pas acceptable pour les contribuables ligériens et il est temps, dans un souci de transparence, que les chambres régionales des comptes puissent s’atteler chaque année au contrôle des exécutifs régionaux à l’instar du regard que la Cour des comptes porte maintenant annuellement sur les dépenses de la présidence de la République.
TVA, taxe Google, ISF : Baroin jette les bases d’une convergence fiscale avec l’Allemagne – Les Echos – 25 août 2010.
Le ministre du Budget, François Baroin, s’est rendu hier à Berlin pour rencontrer le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, et dégager des axes de convergence fiscale entre les deux pays.
Réduire les écarts de compétitivité en Europe, en commençant d’abord par la France et l’Allemagne : c’est le voeu exprimé par Nicolas Sarkozy le mois dernier, et qui s’est traduit hier par un premier déplacement du ministre du Budget, François Baroin, à Berlin. Celui-ci a multiplié les rencontres, à gauche comme à droite, prouvant ainsi qu’après avoir émis des réserves sur la stratégie allemande jugée trop « égoïste », la France semble plus que jamais décidée à coller à son puissant partenaire. Un pays qui, en matière budgétaire, fait toujours office de modèle : « Quelle que soit leur sensibilité politique, tous les Allemands sont d’accord, ou presque, pour affecter les surplus de recettes [dus à la révision de la croissance à 3 % cette année, NDLR] au désendettement. En France, non », a résumé François Baroin à l’issue de son entretien avec la députée de gauche Petra Merkel (SPD), présidente de la commission budgétaire. « L’Allemagne est un modèle dont nous devons nous inspirer, a-t-il insisté à l’issue de ses entretiens, devant la presse. Le consensus politique sur la réduction des déficits dans la société allemande est assez spectaculaire. »
A plus long terme, le gouvernement espère bien obtenir le soutien de l’Allemagne sur plusieurs sujets fiscaux de première importance. Le calendrier n’a rien d’anodin : la Cour des comptes vient d’entamer un état des lieux sur les systèmes fiscaux des deux pays. Le niveau de prélèvements est certes proche, 42,8 % pour la France et 39,5 % pour l’Allemagne. « Mais ces chiffres globaux recouvrent des réalités différentes », indique Nicolas Sarkozy dans sa lettre de mission (lire ci-dessous). L’Allemagne, par exemple, ne dispose ni de l’impôt de solidarité sur la fortune… ni du bouclier fiscal ! Cela est évidemment regardé de près par l’Elysée.
Arracher un accord européen
France et Allemagne promettent aussi d’oeuvrer de concert pour avancer à Bruxelles une proposition de taxation des activités numériques (Google, eBay, etc.), imposées dans le pays où se situe leur siège social (Irlande, Luxembourg, etc.), et non là où sont générées les richesses. La France avait envisagé d’agir seule en début d’année, en vain. Elle espère que son rapprochement avec l’Allemagne lui permettra d’arracher un accord européen, et de récupérer les milliards d’euros de recettes qui lui échappent chaque année. « C’est un enjeu primordial pour la France et l’Allemagne », insiste François Baroin. A plus long terme, le gouvernement veut également réfléchir à une convergence des taux de TVA : les taux réduits (appliqués à l’hôtellerie et à l’alimentation) sont plus élevés en Allemagne qu’en France, mais le taux normal y est plus bas (19 % au lieu de 19,6 %).
François Baroin s’est également rendu en Allemagne pour chercher un soutien face au Parlement européen, qui souhaite augmenter le budget de l’Union jusqu’à 4,9 %, à contre-courant des efforts budgétaires entrepris dans chacun des pays. Un état de fait inacceptable du point de vue de la France, qui refuse de voir sa contribution augmenter (de 1,5 milliard à compter de 2013). Il se rendra à Londres à la mi-septembre dans le même objectif.
LUCIE ROBEQUAIN, Les Echos.
Heures supplémentaires : l’accélérateur de relance.
L’activité enregistre des signaux positifs dans plusieurs secteurs. Les entreprises doivent pouvoir s’ajuster aux variations de la demande pour transformer l’essai en reprise. Elles disposent pour cela d’un outil efficace : les heures supplémentaires. Leur nombre a augmenté de 4,5% au deuxième trimestre 2010 par rapport à la même période l’année dernière et de 4,8% par rapport au trimestre précédent. Les heures supplémentaires sont bien reparties à la hausse même si le volume reste en dessous du début de l’année 2008. Ces chiffres confirment surtout qu’un certain nombre d’entreprises font face à une amélioration de leur carnet de commandes.
Le Cerf, à l’origine de la réforme sur les heures supplémentaires mise en oeuvre le 1er octobre 2007, a défendu la pertinence de ce dispositif y compris pendant la crise quand tous les syndicats réclamaient sa suppression pure et simple. Les Créateurs considèrent en effet que cette réforme a deux vertus : elle permet aux petites entreprises de s’adapter rapidement et facilement aux variations d’activité à la hausse comme à la baisse, et donc de satisfaire au mieux leurs clients. La réforme confirme son rôle de formidable levier de relance. Seconde vertu, les heures supplémentaires permettent de distribuer du pouvoir d’achat aux salariés : les grands bénéficiaires de la réforme restent les bas salaires et plus particulièrement, les salariés des TPE restés aux 39 heures qui ont vu leur revenu mécaniquement augmenter.
Malgré les effets bénéfiques évidents des heures supplémentaires, les syndicats continuent de faire un mauvais procès à cette réforme. Ils lui reprochent son coût : entre 3 et 4 milliards d’euros en année pleine – 1,391 milliard sur le premier semestre 2010 – versés par l’Etat à la Sécurité sociale pour compenser les exonérations de charges salariales mais ils omettent de préciser que ce sont eux qui ont exigé ces compensations qui n’étaient pas dues. De plus, il faut rapporter ce chiffre aux 24 milliards d’allègements de cotisations sociales dont la moitié est consacré à la mise en oeuvre des 35 heures ! Les syndicats considèrent également que les heures supplémentaires se font au détriment de l’embauche : il savent pourtant qu’il n’est ni envisageable, ni souhaitable d’un point de vue pratique que les petites entreprises embauchent des « extras » pour effectuer quelques heures par-ci par-là sans savoir si celles-ci auront besoin de cette main d’oeuvre la semaine suivante. Que diraient alors ces mêmes syndicats enfermés dans des postures populistes ? Que les patrons organisent la précarité !
Il est fort dommageable que les syndicats continuent de prendre les Français pour des idiots et d’agiter des chiffons rouges. La suppression de la loi TEPA ne permettrait pas de faire baisser le chômage, pas plus que les atermoiements sur la réforme des retraites n’améliorent les finances publiques et le pouvoir d’achat des Français.
Le Cerf
Banques : « Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.
Nous y voilà, l’été qui n’en finit pas d’arriver nous apporte une nouvelle étude sur les banques. D’après la Fédération des centres de gestion agréés, 65% des entreprises seraient satisfaites de leur relation avec leur banque. Conclusion : tout irait bien.
S’il est vrai qu’en politique, 65% d’opinions favorables ressemblent à un satisfecit (50% suffisants à se faire élire), il n’en est pourtant rien en matière commerciale et économique. Car si le marché n’est pas faussé, 35% de clients mécontents représentent un taux catastrophique en termes d’image et de résultat, sans parler du plan actionnarial s’il s’agit d’une entreprise cotée en bourse. Heureusement pour les banques, l’oligopole bancaire bénéficie d’une clientèle captive qui lui permet de ne pas modifier ses pratiques pour maintenir son niveau de résultat, lequel, pour le coup, est effectivement excellent. Tant mieux pour les banques, tant pis pour leurs clients. Et tant pis pour l’économie et les emplois.
Car la réalité est bien là : 35% d’entreprises insatisfaites, ce sont 35% des créateurs d’emplois et de richesse du pays dont les besoins ne sont pas satisfaits. Pour le dire autrement, ce serait 35% d’une équipe sportive qui ferait la compétition en étant sous-oxygénée. On comprend alors sans mal le nombre des abandons, les difficultés à se maintenir en tête du classement et l’impossibilité d’avoir le niveau de performance collectif dont notre économie a besoin pour assurer la croissance nécessaire à la relance et aux financements divers et variés de la solidarité, des soins, de l’éducation, de la culture…
Il faut bien comprendre que la politique des banques en matière de frais, lesquels augmentaient les besoins de financement des entreprises au fur et à mesure que celles-ci rencontraient des difficultés, a eu un effet amplificateur de la crise économique. C’est pourquoi le Cerf n’a eu de cesse d’appeler à un changement de comportement de la part des banques, et de proposer autant des mesures incitatives, de régulation, qu’un encadrement légal, notamment grâce à lapétition contre les abus bancaires. De nombreux députés et sénateurs ont manifesté leur inquiétude sur ce plan, sans que cela n’aboutisse à des propositions ou des mesures concrètes. Le Ministre de l’économie a commandé un rapport sur les frais bancaires, dont l’auteur, un banquier, a rendu les conclusions qui ne sont pas à la hauteur du problème ! Aujourd’hui, enfin, timidement, d’autres organisations patronales commencent à reprendre les positions du Cerf sur un dossier qui reste majeur et qui ne permet aucune impasse.
Les choses avancent, mais trop lentement au regard de l’ampleur des difficultés quotidiennes rencontrées par les entreprises, des enjeux économiques et, il ne faut pas se tromper, politiques. 35% d’entreprises insatisfaites, ce sont près d’1 million de patrons et leur conjoint. Sans parler de leurs salariés qui se sentent menacés.
Par jean-loup DUJARDIN
La TVA, levier d’action et de soutien à la relance ?
Le budget 2011 est placé sous le signe de la rigueur et la réduction des déficits. Le Cerf se félicite que la baisse des dépenses publiques soit devenue une priorité du gouvernement, cependant les efforts annoncés ne suffiront pas pour rééquilibrer les comptes. C’est pourquoi le Cerf plaide toujours pour une vaste réforme de la fiscalité qui permet d’optimiser les recettes tout en soutenant l’activité, moteur de la relance et de la croissance.
Sur la question de la TVA, dossier qui retrouve les faveurs de certains esprits, les Créateurs mettent l’exécutif en garde contre une mesure qui se limiterait à une simple augmentation de la TVA. Car si ce levier est puissant pour lever l’impôt, il l’est tout autant pour limiter la consommation. En la matière, la logique arithmétique et comptable n’est pas suffisante, il faut donc y mettre de l’intelligence, c’est-à-dire de la valeur ajoutée. Les Créateurs estiment que toute augmentation de la TVA doit se faire à part égale entre augmentation des ressources fiscales d’une part et transfert des charges du travail vers la consommation. Les Créateurs soutiennent en effet l’idée que seul l’élargissement de l’assiette d’imposition en instaurant une TVA sociale sur tous les produits, ceux fabriqués en France comme à l’étranger, de sorte que la consommation mondialisée des Français participerait au financement de la Sécurité sociale, par exemple, dont les ressources sont mises à mal par les pertes d’emplois en France : le consommateur, véritable arbitre, a clairement montré son refus de payer les charges qui pèsent sur les seuls produits « français », en achetant, chaque fois qu’il le peut, des produits qui n’en supportent pas. Il s’agit aujourd’hui de revenir à une mesure de justice sociale, permettant de garantir les emplois et la solidarité. Le transfert d’une partie des cotisations sociales sur la TVA sociale, permettrait de baisser le coût du travail et donc d’améliorer la compétitivité de nos emplois. L’effet serait globalement neutre sur les prix – la baisse des coûts de production venant compenser la hausse de la TVA.
La réforme fiscale relative à la TVA et défendue par le Cerf comprend également la suppression de la TVA interentreprises qui augmente artificiellement les besoins de financement et le coût des investissements : l’effet direct serait neutre sur les recettes de l’Etat, en revanche, les entreprises verraient baisser la pression sur leur trésorerie et pourraient consacrer ces liquidités pour investir et créer des emplois, alors que les banques rechignent toujours à prêter. Car il faut bien comprendre que la plupart des entreprises sont bien obligées d’emprunter pour avancer la TVA payable sur leurs investissements. Au final, cela se traduirait par des recettes sociales et fiscales supplémentaires, et une baisse du coût de traitement administratif de cet impôt, conforme aux objectifs de la RGPP et de la simplification administrative. Supprimer la TVA interentreprises représente donc un levier majeur de soutien à la relance qui ne coûte rien et optimise l’utilisation et la circulation des liquidités, nerf de la guerre.
Avec la TVA sociale et la TVA interentreprises, le gouvernement dispose de marges de manoeuvres inexploitées qui auraient des effets immédiats sur l’activité et l’emploi.
Par jean-loup DUJARDIN
Eloge de la lenteur
Deux fois moins de distance et en deux fois plus de temps mais tout de même 2000 km en six semaines. Ca y est le tour est parti. Je veux parler de l’Alter Tour, un temps pendant lequel la compétition n’existe pas. Pour les organisateurs elle incite en effet l’homme à repousser sans cesse ses limites et celle de son environnement. Les participants à l’Alter Tour se disent au contraire conscients de la finitude (des adeptes de ségolène Royal ? ) du monde et convaincus que la recherche du rendement optimal du corps humain, de la production agricole, du placement financier, de l’énergie, de la communication… participe à notre propre déclin.
Les français leurs donneraient t’il raison ? Car si le Tour de France conserve une indéniable ferveur populaire, une enquête réalisé par l’IFOP (1) début juillet montre que l’impact des affaires de dopage est loin d’être négligeable. Ainsi alors que 59 % des français déclaraient aimer la grande boucle en 1964 ils ne sont plus que 44 % avec un recul de 8 points les trois dernières années.
Mais ce qui frappe surtout c’est le résultat d’une autre enquête réalisée par l’institut Sportlab en 2007 . A la question « pourquoi regardez vous le tour de France à la télévision » la réponse arrivant en tête (22%) était : « pour les paysages ». Seuls 8 % des téléspectateurs sondés répondaient « pour les champions et leurs exploits ».
Et oui. Ce qui plait dans le Tour ce sont surtout ces belles routes de France que la caravane sillonne. C’est cette nostalgie (le public est de plus en plus âgé) de la France des premiers congés payés celle ou l’on partait « a vélo ». C’est, comme le raconte jean pierre de Mondenard, ancien médecin de l’épreuve et auteur de « 36 histoires du tour de France », le « pique nique sur le bord de la route en attendant de voir la caravane passer ». Le tout sur un fond de premiers départs estivaux et avec l’avènement de l’ère des campings cars qui forment parfois une haie aussi dense que la ligne Maginot.
Pour tous ces gens, finalement peu importe que Cancellara ait un moteur dans son vélo ou pas, qu’Armstrong revienne sur vitaminé pour un come back aux allures de tragédie grecque, et que les coureurs français, une fois de plus, ne monterons pas sur le podium. La vrai star c’est la France ou peut être une certaine image de la France.
Dommage que l’Alter Tour ne soit pas télévisé, il ferait un carton à l’audimat.
Par jean-loup DUJARDIN