Archive pour mars 2010

Réforme des Retraites : Billet n°1

Voici donc une série de billets sur la Réforme des Retraites qui sera le dossier phare des prochains mois. Les suivants paraîtront dans la rubrique « Tribune libre » du blog.  Ce sujet préoccupe au plus haut point La Gauche Moderne.  En effet, il est important de décider enfin d’une réforme qui assure la survie financière du système.  Mais ce serait une erreur de ne considérer que l’aspect financier. Cette réforme doit être l’occasion de prendre en compte les dysfonctionnements, voire même parfois les injustices, du système actuel.  L’enjeu n’est donc pas seulement de se mettre d’accord sur quelles cotisations augmenter (dans le temps, en pourcentage ou en élargissant l’assiette), mais remettre à plat tout le fonctionnement de notre système par répartition pour y introduire plus de justice sociale.  Pénibilité, parcours professionnels ’sinueux’, minimum vieillesse, espérance de vie, égalité homme / femme : les sujets à aborder ne manquent pas.

Commençons aujourd’hui par poser le débat de manière la plus objective possible.

Fait N°1 : Depuis plus de quinze ans, du Livre blanc de Michel Rocard au Conseil d’orientation des retraites créé par Lionel Jospin, la réalité de l’évolution future de notre système est non seulement connue mais aussi partagée par l’ensemble des forces politiques et syndicales du pays. Le choc démographique, avec l’arrivée à la retraite des générations du papy boom, est inexorable.  Le taux de croissance et le taux de chômage sont des paramètres  secondaires qui peuvent contribuer à amortir ou au contraire accentuer les déséquilibres financiers de notre système par répartition.

Fait N°2 : Le financement d’un régime de retraite par répartition repose sur quatre variables

  • la durée de cotisation,
  • le montant des pensions,
  • le taux des cotisations,
  • l’assiette des cotisations.

Fait N°3 : La pénibilité du travail a un lien direct sur l’espérance de vie.  Le système actuel ne prend pas en compte cette dimension.

Fait N°4 : Le taux de chômage des seniors en France  est (anormalement) le plus élevé des pays développés.  Un allongement de la durée de cotisation qui ne serait pas lié à une amélioration de cette situation ne reviendrait qu’à priver une grande partie de nos concitoyens d’une retraite à taux plein.

Fait N°5 : Les pensions de reversion ne prennent pas en compte la contribution à la société des mères de famille.

Fait N°6 : Avec la fin de l’emploi à vie, les situations de personnes ayant changé plusieurs fois de régime de retraite se multiplient.  Pourtant, cette réalité n’est pas prise en compte, conduisant à des injustices graves.

Fait N°7 : Une pension de retraite à taux plein doit permettre à un(e) retraité(e) de vivre dignement.  Les minima d’aujourd’hui ne sont pas à un niveau acceptable.  Leur mise à niveau était un engagement du candidat Sarkozy (et de la candidate Royal).

Fait N°8 : Les Français sont attachés au modèle de retraite par répartition (les actifs d’aujourd’hui paient pour les retraités d’aujourd’hui).

Fait N°9 : La retraite par capitalisation peut être encadrée de telle sorte que les revenus investis soient protégés des aléas du marché (pourcentage minimum d’obligations, etc.).

Au fil des commentaires reçus ici, je serai amené à mettre à jour ce premier article qui pose les bases du débat.  Les prochains billets iront découvrir ce que les confédérations syndicales proposent à l’orée de ce grand débat.

Par SPT

Retraites 2010 : une réforme juste ne peut se limiter au problème du financement

Notre  Ami Simon Pierre TREZEGUET (membre de la commission Pacte Social et cohésion Sociale) nous propose d’engager une réflexion sur la réforme des retraites . Cette réflexion nous la souhaitons participative, mais aussi  sans concession et  constructive .

La Commission « pacte social et cohésion sociale »  de La Gauche Moderne vous propose de participer a cette  réflexion et de fait proposer des contributions. Celles-ci prépareront  en outre notre café po’ du 27 mai 2010, animé par Jean-Claude DELFORGE, Eric FUSILLIER et Jean-Marc PAJOT.

Nous commençons donc aujourd’hui une série de billets sur la Réforme des Retraites qui sera le dossier phare des prochains mois.

Brigitte MAUROY

Le franc parler du Dr Brigitte Mauroy-Le Quotidien du Médecin du : 18/03/2010

RESPONSABLE de La Gauche Moderne dans le Nord-Pas-de-Calais et en 17e position sur la liste de la majorité présidentielle conduite par dans la région par Valérie Létard (secrétaire d’État chargée des technologies vertes), le Dr Brigitte Mauroy – qui est aussi urologue hospitalière – observe avec un œil clinique les scores du premier tour, marqués par la performance de Marine Le Pen (1) : « Nous sommes talonnés par le FN. Il y a eu un vote protestataire ; l’abstention a été très importante [55,47 % NDLR]. Je pense que ce résultat est transitoire. Les choses seront plus équilibrées dimanche prochain. »

Dès lundi matin, le Dr Mauroy a donc repris son bâton de pèlerin, notamment pour parler « santé et région », son sujet de prédilection. « La région Nord-Pas-de-Calais est 22e sur 22 dans beaucoup de domaines, elle l’est aussi pour la prévention des cancers ou l’égalité d’accès aux soins », constate-t-elle, certaine que le Conseil régional peut, s’il le souhaite, changer la donne : « En partenariat avec l’ARS [agence régionale de santé], la Région peut avoir un rôle déterminant d’éducation sanitaire de la population, elle peut aider à étoffer les capacités d’accueil médico-social, elle peut participer à la création de maisons de santé. »

Persuadée que tout réaménagement de l’offre de soins passe par le médecin généraliste, Brigitte Mauroy, au risque de déplaire peut-être à ses compagnons « de liste », ne mâche pas ses mots : « Je crains – non, je suis sûre ! – que pour tout un tas de raisons, on ait oublié les généralistes. Il y a vingt ans, leur pouvoir d’achat était le même mais ils étaient respectés. Que s’est-il passé ? On a rationalisé la santé, ce qui était nécessaire, sauf que dans le même temps, l’évolution de la société a transformé le système en self-service de la médecine, où le généraliste est devenu chef de gondole. » Face à ce mouvement destructeur, le Dr Mauroy défend « le renouvellement du concept de «  médecin de famille  » ». « Le patient doit être au centre du système, bien sûr, mais son généraliste doit être à côté de lui », insiste-t-elle.

Ces questions sont-elles porteuses dans le cadre de la campagne des régionales ? « Il y a un décalage, reconnaît Brigitte Mauroy. Mais une enquête récente menée chez les jeunes de Moulins [quartier populaire de Lille, NDLR] a montré que leurs sujets de préoccupation récurrents étaient l’emploi, le chômage… et l’impossibilité d’obtenir une information vis-à-vis de leur santé. Si l’on veut atteindre l’égalité d’accès aux soins, il faut aussi délivrer une bonne information. »

› K. P.

(1) 29,16 % à la liste du socialiste sortant Daniel Percheron, 19 % à l’UMP, 18,31 % au Front National emmené par Marine Le Pen, 10,78 % au Front de gauche, 10,34 % à Europe Écologie.

Le Quotidien du Médecin du : 18/03/2010

Une antenne de la Gauche Moderne s’installe à Valenciennes-VDN 14 février 2010

ACTUALITÉ VALENCIENNES

Une antenne de la Gauche Moderne s’installe à Valenciennes

dimanche 14.02.2010, 05:06 – La Voix du Nord

Ils ont pour premier objectif de développer le parti dans le Valenciennois.

Le nouveau parti politique de la Gauche Moderne a officiellement pris ses quartiers valenciennois, jeudi. C’est Brigitte Mauroy, nièce et filleule de Pierre Mauroy, qui était chargée des présentations, devant une assemblée composée d’une dizaine de proches et sympathisants. Pas question pour autant de lancer la campagne régionale de l’UMP à la place de Valérie Létard.

Une femme avec laquelle elle apprécie travailler, à l’écoute de ses partenaires, contrairement à Martine Aubry « qui représente le sectarisme » d’un Parti socialiste « sclérosé ».

Heureusement que les hostilités n’ont pas débuté…

Créé en 2007 par un Jean-Marie Bockel démissionnaire du PS, aujourd’hui secrétaire d’État à la Justice, la Gauche Moderne revendique une identité sociale-libérale, proche du Blairisme et réaliste devant les préoccupations des Français. « Nous sommes jeunes et dynamiques. Nous avons un petit 2 000 adhérents. Nous avons pour volonté d’être le moteur social du gouvernement, explique la responsable départementale. Les vrais socialistes, aujourd’hui, c’est nous. » Après Lille, Douai, Boulogne-sur-Mer et Lens, Valenciennes est la cinquième antenne ouverte dans le Nord. Elle compte cinq à six adhérents, regroupés sous la houlette de Monique Hégo, et ne possède pas encore de locaux. L’heure est davantage au développement qu’à la réflexion politique, notamment en arpentant prochainement le marché pour une distribution de tracts, mais le parti avance quelques pistes de réflexion : installation de maisons de convalescence « pour les personnes âgées qui ne savent pas où aller » ; extension des services à la personne dont le temps consacré est insuffisant ; revoir la politique tarifaire des EHPAD ; inciter les entreprises à proposer des CDI aux jeunes ; revoir la lenteur des démarches administratives ; trouver des zones de stationnement gratuit en dehors du centre-ville et instaurer un badge parking pour les personnes fréquentant le Pôle Emploi. • F. GR.

Le Rebond

Au delà d’erreurs commises par le pouvoir, d’un comportement présidentiel qui surprend ou choque souvent, c’est sans doute la crise et ses effets qui sont la cause essentielle de l’échec de la majorité aux élections régionales.

Les Français ne voient pas se concrétiser les espérances que la campagne de Nicolas Sarkozy avaient éveillées en eux, et rendent le Président et la majorité responsables de leurs difficultés et de leurs souffrances, quand elles sont plus sûrement dues à une situation extraordinairement difficile. Alors, ils adoptent, et on peut les comprendre, une attitude de retrait ou d’opposition.

Pour répondre au message d’inquiétude, de déception, de mécontentement que les Français lui ont envoyé, le Président a eu raison de dire que « rien ne serait pire que de changer de cap« . Si des infléchissements sont possibles voire nécessaires, il lui appartient de poursuivre sa politique de relance des investissements et de soutien à l’industrie et à l’agriculture, pour sortir au plus vite de la crise et voir à nouveau baisser le chômage.  Poursuivre également sa politique destinée à moderniser la France afin de la rendre plus apte à bénéficier de la reprise lorsque celle-ci sera effective.Lancer et mettre en oeuvre les réformes essentielles qui ne peuvent attendre comme celle sur les retraites et sur la santé.  Et puis, renforcer son action en faveur de la sécurité et de la cohésion nationale, continuer sa politique d’ouverture. Ce sont les conditions du rebond.

Si l’intervention, lucide et volontaire, faite hier par le Président, en réponse au message des Français, nous convient, nous pensons également qu’il serait utile que dans les semaines qui viennent il rappelle et complète les mesures sociales qui font partie de sa politique et qui justifient, en grande partie, le soutien que nous lui apportons.

Mais, pour que cette  politique soit entendue, peut-être faudrait-il renoncer préalablement au bouclier fiscal à 50%. Cette mesure n’est pas en soi scandaleuse mais, en période de crise l’opposition a su si habilement l’utiliser et la majorité si maladroitement la défendre, que si le Président ne revient pas, d’une manière ou d’une autre, sur cette mesure, sa politique sociale (pourtant réelle et plus solidaire que ne le prétendent les opposants) restera entachée de l’accusation d’être inégalitaire et de vouloir favoriser « les riches ». Quelles que soient les mesures généreuses annoncées et mises en oeuvre, elles risquent de ne pas être audibles. Si Nicolas Sarkozy consent à revenir sur cette mesure, alors sa politique sociale retrouvera une chance d’être comprise et approuvée.

La Gauche Moderne réfléchit en ce moment à une solution qu’elle proposera sans doute bientôt: suspendre pendant 3 ans le bouclier fiscal ainsi que certaines niches fiscales, et consacrer les milliards ainsi récupérés par l’Etat, au Fonds de Réserve des Retraites et à la réduction de la dette.

Dans sa déclaration d’hier, Nicolas Sarkozy a aussi insisté sur l’action qu’il veut développer pour favoriser le pacte social, la laïcité, la cohésion nationale et l’ouverture, gage d’une démocratie exemplaire. On peut regretter que certains élus UMP demandent la fin de cette politique d’ouverture, qui est le refus du clanisme et du sectarisme, dont les précédentes majorités nous ont donné un triste exemple, mais manifeste aussi la volonté de permettre une démocratie apaisée, une République irréprochable voulue par le Président.

En outre, la droite doit prendre conscience qu’isolée et repliée sur ses valeurs, ses propositions, ses responsables, elle n’est pas majoritaire dans notre pays. Refuser de s’ouvrir et de s’élargir, c’est pour elle la certitude de l’échec.

En apportant notre soutien à la politique du Président de la République et du gouvernement, en voulant toujours l’orienter vers plus de solidarité et de justice sociale, c’est, au contraire, la voie du succès que nous voulons ouvrir lors des prochaines échéances.

Marc d’Héré

Surendettement : osons le courage politique !

A l’occasion du projet de loi déposé à l’Assemblée Nationale pour un encadrement plus strict du crédit à la consommation, je republie ce texte du 16 octobre 2009

Le surendettement est une plaie sociale, qui frappe d’abord les plus fragiles.  Ce constat est largement partagé, les mesures pour lutter contre ce phénomène connues.  Pourtant, grâce à un lobbying efficace des bénéficiaires de ces pratiques (organismes de crédit à la consommation, grandes surfaces, etc.), rien ne bouge.  Une discussion au Parlement est prévue pour cet hiver à ce sujet.  Il ne s’agit pas ici de stigmatiser tel organisme financier, ni même d’interdire tel type de crédit (revolving).  Il s’agit uniquement de proposer la mise en place des mécanismes qui permettent d’éviter que des ménages se retrouvent surendettés, souvent sans que cela soit lié à un manque de revenus.

Quelles mesures prendre ?

1/ Mettre en place le fichier positif.  Aujourd’hui, la France dispose d’un fichier négatif, c’est-à-dire listant les ménages présentant des incidents de paiement.  Le fichier positif, qui a été mis en place avec succès en Belgique (réduction drastique du nombre de surendettés), consiste à tenir un fichier de tous les crédits contractés par les ménages, l’objectif étant que les organismes de financement n’accordent pas de nouveau crédit aux ménages déjà lourdement endettés (seuil à définir : 40% du revenu disponible ?).  Bien sûr, des garde-fous s’imposent pour qu’un tel fichier ne soit pas exploité commercialement (la Belgique a trouvé les parades, inspirons-nous en).

2/ Abaisser le taux de l’usure à 10-12% (taux interbancaire plus 10% ?).  Cela limitera mécaniquement les taux des crédits court-terme, qui atteignent souvent plus de 16% aujourd’hui, et abaissera le niveau de risque que les organismes financiers sont prêts à prendre.

3/ Impliquer le Trésor Public : les amendes ou impôts non-payés finissent par représenter des montants très importants.  Cela aggrave la difficulté des ménages fragiles.  Le Trésor Public accepte souvent un échelonnement du paiement, parfois même l’impose par le biais d’une saisie sur salaire, mais accepte rarement d’effacer les pénalités de retard.  Quand on gagne le SMIC, un paiement de 90 euros représente un gros montant.  Sauf à effectuer des démarches, compliquées quand on travaille, le paiement est exigé en une fois.  Sans doute faut-il prévoir un paiement en 6 fois sans frais pour toutes les amendes.

4/ Limiter la vente couplée produit/crédit et clarifier les engagements des cartes Magasin de fidélité et de paiement.  Aménagement de la maison, loisirs : de nombreux commerces s’appuient sur des mensualités très faibles pour vendre leurs produits.  C’est l’accumulation de ces petits crédits qui souvent crée les conditions du surendettement.  De même, les cartes Magasin sont souvent des crédits revolving déguisés.  Il convient de réfléchir à mieux séparer vente du produit et financement, et à mieux informer les consommateurs des services qu’ils achètent.

En conclusion, quelques pistes simples à mettre en oeuvre existent.  D’autrres pays se sont déjà emparés de ce sujet, avec réussite.  Exhortons nos députés à agir dans le sens de l’intérêt général ! Lutter contre le surendettement, c’est oeuvrer à la cohésion sociale…

Par Simon-Pierre Trezeguet

Après les régionales, trouver la bonne réponse !

La majorité présidentielle, qui conserve l’Alsace, gagne la Réunion et la Guyane, (présidant ainsi 3 régions en 2010 contre 2 précédemment) et obtient davantage d’élus qu’en 2004,  évite la déroute qu’un Parti socialiste triomphaliste lui prédisait au soir du  premier tour, tout en subissant un important revers.

Le dépouillement à peine achevé, on se tourne évidemment vers la prochaine élection présidentielle, en cherchant à distinguer si les résultats de cette élection locale, qu’une forte abstention ne rendent pas forcément très significatifs, compromettent  la réélection annoncée de Nicolas Sarkozy. Cela ne sera vraisemblablement pas le cas, si Nicolas Sarkozy sait distinguer le message des Français, s’il sait y répondre en retrouvant ou en remettant l’accent sur  les fondamentaux de sa campagne de 2007.

Nicolas Sarkozy était parvenu, pendant sa campagne présidentielle, à rassembler, autour de valeurs et  d’un ambitieux  projet de réformes,  à la fois la droite traditionnelle et une grande partie des couches populaires jusque là  plutôt favorables à la gauche et au front national. C’est ce rassemblement qui a permis la victoire.

Conformément à ses promesses de campagne (pas toujours bien entendues),  la politique qu’il a mise en oeuvre depuis deux ans est dans une large mesure une politique de centre gauche, qui provoque la déception ou l’incompréhension d’une partie de la droite traditionnelle. L’importance des réformes,  l’ouverture généreusement pratiquée, des mesures sociales comme le RSA, la politique en faveur de l’environnement, le plan banlieues  ou la réforme des collectivités locales sont mal comprises par cette droite qui n’a pas vu changer le monde et la société. Et puis le style du Président, jugé trop réactif et  insuffisamment présidentiel,  la surprend ou  la choque.

Quant aux forces populaires, durement frappées par  la crise, elles ne voient pas se concrétiser les espérances que la campagne de Nicolas Sarkozy avaient éveillées en elles, et rendant le Président responsable de leurs difficultés et de leurs souffrances, sans voir qu’elles sont dues en réalité à une situation extraordinairement et mondialement difficile, elles adoptent,  et on peut les comprendre, une attitude de retrait ou  d’opposition.

C’est  à cette  situation délicate que la majorité est confrontée,  situation qui  se traduit, tout naturellement, par des difficultés électorales. Mais cette situation est provisoire ou peut l’être si la réaction de Nicolas Sarkozy est juste.

Globalement le Président doit garder le cap,  poursuivre  sa politique de relance pour sortir au plus vite de la crise, sa politique de réforme destinée à moderniser la France  et à la rendre plus apte à bénéficier des effets de la reprise lorsque celle-ci sera suffisante, sa politique d’ouverture pour une démocratie apaisée et élargie.

Vis-à-vis de la droite traditionnelle, s’il sait (ce qu’il a déjà entrepris) modifier son  comportement et  son  style, limiter ses interventions pour  se concentrer davantage sur son rôle international et sa responsabilité de garant de la cohésion nationale, il peut retrouver leur soutien. Surtout si cette attitude est complétée par   quelques ajustements politiques mineurs, et des nominations ministérielles bien ciblées pour faire taire les impatiences et les  oppositions internes.  Les électeurs appartenant à la  droite traditionnelle se retrouveront alors sans difficultés derrière lui lors de l’élection présidentielle, où ils ne voudront certainement  pas voir élire le candidat ou la candidate d’une gauche sans projet et qui se radicalise. Les classes populaires, qui devraient commencer à  constater dès le second semestre de cette année que le chômage  et l’insécurité diminuent, que les effets de la crise s’éloignent et que l’avenir devient moins inquiétant, pourront alors progressivement retrouver confiance dans l’action de Nicolas Sarkozy, et redevenir en 2012,  plus réceptif à son projet présidentiel.

En fait, il y a quatre conditions que doit remplir Nicolas Sarkozy, et son gouvernement,  pour avoir toutes les chances d’obtenir le succès.

-          Accroître encore les efforts entrepris dans les deux secteurs essentiels, que sont  la lutte contre le chômage et l’insécurité: des progrès  importants et reconnus dans ces deux domaines sont la condition sine qua non du succès. Aujourd’hui on peut penser que c’est tout à fait réalisable.

-          Poursuivre les réformes essentielles, notamment celle sur les retraites, sur la prise en charge de la dépendance, sur les collectivités locales,  en donnant cohérence à son action réformatrice par des efforts soutenus d’explication.

-          Poursuivre et amplifier la politique d’actions concrètes en faveur de la jeunesse et de l’environnement: les jeunes et les écologistes ne sont pas destinés à rester forcément dans le camp d’une gauche qui, dans la réalité, ne les comprend pas et n’agit ni dans le sens de  leur intérêt  ni  dans celui  de leurs attentes à moyen et long terme.

-           Revenir sur sa seule faute politique: le bouclier fiscal. S’il ne revient pas, d’une manière ou d’une autre, sur cette mesure, sa politique sociale (pourtant réelle) restera entachée de l’accusation d’être inégalitaire et de vouloir favoriser « les riches ». C’est absurde pour une mesure  ni injuste, ni coûteuse,  mais l’opposition a su imposer cette idée. Nicolas Sarkozy doit revenir sur cette mesure,   ce qui permettra à sa politique sociale d’avoir alors une chance d’être  comprise et approuvée.

Si ces quatre conditions sont remplies, les chances seront grandes de voir la situation politique actuelle se modifier, et l’élection présidentielle pourra  se présenter sous les meilleurs auspices, permettant de poursuivre pendant cinq années encore la politique de modernisation de la France et de « réforme juste » au bénéfice des Français,  qui est celle de Nicolas Sarkozy.

Cette politique qu’avec La Gauche Moderne nous approuvons et nous soutenons clairement.

Marc d’Héré

Répondre aux attentes des Français

Communiqué de La Gauche Moderne, après le 2ème tour des Régionales…

La France a besoin de réformes, les Français ont besoin de justice.

C’est parce qu’ils ressentent principalement ce besoin de justice, que la rigueur de la crise économique n’a pas permis encore de satisfaire, autant que la majorité dont La Gauche Moderne se sent pleinement solidaire l’aurait souhaité, que les Français ont manifesté, tant par leur abstention que par leurs votes, un doute, une inquiétude, adressé une alerte.

Ces élections avaient pour fonction le renouvellement des assemblées régionales. Mais qui ne voit que nombre de Français ont saisi cette occasion pour manifester leurs inquiétudes, leurs doutes. Il revient à majorité et au gouvernement de montrer que la politique choisie est bien celle de la réforme juste et qu’elle ne renoncera pas à moderniser notre pays, parce que c’est la condition du renforcement de la justice sociale.

La Gauche Moderne le disait dans sa lettre ouverte il y a deux mois : « La majorité a besoin d’un nouveau souffle pour donner au cap fixé par le Président de la république une incarnation, une traduction politique ».

Elle est décidée, aux côtés de ses alliés et dans l’esprit de responsabilité et de solidarité qui est le sien à y prendre toute sa part.

Lundi 22 mars 2010

La Gauche Moderne

Quelle réponse après l’élection?

Si la majorité parvient dimanche à conserver l’Alsace, à emporter la Réunion et  la Guyane voire une autre région métropolitaine et si  elle termine avec plus de conseillers régionaux élus qu’elle n’en avait eu en 2004, elle aura évité la déroute qu’un PS triomphaliste lui prédit et même la défaite. Mais rien n’est assuré.

Quoiqu’il en soit ces élections seront  certainement défavorables à la majorité, mais l’important sera « l’après élection », la manière dont Nicolas Sarkozy y répondra.

La situation,  difficile il est vrai, doit être analysée, non seulement en terme politique, mais aussi de manière sociologique.

Nicolas Sarkozy avait réussi pendant la campagne de 2007, à rassembler à la fois la droite traditionnelle et une grande partie des couches populaires jusque là  plutôt favorables à la gauche et au front national. C’est cela qui a permis sa victoire.

Conformément à ses promesses de campagne (pas toujours bien entendues),  la politique qu’il a mis en oeuvre depuis deux ans, comme nous l’avons  montré, (voir notamment un article sur ce blog,  »Sarkozy ne mène pas une politique de droite » )  est une politique de centre gauche, qui provoque la déception ou l’incompréhension d’une partie de la droite traditionnelle, notamment la droite « chiraquienne »  archaïque… L’ouverture, des mesures sociales comme le RSA,  la politique en faveur de l’environnement, ou la réforme des collectivités locales est mal comprise par cette droite qui n’a pas vu changer le monde et la société.

Quant aux forces populaires,  elles sont  durement confrontées à la crise et adoptent donc, naturellement, une attitude de retrait ou d’opposition.

C’est cette  situation que nous vivons et elle se traduit, tout naturellement, par des difficultés électorales. Mais cette situation est provisoire ou peut l’être si la réaction de Nicolas Sarkozy est juste.

En dehors de quelques ajustements, de concessions marginales à faire à la droite chiraquienne (notamment en terme de postes ministériels, par exemple pour Baroin!) Nicolas Sarkozy doit poursuivre sa politique de centre gauche: les droites traditionnelles se retrouveront derrière lui lors de l’ élection présidentielle, où elles ne voudront pas faire élire le candidat d’une gauche qui se radicalise. Les classes populaires, qui constateront bientôt que le chômage  et l’insécurité diminuent, que les effets de la crise s’éloignent et que l’avenir devient moins inquiétant, pourront alors retrouver confiance dans l’action de Nicolas Sarkozy, et s’intéresser à nouveau, en 2012, à son projet présidentiel.

Il y a quatre conditions que doit remplir Nicolas Sarkozy, et son gouvernement,  pour obtenir le succès:

-       Réussir dans la lutte contre le chômage et l’insécurité: le succès évident, constaté et  reconnu dans ces deux domaines est la condition sine qua non. Aujourd’hui on peut penser que c’est réalisable;

-       Poursuivre la politique d’ouverture, et donner cohérence à son action réformatrice;

-       Poursuivre et amplifier sa politique en faveur des jeunes et de l’environnement;

-       Revenir, d’une manière ou d’une autre, mais de manière compréhensible par tous, sur sa seule faute politique: le bouclier fiscal . S’il ne revient pas sur cette mesure, sa politique sociale (pourtant réelle) restera entachée du soupçon d’être inégalitaire et de vouloir favoriser « les riches ». C’est absurde pour une mesure qui ne coûte que 500 millions d’euros, mais l’opposition a su imposer cette idée. Sarkozy doit revenir sur cette mesure qui permettra à sa politique sociale d’être comprise et approuvée.

Si ces quatre conditions sont remplies, les chances alors seront grandes de voir la situation actuelle se modifier, et l’élection présidentielle se présentera sous les meilleurs auspices, permettant de poursuivre pendant cinq années encore la politique de modernisation de la France et de « réforme juste » au bénéfice des Français.

Marc d’Héré