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Communiqué de la Présidence de la République – Remise du rapport de M. Jean-Marie BOCKEL, secrétaire d’Etat à la Justice, sur la prévention de la délinquance des mineurs.
Le Président de la République a reçu ce jour M. Jean-Marie BOCKEL, secrétaire d’Etat à la Justice, qui lui a remis son rapport sur la prévention de la délinquance juvénile.
Cette mission lui avait été confiée par le chef de l’Etat le 3 août dernier en vue d’engager une large concertation avec les acteurs de la prévention et de la sécurité, d’expertiser les bonnes pratiques en France comme à l’étranger et de formuler en conséquence des propositions innovantes.
Aux termes de plus de soixante auditions et de la tenue, le 14 octobre dernier, des « assises de la prévention de la délinquance juvénile », M. Jean-Marie BOCKEL a formulé quinze propositions. Il propose de recentrer la politique nationale de prévention de la délinquance juvénile autour de trois axes prioritaires :
1/ Une politique publique de soutien à la parentalité :
Des mesures sont proposées pour renforcer l’autorité parentale, favoriser l’intégration et responsabiliser les familles à l’égard de l’obligation scolaire. Le rôle du maire dans les dispositifs locaux de prévention de la délinquance est par ailleurs réaffirmé en proposant de développer les mesures de rappel à l’ordre et de généraliser les Conseils des droits et des devoirs des familles.
2/ La restauration de la citoyenneté par l’école :
L’école doit demeurer le creuset où se forge non seulement le futur citoyen mais où s’intègre également, dès le plus jeune âge, la notion de règle. Des mesures doivent être prises pour accompagner les dispositifs ambitieux déjà mis en place par le Gouvernement afin de lutter contre l’absentéisme et le décrochage scolaire, qui touche 60.000 élèves par an et recoupe très souvent la délinquance. Il est proposé en particulier la mise en place d’un repérage précoce des difficultés sociales et sanitaires des enfants afin de permettre leur prise en charge le plus en amont possible. Des programmes de lutte contre les violences scolaires (racket harcèlement) doivent également être conduits.
3/ La mise en œuvre d’une stratégie volontariste de reconquête de l’espace public :
Cet enjeu constitue le devoir de l’Etat et de l’ensemble des acteurs concernés qui sont mobilisés par la notion d’intérêt général. Il s’agit de regarder ici la réalité en face, d’affronter les défis qui minent le pacte républicain dans son expression quotidienne, qu’il s’agisse des phénomènes de bandes, des trafics, de la montée en puissance de l’économie souterraine mais aussi d’un prosélytisme fondamentaliste hostile aux principes de laïcité.
Les principales propositions visent à concevoir et à mettre en œuvre une politique spécifiquement ciblée sur les violences commises par les bandes de jeunes filles, dont la part dans la délinquance ne cesse d’augmenter, à redonner une place centrale à la prévention spécialisée et aux éducateurs de rue et à développer des formations adaptées aux spécificités des mineurs dans les écoles de police.
Le rapport propose enfin la création d’un dispositif d’appel à des bénévoles pour mettre en œuvre un parrainage civique de jeunes en situation de rupture.
Présidence de la République.
En matière de prévention, le Parti Socialiste ne fait pas autorité -LGM-4 novembre 2010.
C’est avec tristesse et consternation que La Gauche Moderne a pris connaissance de la réaction du Parti Socialiste, suscitée par le rapport de Jean-Marie Bockel consacré à la Prévention de la Délinquance des jeunes, remis au Président de la République le 3 novembre 2010.
En choisissant de prendre comme angle d’attaque bêtement polémique, le constat pourtant partagé par l’ensemble des élus auditionnés quelles que soient leurs appartenances partisanes du lien évident entre délitement de l’autorité parentale, difficulté des familles monoparentales et glissements progressifs pouvant conduire à la délinquance, le PS s’enferme de manière indigne dans l’autisme et le déni du réel.
La Gauche Moderne constate à cet égard avec étonnement que c’est le Secrétaire national à la famille qui a été prié de prendre la plume pour rédiger ce laborieux communiqué. N’eût-il pas été plus cohérent de confier cette tâche au responsable des questions de sécurité ?
La vérité, c’est que malgré les rodomontades de Martine Aubry appelant le PS à porter un projet alternatif sur les questions de sécurité et de prévention, les éléphants n’ont accouché que d’une piètre souris.
Le sursaut moral et politique annoncé avec tambours et trompettes par Madame le Premier Secrétaire a été repoussé sine die, le PS décidant courageusement d’annuler la convention thématique programmée sur ce thème, faute de cohérence, faute de ligne politique et sans doute de consensus interne.
Voilà la triste réalité d’un parti à la dérive qui s’abrite derrière les clichés les plus médiocres de la bienpensance pour masquer sa faillite morale et politique. Les dirigeants socialistes ont beau sauter comme des cabris en criant « police de proximité, police de proximité », l’histoire retiendra que c’est Lionel Jospin qui, pour amadouer l’aile la plus angélique de la défunte gauche plurielle, a fait échouer cette réforme que portait avec volontarisme Jean-Pierre Chevènement, dénoncée comme sécuritaire par les belles âmes enfermées dans la culture de l’excuse.
L’indigence et la malhonnêteté intellectuelles de ce communiqué témoigne de la vacuité sidérale du Parti Socialiste sur cet enjeu de prévention qui constitue pourtant l’un des piliers essentiels d’une politique de sécurité équilibrée articulant prévention, dissuasion et sanction.
La Gauche Moderne invite Monsieur Jean-Patrick Gille ainsi que son homologue chargé des questions de sécurité, à prendre le temps de lire ce rapport, y compris ses annexes où certains élus socialistes de terrain auditionnés se sont montrés beaucoup moins dogmatiques que les hiérarques de Solferino. Quant à la question du diagnostic précoce des enfants en souffrance, La Gauche Moderne invite le PS à faire montre de plus de rigueur et si possibilité d’honnêteté. Jean-Marie Bockel a clairement écrit qu’il ne souhaitait nullement raviver la polémique suscitée en 2005 par le rapport de l’INSERM, mais qu’il invitait l’ensemble des acteurs à anticiper le risque en étant à l’écoute des signes annonciateurs chez l’enfant d’une détresse pouvant éventuellement aboutir à un comportement de rupture avec la famille et l’école. Tel est le sens du diagnostic précoce ici préconisé.
La majorité de nos compatriotes attendent sur ces questions de la dignité dans le débat public mais aussi des réponses adaptées aux enjeux. Le PS n’en prend pas le chemin. La Gauche Moderne, pour sa part n’attendra pas l’improbable aggiornamento du PS pour continuer d’œuvrer aux côtés du Président de la République et au sein de la majorité à la mise en œuvre d’une politique nationale de la prévention, à la mesure des défis ressentis par nos concitoyens au quotidien.
Le PS juge « aberrant » le rapport Bockel sur la délinquance juvénile – AFP – 4 novembre 2010.
Le Parti socialiste a qualifié jeudi d’ »aberrant » le rapport sur la prévention de la délinquance juvénile du secrétaire d’Etat à la Justice Jean-Marie Bockel, qui reprend notamment l’idée controversée d’un repérage des troubles du comportement dès deux-trois ans.
« Selon cette logique, puisque les enfants en difficulté deviennent des enfants délinquants, il faut chercher à repérer leurs troubles dès la crèche, dès la naissance, voire avant même la naissance », s’indigne le secrétaire national à la Famille Jean-Patrick Gille dans un communiqué.
« Les mères célibataires sont accusées dans le rapport de ne pas s’occuper de leurs enfants », déplore-t-il. « Il est faux de prétendre que c’est l’absence des pères qui rend les enfants délinquants ».
Le PS « demande au gouvernement de ne pas reprendre ce texte aberrant dans un futur projet de loi et d’apporter, à la place, des mesures de soutien aux foyers en difficulté, notamment monoparentaux (…) cela passe par la création d’un véritable service public de la petite enfance et par la possibilité d’une scolarisation dès deux ans ».
Jean-Marie Bockel (ex-PS) a remis mercredi au président Sarkozy un rapport contenant une quinzaine de propositions, dont plus d’un tiers portent sur « la responsabilité parentale ». Il revient également sur l’idée d’un « repérage précoce » des troubles du comportement chez l’enfant.
Délinquance juvénile: Bockel propose un repérage des troubles chez l’enfant dès 2-3 ans – L’Internaute – 3 novembre 2010.
Dans un rapport sur la prévention de la délinquance juvénile remis mercredi à Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Bockel met l’accent sur la responsabilisation des parents et revient sur l’idée controversée d’un repérage des troubles du comportement dès 2-3 ans.
A l’issue d’une mission de trois mois, le secrétaire d’Etat à la Justice fait au total une quinzaine de propositions dans ce rapport qui devait être remis au chef de l’Etat dans l’après-midi.
Il souligne que le nombre de mineurs mis en cause dans des faits de délinquance a plus que doublé en une vingtaine d’années (+118% entre 1990 et 2009).
Le phénomène des bandes s’est « modifié et amplifié », avec notamment le développement des bandes de filles qui semblent « mimer des conduites jusqu’à présent masculines ».
La mise en cause de jeunes filles dans les infractions de violences volontaires a augmenté de 97,5% entre 2004 et 2009, selon des chiffres de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Les seules violences des adolescentes contre les policiers ont augmenté de 75,5% sur la même période.
Face à cette situation, le rapport préconise « une politique de prévention et d’action spécifiquement ciblée sur les bandes de filles ».
M. Bockel a notamment évoqué dans la presse l’exemple allemand, où les jeunes filles mises en cause doivent suivre des « stages anti-violence » de quelques heures, après l’école. Selon lui, « dans les deux tiers des cas, il n’y a pas de récidive ».
Plus d’un tiers de ses propositions portent sur « la responsabilité parentale ». « Dans certains quartiers où explose la délinquance juvénile, plus d’un foyer sur deux est une famille monoparentale », constate le rapport, préconisant pour les foyers recomposés de « confier un statut aux beaux-parents » afin d’aider à restaurer l’autorité.
Il propose aussi de « généraliser le contrat de responsabilité parentale », qui permet aux conseils généraux de suspendre les allocations familiales des parents qui ne respectent pas leurs obligations, et de « faciliter le recours aux poursuites pénales pour les parents défaillants ».
Il estime toutefois que l’Etat, « face à une parentalité en berne, en échec ou en difficulté », doit « généraliser les écoles de parents » et développer le « coaching parental ».
Pour les parents d’origine étrangère qui ne maîtrisent pas bien la langue française, il préconise « une mise à niveau linguistique et républicaine ».
M. Bockel revient sur l’idée d’un « repérage précoce » des troubles du comportement chez l’enfant, qui avait suscité un tollé quand elle avait été proposée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) en 2005, puis reprise par Nicolas Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’Intérieur.
La « vulnérabilité pourrait être repérée chez les petits entre deux et trois ans », estime-t-il, citant un projet d’avis du conseil économique et social favorable à « un dépistage plus précoce des troubles mentaux des enfants et adolescents », datant de février 2010.
D’autres propositions portent sur une accentuation de la lutte contre les violences scolaires. Citant les phénomènes d’intimidation et le phénomène nouveau de « cyber harcèlement » par internet, il souligne que des programmes innovants ont été développés au Canada, aux Etats-Unis et dans certains pays d’Europe du Nord pour aider les élèves à maîtriser leur violence, et déplore le « retard » pris par la France dans ce domaine.
Vers un dépistage des «enfants en souffrance» – Le Figaro – Laurence De Charette – 02 novembre 2010.
Jean-Marie Bockel propose quinze mesures pour prévenir la délinquance
Le secrétaire d’État à la Justice doit remettre ce mercredi à Nicolas Sarkozy un rapport sur la prévention de la délinquance des mineurs. Il met l’accent sur la responsabilité des parents.
Repérer les enfants dès l’âge de 2-3 ans
L’idée que les troubles du comportement manifestés par certains enfants et adolescents pourraient être dépistés dès la maternelle a déjà suscité une très vive polémique à la suite d’une étude de l’Inserm publié en 2005 – travail qui avait inspiré à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, le projet de créer un «cahier de comportement de l’enfant». Dans son rapport, Jean-Marie Bockel ne craint pas pour autant de revenir sur le sujet – même s’il a pesé personnellement chaque mot utilisé pour la rédaction de ce paragraphe sensible. Il propose une prise en charge précoce des difficultés des enfants, dès 2-3 ans. «De grands professionnels de l’enfance, comme les médecins Marcel Rufo ou Philippe Jeammet, ou le magistrat Jean-Pierre Rosenczveig, m’ont convaincu », explique-t-il. Sur ce terrain qu’elle sait miné, la mission fait référence à un projet d’avis du Conseil économique et social du 10 février dernier expliquant que « le retard dans le dépistage des troubles du comportement est d’autant plus préjudiciable qu’il annonce des difficultés supplémentaires dans le traitement». 15 % des enfants seraient «vulnérables», selon des études, c’est-à-dire dans l’incapacité de répondre de manière appropriée à l’agressivité. Le rapport Bockel préconise une formation des enseignants pour leur permettre de repérer les difficultés.
Créer un statut du beau-parent
«Dans certains quartiers où explose la délinquance juvénile, plus d’un foyer sur deux est une famille monoparentale », constate la mission, qui en tire cette conclusion : «Le statut du beau-père reste un sujet complexe qui ne peut plus rester en jachère. » Ce débat, lancé en 2009 par la majorité, a lui aussi déjà suscité la polémique, en réveillant notamment les antagonismes entre les associations de défense de l’homoparentalité – qui veulent un statut pour le «deuxième parent» de même sexe – et les associations familiales défendant une vision plus traditionnelle de la famille. «C’était peut-être trop tôt…, défend Jean-Marie Bockel. Certaines idées progressent pas à pas. L’absence des pères est en tout cas un vrai sujet.» Le rapport milite donc pour que les textes accordent une place officielle à la deuxième personne référente dans l’éducation. En même temps qu’il rappelle les parents à leur responsabilité, Jean-Marie Bockel propose de permettre plus largement la suspension des allocations familiales, estimant que la menace de la sanction jouera un effet dissuasif. «Plusieurs des personnalités auditionnées ont déploré le faible recours à cet instrument alors qu’il apparaît à l’usage comme extrêmement performant», note le rapport au sujet des contrats de responsabilité parentale qui peuvent entraîner une suspension des prestations familiales. La mission a été frappée par les témoignages racontant, le cas d’enfants manifestement délaissés, arrivant en pyjama à l’école.
Des programmes contre la violence à l’école
Près de 10 % des enfants seraient ce mercredi victimes à l’école de discriminations ou de harcèlement – avec des insultes portant sur la taille, le poids, les bonnes notes, mais aussi la couleur de peau ou la religion… 20 à 25 % des élèves seraient même victimes, selon Eric Debarbieux, de «cyberharcèlement» avec Internet. Les professionnels se sont rendu compte que ce harcèlement est bien souvent à l’origine de l’absentéisme scolaire. Selon la mission, la France serait en retard sur ce sujet par rapport à de nombreux autres pays qui ont développé des programmes spécifiques. Le Canada, et les États-Unis ont par exemple généralisé ces programmes avec des résultats spectaculaires sur les discriminations, mais aussi sur les dégradations commises au sein des locaux scolaires.
Rapport sur la délinquance rendu le 03 novembre – AFP – 25 octobre 2010.
Le secrétaire d’Etat à la Justice Jean-Marie Bockel remettra le 3 novembre à Nicolas Sarkozy son rapport de mission sur la prévention de la délinquance juvénile, qui prône une action « transversale, menée le plus en amont possible », a-t-il déclaré à l’AFP. « Les réponses apportées jusqu’à présent ne sont pas à la hauteur du problème », affirme M. Bockel, rappelant que « la délinquance des jeunes a plus que doublé » en vingt ans, avec des actes « de plus en plus violents », des délinquants « de plus en plus jeunes », une implication croissante des filles…
« Les voyants sont au rouge », les réponses « ne sont pas à la hauteur du problème », estime-t-il, en préconisant une approche globale (« sociétale ») sur trois terrains prioritaires d’intervention: « parentalité », « citoyenneté » et « espace public ». Il suggère qu’ »un tableau clair de qui fait quoi » soit dressé dans chaque juridiction, ou chaque département, afin de cerner les besoins mais aussi pour « éviter les doublons » et utiliser au mieux les moyens. Parce que « parfois, ça part dans tous les sens », dit-il.
S’inspirant de « bonnes pratiques » mises en oeuvre par certaines municipalités, le rapport Bockel devrait notamment préconiser une prise en charge des adolescents exclus de leur collège ou lycée. Prenant en compte également « l’immigration, qui est une réalité », il devrait appuyer « une mise à niveau linguistique de certains parents ».
Au total, il fera une quinzaine de propositions, avec « méthodes d’action » et « pistes concrètes », assure son auteur.
Investi début août par le président de la République de cette mission sur la prévention de la délinquance des jeunes, Jean-Marie Bockel, ancien maire PS de Mulhouse et ministre d’ouverture, affirme, à la veille d’un remaniement annoncé, que sa mission est « déconnectée de (son) avenir personnel ». La prévention de la délinquance des jeunes étant « l’affaire de tous », le dossier est « interministériel », souligne-t-il. Il juge aussi « de bon ton de dire que beaucoup de rapports finissent dans des tiroirs ». Mais en même temps, poursuit-il, « tout ce qu’on a fait de bien à un moment donné a d’abord été imaginé lors d’un travail d’évaluation et de proposition ».
Au total, il fera une quinzaine de propositions, avec « méthodes d’action » et « pistes concrètes », assure son auteur.
8 propositions de LGM en matière de prévention de la délinquance – Proposition n°5 : Réformer notre société de l’image.
Il faut ouvrir les yeux face aux travers de notre société de l’image, car la délinquance des jeunes découle pour grande partie de troubles identitaires, troubles exacerbés par l’intoxication visuelle. Le mal-être, mais aussi le passage à l’acte de la délinquance, peuvent être favorisés par des images violentes, à caractère pornographique ou, plus généralement, propageant des messages délétères.
Toute action visant à épauler les jeunes, à permettre à ceux qui sont fragilisés de se prendre en main ou à aider les plus impétueux à canaliser leur énergies, seront inutiles tant que nous n’aurons pas pris en compte l’environnement symbolique dans lequel ces jeunes évoluent.
$L’imaginaire véhiculé par certains dessins animés, certains films, une certaine publicité, a des effets ravageurs sur le comportement des jeunes, des adolescents ou des adolescents.
Il faut convoquer des états-généraux de l’image !
Constat
Parmi d’autres exemples, certains dessins animés, malgré leur côté enfantin, exposent à leur insu de jeunes spectateurs à une violence inouïe. Effet instantané, les jeunes enfants reproduisent cette violence dans la cour de récréation où, là, on ne se redresse pas des coups après la séance télé. On peut appeler cela de la « violence passive », de l’incitation diffuse à la violence. Il en est de même des jeux vidéo. Par exemple celui dont la publicité recommande de ne pas se contrôler ni se brider, sous la forme du slogan : « Libère ta fureur animale ! »… Comment ne pas devenir violent sous l’injonction de tels mots d’ordre ?
Allant dans le même sens, s’ils sont connus, certains chiffres continuent à donner le vertige. Selon une enquête du CSA, 62% des 14-18 ans -dont 80% des garçons et 45% des filles- ont vu au moins un film porno sur Internet ou à la télévision au cours de l’année passée. Un tiers de garçons de 15 ans ont même vu au moins dix films pornos dans l’année! Une étude internationale réalisée l’an dernier montre que les mots «sex» ou «porn» arrivent en quatrième et cinquième place des recherches chez les ados, y compris pour la tranche 8-12 ans. Cette réalité chiffrée est d’autant plus grave que l’on assiste à une évolution de la pornographie vers un sadomasochisme toujours plus explicite, où les actes sexuels passent parfois au second plan pour laisser la place à des scènes de violence, de soumission et d’humiliation.
Face à ce phénomène, démultiplié par la facilité d’accès, la rapidité et la violence des images sur Internet – 266 sites pornographiques sont créés chaque jour sur le Net à travers le monde-, de nombreux parents sont désemparés.
Justine Atlan, directrice de l’Association e-enfance, qui agit pour la protection de l’enfance sur Internet, estime pour sa part qu’ «il ne faut pas banaliser ce phénomène ! Rappelons, dit-elle, que la pornographie est interdite aux mineurs. On peut filtrer efficacement avec le contrôle parental. Même si les ados vont ailleurs, cela a le mérite de poser un interdit ».
De même, pour proposer une alternative, quatre familles ont lancé cet été un site Web (educationsexuelle.com) afin d’une part, d’expliquer aux ados que ce qu’ils voyaient sur le Web n’était pas la réalité des relations amoureuses, et d’autre part, destiné aux parents, donnant des clés pour dialoguer. Des initiatives que ces parents ont financées eux-mêmes, en attendant des relais. De son côté, l’Apel (Association des parents d’élèves de l’enseignement libre) organise prochainement à Paris un colloque sur le thème : « Apprendre à aimer : comment parler d’amour à nos enfants? » Si des conférences sont organisées régulièrement sur le sujet dans de nombreux établissements privés, il s’agit du premier colloque national. De quoi susciter des débats au sein des familles.
Analyse
Quoiqu’il en soit, on sait maintenant que visionner régulièrement des films violents entre 14 et 21 ans augmente les conduites agressives de l’adulte, indépendamment du QI, de la classe sociale, des pratiques éducatives parentales ou du niveau de tendances agressives. Plusieurs synthèses de la littérature impliquant plus de 100 000 participants cumulés confirment ces résultats. Non seulement on n’observe pas le fameux phénomène de catharsis, mais la violence visionnée augmente la violence réelle. En d’autres termes, les films violents ne permettent pas de se libérer de l’agression, bien au contraire.
De même, il faut envoyer se promener le tabou concernant l’influence de la pornographie sur le comportement des agresseurs sexuels. Là aussi, on a longtemps mis en avant les vertus soi-disant cathartiques des images pornographiques. La consommation des produits de l’industrie du X aurait la faculté de canaliser les pulsions des hommes qui risqueraient de passer à l’acte s’ils n’avaient pas la possibilité de visualiser leurs fantasmes. Dorénavant, l’influence de la pornographie sur la criminalité sexuelle n’est plus à démontrer. La massification de l’agression sexuelle peut légitimement être liée au sadisme exalté et vendu par l’industrie de la pornographie. Ainsi, de nombreux psychiatres constatent que l’immense majorité des agresseurs qu’ils doivent expertiser ou traiter sont de véritables «porno-toxicomanes ». Il ne faut pas oublier que plus de 20 % des viols et agressions sexuelles sont commis par des mineurs.
De manière générale, le viol et la soumission sont devenus les thèmes dominants de la production pornographique actuelle. Le danger de la nouvelle pornographie vient donc essentiellement du fait que cette assimilation du plaisir de l’homme à la souffrance de la femme est proposée sans aucune précaution à des publics trop jeunes pour pouvoir faire une différence nette entre fiction et réalité. Le processus de réification des femmes, leur transformation en objet, doit de toute évidence être combattu et condamné.
Propositions : « Durs avec la délinquance, durs avec les causes de la délinquance ! »
Un environnement symbolique délétère est facteur de délinquance. Il faut donc impérativement réformer notre société de l’image ; prévenir la diffusion et la valorisation de la violence auprès des enfants, couper l’accès à la pornographie pour les mineurs ; contrôler l’imagerie publicitaire qui emprunte ses codes à la pornographie ; délivrer une éducation à l’image au sein de l’école, développer des supports construits comme des spots préventifs.
Certaines de ces propositions, peu coûteuses, pourraient être appliquées par le CSA :
- L’aménagement de créneaux horaires sur les chaînes télévisuelles, permettant d’éviter que l’enfant soit soumis à des images violentes ;
- La réintroduction de l’instruction civique, porteuse de critères de valeurs, mais sous forme ludique ; c’est-à-dire prenant l’apparence de spots publicitaires, diffusés dans les créneaux horaires définis précédemment ;
- Concernant Internet, des spots d’information sur les mêmes créneaux horaires inciteraient les parents à activer un filtre parental sur leurs ordinateurs ; mais ces spots auraient essentiellement pour objectif d’expliquer le plus simplement possible comment mettre ce filtre en place.
Le CSA a des compétences sur les programmes de télévision ou de radiophonie diffusés par Internet, mais pas sur les sites internet eux-mêmes. Il n’existe pas, à l’heure actuelle, d’instance qui régule efficacement l’activité de ce réseau mondial. Mais il est possible de signaler sur différents sites, notamment ceux des fournisseurs d’accès les sites jugés dangereux. Dans l’immédiat, c’est l’information des parents qui est nécessaire et la voie télévisuelle paraît la plus adaptée.
Par ailleurs, la publicité pouvant être assimilée à un moyen d’information, le principe de la liberté d’expression et de création la concerne directement. L’activité publicitaire est soumise à un ensemble de réglementations qu’il faut adapter et peut-être durcir après une large concertation, en fonction d’une prise de conscience du danger que recèlent parfois, souvent, les images qu’elle exhibe et les récits qu’elle diffuse.
Voilà pourquoi, il faut convoquer des états-généraux de l’image !
La prévention spécialisée, un secteur en crise ? Nord-Eclair -01 octobre 2010.
Hier, lors de la visite de Jean-Marie Bockel, secrétaire d’État à la Justice, le député-maire de Hem, Francis Vercamer, a pointé des dysfonctionnements dans le secteur de la prévention.
Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Justice, doit rendre un rapport sur la prévention de la délinquance des jeunes. Hier, il est venu en parler aux futurs « éducs » de l’ENPJJ. Il a d’abord échangé avec les élus du secteur. « Les clubs de prévention n’en ont plus que le nom.
Il n’y a plus personne sur le terrain après 17h », a notamment expliqué le député-maire de Hem, Francis Vercamer. Un constat qui n’est pas une surprise pour le secrétaire d’État, qui entend ce discours de la part de bon nombre d’élus. « Le secteur de la prévention spécialisée est en crise, c’est un problème de moyens, mais pas seulement », lui a-t-il répondu.
Les futurs éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse interviendront eux à la demande des juges. Plus tard, quand il ne sera plus question que de seule prévention. Le secrétaire d’État leur a tenu un long discours sur la grandeur de leur métier. « Vous n’êtes pas ici par hasard », leur a-t-il déclaré, avant de les encourager à être « inventifs et innovants dans les solutions et partenariats. N’attendons pas tout de la loi.
Elle s’adapte chaque fois que c’est nécessaire. » Un appel à l’audace dans un métier d’une grande difficulté il faut le reconnaître puisqu’on demande aux éducateurs de réussir là où la société toute entière a échoué.
« L’attention aux enfants est la première prévention », a souligné l’actuel directeur de l’ENPJJ, Pierre Valentin.
Des échos qui nourriront sans doute le rapport que doit rendre Jean-Marie Bockel.
DELPHINE TONNERRE.
La réalité en face.
Existe-t-il une délinquance ethnique ? Si oui, a-t-on intérêt à l’étudier et pour quels objectifs ? Les sociologues français s’opposent de plus en plus autour de ces questions. Dans un livre paru aux éditions du Seuil, Le déni des cultures, Hugues Lagrange explore ce lien entre immigration et délinquance, soulignant une surreprésentation des jeunes issus de l’Afrique sahélienne dans les activités délictuelles.
On peut s’étonner que le simple fait de s’interroger sur la visibilité ethnique de la délinquance fasse l’objet d’une controverse. Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, réfute, dans Le Monde du 14 septembre, la thèse d’une délinquance aux origines culturelles, insistant sur le caractère multifactoriel de cette dernière.
Au-delà du débat scientifique, et des contradictions naturelles qui en naîtront, le fait d’analyser le lien entre délinquance et ethnicité paraît urgent car il est absolument nécessaire d’éviter de laisser ce champ libre aux seules expressions d’extrême-droite. Par définition, un non-dit est pus violent lorsqu’il est claquemuré que lorsqu’il est en débat.
Le populisme touche plus facilement les pauvres gens que ceux qui s’arment des outils de la connaissance, de la civilisation. Les maires des communes difficiles sont démunis face à la question ethnique, alors qu’elle est essentielle à la cohésion de tout corps social et qu’un brin d’intelligence dans l’aménagement des territoires ne serait pas de trop face à cette difficulté. Si dire la réalité s’apparente à pactiser avec le diable lepéniste, alors oui, on peut redouter que la bombe sociale explose à la figure de ceux qui n’auront pas mené les bons diagnostics. Qu’on se le dise et qu’on se le rappelle régulièrement : la question ethnique est au cœur de la ghettoïsation gauloise, ce reflux communautaire qui est la conséquence de l’échec de l’intégration sociale des jeunes issus de l’immigration.
Tous les voyants sont au rouge : une discrimination galopante, des Marseillaises sifflées lors de matchs internationaux supposément montés au nom de la réconciliation historique (avec de jeunes Beurs évoluant dans l’équipe nationale !), une guerre des civilisations si caricaturalement bushienne qu’elle engendre une riposte caricaturale, une droitisation sarkozyenne qui fait son footing sur la question Rom, plus réunificatrice dans le rejet populiste, avant, sans doute, de s’attaquer à la question maghrébine dans la dernière côte de l’élection présidentielle pour distancer la redoutable Marine Le Pen, etc.
Bref, nous avons besoin des Roché, Bronner, Mucchielli et autres Lagrange pour charpenter un point de vue audible dans le grand déballage populiste qui s’annonce. Leurs travaux relèvent de la salubrité publique intellectuelle.
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Les milliards de l’UE pour les Roms sous-employés –Claire Gallen – Le Figaro – 17 septembre 2010.
Sur la période 2007-2013, 17,5 milliards d’euros ont été affectés à des mesures en faveur des Roms et des autres populations défavorisées. Avec des résultats plus que mitigés.
Au-delà des tensions diplomatiques, la polémique entre Bruxelles et Paris aura mis en lumière les difficultés récurrentes de l’intégration des Roms en Europe. Un problème qui mobilise des sommes et une énergie considérables, pour un résultat jugé décevant.
Les Roms sont aujourd’hui la première minorité ethnique en Europe, avec une population estimée entre 10 et 12 millions de personnes. Leur intégration est l’un des grands chantiers de la Commission qui, depuis 2008, organise tous les deux ans des «sommets sur les Roms». Et s’inquiète régulièrement de la discrimination dont ils sont l’objet.
Les efforts de l’Espagne
Les anciens pays de l’Est sont abonnés aux critiques. En 2009, Bruxelles s’était déclarée «très inquiète» de violences ciblant les minorités roms en Hongrie, entre autres pays. La Roumanie, qui accueille la plus forte population en Europe avec 1,8 million de personnes, est régulièrement accusée par les associations de vouloir se débarrasser de ses Roms. En 2007, la Cour européenne des droits de l’homme avait condamné la République tchèque pour discrimination envers les Roms, dont elle envoyait les enfants dans des écoles destinées aux handicapés mentaux.
«Derrière les petits jeux polémiques, il y a le sort de 11 millions de personnes dont on ne s’est pas occupé depuis la chute du mur de Berlin», tonnait en début de semaine le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Pierre Lellouche. «La France se retrouve en accusation parce qu’elle est la première à en parler.»
Pour favoriser leur intégration, ce n’est – en théorie – pas l’argent qui manque. Sur la période 2007-2013, quelque 17,5 milliards d’euros ont été affectés dans 12 États membres à des mesures en faveur des Roms et des autres populations défavorisées. Avec des résultats plus que mitigés au regard de l’ampleur de l’effort demandé aux fonds communautaires (Fonds social européen, Fonds agricole pour le développement rural, Fonds de développement régional). «L’argent est là, le problème est qu’il est très peu utilisé», note une source diplomatique.
Selon une récente analyse interne de la Commission, l’Espagne est le pays qui a prévu de débloquer les sommes les plus importantes pour les Roms, alors qu’ils ne représentent que 1,6 % de sa population. La Roumanie n’aurait pour sa part budgété que 38 millions d’euros pour des programmes visant spécifiquement cette minorité, alors que les montants prévus au titre du Fonds social européen atteignent 2,2 milliards d’euros. En Pologne, les sommes prévues uniquement pour les Roms sont de 22 millions, alors que les fonds européens dépassent 1,7 milliard.
Pour tenter d’y voir plus clair, la Commission a créé le 7 septembre une «task force» chargée d’évaluer l’utilisation des fonds et d’identifier les moyens d’améliorer leur efficacité. L’idée est notamment de vérifier «que les fonds sont vraiment dépensés dans des programmes pour les Roms», note-t-on à la Commission. Les premiers résultats doivent être présentés avant la fin de l’année.
Négociations bilatérales
En attendant, ce manque de visibilité fait grincer des dents. «Des transferts de fonds massifs ont été mis en place entre l’Ouest et l’Est. Si maintenant on dit que c’est l’Ouest qui doit encore payer, alors l’Europe est en danger», tonne Pierre Lellouche. Pour le ministre français, «ces pays feraient mieux de s’occuper de ces gens plutôt que de les laisser s’installer dans des conditions épouvantables dans d’autres pays».
Mais, à moins de violer les textes européens, aucun pays ne peut refuser d’intégrer les Roms sur son sol. S’il veut convaincre un autre État de garder ses ressortissants, il doit passer par des négociations bilatérales. C’est ce que fait la France avec la Roumanie, qui ont convenu la semaine dernière d’un plan d’action commun. Concrètement, outre les moyens alloués par l’Union européenne, Bucarest va établir un nouveau plan d’inclusion sociale pour les Roms, avec le soutien technique de Paris.