Archive pour septembre 2010
Quand c’est la France qu’on stigmatise.
J’ai grandi et même muri bercé par la musique tzigane. Dans ma vie de débauché, j’ai écumé les cabarets russes jusqu’au petit jour bien avant la fin du communisme, un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. A chacun ses grands soirs, les miens étaient très exaltés et imprégnés de vodka russe servie dans des petits verres glacés. J’ai toujours ressenti une forte connivence à l’égard de cette culture qui a propagé ses chants dans toute l’Europe de l’est et qui constitue un trait d’union entre les peuples slaves Je m’en sens très proche, par tempérament, par affinité.
Les chants du Yddishland n’en ont jamais été fortement éloignés. Je sais le lourd tribut payé par les tziganes dans les camps d’extermination. Serait-ce une raison pour laisser accroire que la politique de reconduite actuelle des populations roumaines nomades souvent désignées par l’épithète de « roms puisse présenter une quelconque analogie avec les abominations de Vichy. Les français de confession israélite préalablement déchus de la fonction publique et même de la citoyenneté se voyaient-ils remettre 200 euros par personne et 100 euros par enfant à Drancy avant d’être conduits dans les camps de la mort ?
Qui peut accepter sans sourciller que l’on débite pareille infamie comparatrice?
Les dirigeants de l’opposition et Dominique de Villepin lui-même se déshonorent en osant procéder à cette analogie pestilentielle qui est une offense pour la mémoire des déportés et de leurs descendants.
Cette reductio ad hitlerum que nous subissons depuis des décennies est inqualifiable et insupportable, elle tient du chantage idéologique permanent et latent et justifie des excommunications qui ont un relent de totalitarisme. Beaucoup en ont fait les frais, et beaucoup sont visés de Finkielkraut à Claude Allègre, de Renaud Camus à Michèle Tribalat, de Robert Redeker à Eric Zemmour il ne fait pas bon de s’écarter de la ligne du bien,. Chaque fois que quelqu’un a signifié la moindre critique l’égard du catéchisme de cette regrettable gauche morale, il a subi la fièvre imprécatrice ce clergé d’inquisiteurs toujours prêts à leur signifier un prompt bannissement.
Adieu Régis Debray, et chassons le Chevènement qui est dans nos têtes s’exclamait l’immense Bernard-Henri Lévy quand les républicains des deux rives osaient mettre en doute la légitimité de la guerre du Kossovo.
Qui peut oublier les philippiques de Philippe Sollers contre les nostalgiques de la France moisie permettant de jeter la même opprobre grossière sur des auteurs aussi divergents que Péguy, Barrès ou Maurras. C’est toute l’élite de la gauche établie tapie derrière ces hussards gris de la repentance qui reniait le patriotisme républicain de Jaurès et des grands hommes de la gauche républicaine du 19ème siècle. .Ils oubliaient dans le même temps face à la montée de la délinquance et des violences urbaines le sens profondément républicain de la formule d’Auguste Compte, père du positivisme : Ordre et progrès. Ils bradaient leur héritage au nom de quelques sornettes soixante-huitardes frappées d’obsolescence.
Quand Sarkozy invoquait Jaurès, il avait raison, il renvoyait les amnésiques à la crudité de leur refoulement. Cette descente aux enfers de l’ignorance et de la manipulation des esprits est hélas loin d’être terminée. C’est le terreau fertile d’un antisarkozysme pavlovien qui balaye très large de Besancenot à Villepin. L’esprit Canal fait flores. Il n’a pour seul carburant que une haine déversée par tombereaux en direction de la personne de Nicolas Sarkozy. Cette meute des hommes du ressentiment n’a aucune gêne à mettre à mal la fonction présidentielle qui est une pièce maîtresse de notre édifice symbolique en Vème République. Mais les apprentis sorciers n’en ont cure, ils considèrent la république soit comme une pièce de musée, soit comme une construction juridique. Ils n’en ont jamais perçue la dimension transcendantale qui a permis au peuple français en dépit des épreuves de rester debout et uni par une communauté de destin. Ils ont perdu le sens de l’histoire, ce point d’articulation subtil entre la nation française et la Répuiblique qui lui est postérieure. Car la nation française celle du sacre de Reims perdure dans la République de Valmy et du au Mont-Valérien.
Mais un saut supplémentaire dans l’ignominie a été franchi après les insinuations scabreuses de Madame Reding, commissaire européen à la justice, comparant le traitement des Roms en France à celui des juifs durant la seconde guerre mondiale.
Qu’il y ait eu une maladresse dans la rédaction d’une circulaire est une chose, mais cette débauche d’idéologie compassionnelle ne peut dissimuler la démagogie qui l’inspire. Les Roms bénéficieraient donc d’un droit collectif à émigrer de leur pays d’origine –entré dans l’Union européenne- pour échapper à une condition trop indigne, mais les pays d’accueil se verraient interdits d’appréhender ce phénomène migratoire de manière collective, sous peine de se rendre coupable de stigmatisation, de discrimination à l’encontre de cette minorité. Une telle asymétrie est insupportable.
La commission européenne serait bien inspirée de modérer ses propos contre la France, car cet épisode révèle la complexité d’une situation imputable à une entrée précipitée et mal négociée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’union européenne en 2007. La France au nom de la libre-circulation intra-européenne devrait-elle se résoudre à accepter la renaissance de bidonvilles aux portes de ses villes et à prendre en charge une population miséreuse instrumentalisée par les organisations maffieuses qui les programment pour la délinquance.
La circulaire du Ministère de l’intérieur tant décriée était peut être maladroite dans sa rédaction, mais elle a sa logique. Ce n’est pas sombrer dans les « heures les plus noires de notre histoire » que d’organiser le démantèlement des campements sauvages et d’effectuer des reconduites à la frontière à l’égard d’une population difficilement intégrable et susceptible de porter atteinte à l’ordre public. La bienveillance sans limite et sans frontière est l’apanage des belles âmes qui ne seront jamais confrontées à la dure réalité du terrain. Ce n’est pas suffisant pour couvrir la France de tous les péchés ni la traîner devant le TPI.
Je ferai remarquer qu’il paraît essentiel de mettre les autorités roumaines devant leurs responsabilités pour trouver une solution afin d’endiguer un flux de migration générateur de grandes difficultés pour l’ensemble des pays d’accueil au sein de l’Union européenne. Enfin pour conclure, il est consternant de voir les dirigeants de l’opposition serrer les rangs derrière Madame Reding pour stigmatiser à travers la personne de Nicolas Sarkozy leur propre pays. On est droit d’analyser ce zèle européen comme un manque de loyauté à l’égard de la France. Les électeurs en jugeront le temps venu par eux-mêmes.
Je sais disant cela que certains au sein de la Gauche Moderne ont ressenti un trouble tout au long de cette polémique estivale délétère. Je veux seulement leur dire de serrer les rangs et de ne pas se laisser intimider par les outrances et la stratégie de culpabilisation ourdie à tout propos par une opposition qui invoque la morale en permanence pour mieux s’en débarrasser. Ainsi la gauche des années 80 a joué avec l’antiracisme et le droit à la différence sans se rendre compte qu’elle faisait le lit du communautarisme. Ainsi se refusait-elle à adopter un principe clair sur le port du voile à l’école, au risque de faciliter la propagation d’un islamisme spirituellement appauvri, hostile aux lois de la République et animé par un désir de prosélytisme conscient et assumé. Ainsi, pouvait-on voire le Parti Socialiste organiser d’une main les grandes messes de l’antifascisme et de l’autre introduire une dose de proportionnelle qui permit au Front National de siéger à l’Assemblée.
Etait-ce là la manifestation d’une exigence morale inflexible et irréfutable ? Il est bien temps de refonder une gauche honnête, sérieuse émancipée de cette hypocrisie qui masque la vacuité politique et intellectuelle de l’opposition. La France ne peut être mise sous tutelle par les professionnels des bons sentiments qui n’ont de cesse de pratiquer le déni du réel. Elle doit pouvoir écrire librement son histoire, celle du 21ème siècle.
Gérard Delahaye
Qui a peur de Martine Aubry?…
….Certainement pas le Président. Martine Aubry représenterait l’adversaire idéale de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle, où on voit mal comment elle pourrait l’emporter.
Martine Aubry manque de crédibilité. Deux éléments, dont elle ne parviendra pas à se défaire, la plombent : les 35 heures qu’elle a imposées, et continué à défendre, même après qu’une majorité des Français ait été convaincu de leur nocivité. Elle restera la « dame des 35 heures » ! Et puis la manière indigne dont elle a pris le pouvoir au PS, avec les tricheries et les fraudes, dans sa propre fédération, celle du Nord, sans lesquelles Ségolène Royal aurait été élue première secrétaire. On en parle moins, mais ce n’est pas oublié et, dans une campagne, elle ne manquerait pas de voir ressurgir cette faute contre l’éthique, particulièrement inadmissible et impardonnable pour la fille d’un Jacques Delors, unanimement respecté.
Elle manque aussi de crédibilité car son discours est tout sauf clair. Sur les retraites, elle a changé plusieurs fois de langage, et de position. Le socialiste Malek Boutih vient de déclarer : « Martine Aubry a un problème avec la vérité politique…Il n’y a qu’à voir la manière dont elle a slalomé sur le dossier des retraites ». Le Figaro rappelle qu’il avait déjà déclaré au mois de juin dernier : « Jacques Delors a souhaité ne pas prendre le pouvoir pour ne pas mentir. Sa fille, elle, ment en permanence pour avoir le pouvoir. » Toujours cette comparaison avec son père, honnête homme s’il en fût, comparaison qui l’écrase et l’accuse !
Manque de crédibilité encore pour une première secrétaire incapable de trancher, de choisir, ou de faire choisir son parti sur les sujets de fond. Le PS d’Aubry n’a aucun projet, ni l’ombre d’un programme, et lorsqu’il prétend, par la voix de sa première secrétaire, revenir, au cas où il reprendrait le pouvoir, sur l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans, près de 65% des Français n’y croient pas ! Seule avancée de Martine Aubry cette fameuse et fumeuse société du « care » qu’elle nous annonce et qui laisse abasourdis ses camarades, sceptiques ou franchement rigolards les Français, ceux du moins qui comprennent ce qu’elle a voulu dire !
Manque de crédibilité encore du fait des oppositions qu’elle provoque dans son parti, de la part des « réalistes » ou des sociaux démocrates sincères, à commencer par François Hollande, qui la voient jour après jour se rapprocher de l’extrême gauche radicale, et se cantonner, par manque d’idées, dans un « anti sarkozysme » systématique et parfois injurieux. Et elle a le talent de faire revivre une opposition qui avait quasiment disparue, quand, par manque de courage, elle a refusé de débattre des retraites à la télévision, laissant Ségolène Royal y aller à sa place, faire un show remarquable et s’affirmer de nouveau comme sa grande rivale !
Enfin, Martine Aubry manque totalement du charisme nécessaire pour une campagne aussi personnalisée que la campagne présidentielle. Susciter l’enthousiasme est nécessaire si l’on veut pouvoir mobiliser ses partisans et empiéter sur le terrain de l’adversaire. Malgré ses faiblesses, malgré ses foucades, malgré sa solitude, Ségolène Royal est parvenue à réaliser un score honorable en 2007, car elle a su susciter l’enthousiasme ! Qui pourrait s’enthousiasmer pour Martine Aubry ?
Marc d’Héré
Valérie Pécresse : « On a déjà réussi à décloisonner l’université » – Claire Lefebvre – VDN- 27 septembre 2010.
Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, nous accorde une interview à l’occasion de sa venue ce matin au lycée Gaston- Berger de Lille.
Les BTS jouent un rôle-clé dans la démocratisation de l’enseignement supérieur. Pourquoi mettre en chantier un dispositif performant ?
« Ils ont effectivement montré leur efficacité en matière d’insertion professionnelle, mais il y a encore des marges de progression. On a un taux d’échec de 50 % pour les bacheliers professionnels, de 30 % pour les bacheliers technologiques. Il faut que les BTS assument pleinement leur vocation d’accueil et de réussite pour tous les bacheliers. C’est plus une rénovation qu’une réforme, puisqu’on garde la professionnalisation des études, les cours en petits groupes, etc. Et ce que nous voulons, c’est améliorer le taux de réussite, faciliter davantage l’alternance pour une meilleure insertion professionnelle, décloisonner les formations pour faciliter les passerelles entre BTS, IUT et université, et aménager la poursuite d’études à l’université et dans les grandes écoles. » -
Les élèves de terminale ont choisi cette année majoritairement l’université, devant les prépas, les BTS, les IUT…
« Sur le logiciel de préinscription postbac, 13 % de plus que l’an dernier ont mis la fac en premier voeu : c’est radicalement nouveau ! Ils font confiance à l’université, c’est leur choix de coeur et non pas leur choix par défaut. En tête arrivent la santé, le droit, l’éco-gestion : des choix réfléchis, qui se posent en véritables alternatives aux prépas aux grandes écoles. L’insertion professionnelle est devenue la première préoccupation, ce qui est un symptôme de crise économique… »
- L’État va apporter 110 millions d’euros au campus Grand Lille. Quand les chercheurs et les étudiants en percevront-ils les conséquences concrètes ?
« En trois ans, les universités lilloises ont eu + 28 % de moyens supplémentaires, ce qui montre que Lille a été le grand oublié des vingt dernières années. Avec le plan campus. des labos vont sortir de terre. Depuis ma visite à Lille en juin, les choses ont avancé. Fin août, on a signé une convention partenariale avec les collectivités territoriales, qui se sont engagées à ajouter 60 millions d’euros. Le schéma d’aménagement en cours de finalisation prévoit la création du premier institut français exclusivement consacré au diabète, ainsi que de nouveaux lieux de travail pour les étudiants en santé et médecine. On aura un pôle chimie-matériaux avec l’institut Jeanne-Chevreul, un pôle gestion-distribution à Roubaix-Tourcoing. Le plan campus est global : il prend aussi en compte les antennes. Il y aura également un volet vie étudiante, avec des learning centers (des médiathèques ouvertes sur le monde, NDLR), un complexe sportif, trois résidences universitaires neuves et deux réhabilitations d’ici à 2015 : un vrai projet Lille ville campus qui va renforcer l’attractivité de la métropole. »
- Le grand emprunt changera la donne pour les universités régionales ?
« Il y a une vraie volonté d’appuyer le développement du Nord – Pas-de-Calais sur le développement de la technologie et de la recherche, comme me l’ont confirmé les collectivités locales et les milieux économiques lillois que j’ai croisés à l’exposition universelle de Shanghai au printemps ! On a plus d’une dizaine de projets, dont la transformation du pôle lillois en une université d’excellence. Qu’ils aboutissent ou non, ils lancent un mouvement qui permet aux universités de se poser la question de leurs spécialités en fonction de leurs spécificités locales – transports, technologies de l’information, santé… – et d’accélérer les coopérations. Le PRES (pôle de recherche et d’enseignement supérieur) « Université Lille-Nord de France » en sortira de toute façon renforcé. On a réussi à décloisonner les rapports entre universités, collectivités locales et milieux économiques. »
- Après Amsterdam et Le Havre, Lille pourrait adopter la cité universitaire en conteneurs : solution durable pour le logement étudiant ?
« Aussi durable qu’un logement en dur et beaucoup plus facile à entretenir – il suffit de changer un conteneur – qu’une résidence CROUS qui a vingt ans. L’intérêt aussi, outre le fait que ça coûte moins cher, c’est que ça va vite en un an, c’est fait ! Ça peut aussi être du modulable en bois, fait avec les cabines de bateau. »
- Les élèves de prépa littéraire vont pouvoir passer aussi les concours des IEP et des écoles de commerce. Les khâgnes de Lille ou Douai vont-elles gagner en attractivité ?
« C’était 4 %, le taux de débouché de la khâgne ! Rien à voir avec les prépas d’ingénieurs ou de commerce. Je veux revaloriser la filière littéraire. C’est normal qu’on puisse rentrer à HEC en ayant fait khâgne et je souhaite qu’on aille aussi vers les instituts de traduction, les écoles de journalisme, les écoles d’art et même les masters universitaires… »
- On a beaucoup parlé de « La Princesse de Clèves » (1) l’an dernier. Qu’y a-t-il dans votre bibliothèque ?
« Il y a La Princesse de Clèves ! Je suis une boulimique de lecture et j’ai un faible pour les femmes écrivains. J’aime énormément Marguerite Duras. » •
(1) Roman du XVIIe siècle devenu le symbole de la discorde entre Nicolas Sarkozy et les universitaires
Bernard Gérard (UMP) : « La majorité prend l’eau et le groupe MPC explose » -VDN -25 septembre 2010.
Le député UMP Bernard Gérard, qui effectuait sa rentrée hier à Tourcoing, s’est montré particulièrement incisif …
comme président du groupe d’opposition à la communauté urbaine. « La majorité prend l’eau », a-t-il résumé, en citant l’opposition du maire socialiste d’Halluin au projet Coeur de Deûle (rénovation du canal jusqu’à l’avenue du Peuple-Belge à Lille). Le maire de Marcq-en-Baroeul y a ajouté le désaccord de certains collèges MPC (Métropole Passions Communes, le groupe d’Henri Ségard).
Il y a mêlé quelques confidences de ces mêmes élus et assuré : « MPC est en train d’exploser, on va vers une scission ou une recomposition ; il y a du tirage dans la majorité. » Henri Ségard, déjà cité, constituait la cible implicite de Bernard Gérard en tant que premier vice-président chargé de la gouvernance. « Celle-ci est confisquée, a répété l’élu UMP. Les priorités de territoire de LMCU n’ont pas vocation à mettre en oeuvre le programme lillois de Martine Aubry (Coeur de Deûle pour 47 ME , médiathèque de l’Eurométropole pour 35 ME…). Aujourd’hui, on vote au coup par coup, sans vision globale. Dans toutes les autres communautés urbaines, il y a des projets partagés, nous, ce sont des projets saucissonnés. »
Pour un plan pluriannuel. L’opposant de l’UMP s’est montré inquiet sur les finances communautaires. Il a rapproché le budget de LMCU (1,5 milliard d’euros) de sa dette (1,5 milliard d’euros). « Préoccupant », pour B. Gérard, d’autant qu’il ne sait pas ce qu’il advient des emprunts toxiques contractés, qu’il pointe un autofinancement de seulement 23 E fin 2009 et qu’il se réfère à un rapport définitif de la chambre régionale des comptes, lequel stipule : le Grand Stade « va accroître l’endettement de la communauté urbaine et ses dépenses de fonctionnement ».
« L’autofinancement diminuera et ainsi la capacité d’investissement. Je souhaite un vrai débat sur un plan pluriannuel d’investissement, pour choisir en toute connaissance de cause. Je veux de la transparence dans tous les choix, et connaître les dépenses commune par commune.
» Dans la même optique, Bernard Gérard plaide pour « la création d’une agence de développement économique dans la métropole », avec une réflexion globale, tant sur les zones présentes et futures que sur les friches industrielles.
Dans le fauteuil de Salengro. Enfin, interrogé sur l’affaire Woerth, l’élu UMP a donné un autre coup de griffe à Martine Aubry, cette fois visée comme secrétaire nationale du PS : « Quand on est maire de Lille et qu’on est assise dans le fauteuil de Roger Salengro, on doit se faire un point d’honneur que personne n’entonne jamais l’hymne de la calomnie. »
Piratage en ligne: le Parlement européen adopte le rapport Gallo – Benjamin Ferran – Le Figaro.fr – 22 septembre 2010.
Le Parlement européen a adopté mercredi le rapport Gallo, qui préconise d’adopter de nouvelles mesures contre le piratage. La gauche et les associations d’internautes dénoncent «un texte très répressif», inspiré d’Hadopi.
( l’Eurodéputé Marielle Gallo, est membre de La Gauche Moderne)
La politique française de lutte contre le piratage fait des émules en Europe. Mercredi, le Parlement européen a adopté un rapport de l’eurodéputé française Marielle Gallo sur les droits de la propriété intellectuelle. Débattu depuis début le début de l’année, ce texte souligne le poids de la création dans l’économie européenne, insiste sur la «très forte augmentation du partage non autorisé de fichiers», déplore les lacunes des sanctions pénales actuelles et appelle à mettre en œuvre de nouvelles mesures «contre les personnes portant atteint aux droits de propriété intellectuelle».
Adopté par 328 voix pour, 245 voix contre et 80 abstentions, le rapport Gallo a reçu un accueil très hostile de la gauche, des Verts et d’associations d’internautes qui sortaient à peine du combat contre Hadopi en France. «Ce rapport, n’est rien d’autre que la continuité de la politique du gouvernement français, qui se préoccupe davantage des intérêts des majors du disque et du monde show-business que des libertés fondamentales des citoyens», accuse l’eurodéputée socialiste Françoise Castex. «C’est la porte ouverte à des gendarmes et à une justice privée du droit d’auteur sur le Net», juge-t-elle.
Parmi les points qui inquiètent les opposants à ce rapport figure notamment la recommandation de mesures non-législatives dans la lutte contre le piratage. Selon une analyse de La Quadrature du Net, il s’agirait de favoriser la coopération entre les fournisseurs d’accès à Internet et les ayant-droit en contournant les tribunaux, comme cela avait été imaginé à l’origine pour la loi Hadopi. «Concrètement, les éditeurs s’arrangeraient avec les fournisseurs pour sanctionner les internautes, par exemple en restreignant leur débit», décode Jérémie Zimmermann, porte-parole de l’association.
«Ce texte ne porte aucun préjugé sur les éventuelles sanctions à imposer et ne prévoit en rien un ‘Hadopi’ européen», rétorque Marielle Gallo dans un communiqué. L’eurodéputé accuse «les socialistes et leurs alliés [d'avoir] mené une véritable campagne de désinformation» pour nier les conséquences du piratage. Elle vante au contraire un texte «équilibré», qui souligne que la lutte contre le téléchargement illégal doit être «proportionnée et appropriée à une société démocratique». Et qui met en lumière le manque d’offres légales en Europe et les freins à leur développement.
Pour l’heure, le rapport Gallo n’a du reste pas de valeur juridique contraignante. Mais cette résolution constitue un signal fort envoyé par les eurodéputés, et prépare le terrain à de nouvelles propositions législatives. Le texte invite en effet Bruxelles à présenter «au plus vite» une nouvelle stratégie dans la lutte contre le piratage, et à poursuivre les négociations sur ce sujet à l’OMC. Commissaire au marché intérieur, Michel Barnier a déjà indiqué «que la Commission s’inspirerait de [ce] rapport dans ses propositions attendues en octobre», a expliqué Marielle Gallo à la presse mercredi.
Benjamin Ferran, Lefigaro.fr
P.S. Quelques déclarations de Marielle Gallo, Eurodéputée de La Gauche Moderne
« Le Parlement européen prend enfin ses responsabilités et refuse la polémique stérile lancée par le gauche ».
« Le piratage en ligne est une infraction au droit d’auteur et cause des préjudices économiques graves aux artistes, aux industries créatives, et à tous ceux dont les emplois dépendent de ces industries »
« Par ce rapport, mon objectif était avant tout de mettre le débat sur la table, pour une réflexion sereine mais urgente sur le piratage en ligne, mettons-nous au travail! ». « Les socialistes et leurs alliés ont mené une véritable campagne de désinformation pour nier tout simplement l’existence de ce phénomène et ses conséquences. Contrairement à ce qu’ils ont prétendu, ce texte ne porte aucun préjugé sur les éventuelles sanctions à imposer et ne prévoit en rien un « hadopi » européen. A aucun moment, l’idée de « mettre des adolescents en prison ne nous a effleurés ! »
« Je me réjouis qu’une majorité de mes collègues, en particulier les membres du Groupe PPE qui ont fait preuve d’une solidarité exemplaire, ait fait le choix de la raison », « Sur un tel sujet, nous ne pouvons pas nous permettre de tomber dans la démagogie et l’angélisme ».
Marielle Gallo, eurodéputée La Gauche Moderne
Un regard sur l’actualité (septembre 2010).
Des chiffres encourageants. L’amélioration de la situation économique de la France se poursuit. L’INSEE nous donne aujourd’hui 3 bonnes nouvelles qui viennent contredire le pessimisme volontairement entretenu par de nombreux médias.
D’abord, concernant la croissance, on apprend qu’au 2ème trimestre celle-ci a été encore plus forte que précédemment annoncée : 0,7%, au lieu de 0,6%…L’objectif de 1,4% initialement fixé, que les socialistes et certains organes de presse comme Le Monde estimaient irréalisable, sera largement dépassé. Cela permettra d’avoir en fin d’année un déficit public inférieur aux prévisions, autour de 150 milliards d’Euros et de descendre en 2011 à 91 milliards.
On apprend aussi que, toujours durant le 2ème trimestre, le pouvoir d’achat, loin de baisser comme on nous le répète à longueur de colonnes, a augmenté de 0,3% et que la consommation a fait un bond de 0,6% !
Quand au chômage, il a poursuivi et amplifié au 2ème trimestre, la baisse constatée au premier, (60.000 emplois ont été créés sur les 6 premiers mois). Il a aussi baissé au mois de Juillet, et même si les chiffres d’août seront sans doute plus difficiles, la tendance à la baisse est certaine.
A l’évidence, la France est sortie de la crise et elle en sort plus vite que prévu.
Réforme des retraites. La journée de revendication du 23 septembre a pu être ressentie comme une déception par les syndicats : nette baisse du nombre de grévistes, dans tous les secteurs, et baisse aussi du nombre de manifestants qui atteint, si l’on en croit les chiffres officiels, le million, ce qui est important mais loin d’être exceptionnel.
Après ce relatif échec, les syndicats ont choisi de tenter d’améliorer la mobilisation en décidant de manifester un samedi, le 2 octobre, puis, si nécessaire, de faire un dernier baroud d’honneur le 12 octobre.
En réponse, le gouvernement, soutenu par la majorité, doit amplifier son travail de pédagogie, tout en continuant à discuter avec la CGT et la CFDT. Cela devrait conduire à de nouvelles avancées, qui, sans dénaturer le projet de réforme et sans remettre en cause son équilibre financier, permettraient de l’améliorer en le rendant plus juste. Ces concertations, auxquelles devra s’ajouter une concertation avec les sénateurs, pourraient permettre quelques amendements significatifs sur les trois points de la pénibilité, des carrières longues et particulièrement sur le cas des personnes ayant subi de longues interruptions dans leur vie professionnelle, et qui pour la plupart sont des femmes. Je souhaiterais aussi qu’il décide de faire davantage participer au financement de cette réforme, les hauts revenus et les revenus du capital.
Quoi qu’il en soit, il est assez clair aujourd’hui que, sauf catastrophe imprévisible ou maladresse insigne et malgré quelques difficultés qui ne manqueront pas d’apparaître, le projet de réforme des retraites sera voté et appliqué.
Martine Aubry, ça ne s’arrange pas. Martine Aubry qui voit à nouveau poindre la concurrence d’une Ségolène Royal, plus brillante et plus offensive, se laisse aller à la surenchère. Se rapprochant toujours davantage de la gauche radicale elle appelle à des manifestations de rues « même après que la loi ait été votée (!) ». Hier, elle a traité carrément le Président de menteur, faisant comme s’il évoquait la baisse des manifestants alors qu’il parlait de celle, incontestée, des grévistes. De la part de celle qui a grossièrement triché pour prendre le pouvoir au PS, c’est cocasse! Qui peut la croire ou lui faire confiance? D’ailleurs 63% des Français pensent qu’elle ment (avec ses amis) quand elle dit qu’elle rétablira la retraite à 60 ans si elle arrivait au pouvoir! Martine Aubry n’a rien à proposer de sérieux sur le fond, pas davantage sur les retraites que sur le reste, alors elle utilise l’injure et le mensonge!
Et puis ce matin on apprend que les « primaires » du parti socialiste se transformeraient en « comédie », des arrangements ayant lieu pour décider, « entre amis » et loin des militants, du nom du candidat. Les militants n’étant invités à se déplacer que pour « confirmer » le choix fait en coulisses. Difficile à faire accepter, à mon avis…Cette fois-ci il va falloir qu’elle…démente !
L’insoutenable rancœur de Viviane Reding. Luc Ferry, dans un article récent du Figaro, où il écrit que « l’anti sarkozysme tourne au délire » rappelle, en citant les termes exacts employés par Viviane Reding, qu’à la différence de ce que disaient certains, elle a bien fait une comparaison « aussi stupide historiquement qu’insultante » entre la politique de la France et celle des nazis « C’est une honte…Nous avons de sinistre mémoire les déportations pendant la deuxième guerre mondiale, alors recommencer cela! »…
Cette pasionaria en tous cas, veut à toute force mettre officiellement la France en accusation…Ce que José Barroso, vexé d’avoir été contraint de « lâcher » sa commissaire et rancunier, risque effectivement d’accepter…Nicolas Sarkozy devra alors s’opposer clairement à la Commission, ce qui ne le rendra pas forcément impopulaire !
Pour sa part, intervenant courageusement dans cette polémique stupide et artificielle, le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, a affirmé, à un grand journal financier américain que les expulsions de Roms par le gouvernement français n’avaient pas été ordonnées pour des raisons ethniques.
« Les mesures ont été adoptées dans le cadre de la loi. Les principes d’intégration doivent fonctionner, mais l’ordre public doit également être respecté dans les camps qui n’ont pas les conditions sanitaires ou sécuritaires adéquates », a-t-il ajouté.
Le socialiste espagnol Zapatero défend mieux la France que les socialistes Français!
Marc d’Héré.
La réalité en face.
Existe-t-il une délinquance ethnique ? Si oui, a-t-on intérêt à l’étudier et pour quels objectifs ? Les sociologues français s’opposent de plus en plus autour de ces questions. Dans un livre paru aux éditions du Seuil, Le déni des cultures, Hugues Lagrange explore ce lien entre immigration et délinquance, soulignant une surreprésentation des jeunes issus de l’Afrique sahélienne dans les activités délictuelles.
On peut s’étonner que le simple fait de s’interroger sur la visibilité ethnique de la délinquance fasse l’objet d’une controverse. Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, réfute, dans Le Monde du 14 septembre, la thèse d’une délinquance aux origines culturelles, insistant sur le caractère multifactoriel de cette dernière.
Au-delà du débat scientifique, et des contradictions naturelles qui en naîtront, le fait d’analyser le lien entre délinquance et ethnicité paraît urgent car il est absolument nécessaire d’éviter de laisser ce champ libre aux seules expressions d’extrême-droite. Par définition, un non-dit est pus violent lorsqu’il est claquemuré que lorsqu’il est en débat.
Le populisme touche plus facilement les pauvres gens que ceux qui s’arment des outils de la connaissance, de la civilisation. Les maires des communes difficiles sont démunis face à la question ethnique, alors qu’elle est essentielle à la cohésion de tout corps social et qu’un brin d’intelligence dans l’aménagement des territoires ne serait pas de trop face à cette difficulté. Si dire la réalité s’apparente à pactiser avec le diable lepéniste, alors oui, on peut redouter que la bombe sociale explose à la figure de ceux qui n’auront pas mené les bons diagnostics. Qu’on se le dise et qu’on se le rappelle régulièrement : la question ethnique est au cœur de la ghettoïsation gauloise, ce reflux communautaire qui est la conséquence de l’échec de l’intégration sociale des jeunes issus de l’immigration.
Tous les voyants sont au rouge : une discrimination galopante, des Marseillaises sifflées lors de matchs internationaux supposément montés au nom de la réconciliation historique (avec de jeunes Beurs évoluant dans l’équipe nationale !), une guerre des civilisations si caricaturalement bushienne qu’elle engendre une riposte caricaturale, une droitisation sarkozyenne qui fait son footing sur la question Rom, plus réunificatrice dans le rejet populiste, avant, sans doute, de s’attaquer à la question maghrébine dans la dernière côte de l’élection présidentielle pour distancer la redoutable Marine Le Pen, etc.
Bref, nous avons besoin des Roché, Bronner, Mucchielli et autres Lagrange pour charpenter un point de vue audible dans le grand déballage populiste qui s’annonce. Leurs travaux relèvent de la salubrité publique intellectuelle.
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Politique Sondage Gouvernement – AFP – 23 septembre 2010.
Fillon préféré pour diriger le prochain gouvernement (OpinionWay)
PARIS, 23 septembre 2010 (AFP) – François Fillon est la personnalité politique préférée des Français pour diriger le gouvernement qui sera issu du prochain remaniement, selon un sondage OpinionWay pour le Figaro-Magazine rendu public jeudi.
A la question « pour chacune des (six) personnalités suivantes, laquelle préféreriez-vous comme Premier ministre à l’issue d’un prochain remaniement? », 37% des personnes interrogées désignent l’actuel chef du gouvernement, loin devant la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie (18%). Le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo est 3ème (14%), suivi de la ministre de l’Economie Christine Lagarde (12%), du patron des députés UMP à l’Assemblée Jean-François Copé (7%), et du ministre du Budget François Baroin (5%).
Mme Lagarde est la ministre que les Français souhaitent le plus voir rester au gouvernement (63%), suivie par Mme Alliot-Marie (60%), M. Borloo (59%), Nathalie Kosciusko-Morizet (secrétaire d’Etat à l’économie numérique) 54% et Rama Yade (secrétaire d’Etat aux sports) 53%, à égalité avec M. Baroin.
Roselyne Bachelot (Santé) est dernière de ce classement (29%), derrière son collègue du Travail Eric Woerth (31%). Christian Estrosi (Industrie) est à égalité avec le secrétaire d’Etat à la Justice, Jean-Marie Bockel (35%).
46% des personnes interrogées souhaitent voir l’ancien Premier ministre Alain Juppé intégrer le gouvernement, devant l’écologiste Nicolas Hulot (45%), M. Copé (44%), l’ancien ministre socialiste Jack Lang (42%), et le secrétaire général de l’UMP Xavier Bertrand (37%).
Viennent ensuite le président du MoDem François Bayrou (34%), à égalité avec l’historien Max Gallo, et l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin (32%).
Le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, est avant-dernier de ce classement (22%), devant le président du Mouvement pour la France (MPF), Philippe de Villiers (19%).
Sondage réalisé en ligne (système Cawi) du 15 au 17 septembre auprès d’un échantillon de 1.071 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).
Les rencontres de Mulhouse – Gérard Delahaye, La Gauche Moderne.
Les rencontres de Mulhouse ont été marquées par un incontestable succès : près de 400 participants au sein des quels on pouvait compter pas moins de 120 délégués représentant 20 régions où LGM est désormais implantée. on peut compter sur nous, mais il faut aussi compter avec nous.
Dans le contexte de cette rentrée difficile, où les membres de notre mouvement pouvaient avoir quelques interrogations légitimes concernant lune conjoncture économique, sociale et politique assez tendue, convenons que l’ambiance était chaleureuse et que les participants étaient heureux de se retrouver qu’ils ne manquaient pas d’ardeur dans le débat et qu’ils se projetaient dans l’avenir avec pugnacité. Certes la visibilité de Jean-Marie Bockel qui s’est vu confié par le Président de la République une importante mission sur le volet de la prévention de la délinquance, essentiel pour la mise en œuvre d’une politique de sécurité équilibrée ouvre à notre formation des perspectives intéressantes.
La Gauche Moderne est peut être une formation encore jeune et modeste, mais elle est bien ancrée dans le paysage politique comme une offre novatrice, un lieu où il fait bon vivre et où l’on peut respirer librement. Les rencontres de Mulhouse ont donné le ton d’une structure collective en ordre de marche, capable de débattre sereinement des sujets de fond, sans se censurer, mais sans se perdre dans une introspection démobilisatrice et démoralisante. .. Les intervenants se sont succédés à la tribune lors du débat général du matin, témoignant de la diversité du mouvement mais aussi et surtout de sa cohésion quel que soit le sujet évoqué, sécurité, retraites, reconduite des Roms, politique sociale et économique, avenir de l’outre-mer, Europe. .
Des hommes et des femmes issus de cultures différentes de la gauche française, des élus, des responsables de fédérations, des jeunes et des moins jeunes, venus de tous les territoires de la République ont pu parvenir ensemble à la même conclusion qu’il est une gauche moderne, sérieuse, républicaine à reconstruire sur des bases nouvelles, loin des palinodies d’une gauche d’opposition sans boussole ni alternative. Cette force là n’est pas imputable à des appétits de pouvoir ou d’egos circonstanciels, elle est une énergie collective, une force de conviction au service de la culture de gouvernement. Car le positionnement de LGM va bien au-delà de la séquence politique dite d’ouverture.
LGM entend plus que jamais œuvrer à la construction d’une aile gauche au sein de la majorité présidentielle et peser sur ses orientations, tirant en cela les conséquences de l’épuisement d’une gauche d’opposition qui a perdu sa force propulsive.
La venue de Jean-Louis Borloo aux rencontres de LGM témoignait des convergences évidentes qu’il convient de cultiver pour construire un axe fort au sein de la majorité. Une gauche réformiste éprise de transformation mais soucieuse du réel, fidèle à ses valeurs mais désireuse de tirer les bilans d’échec des gauches du 20ème siècle a vocation naturelle à prendre langue avec cet éminent représentant de la planète radicale qu’est Jean-Louis Borloo. Et quand je dis planète je pèse soigneusement mes mots car c’est bien à cette échelle globale que le Ministre d’Etat a posé avec éloquence les enjeux stratégiques d’une croissance durable et maîtrisée, des emplois de demain, fixant ainsi un cap stratégique pour le redéploiement de la France dans un monde où rien ne pourra plus se passer comme avant le déclenchement de la crise.
Beaucoup des éléments inclus dans cette vaste fresque mériteraient d’être discutés de manière approfondie, je n’indiquerai qu’un seul thème tout à fait central au regard de cette première crise de la mondialisation que nous continuons de traverser, qui est celui du juste échange, thème utilisé par Jean-Louis Borloo lors de la crise financière. Comment assurer le maintien d’une politique industrielle rénovée et préserver un niveau satisfaisant de protection sociale et de rémunération du facteur travail dans une économie ouverte, en butte à l’âpre concurrence des puissances émergentes ? C’est une question qui touche tant aux normes sociales qu’environnementales, décisive pour toutes celles et tous ceux qui veulent s’inscrire dans une vision stratégique et prospective.
Il en va des puissances économiques du 21ème siècle comme des puissances européennes du 19ème siècle, elles doivent être régulées par un principe d’équilibre. C’est tout l’enjeu du prochain G20 qui sera présidé par la France. L’énergie contagieuse de Jean-Louis Borloo reflétait un volontarisme partagé par les membres de LGM, loin des prophéties moroses des déclinologues comme des utopies déprimantes et malthusiennes des tenants de la décroissance.
Le tempérament iconoclaste de Jean-Louis Borloo n’est pas pour déplaire aux mutants que sont les militants de LGM, d’autant que bien les valeurs qui puisent dans l’héritage républicain du 19ème siècle nous rapprochent à bien des égards, qu’il s’agisse du principe d’égalité, de la promotion des libertés de la personne ou de la laïcité notre idéal commun qui seul permettra d’enrayer la montée en puissance des communautarismes.
Quant au Président de la Gauche Moderne, un Jean-Marie Bockel manifestement très en forme, il est revenu sur la polémique estivale concernant les Roms à la lumière de son expérience d’élu local, pour se réjouir d’une plus forte implication de l’Etat face à l’instrumentalisation de cette population par les réseaux maffieux. Il a souligné à juste titre que seule une plus grande fermeté ay compris par les reconduites ainsi qu’un dialogue soutenu avec les autorités roumaines permettront de conduire une politique d’insertion de ces familles avec quelques chances de réussite.
Jean-Marie a affirmé haut et clair notre attachement indéfectible aux valeurs républicaines qu’il s’agisse de la lutte contre la délinquance comme de l’intégration des migrants et à plaidé pour une France rassemblée et non éclatée en une mosaïque de communautés. S’il a réaffirmé la nécessité de mieux maîtriser la dépense publique afin de résorber les déficits il a tenu à la souligner la nécessité de ne pas mettre en œuvre une politique d’ajustement trop brutale qui pourrait compromettre une reprise fort ténue. Sans état d’âme et plus déterminé que jamais à porter un nouvel espoir pour des électeurs de gauche lassés du magistère du verbe arboré par une opposition inconsistante, il a appelé LGM à apporter au Président de la République un soutien loyal mais aussi une contribution pour mettre la Réforme juste au cœur du logiciel de la majorité présidentielle.
L’après midi avant le Conseil national les commissions se sont réunies pour poser de nouveaux jalons, qu’il s’agisse du projet pour 2012, de la mission prévention de la délinquance, des cantonales. Il faut souligner la forte présence de l’équipe web qui a donné au site LGM une nouvelle ligne graphique et éditoriale. Preuve que sur le terrain des nouveaux réseaux sociaux, LGM entend mériter son épithète de moderne. Enfin ces rencontres, ont été placées sous le signe de la convivialité, de la cuisine alsacienne, de ses vins et de sa bière. Toutes les conditions ont été ainsi réunies, pour que ce moment soit aussi celui de la gaité, des retrouvailles, des rencontres. Carton plein.
Gérard Delahaye.
Retraites la promesse du PS ne convainc pas les Français- Bruno Jeudy – Le Figaro – 21 septembre 2010.
Selon notre sondage OpinionWay, 36 % des personnes interrogées seulement croient à un retour à l’âge légal à 60 ans.
L’engagement solennel du PS, par la voix de Ségolène Royal, à rétablir la retraite à 60 ans en 2012, ne convainc pas les Français. C’est l’enseignement principal de l’enquête OpinionWay réalisée pour Le Figaro. Seules 36% des personnes interrogées semblent croire à la promesse des ténors socialistes de revenir sur les 62 ans, nouvel âge légal de départ à la retraite après le vote de la réforme du gouvernement. Ils sont 63% à estimer que jamais le PS n’abrogera la loi Woerth-Fillon.
Manifestement, les Français n’ont pas oublié les promesses non tenues par le PS de revenir sur les précédentes réformes des retraites. À l’Assemblée nationale, François Fillon ne s’était pas privé de pointer le passif de la gauche gouvernementale en la matière. Le 8 septembre, le premier ministre avait repris l’argument à son compte en répliquant sèchement au PS: «Depuis 1993, la gauche n’a jamais tenu un seul des engagements qu’elle a pris en matière de retraite.» Et le chef du gouvernement a rafraîchi, ce jour-là, la mémoire de l’opposition en refaisant l’histoire des réformes des retraites successives depuis vingt ans: «Vous aviez promis d’abroger la réforme Balladur, vous ne l’avez pas fait. En 2003, vous aviez promis d’abroger la réforme que nous allons porter; vous l’avez aujourd’hui intégrée dans les propositions que vous faites. Et en 2007, vous avez combattu la réforme des régimes spéciaux; je n’ai trouvé aucune phrase dans votre projet qui vise à revenir sur cette réforme. Tout se passe comme si une bonne réforme pour vous, c’était la précédente.»
Le résultat du sondage est donc sans appel pour Martine Aubry qui s’est placée sur la même ligne que l’ex-candidate à la présidentielle, très active depuis la rentrée. Un «dogme» ans qui fait l’unanimité à gauche à l’exception de des 60 Dominique Strauss-Kahn, directeur du Fonds monétaire international et champion toutes catégories dans les sondages de popularité pour 2012.
Dans le détail, les socialistes pourront trouver matière à se rassurer en constatant que 69% de leurs sympathisants les soutiennent. L’adhésion à cette promesse est moins forte chez les Verts (53%) et carrément absente chez les amis de François Bayrou. Seuls 12% des électeurs du MoDem croient possible un retour aux 60 ans. Inversement, 83% des sympathisants UMP jugent impossible l’engagement du PS. La proportion est à peu près la même (81%) chez les partisans du Front national.
Quant à la perception de la réforme par les Français, elle évolue assez peu par rapport à d’autres enquêtes. Si 70% des personnes interrogées par OpinionWay la jugent «nécessaire», 32% seulement estiment que le projet du gouvernement est «juste». 52% des Français trouvant le gouvernement «courageux» de s’attaquer à l’un des tabous sociaux en France. Le gouvernement peut compter sur un soutien complet des sympathisants UMP. 96% d’entre eux approuvent la réforme et 80% répondent qu’elle est «juste».
À la veille de la seconde journée de mobilisation syndicale, voilà des résultats qui ne rassureront pas les partenaires sociaux. Après avoir rassemblé plus de 2,5 millions de personnes dans les manifestations, les leaders syndicaux se montrent très prudents en tablant sur une mobilisation du même ordre pour la journée de demain. À l’Élysée et à Matignon, on croise les doigts pour qu’il n’y ait pas plus de monde dans les rues.