Archive pour décembre 2009

Débat sur l’identité nationale

- Communiqué de presse -

La vivacité, la violence même, du débat sur l’identité nationale démontre combien il est aujourd’hui nécessaire.

Aurait-on préféré le maintenir encore sous le boisseau, pour que tout ce qui s’exprime si vivement soit encore et toujours refoulé, avec tous les dégâts que le refoulement créé en profondeur ?

Tout démontre aussi combien le Président de la république a raison de vouloir recadrer et aussi élever ce débat. C’est ce que de son côté a fait Henri Guaino dans sa remarquable intervention d’hier. Ce débat qui touche au cœur de notre nation, doit continuer en 2010, et très au-delà de mars, dates des régionales.

La Gauche Moderne fera le moment venu, quand le débat sera plus avancé, des propositions sur les mesures qui nous paraissent essentielles.

Mais je tiens d’ores et déjà à manifester mon indignation devant la gravité des insultes que certains socialistes adressent à Eric Besson, allant jusqu’à le traiter de collabo, de Déat ou de Laval. C’est inadmissible. J’assure Eric Besson de ma solidarité et de toute mon amitié.

Jean-Marie BOCKEL

Président de La Gauche Moderne

De la social-démocratie au social libéralisme

Le socialisme vit la fin d’un cycle: l’idéologie marxiste s’est effondrée, le monde communiste a disparu, et aujourd’hui  la social-démocratie atteint  ses  limites.  Cette grande idée devenue une grande force, source de progrès social et économique pour la plupart des pays européens jusque dans les années 80, et dont l’influence dépassait  les frontières de la gauche, a  épuisé ses capacités d’innovation et de création.

Sa  vision de la transformation sociale n’est plus en phase avec l’évolution du monde et les attentes des citoyens, ses méthodes et ses moyens ont perdu leur efficacité.

Sur le fond, l’inspiration sociale démocrate,  dans la conception élargie  qui pendant près de cinquante ans  a irrigué l’essentiel de  la pensée et de l’action politique de la gauche européenne, consiste en un certain nombre d’idées  et de  principes devenus inopérants dans les conditions d’aujourd’hui.

Cette inspiration se caractérise par le recours à des  systèmes sociaux nationaux soumis à une faible contrainte extérieure,  nés dans une période de forte  croissance -  et qui,  confrontés à la baisse des recettes et à l’accroissement des dépenses, rongés par les déficits,  se trouvent  désormais démunis et impuissants face à l’aggravation  de la précarité et de l’exclusion. Le  vieil Etat providence qui  se paupérise face au champ infini des besoins, a perdu en efficacité et en légitimité.

C’est la  philosophie de  l’assistance qui pouvait trouver  une  justification quand il fallait élever rapidement le niveau de vie de populations nombreuses et relativement homogènes, mais qui apparaît   aujourd’hui   comme un obstacle au développement de   l’esprit  d’initiative, qui freine  le  dynamisme dont nos  sociétés ont  besoin.  C’est, sur le plan social, une  prise en charge globale et uniforme, qui représente un anti modèle   quand s’affirme la nécessité de sélectivité,  d’adaptation  aux situations particulières pour répondre aux conditions différenciées ainsi qu’aux  aspirations de plus en plus diversifiées des individus.

L’inspiration sociale-démocrate c’est aussi   l’attachement à  une égalité formelle, abstraite, alors que c’est l’équité et une solidarité concrète qui permettront de  retisser un lien social distendu. C’est également la protection  des statuts, des droits acquis, parfois la défense des corporatismes qui représentent autant d’obstacles à la mobilité sociale et   aux  possibilités de réforme.

C’est, particulièrement en France,  une méfiance vis à vis des entreprises et du marché qui   se traduit par une limitation des conditions  de la compétitivité  et de la croissance. C’est la focalisation sur la redistribution des richesses – avec des  résultats de moins en moins significatifs -  en voulant ignorer les moyens de produire ces richesses.  C’est aussi le choix de l’augmentation  des  dépenses publiques et la confiance dans  l’interventionnisme  d’un Etat, qui devrait au contraire se concentrer sur ses missions essentielles, alléger son fonctionnement pour dégager des marges de manœuvre notamment sociales.

Sur le plan international, c’était enfin au-delà d’un internationalisme militant, l’absence  de l’Europe dans le rapport de force mondial -  le parapluie américain lui ayant permis de  ne pas avoir à  financer sa propre défense -  alors qu’  il lui   appartient aujourd’hui de s’affirmer sur la scène internationale, d’être plus présente   et plus active  dans le monde.

S’éloignant d’une inspiration, devenue avec le temps  conservatrice,  délaissant   ces orientations  qui ne préparent pas à l’avenir, dans toute l’Europe une autre  gauche s’est affirmée, réaliste  dans sa prise en compte  de l’environnement mondial,   moderne et progressiste  dans sa vision  économique et sociale. Une gauche qui veut retrouver l’inspiration première, émancipatrice, « libérale » et  pré marxiste  du socialisme, la moderniser en l’adaptant aux conditions du monde et à l’état de la société  d’aujourd’hui.

On pourrait parler d’une  conception  « socialiste  libérale » qui animerait les gauches d’Europe, alors que les socialistes Français  éprouvent  la plus grande difficulté  à abandonner   les schémas et les modes de pensée traditionnels. Derniers « révolutionnaires », il y  a trente ans quand toute l’Europe était sociale démocrate,  ils semblent devenir, avec réticence,  sociaux démocrates, quand les gauches européennes s’affirment« sociales libérales ». Leur avenir s’annonce bien sombre!

Marc d’Héré

La Gauche Moderne veut rénover la gauche

Jeudi 17 décembre 2009

La Gauche Moderne est un parti de gauche, animé par Jean-Marie Bockel, qui a choisi de soutenir la politique de réforme juste voulue et appliquée par le Président de la République. C’est encore un petit parti, mais un parti qui a une grande ambition, être l’acteur principal de la rénovation de la gauche, en rénovant ses idées, son projet, son programme.

Nous devons d’abord admettre que  la mondialisation est un fait qu’il est vain de nier. Si nous devons nous protéger des menaces qu’elle recèle, comme la financiarisation à outrance de l’économie, nous devons savoir saisir les opportunités de développement qu’elle nous offre.

En encourageant le rôle régulateur des institutions internationales, les programmes internationaux de recherche et les mécanismes d’aide au développement, nous en ferons le cadre où se développeront des politiques coordonnées  de réduction des inégalités, de développement durable, de protection des ressources naturelles et d’utilisation de nouvelles sources d’énergie.

L’Union Européenne contribuera à cet objectif de bonne gouvernance mondiale et de développement équilibré, en s’affirmant comme  un acteur influent de la scène internationale. La volonté de coopération internationale multiforme, politique, économique, environnementale et pour la paix, la défense exigeante des droits de l’Homme, la solidarité avec les Etats-Unis dans leur lutte contre le terrorisme, la concrétisation du projet d’Union pour la Méditerranée, l’affirmation d’une politique européenne d’immigration concertée et de co-développement, en seront tout à la fois  les bases et les outils.

Nous voulons une Europe politique, dotée d’institutions démocratiques lui permettant de décider et de développer des politiques communes. Nous voulons asseoir son modèle économique et  social sur le dynamisme économique, la flexisécurité, et la lutte contre les inégalités, réorienter les efforts budgétaires et les investissements vers les secteurs d’avenir, vers la recherche et l’innovation, la formation, la solidarité inter régionale.

Sur le plan national, nous voulons un Etat centré sur ses missions essentielles, avec une place particulière donnée à l’éducation, à la justice, à la sécurité, qui est un droit pour le citoyen  et exige politique de prévention, fermeté dans la sanction, aide à la réinsertion.

Nous voulons un Etat qui, agissant par l’orientation, l’incitation, l’évaluation, plus que par la réglementation, soit doté d’une administration aux statuts moins rigides et dans laquelle puissent être valorisées, l’initiative et la responsabilité. Un Etat aux dépenses de fonctionnement limitées, retrouvant la capacité de dégager des marges de manœuvre budgétaires, au bénéfice des politiques sociales et des investissements d’avenir. Nous faisons le choix d’une organisation régionalisée. Les collectivités locales seront dotées de compétences étendues et exclusives, soutenues par des ressources propres. Contre le dogme stérilisant de l’uniformité, la diversité de structure et de fonctionnement deviendra une réalité et la plus grande place sera accordée aux initiatives et aux interventions des acteurs locaux et du monde associatif.

Nos services publics répondront d’autant mieux à leurs objectifs d’utilité sociale et de solidarité, comme aux nécessités de l’efficacité, qu’ils pourront disposer d’une large autonomie de moyens et de décision, et qu’ils s’inscriront dans le cadre d’une concurrence régulée, comme d’une coopération public/privé étendue.

Nous voulons favoriser le rôle positif du marché, créateur de richesses, tout en permettant à une régulation d’en corriger, si nécessaire, les injustices et les incohérences. Nous voulons une concurrence loyale, source de créativité, condition de la croissance et des gains de pouvoir d’achat et qui, en s’opposant aux situations héritées et de monopole, facilite  la mobilité et la promotion sociale. C’est la libération des énergies, l’initiative, la concurrence qui permettront le développement.  C’est le développement qui nous donnera les moyens de la solidarité.

Refusant l’égalitarisme formel, les politiques de redistribution non ciblées, nous voulons une égalité des chances ou une « égalité des possibles » permettant à chacun de maîtriser son destin. Pour corriger concrètement les inégalités, nous concentrerons les moyens de la solidarité d’abord sur les plus vulnérables, nous défendrons la proportionnalité des contributions et le versement des prestations sous condition de ressources, nous lutterons contre toutes les discriminations.

Nous refusons les situations acquises, les privilèges, les statuts rigides et  exagérément protecteurs. L’éducation et la formation, l’incitation à l’emploi, le soutien aux initiatives dans nos villes et nos banlieues, devront permettre à chacun d’avoir sa chance, et d’en retrouver une en cas d’échec. Notre politique sociale se doit d’être d’abord un tremplin, avant d’être, lorsque nécessaire, un filet de sécurité.

Pour permettre à la France de poursuivre sur le chemin du plein emploi, nous privilégierons la flexisécurité, la responsabilisation des acteurs, le soutien aux individus plus que la protection des activités ou des emplois condamnés. Une politique de croissance durable, la formation tout au long de la vie, l’incitation à la responsabilité et à la mobilité, l’assouplissement négocié du droit du travail, la conditionnalité des aides et des prestations en seront les principaux moyens.

C’est sur ces bases, adoptées par la plupart des mouvement sociaux démocrates et sociaux libéraux d’Europe, que se fera la rénovation de la gauche. Or cela n’est pas envisageable pour le parti socialiste. Non pas que ses leaders soient moins intelligents ou moins imaginatifs que les autres, mais parce que la situation politique dans laquelle ils sont placés le leur interdit.

D’abord parce que la majorité de leurs militants, comme leur clientèle politique (majoritairement agents de la fonction publique et employés moyennement qualifiés) craignant d’être les victimes du changement qu’une rénovation impliquerait, s’accrochent à leurs statuts ou à leurs  droits acquis. Le parti socialiste qui n’a jamais fait vis-à-vis d’eux la pédagogie nécessaire, ne prendra pas le risque de les inquiéter et de perdre leur vote.

Ensuite parce que les socialistes ne peuvent se passer au 2ème tour, des voix du PC, des divers alter mondialistes, et de celles de l’extrême gauche. Or ces mouvements n’accorderont jamais leur soutien à un parti qui se prononcerait pour une politique du type de celle indiquée plus haut. Le PS, (en admettant qu’il le veuille ce qui est loin d’être évident), ne pourra donc pas s’engager de manière sérieuse sur la voie de la rénovation.

Or, en France comme ailleurs, cette rénovation se fera. Elle ne pourra donc venir que d’un mouvement dégagé de cette clientèle et de ces alliances qui conduisent à l’immobilisme.

La Gauche Moderne peut et veut être le parti qui rassemblera tous ceux qui sont prêts à ce choix courageux et indispensable de la rénovation de la gauche et veulent contribuer au succès de la politique de réforme juste, dans le cadre de la majorité présidentielle.

Marc d’Héré

En chaque Français, il y a un étranger

L’historien et écrivain Max Gallo se mêle au débat sur l’identité nationale. Sans détour.

lepoint.fr : Le débat sur l’identité nationale est-il nécessaire ?

Max Gallo : Je le crois, parce que l’ensemble des nations traverse une période de transition marquée par les nouvelles technologies. Ces dernières modifient les rapports des hommes

entre eux, des hommes à leur État et des hommes à la politique. Je pense en particulier à la spontanéité et à l’immédiateté de l’intervention du citoyen par le biais d’Internet. Cette période est aussi marquée par des variations des équilibres démographiques, avec de grands déplacements de population, au moins pour quelques décennies encore. Naturellement, tout cela modifie ou, du moins, interroge la conception habituelle que nous avons de la nation. Sans compter que notre histoire nationale est celle d’un pays ouvert qui n’est pas composé d’une population homogène. En chaque Français, il y a un étranger.

Certains estiment que l’identité nationale est une affaire d’histoire et qu’il ne convient pas aux politiques de l’accaparer…

Ces gens ne connaissent pas l’histoire. Depuis les Capétiens en passant par Louis XIV jusqu’à l’époque révolutionnaire et la IIIe république, le pouvoir s’est soucié de la question de l’identité nationale. Prenons un exemple flagrant : en 1879-1880, la République décide de fixer la date de la fête nationale au 14 juillet et de fixer l’hymne national. C’est bien évidemment une intervention politique. Quand la Constituante décide de passer de l’expression « roi de France » à l’expression « roi des Français », c’est la même chose. Le 10 juillet 1940, le maréchal Pétain a évidemment forgé une nouvelle identité en choisissant « travail, famille, patrie » comme devise à la place de « liberté, égalité fraternité ». À chaque instant de notre histoire, il y a eu interrogation sur la question de l’identité nationale et, à chaque fois, les politiques sont intervenus dans le débat. Aujourd’hui, il s’agit de l’ouvrir et non de le fermer. Nous sommes heureusement en République : j’imagine que le gouvernement n’a pas l’intention d’imposer quoi que ce soit.

Qu’est-ce qu’être français aujourd’hui ?

Premier point : être français, c’est aimer la France, c’est-à-dire connaître son histoire, aimer les paysages travaillés par les hommes : nous avons bâti un espace monumental urbain qui nous définit. C’est une définition affective, mais très importante. Il n’y a pas de réflexion sur le fait d’être français si on ne commence pas à dire que l’on a un lien particulier fait d’attirance et d’amour pour son pays.

Deuxième point : Fernand Braudel a parlé de « problématique centrale de la nation ». C’est une notion intéressante parce qu’elle signifie qu’il n’y a pas de points fixes, mais des points de repère qui encadrent l’identité nationale. Il y a d’abord le droit du sol : on ne demande pas à un Français quel sang coule dans ses veines parce que nous avons toujours été parcourus par des peuples venant du Nord, de l’Est, du Sud, et dont beaucoup se sont enracinés. Il y a ensuite l’égalité, permanente en France depuis le Moyen-Âge. On ne peut pas toucher à cette symbolique de l’égalité des chances sans déclencher des fureurs. Il y a aussi le rôle de l’État, la laïcité et la langue. Il faut parler le français. La construction de la langue a commencé au XVIe siècle, en 1539, avec l’édit de Villers-Coterrêts qui a imposé dans les textes juridiques la langue française. Qui dit langue dit école. Puisque nous avons en nous une part d’étranger, elle a un rôle central. C’est le lieu où se forge la citoyenneté. Ce qui amène à un autre point : le rapport individuel des citoyens avec l’État. C’est ce qui nous oppose au communautarisme. Il y a aussi « la sociabilité française », c’est-à-dire notamment l’égalité homme-femme, qui s’est forgée dans l’amour courtois, les favorites, les femmes savantes… Nous avons toujours imposé au rapport homme-femme une règle qui existe dans fort peu de pays : l’épanouissement de la femme. Un autre point, c’est la conscience du risque d’émiettement de la nation parce que nous sommes divers. Il y a toujours un risque de « guerre de religion ». Pas seulement des frondes, d’affrontements politiques, mais aussi de guerres civiles violentes. Il y a enfin la vocation universaliste. Elle renvoie au rôle qu’a joué la France à l’intérieur du catholicisme. La France était la fille aînée de l’Église. D’une certaine manière, elle est devenue Marianne, la fille aînée des Républiques.

Pourquoi le risque d’émiettement de la nation est-il fort aujourd’hui ?

Il y a une responsabilité des élites qui, depuis 30 à 40 ans, n’ont jamais tenu de discours sur l’identité nationale. Par peur de l’extrême droite, ils ont abandonné au Front national la symbolique nationale. Ils n’ont pas tenu de grands discours sur l’intégration. Surtout, la réalité sociale et économique ne favorise pas l’intégration : il n’y a plus d’école ni de service militaire… Nous n’avons pas dit aux immigrés que nous sommes un pays qui a déjà une histoire dans laquelle ils doivent s’insérer pour la modifier, comme nous l’avions fait sous la IIIe république avec les immigrés italiens, polonais. Ce n’est pas parce qu’ils étaient européens que c’était plus facile. Il ne s’agit pas de dire « nous sommes des Gaulois », mais « il y a des Gaulois ». Autrement dit, il s’agit de souligner que la France ne commence pas avec l’arrivée sur le sol de la dernière vague d’immigration. C’est la question du rapport à l’histoire. C’est pour ça que j’ai toujours été réservé sur la question de la repentance. Autant je crois qu’il ne faut rien dissimuler de l’histoire nationale, et Dieu sait si elle est riche en crimes, en erreurs, en guerres injustes, en esclavage, autant je pense qu’il ne faut pas en faire une histoire criminelle. L’histoire de France ne vaut ni plus ni moins que les autres histoires nationales. Mais on oublie souvent qu’il n’y a jamais d’intégration immédiate. Je suis fils d’immigré italien : en 1893, il y a eu des pogroms contre les Italiens. Il ne faut jamais demander au nouvel arrivant de renoncer à cette part étrangère de lui-même. Elle enrichit la nation à condition qu’elle s’inscrive dans cette problématique centrale de la nation et de ces paramètres que j’ai définis.

Quel est l’apport de l’immigration à l’identité nationale ?

La France s’est construite dans un amalgame permanent entre des individus arrivant de l’étranger et puis ce sol, ce lieu, cette histoire de France. Nous sommes quand même le pays de la reine Marie de Médicis, de Richelieu, de Mazarin, de Léon Gambetta. Autrement dit, nous sommes ouverts. Pour des raisons géographiques, puisque nous sommes le Finistère européen, traversé du nord au sud. Nous sommes à la fois flamands et occitans, germaniques et celtes. Si, à l’évidence, il y a des racistes en France, la France n’est pas et n’a jamais été un pays raciste. Elle est le pays d’une histoire, de l’étranger dans chaque Français.

Comment renforcer l’identité nationale ? En chantant la Marseillaise à l’école, par exemple ?

En apparence, cette mesure ne change rien. On peut même en sourire, voire la contester. En réalité, c’est important d’avoir un discours sur l’identité nationale. J’espère qu’on renforcera l’enseignement du français, le principe de la laïcité, et le respect des symboles nationaux, républicains. Il faut aussi que l’intégration puisse se réaliser au travers de la vie sociale et économique. Cela passe par des mesures ponctuelles, modestes, mais rigoureuses, comme peut-être le CV anonyme. Mais ces questions doivent être étudiées techniquement et expérimentées.

Max Gallo dans Le point.

Communiqué

C’est à travers un biais malsain, celui des minarets, que l’extrême droite populiste suisse a posé la question de l’intégration de l’Islam dans le champs public. Lui emboîtant le pas, nombre de médias européens souhaitent poser ainsi la question, cherchant plus à susciter l’émotion que la réflexion sereine qui serait nécessaire.

La façon, dont les électeurs suisses ont réagi, montre qu’il y a une crainte forte dans la population suisse, qui est probablement aussi présente en France, devant les manifestations internationales de l’islamisme fondamentaliste. Au delà du terrorisme, la condition faire à la femme, l’interdiction de toute autre forme de religion dans de nombreux pays qui se réfèrent à ces dogmes entretiennent cette crainte.

L’Islam de France, qui s’est doté d’une structure de dialogue et de représentation qui aide à la perception de sa volonté d’intégration dans le cadre laïque de notre république, ne ressemble en rien à ces modèles totalitaires, pour qui la religion n’est qu’un prétexte. Son existence contribue à affaiblir et faire reculer les courants extrémistes, donc chacun sait qu’ils ont aussi des relais dans notre pays.

C’est pourquoi, il est toujours préférable, plutôt qu’une mosquée clandestine dans le sous-sol d’une cité, qui favorisera la radicalisation, la construction d’un édifice de prière. Naturellement celui-ci devra s’intégrer dans la tradition d’urbanisme de la ville et du quartier ou il est construit. Les mosquées ont, par nature, leurs minarets, ceux-ci ne doivent pas transformer le paysage qui les entoure, l’architecture et l’urbanisme modernes savent fournir tous les moyens pour que ce soit aisément le cas.

La Gauche Moderne, approuve le fait que des maires de grandes villes, comme Marseille ou Mulhouse aient choisi d’autoriser la construction de mosquées dans leur ville, dans le respect de l’architecture et de l’environnement, comme l’avait déjà fait Paris il y a plus de cent ans, avec un succès qui ne se dément pas, rencontré auprès de parisiens, de toutes origines, depuis lors.

La Gauche Moderne,
Mardi 1er décembre 2009

www.lagauchemoderne.org

Mardi 1er décembre 2009