Archive pour mai 2010
Retraites : la mise en garde de François Chérèque
Lu, le 31 mai 2010, sur le site Medef Lille Métropole (medef@medef-lille-metropole.fr), l’avis de F.Chérèque…
Invité de l’émission « 17 heures politique » organisé par I TELE en association avec LES ECHOS (page 5), François Chérèque a mis en garde le gouvernement à propos de la pénibilité. « J’ai l’impression que le gouvernement veut aller vers des critères médicaux, la CFDT ne pourra pas l’accepter », a déclaré le secrétaire général de la CFDT. Alors que les partenaires sociaux et l’exécutif sont d’accord sur une approche dite par exposition qui retient trois types de risques (contact avec des produits chimiques, travail de nuit et port de charges lourdes), la CFDT propose que les salariés exposés dix ans bénéficient d’un bonus d’un an de cotisation. « Le gouvernement évoque une visite médicale pour les salariés âgés afin de décider s’ils continuent de travailler ou pas, mais on a déjà le régimed’invalidité pour ça » et « les effets du travail pénible ne sont pas toujours visibles médicalement », affirme François Chérèque. Pour lui, le bon critère, « c’est l’espérance de vie ».
Le secrétaire général de la CFDT critique également le choix de la durée de cotisation pour équilibrer les régimes, quand les autres pays jouent sur l’âge légal. « Aujourd’hui le gouvernement veut faire les deux. Ce n’est pas possible pour les salariés », juge-t-il.
Nouveau site de La Gauche Moderne
Consultez le nouveau site national de La Gauche Moderne :
Générations: vers le conflit ??? !!!
L’excellente revue Alternatives économiques publie un hors-série intitulé « Générations« . On y trouve nombre de repères sur des questions clés : l’allongement de la jeunesse faute d’autonomie, la montée du quatrième âge, un âge du départ en retraite qui n’a pas de sens s’il ignore que la durée de vie est très différente d’une catégorie de la population à l’autre, les questions de la durée et de la qualité du travail tout au long de la vie, l’éducation qu’on lamine en la considérant comme dépense de fonctionnement et non comme investissement…
Pour Thierry Pech, le « dérèglement des horloges biographiques appelle une politique des âges qui reconnaisse les nouvelles transitions entre jeunesse et âge adulte, puis entre âge adulte et vieillesse« . De fait, on le sait, c’est toute notre protection sociale qui est à repenser, y compris pour éviter, demain, que trop peu de jeunes déclassés et beaucoup de jeunes pauvres n’acceptent plus de payer pour trop de vieux et trop de dettes anciennes, cette « fracture générationnelle« , dont parle le sociologue Louis Chauvel.
Que beaucoup de jeunes en galère bénéficient pour l’heure de la solidarité parentale et familiale n’est qu’à moitié rassurant.
Le pire est dans un effrayant petit schéma, page 54, où des chiffres du Ministère de l’éducation nationale attestent que , par rapport au P.I.B., les dépenses d’éducation cumulées de l’Etat, des collectivités, des entreprises et des familles sont en chute libre (-1,1%) depuis 1995. L’ »économie de la connaissance » reste un slogan tragiquement dépourvu de réalité !
« Personne ne sait ce que voudront les générations futures« , écrit Guillaume Duval, mais il y a gros à parier qu’elles n’apprécieront pas toute l’iniquité que les « vieux » qui gouvernent encore aujourd’hui pourraient pourtant enrayer.
Par exemple en refondant un nouvel État-Providence qualitatif qui ne puiserait plus son identité dans le « toujours plus » et qui puiserait ses ressources autant dans le travail que dans le capital…
Utopie ? Espérons que non. Simple affaire de volonté politique, de démocratie et… d’alternative économique.
Alternatives Economiques Hors-série n° 85 – avril 2010
J’ai lu avec intérêt l’article intitulé : « la fraude, sport national… ».
Suite à la mise en ligne de l’article intitulé : « la fraude, sport national… », j’ai reçu ce commentaire, frappé au coin du bon sens et du pragmatisme, qui mérite d’être mis en ligne en tant qu’article, plutôt que simple commentaire. Il doit nous interpeller. Bonne lecture.
Brigitte MAUROY
J’ai lu avec intérêt l’article intitulé : « la fraude, sport national… ».
Il appelle une réflexion de fond.
Car nous ne sommes pas dans des cas de fraude évidente ; au pire d’abus de droit, souvent de cas de nécessité, dans les zones grises de réglementations de plus en plus complexes.
J’ai fait un examen de conscience et j’ai retrouvé, chez moi-même et chez des proches, des comportements limites faits sans mauvaise foi. Je n’ai pas cherché dans le quart-monde, mais dans l’immense middle-class de notre pays, au moins 80% de la population.
Je commence très fort :
Un de mes amis médecins a fait payer la vaccination de sa fille et de ses petits-enfants ! Et le serment d’Hippocrate ? lui ai-je dit. Il m’a répondu qu’il ne pouvait pas ne pas faire un acte pour que les doses soient remboursées et que les « actes gratuits » étaient suspects aux yeux des médecins contrôleurs de la SS. De plus il a fait gagner 2 heures de queue au dispensaire à sa fille et donc au patron de sa fille. Et puis il faut bien payer sa secrétaire et son loyer …
Je poursuis aussi fort :
Une de mes excellentes amies vit depuis peu sur sa chiche retraite de femme séparée après une carrière professionnelle amputée par la charge de 3 enfants ; elle peine à trouver son équilibre financier et affectif. Elle se fait salarier par son fils pour garder ses petits-enfants. Je n’ai pas le courage de faire la morale ; de toute façon il fallait bien que son fils fasse garder ses enfants par une personne de confiance et qu’il aide sa mère à sortir de sa dépression larvée.
Je continue :
Ces deux jeunes gens que je connais bien vont-ils se marier comme ils le souhaitent, ou vont-ils continuer d’optimiser leur nombre de parts fiscales en se répartissant chacun un des deux enfants que la mère garde ensemble sans pouvoir travailler ?
Et encore :
Une de mes proches enseigne la musique comme fonctionnaire des collectivités territoriales dans un conservatoire municipal ; doit-elle ou non toucher un cachet d’interprète quand elle joue à la fête de fin d’année dans le prolongement de la démarche pédagogique pour laquelle elle a déjà perçu son
traitement forfaitaire ? Par ailleurs, est-il bien raisonnable de mobiliser toute une chaîne administrative complexe et coûteuse pour payer quelques dizaines d’euros eux-mêmes chargés et fiscalisés ?
Ou alors :
Un de mes amis, diplômé des meilleures écoles d’ingénieurs de France, a été licencié à 53 ans de son entreprise. Il a créé une petite boîte de conseil pour commercialiser un logiciel de gestion qu’il développe lui-même ; depuis 5 ans il « optimise » les périodes où il se salarie, celles où il se fait salarier au minimum et à mi-temps par des amis, les périodes de chômage et les stages de formation. Il gagne un peu d’argent, qu’il laisse s’accumuler en trésorerie dans son entreprise, tout en optimisant la fiscalité par des crédits-recherches et autres avantages à la création d’entreprises. Son logiciel, mal vendu pour 3 francs 6 sous à des grosses entreprises, leur fait gagner des millions par an. En plus, il fait face et ne se plaint pas. Est-ce un fraudeur ? Un martyr ? Un héros?
Enfin :
La vieille mère de cette amie infirmière, va-t-elle s’installer chez sa fille comme on l’a toujours fait dans sa famille dans les générations passées, ou va-t-on l’installer dans une maison de retraite à 2 000 euros par mois d’hôtellerie plus 1000 euros de soins et de dépendance ? Mon amie facturera-t-elle à sa mère 1000 euros de chèque-emploi-service que sa mère fera valoir en déduction de ses revenus et pour lesquels elle
Aura une déduction de charges sociales ? Est-il vrai que tout le monde est gagnant comme elle me le dit ?
Moralité :
Nous sommes dans une période de transition, où les systèmes de solidarité organisés sont détournés des buts pour lesquels ils avaient été pensés dans les années 60 à 80.
Dans bien des cas, c’est une bonne chose. Dans beaucoup d’autres, c’est choquant.
Pour le moment, c’est limite, mais ça passe. En tout cas mieux qu’en Grèce ou en Espagne ; sans qu’on puisse jurer qu’on n’est pas les prochains sur la liste du FMI.
Si on veut être tranquille, il vaudrait mieux être sur le modèle Europe du Nord (allemand) que le modèle méditerranéen : plutôt la rigueur consentie tous ensemble et à temps, que le laxisme chacun pour soi, suivie de l’extrême rigueur imposée.
Et en conclusion :
La retraite à 170 trimestres sans condition d’âge et pour tous. (Il n’y a pratiquement plus de métier pénible qui raccourcisse la vie au point qu’il faille faire partir les gens 5 ans plus tôt. Il n’y a plus de mineurs de fond et de chauffeurs de locomotives à charbon silicosés à 45 ans. Zola c’est fini.)
Plus une épargne raisonnable.
Plus un bon système éducatif.
Plus un retour à une vie saine et équilibrée.
La fraude, sport national…une piste pour le financement des retraites?
Lu dans « Valeurs Actuelles », le 13 mai 2010, ces chiffres font penser qu’une piste, pour le financement des retraites, qui apparaît si difficile, réside peut-être dans un meilleur contrôle des fraudes en tout genre…
ARNAQUE AUX ALLOCATIONS
Entre 540 millions et 808 millions d’euros. C’est la somme que percevraient les fraudeurs aux allocations sociales, estimés à 200 000 personnes, selon un rapport, qui n’a plus de confidentiel que le nom, de la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf). Cette fourchette a été établie, pour la première fois, après un examen à la loupe de plus de la 000 dossiers d’allocataires, en 2009. En 2008, en se basant sur des estimations, la même Cnaf avait avancé le chiffre de 9400 fraudeurs, pour une somme totale de moins de 80 millions d’euros. Soit dix fois moins. Autre estimation, révélée par le Point: selon l’hebdomadaire, ce sont 5 milliards d’euros qui sont empochés chaque année par les faux chômeurs, faux malades, fausses mères isolées. En tête des fraudes: le revenu minimum d’insertion (RMI), qui compte un million de bénéficiaires. Le cas typique est un couple dont l’un des membres est salarié et l’autre se déclare sans aucune ressource et perçoit le RMI à ce titre. Il suffit de ne pas déclarer que l’on vit sous le même toit. En bonne place au palmarès de la fraude, on trouve également l’allocation de parent isolé: ici, on passe sous silence son conjoint, avec lequel on n’est pas marié …
LA FRAUDE, SPORT NATIONAL
Les contrôles? « Ils sont insuffisants », dénonce Dominique Tian, député UMP des Bouches-du-Rhône, auteur en 2006 d’un rapport sur les moyens de contrôle de l’assurance chômage. Quand la loi Raffarin sur la décentralisation a transféré le paiement du RMI aux départements, 8 000 faux RMistes ont été découverts rien que dans les Bouches-du-Rhône. En se contentant de vérifier les adresses des allocataires! Le parlementaire dénonce surtout l’absence de sanction pour les fraudeurs: « Les sommes indûment perçues ne sont presque jamais remboursées. » Bref, le risque pris par les fraudeurs est quasi nul … Pourquoi se gêner? « Il faudra bien un jour que l’État ait le courage de s’attaquer à la fraude, parce qu’il est exclu d’augmenter indéfiniment les cotisations sociales, martèle- t- il. Ces fraudes, insiste- t – il, sont un sport national archiconnu. »Et de s’étonner que le ministre de l’Intérieur « semble découvrir le problème de la fraude à l’allocation parent isolé », à l’occasion de l’affaire de l’islamiste nantais accusé de polygamie.
UNE SOLUTION EFFICACE
Dominique Tian propose une solution assez simple à mettre en œuvre: adopter un fichier unique, qui recenserait l’ensemble des prestations … et des prestataires. Le croisement des fichiers, notamment des allocataires du RMI ou du RSA et des impôts, par exemple, permet de détecter tous ceux qui sous-estiment leurs revenus.
La visite de Jean-Marie BOCKEL à la Fédération LGM du NPDC
Jean-Marie Bockel, président de la Gauche Moderne est venue nous rendre visite à la Fédération La Gauche Moderne du Nord Pas de Calais.
Un moment convivial, qui a permis à Jean-Marie Bockel de nous donner les nouvelles lignes directrices et sa vision de La Gauche Moderne mais aussi de lui faire connaître et mieux comprendre les attentes des militants du Nord Pas de Calais.
Réforme des retraites : les bons apôtres de l’injustice sociale
Lu sur le Monde.fr, dans l’édition du 19.05.10.
Les retraités sont tout sauf des nantis. Il est parfaitement choquant de les rendre responsables des déficits et de leur demander de les combler. Il est de bon ton dans certains médias de considérer les retraités comme des nantis égoïstes qui coûtent très cher à la société. Et comme les régimes de retraite sont en difficulté, la solution devient évidente pour quelques jeunes technocrates en mal de notoriété : il faut faire payer les retraités. Quelle belle conception de la protection sociale !
Les retraités d’aujourd’hui ont financé la retraite de leurs parents et on leur a promis qu’en échange ils bénéficieraient d’une retraite en leur donnant les règles du jeu de l’époque. Depuis lors, les règles ont changé, et c’est bien normal, pour prendre en compte l’évolution des conditions économiques et démographiques. Mais ces changements ne concernaient pas les retraites liquidées.
Aujourd’hui, les « néodocteurs » de la nouvelle protection sociale entendent remettre en cause la parole donnée aux actifs d’hier en leur demandant de -payer… une partie de leur retraite. Ils justifient cette approche par des chiffres partiels, tronqués et parfois inexacts : la réalité est qu’il y a 9 % de retraités en dessous du seuil de pauvreté (soit environ 1,2 million) et 600 000 bénéficiaires du minimum vieillesse (710 euros par mois). Le taux de pauvreté des jeunes actifs est certes supérieur mais il est un état temporaire pour eux, alors qu’il est définitif pour les retraités.
La retraite moyenne était, en 2004, de 1 288 euros mais de seulement 1 065 euros pour les salariés du privé et de 1 689 euros pour les fonctionnaires et régimes spéciaux. Notons au passage que cette disparité ne semble pas choquer nos «bons apôtres ».
On accuse les retraités de profiter de niches fiscales : cela commence avec l’abattement de 10% pour frais professionnels déjà largement raboté par les lois fiscales successives, comme si les actifs ne se faisaient pas rembourser leurs frais professionnels en sus de l’abattement de 10 %.
Puis on continue par la dispense, ou le taux réduit de la contribution sociale généralisée (CSG) dont bénéficient les retraités. Faut-il rappeler que cela ne concerne que les plus modestes et que les actifs bénéficient, depuis 2001, d’un système équivalent, la prime pour l’emploi (PPE), mise en place par Laurent Fabius à la place de la ristourne de CSG qu’il voulait introduire et qui avait été rejetée par le Conseil constitutionnel. Je cite : « On se souvient des conditions de naissance de la prime pour l’emploi. Elle fut difficile. Il y a un an, le gouvernement avait proposé une ristourne de CSG. Après l’annulation de ce dispositif par le Conseil constitutionnel, en décembre, nous avons remis rapidement l’ouvrage sur le métier et, dès janvier, avec Florence Parly et Elisabeth Guigou, j’ai présenté le projet de prime pour l’emploi » (discours de Laurent Fabius, à Lille, le 27 août 2001).
Certes la situation est difficile et le régime de retraite doit être réformé. Faut-il rappeler qu’un système de retraite se pilote à long terme et que malheureusement l’Etat n’a pas accompli son travail dans ce domaine. Les erreurs de pilotage remontent à vingt-cinq, trente ans : mesures de dégagement des seniors initiées par l’Etat à la fin des années 1970, abaissement de l’âge de la retraite au début des années 1980, alors que l’on connaissait parfaitement, à cette époque, les effets qu’aurait le baby-boom sur le système de retraite dans le courant des années 2000.
Depuis lors, l’Etat pouvait corriger les erreurs, mais il ne l’a fait que tardivement et très partiellement : réforme très partielle d’Edouard Balladur, en 1994, réforme partielle de François Fillon, en 2003, réforme très insuffisante de Xavier Bertrand, en 2008.
Notons au passage que Lionel Jospin s’est bien gardé d’apporter sa pierre à l’édifice, à part la création du Fonds de réserve des retraites (FRR) dont l’abondement prévu est largement insuffisant pour lui faire jouer un rôle significatif.
Alors, faut-il aujourd’hui faire payer aux retraités l’impéritie de l’Etat ? Ce serait une monstrueuse injustice sociale. Le récent rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) montre l’ampleur des efforts de redressement à accomplir. Mais faut-il s’en étonner compte tenu du retard pris par la France dans le traitement de ce dossier auquel s’ajoutent aujourd’hui les effets de la crise économique ?
Le déficit du système de retraite est de 30 milliards d’euros, en 2010, et il se creusera pour atteindre 40 milliards, en 2020, et 62 milliards, en 2030. Il faudra bien se décider à prendre enfin les mesures qui auraient dû être prises depuis longtemps, celles destinées à corriger la dégradation du rapport démographique, mais aussi celles permettant d’assurer le rétablissement des équilibres financiers, seules susceptibles de rassurer les jeunes générations qui ont le droit de savoir ce que sera leur retraite.
Enfin, il faut que tous les retraités soient traités de la même façon. Il est plus que temps de faire converger les régimes de retraite. Aucune justification ne permet d’expliquer raisonnablement les écarts constatés entre le secteur public et le secteur privé, comme par exemple l’âge de liquidation de la retraite (trois ans d’écart en moyenne entre secteur public, hors militaires, et secteur privé). De ces injustices flagrantes, les « néodocteurs » de la protection sociale ne parlent pas. Est-ce parce qu’ils appartiennent au club des protégés de la République ?
Ils feignent aussi d’ignorer que les retraités sont également des acteurs indispensables de la vie sociale. Ils occupent une part prépondérante dans les emplois bénévoles : 30 % des maires de petites communes, plus de 50 % des conseillers municipaux non indemnisés, de 50 % à 80 % des bénévoles des grandes organisations caritatives. Ils aident leurs enfants financièrement quand ils le peuvent, et en nature (garde des petits-enfants) presque toujours. Ils sont souvent les « aidants » de leurs parents âgés en situation de perte d’autonomie et, quand ils le peuvent, ils les assistent lorsqu’ils doivent être placés en établissement pour personnes âgées, faute d’une prise en charge adéquate par la protection sociale.
Les jeunes technocrates qui jettent de l’huile sur le feu vont-ils enfin se décider à regarder de près ce qu’est réellement le monde de la retraite ? Ont-ils conscience que leur tour viendra et qu’ils deviendront retraités d’abord, puis « vieux » ensuite?
Les retraités sont comme les autres citoyens. Ils sont attachés à consolider et pérenniser le système de retraite, pour eux et leurs enfants. Ils savent que des efforts seront nécessaires et sont prêts à en prendre leur part, mais ils veulent que l’on reconnaisse leur véritable rôle social, et ils refuseront les discriminations.
François Bellanger.
Jean-Marie Bockel prépare des assises de la prévention
Dans NORD ECLAIR, publié le mercredi 26 mai 2010 à 06h00
Le secrétaire d’État a d’abord rencontré des jeunes qui rénovent un local acheté par l’association le Gîte à Tourcoing, avant de découvrir son restaurant associatif à Wasquehal.
Jean-Marie Bockel, secrétaire d’État chargé de la Justice, est passé par Tourcoing puis Wasquehal hier pour y découvrir le travail de l’association d’insertion le Gîte.
AMANDINE SELLIER ET MARIG DOUCY > region@nordeclair.fr
« La réponse à la délinquance des mineurs doit être multiple. Tout est au cas par cas » Hier, le secrétaire d’État à la Justice, Jean-Marie Bockel, était donc dans le Nord pour découvrir l’association le Gîte. Implantée notamment à Tourcoing, Wasquehal, Roubaix et Wattrelos, elle prend en charge 134 enfants, ados et jeunes adultes signalés par le conseil général ou la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). À Tourcoing, le secrétaire d’État a visité le chantier d’insertion de l’association.
Un atelier acheté il y a un an et demi, où six jeunes déscolarisés envoyés par l’Éducation nationale ou le conseil général apprennent le métier de maçon, carreleur, électricien. Comme Hacen, 16 ans, un peu étonné de cette visite ministérielle. « Ça fait plaisir, ça nous encourage », explique ce jeune originaire du bd de Metz à Lille, qui a quitté l’école en 5e. Un quartier qu’il qualifie de « quartier chaud ».
Là-bas je n’avais pas d’avenir à part traîner dans la rue. L’école ne me servait à rien, quand je suis entré au Gîte, je me suis dit que j’allais avoir un métier, un futur . » Le secrétaire d’État, à la recherche « d’une réponse efficace à la prévention de la délinquance » , a été séduit.
S’affichant sensibilisé aux questions de prévention et de délinquance des mineurs et des jeunes adultes, l’ancien maire de Mulhouse a salué au restaurant de Wasquehal « la grande diversité des réponses de qualité » proposées par l’État, le conseil général, les communes et les associations.
« Le Gîte prend les jeunes comme ils sont et trouve des projets personnalisés », a résumé son PDG, François Podevin, qui a rappelé que l’association était pionnière en 1987 lorsqu’elle a envisagé d’ouvrir à Roubaix un centre fermé.
La visite du secrétaire d’État dans le Nord était motivée par une prise de température avant « d’organiser d’ici à l’automne des assises de la prévention en France qui ne seraient pas un colloque supplémentaire mais plutôt l’occasion de vérifier que les acteurs partagent bien le même diagnostic » . C’est pourquoi, a-t-il souligné, il a lancé il y a 6 mois un travail d’études sur le sujet. Lui qui se dit persuadé que « plus les interventions se dérouleront en amont, moins les réponses seront lourdes et coûteuses ».
Retraites : le gouvernement va repousser l’âge légal
Par Marie Bartnik.
Le gouvernement a décidé de repousser l’âge légal de départ à la retraite, à 60 ans actuellement, mais n’a pas encore déterminé à quelle limite il le fixerait, affirme une source proche du dossier ce mardi à l’AFP.
Cette fois, le recul de l’âge de l’âge légal de la retraite semble acté. Dans une déclaration à l’AFP mardi matin, une source proche du dossier a confirmé que le gouvernement avait décidé de repousser l’âge légal de départ, sans pour autant avoir déterminé à quelle limite il le fixerait. 62, 63, 65 ans? «Le curseur» n’a pas encore été arrêté, affirme cette source, qui précise que le montant des années supplémentaires travaillées serait déterminé en fonction de paramètres tels que l’allongement de la durée de cotisation ou le montant des nouvelles recettes. Dans les Echos ce mardi, Arnaud Robinet, secrétaire national de l’UMP chargé du dossier des retraites, estimait cependant qu’un recul de l’âge légal à 62 ans, lui semblait «un minimum».
Cette annonce vient confirmer les propos tenus ce matin par Xavier Bertrand dans une interview au Parisien. Alors qu’Eric Woerth et l’Elysée s’échinaient lundi à rappeler que la concertation sur les retraites n’est pas encore close, et que les propositions gouvernementales ne seront pas connues avant la mi-juin, Christian Estrosi et Xavier Bertrand avaient déjà levé un voile sur ce projet.
Le ministre de l’Industrie avait ainsi fait savoir dimanche soir sur RTL que le gouvernement s’orientait «vers une augmentation de l’âge de la retraite, qui devrait dépasser les 60 ans». Une hypothèse confirmée ce mardi dans le Parisien par le secrétaire général de l’UMP. «Si l’on refuse de travailler plus longtemps, c’est qu’on n’a rien compris à ce dossier», martèle Xavier Bertrand, qui suggère de jouer à la fois sur le levier du montant des cotisations, et sur celui de l’âge légal, confirmant les informations dévoilées par la presse ce week-end. «Nous proposons de poursuivre la réforme Fillon de 2003, c’est-à-dire de continuer d’allonger progressivement la durée de cotisation. Il faudra par ailleurs remonter l’âge légal de façon progressive», a-t-il précisé, à deux jours de la mobilisation des syndicats pour la défense de la retraite à 60 ans.
Un relèvement de l’âge de la retraite à taux plein
Ce week-end, la presse avait en effet publié plusieurs orientations envisagées par le gouvernement pour venir à bout de la réforme des retraites. Outre un relèvement de l’âge légal à 62 ou 63 ans, d’application progressive à partir de 2011, la presse évoquait également un relèvement de l’âge de la retraite à taux plein, aujourd’hui fixé à 65 ans. Quant à la durée de cotisation, «arrêtée à 41 ans en 2012, elle pourrait passer à 41,5 ans en 2020 et tourner autour de 42 ans dix ans plus tard». Afin d’accroître les ressources, le gouvernement envisagerait par ailleurs, outre le prélèvement sur les hauts revenus déjà annoncé, de taxer les revenus financiers des entreprises une hypothèse également confirmée par Xavier Bertrand ce mardi et d’augmenter les cotisations retraites, à mesure que les cotisations chômage pourraient décroître. Un scenario cependant envisageable à la seule condition que le chômage baisse durablement.



