Archive pour novembre 2009

Invitation Café Politique

Brigitte MAUROY
Conseillère Municipale
Responsable Régionale de la Gauche Moderne

Vous invite au Café Politique, organisé par :

Béatrice CZERNIAK et Hafid CHEHIH.

Il se déroulera :

Le Jeudi 5 novembre 2009
De 19h30 à 21h30

A la Brasserie de la République
117/119 boulevard de la Liberté (angle du boulevard et de la rue Jean Sans Peur)

Thème : Prévention Délinquance Jeunesse ?
Etat des lieux
Le point de vue des agents de sécurité
Le point de vue des policiers
Proposition et synthèse

Venez nombreux ….

Brigitte Mauroy

La Gauche Moderne répond aux propos de Martine Aubry

Le Mardi 24 novembre 2009

Les propos démagogiques et irresponsables tenus à Grenoble le week-end dernier par Martine Aubry, premier secrétaire du Parti Socialiste lors du Congrès du MJS sont à la mesure du naufrage politique, intellectuel et moral où semble s’enfoncer chaque jour davantage cette formation politique, en proie aux querelles de personnes, à la débâcle intellectuelle et à la désorientation politique.

Martine Aubry – au-delà d’un véritable florilège d’attaques injurieuses visant notamment le Président de la République – a en effet annoncé qu’elle souhaitait que le bureau national du parti Socialiste qui se réunira le 24 novembre s’engage dans le sens d’une régularisation large des sans papiers.

Les exhortations de Madame Aubry peuvent peut-être séduire une pseudo « gauche morale » des beaux quartiers, ils ne convaincront jamais l’électorat populaire, qui sait que l’immigration clandestine, dans un contexte de crise globale, tire les salaires vers le bas et fragilise le droit du travail.

L’appel aux politiques de régularisation massive avec lesquelles entend renouer Mme Aubry est pour le moins anachronique, quand l’ensemble des gouvernements de l’Union européenne, y compris les gouvernements socialistes y ont renoncé. Un tel affichage provoquerait inévitablement un effet d’appel d’air encourageant l’immigration irrégulière et faisant la fortune des passeurs.

Les résultats de cet appel au renforcement de l’immigration clandestine seraient incompatibles avec les exigences de cohésion sociale et nationale, de protection de l’emploi, de juste rémunération du travail et de défense des droits sociaux.

Dans un contexte, où il convient de privilégier comme s’y emploie le gouvernement une politique

d’intégration des migrants, et d’égal traitement entre résidents étrangers en situation régulière et nationaux, cette orientation conduirait sans aucun doute à exacerber les tensions au sein de la société française et à faire le lit du populisme et de la xénophobie.

Au moment même où le gouvernement s’apprête à affiner les critères de régularisation de certains salariés en situation illégale au regard du droit au séjour et à prendre des sanctions contre les employeurs qui utilisent une main d’oeuvre composée de salariés en situation irrégulière et profitent de leur vulnérabilité pour imposer des conditions de travail et de rémunération indignes, le Parti Socialiste entend renouer ainsi avec une politique démagogique, dangereuse pour les intérêts du monde du travail.

Fidèle à une culture de gouvernement responsable et généreuse, La Gauche Moderne ne peut que déplorer et combattre une telle dérive et apporter son soutien à la politique mise en oeuvre par le Président de la république et le gouvernement, seule garante de la pérennité de notre modèle social.

La Gauche Moderne,

Bockel quitte la tribu des beni-oui-oui du sarkozysme

Jeudi 19 novembre 2009

Article publié sur le blog de Philippe Bilger, et sur le site Marianne2 le 17 novembre 2009

Placardé à un secrétariat aux compétences mal définies, Jean-Marie Bockel s’affirme à propos de la réforme de la justice et fait entendre sa voix pour la première fois depuis l’épisode Bongo. Philippe Bilger apprécie sa liberté d’esprit.

Justice sous tutelle, sur Canal Plus : on pouvait craindre le pire  avec un tel titre, avec la vision prévisible de Thierry de Lestrade, Brigitte Vital-Durand  et certains des intervenants. Notamment un ancien magistrat ayant abandonné ce métier et évidemment impitoyable avec son passé ! Pas un n’était prêt à formuler, dans ce désastre collectif prétendu, la moindre lueur d’espérance et d’équité. Seulement du défaitisme, de la morosité et aucun orgueil de la fonction. Comment mettre en confiance le citoyen avec un tel paysage, systématiquement poussé au noir ! On pouvait craindre le pire et on l’a eu.

Aussi, c’est avec bonheur que j’ai eu envie de me ressourcer auprès des interventions récentes de Jean-Marie Bockel qui, s’il ne peut à lui seul restaurer une meilleure image de la Justice, a au moins le mérite de nous offrir une représentation ministérielle qui tranche non seulement par rapport aux ministres dits d’ouverture (sur quoi ?) mais aussi à l’égard des fidèles d’origine. En effet, alors que son champ de compétence devait concerner les immenses difficultés pénitentiaires (et qui le demeurent) et qu’il s’est vu promu « généraliste » sans affectation particulière, il a su, contre certaines dérisions ou moqueries, marquer son terrain et faire reconnaître sa place.

A mon sens, l’aide éclairée de Laurent Marcadier, son directeur de cabinet, n’a pas été pour rien dans cette bienfaisante affirmation de soi sur les plans technique et politique. Car rien n’est plus difficile que de démontrer, par sa seule pratique, à quel point on est utile, lorsqu’on ne cultive pas la surenchère admirative qui vous garantit une bienveillance mécanique du Pouvoir et qu’on travaille sous l’autorité d’un garde des Sceaux qui n’en manque pas.

Et Jean-Marie Bockel a  persuadé les sceptiques qu’il avait du talent pour exister.

Il l’a prouvé avec éclat au cours de cette fin de semaine où aussi bien dans le Journal du Dimanche que sur LCI il a formulé plusieurs orientations au sujet de l’instruction. Elles ont suscité des réactions multiples d’abord parce qu’elles sont venues contredire apparemment l’axe central du rapport Léger : la suppression du juge d’instruction, ce qui n’est pas une mince audace quand on songe à l’injonction présidentielle du mois de janvier 2009, ensuite en raison de leur teneur qui ne peut laisser personne indifférent.

J’avoue, sans doute à cause de la pente de ma personnalité, que j’éprouve un vif plaisir à lire et à entendre un secrétaire d’Etat qui, certes encore dans une phase d’écoute et de réflexion, n’hésite pas à revenir sur le dessein initial en se fondant sur un processus qui l’a conduit, avec d’autres, à remettre en cause ce qu’on croyait gravé dans l’airain gouvernemental.  Je ne surestime pas non plus les effets de cette liberté intellectuelle puisque Jean-Marie Bockel ne l’a pas manifestée pour s’opposer mais par honnêteté et qu’il se pliera aux arbitrages susceptibles de le contredire.

Pour ma part, cette démarche en rupture avec l’inconditionnalité sur le fond qui empêche en réalité toute avancée stimulante me touche d’autant plus qu’elle bat en brèche la procédure accusatoire que je défends et la suppression de l’instruction à laquelle je tiens mais pas à n’importe quelle condition. On n’a pas besoin d’être d’accord avec lui pour l’estimer.

Jean-Marie Bockel, conscient de cet impératif – il serait en effet inconcevable de ne pas traiter de la réforme du Parquet pour garantir son indépendance – fait à nouveau référence à ce jalon capital. Il faudra bien aborder de front ce bloc, cet écueil et traiter un jour ou l’autre ce problème. C’est une pierre non négligeable de suggérer qu’on ne puisse plus passer outre les avis du Conseil supérieur de la magistrature pour les nominations du Parquet. Cela fait peser la responsabilité sur le CSM qu’on crédite peut-être trop vite d’une absolue lucidité dans ses choix. Reste que ce qui est évoqué constituerait tout de même un progrès.

Plus profondément, Jean-Marie Bockel, en proposant un « collège de l’instruction » pour les affaires les plus sensibles et les plus complexes – les dossiers de terrorisme, de corruption, de criminalité organisée ou de santé publique -, ouvre une piste qui culminera en trois phases essentielles : la mise en cause, le placement en détention provisoire et le renvoi devant une juridiction de jugement. Je ne suis pas persuadé que ce retour de l’instruction, avec la collégialité en prime, constitue une panacée même si la discussion publique des charges, à privilégier, serait de nature à éviter les étouffements permis par le secret et l’officieux de la justice. Je regrette toutefois que l’alternative n’existe qu’entre une instruction restaurée ou un accusatoire inachevé. Il y a cependant dans les perspectives présentées par Jean-Marie Bockel un pavé dans la mare du « judiciairement décrété » et l’amorce d’un véritable et courageux débat.

Que Jean-Marie Bockel demeure ce qu’il est et ne rentre pas dans le rang.

Par La Gauche Moderne Haute Normandie – Publié dans : Politique française – Communauté : la gauche moderne

A propos de l’identité nationale

Mercredi 4 novembre 2009

Par Gilles Casanova pour La Gauche Moderne…

Lorsqu’il y a 25 ans, surgissait électoralement, à l’occasion des européennes, le Front National, qui s’était illustré localement l’année précédente à Dreux, comment ne pas percevoir que c’était la question de l’identité nationale française, qui, parce qu’elle avait été trop longtemps oubliée, surgissait sous une forme exacerbée par les difficultés économiques du moment, et allait nourrir un discours populiste d’extrême droite.

La gauche, comme la droite, ont choisi à ce moment là de condamner le Front National, mais sans répondre à cette question qui avait fait renaitre l’extrême droite française de ses cendres. Le vocabulaire de la nation, comme son drapeau ont vite étés abandonnés à Jean-Marie le Pen, sans débat, sans combat, par beaucoup de responsables politiques qui craignaient, plus que tout d’être dénoncés comme « ringards » ou « France-moisie » par les médias dominants de l’époque. Ils ont choisi le seul terrain de l’antiracisme pour contrer la progression de l’extrême droite, avec l’insuccès que l’on sait.

Aujourd’hui, 25 ans plus tard, c’est parce qu’il a osé poser cette question, dans la campagne présidentielle, sans détour, que Nicolas Sarkozy a fait reculer massivement le vote en faveur du Front National.

C’est dans cette situation nouvelle que, conformément à l’intitulé de ses fonctions, Éric Besson lance ce grand débat national.

Ceux qui osent accuser la majorité de faire une diversion politicienne avant les élections régionales devraient avoir honte d’eux-mêmes. Quel meilleur moment pour avoir un débat si important, et qui a miné la vie politique de notre pays pendant 25 ans, faute d’avoir eu lieu, qu’avant les élections ? Si on veut faire un vrai débat, et pas un simulacre, alors il faut le faire, tout naturellement, à ce moment là, qui est celui où les Français s’intéressent le plus à la politique. Et quelles leçons devrait-on recevoir de ceux qui n’ont jamais voulu ou jamais su lancer ce débat, pendant les nombreuses années où ils étaient au gouvernement du pays…

Ce débat, auquel La Gauche Moderne prendra toute sa part, doit sortir de la forme manichéenne et excessive qu’il a pris faut d’être mené.

D’un côté, on trouve une vision restrictive de l’identité française, passéiste. Une vision qui sert d’abord à exclure, sous prétexte de préserver la Nation. Dans le slogan, « la France, aimez-là ou quittez-là », on sent bien que c’est la seconde proposition qui a la faveur de l’auteur. Il s’agit là d’une vision ancienne de la France, fondée au temps du colonialisme, lorsque les nations européennes avaient le sentiment d’apporter La civilisation à des barbares de par le monde. Elle sous-tend une vision de l’assimilation des nouveaux arrivants – qui pour la plupart viennent de territoires qui furent nos anciennes colonies – qui ne correspond plus à l’état de la planète. C’est l’assimilation par contrition, devant la grandeur de la France, et la reconnaissance de l’œuvre civilisatrice universelle de la colonisation, qui est là proposée. Chercher à imposer cela aux enfants et aux petits enfants des combattants de l’indépendance algérienne, par exemple, c’est être certain de créer sur notre sol rancœur et désamour à l’égard de la Nation, chez des femmes et des hommes, souvent jeunes, qui n’ont pas eu et n’auront pas d’autre patrie que celle qui est inscrite sur leur carte d’identité : la France. C’est s’assurer qu’immigration rimera durablement avec délinquance, spécialement dans la jeunesse.

De l’autre côté, de beaux esprits, souvent intellectuels protégés du monde et de ses dures réalités, se sont plus à prendre le strict contrepied de cette position. La France coupable de tant de siècles de colonisation « doit payer ses dettes de sang ». Comment ? Les arrières petits enfants des colonisateurs – que nous sommes collectivement – doivent accepter tout ce qui plaira au dernier arrivant venu. On devra accueillir tous ceux qui le souhaitent sans aucun contrôle, et les faire bénéficier de nos régimes sociaux très favorables. Tous les droits pour les « enfants des victimes de la colonisation », aucun devoir, en retour leurs aïeux ayant déjà donné… Voilà pour la version d’extrême gauche. Une version plus modérée, mais dans le même esprit, est répandue chez nombre de responsables socialistes. Il ne s’agirait plus pour la France, d’assimiler, comme elle l’a fait pendant des siècles, des populations venues d’ailleurs pour faire, avec elles – à égalité de droit et de devoirs entre les anciens et les nouveaux arrivants – une culture française collective et contribuer à un Génie national propre. Au contraire, la France devrait devenir une nation multiculturelle, dans laquelle les arrivants et leurs descendants pourraient vivre dans leur propre culture – à côté de la culture française d’origine – une vie rythmée par les programmes des chaines satellites du pays d’origine de leurs anciens. À la société française d’aplanir d’éventuelles difficultés, liées au plein exercice de leurs coutumes ou cultes parfois exigeants. Cette société désarticulée, qui est bien souvent celle qui prévaut dans les banlieues de nombre de grandes villes, il n’est pas besoin de grands efforts pour la généraliser au pays tout entier, mais quel avenir aurait-elle. Le chaudron ainsi créé, éclaterait vite…

Dans les deux cas, ce qui frappe, c’est le renoncement à la France.

On ne fera pas la France de demain en imposant à ceux qui la rejoignent de renier leur culture ou leur passé. On ne leur imposera pas de relire l’histoire du seul point de vue des colonisateurs notamment. Ceux qui proclament cela ont déjà renoncé, il n’est qu’à lire le fait que, bien souvent, ils présentent la France comme envahie, voire asservie par les étrangers. Il n’y a pas d’espoir dans cette voie

On ne fera pas plus la France de demain en l’abaissant, comme si elle n’avait plus la force de parler à d’autres civilisations, comme si elle n’avait plus rien à dire au monde, ni même à ceux qui la rejoignent venant de tant de régions différentes.

La voie que nous proposons ne renonce pas à l’assimilation, mais au sens plein du terme. C’est d’une double assimilation qu’il s’agit, et c’est cela qui a « fait France » pendant tant de siècles. Jusqu’au milieu du XX° siècle, la France a su assimiler l’apport culturel et civilisationnel que portaient avec eux les nouveaux arrivants, et leur faire bénéficier en retour de ce génie spécifique qui ne s’est jamais dissout dans un pays ou la nationalité n’a jamais été liées à la couleur de la peau, ni la religion, ni l’origine, mais à la volonté de vivre ensemble.

Il faut retrouver cette dynamique que les difficultés de la décolonisation ont un temps interrompue. Il faut retrouver la force de montrer aux jeunes générations issues de l’immigration quel avenir prometteur la France peut leur proposer si ils jouent le jeu de la construire pleinement, sans renoncer en rien à leur histoire, à leur origine, ou leur religion, ce que la France n’a jamais demandé à personne. Il faut retrouver la force de montrer aux anciens combien cette jeunesse va contribuer, elle aussi, à faire de la France un pays moderne capable de garder son haut niveau de solidarité et de protection sociale.

Ce sont, notamment, les initiatives et les mesures pratiques qui permettront d’aller dans ce sens que La Gauche Moderne défendra au sein de la majorité présidentielle, comme elle les expliquera dans le cadre du débat d’ensemble qui s’engage.

Gilles Casanova

La Gauche Moderne

Pourquoi un parti de gauche peut soutenir Sarkozy

Le Vendredi 13 novembre 2009

La politique de Nicolas Sarkozy  s’avère bien différente des caricatures assénées ça et là, et ne peut être assimilée à une politique de droite. Si Nicolas Sarkozy est, comme il l’admet lui-même, « épidermiquement » de droite, si sa tradition, ses réflexes, certaines de ses déclarations, ses méthodes parfois sont d’un homme de droite (encore qu’il ait évolué depuis son élection), il inspire et mène une politique que l’on ne peut pas qualifier de droite: une politique de changement profond, de régulation ciblée, concernée par la solidarité, refusant les discriminations et mise en œuvre par un gouvernement dont on ne peut que souligner la diversité. Cette politique, qui répond aux besoins urgents du pays, convient tout à fait aux sociaux libéraux que nous sommes, même si nous souhaitons, et c’est l’objectif même et la justification  de La Gauche Moderne, contribuer à renforcer encore son aspect social.

Nous approuvons la politique étrangère de Nicolas Sarkozy dont la stratégie de dialogue, et de présence active  a renforcé le rôle de la France. Plus ouvert que ses prédécesseurs de droite vis-à-vis des Etats-Unis, dont il accompagne notamment la lutte contre le terrorisme, il a obtenu que la France pèse davantage là où se prennent les décisions stratégiques. Les efforts déployés pour le Darfour, l’action pour la paix au Moyen-Orient passant par la relance des contacts avec la Syrie, le projet qui commence à se concrétiser d’une « Union Pour la Méditerranée », la sortie du blocage de la situation de l’Union européenne par l’élaboration du traité de Lisbonne qui relance la machine Européenne, les réunions du G20 qui visent à traiter les racines de la crise et d’aller vers une moralisation du capitalisme, et qui doivent beaucoup à son initiative, sont autant de succès à porter à son crédit.

La démocratie a connu de nouveaux progrès avec la  réforme des institutions qui a permis d’élargir l’intervention citoyenne – avec un droit d’initiative et une possibilité de saisine du Conseil Constitutionnel – d’augmenter les pouvoirs d’initiative et de contrôle du Parlement et de mieux encadrer ceux du Président (qui, pour la première fois verra limités à deux le nombre possible de ses mandats). La pratique confirme cette évolution : le Président voit son temps de parole pris en compte, ce qui n’avait, jusqu’ici, jamais été le cas ; le gouvernement n’a jamais été si ouvert et si divers, l’opposition se voit reconnaître au Parlement des droits et des pouvoirs nouveaux, avec notamment la présidence de commissions et un temps de parole accru par rapport à la majorité ; la liberté d’expression et de critique est plus grande que jamais, dans la presse (souvenons-nous du temps où François Mitterrand faisait écouter les journalistes), mais aussi dans la majorité qui se montre bien indépendante, et jusqu’au sein du gouvernement.

La réponse à la crise, cherchant sur le long terme une refondation et une moralisation du  capitalisme et  basée pour l’immédiat,  sur la relance vigoureuse de l’investissement utile, tout  en soutenant le pouvoir d’achat des salariés et des plus vulnérables, n’est pas une politique de droite et nous agrée. Au demeurant, elle réussit.

La volonté de moderniser l’Etat, de réformer son fonctionnement tout en veillant à préserver son rôle et son autorité, d’alléger son coût global (qui limite toute marge de manœuvre notamment sociale), tout en améliorant le revenu des fonctionnaires, particulièrement celui des plus engagés dans le service de l’Etat et des plus performants ; la réforme de l’école pour lui permettre de limiter l’échec en accompagnant mieux  les plus faibles et de rendre, à coût supportable, un meilleur service ; la politique d’autonomie des universités, et le soutien à la recherche et à l’innovation ; la réforme de la santé et de  l’hôpital à laquelle se sont opposés – notons le – les médecins les plus libéraux et qu’ont soutenu des progressistes comme l’ancien ministre socialiste de la santé Claude Evin ; la poursuite de la  réforme nécessaire des retraites menée dans la concertation avec les organisations syndicales (jamais les organisations syndicales n’ont été autant consultées sur les grands sujets et appelées à négocier) ; la méthode de rénovation sociale, assise sur la ratification des  négociation entre acteurs sociaux; la loi de représentativité syndicale ; la reprise de la proposition de la CFDT de créer un Fonds d’Investissement Social pour favoriser l’emploi et la modification des règles d’indemnisation du chômage pour améliorer la couverture des plus précaires ; la politique d’amélioration du pouvoir d’achat des salariés par une action en faveur de la baisse des prix, une plus grande liberté donnée au travail, par la défiscalisation des heures supplémentaires et leur meilleure rémunération, par le développement de l’intéressement et de la participation, et  l’incitation des entreprises à négocier des augmentations de salaires ; la décision d’augmenter fortement  le minimum vieillesse, l’allocation d’adulte handicapé, le minimum retraite pour les agriculteurs; la généralisation du RSA (réforme emblématique de gauche) et son financement par une taxe sur le capital ; le Grenelle de l’environnement qui a permis le lancement de mesures ambitieuses et de long terme favorables à l’environnement et au développement durable et dont on commence à voir (malgré l’opposition d’une partie de la majorité) les premières concrétisations ; la poursuite de la lutte contre la délinquance et l’insécurité qui bénéficie d’abord aux plus modestes aux plus faibles et aux plus fragiles ; la suppression de la publicité à la télévision publique, qui lui permettra de se libérer des contraintes commerciales et de s’ouvrir davantage à la culture…

Voilà quelques bonnes raisons, parmi d’autres, pour que des responsables, des militants, des citoyens à la sensibilité de gauche, refusant le sectarisme comme le conservatisme,  n’aient aucune difficulté à soutenir l’action du Président de la République et à agir au sein de la majorité présidentielle.

Marc d’Héré

L’Écologie bleue

On a tendance à croire qu’il y a une sorte d’équivalence idéologique politique et électorale, entre « écologistes » et « verts ». Les deux mots sont considérés comme pratiquement synonymes, et les médias qui ne s’embarrassent pas de nuances, s’emploient allègrement à les confondre. Et cela malgré la présence de mouvements –certes peu importants- d’« écologistes indépendants », malgré l’irruption d’Europe Ecologie, regroupement plus ouvert, moins sectaire et plus libéral que les verts. Pour les médias cela ne change pas grand-chose, ils continuent à répandre l’idée que tout citoyen, préoccupé par les questions écologiques et soucieux de la protection de l’environnement, doit adhérer aux préjugés, aux thèses, aux injonctions des « verts ». Et voter pour eux.

Or, il est une autre manière de défendre l’environnement, il y a une autre écologie politique, que l’on pourrait appeler « l’écologie bleue ». Cette écologie politique différente, n’est pas représentée par un parti (au nom de quoi d’ailleurs un parti devrait-il s’approprier cette préoccupation universelle ?), mais se retrouve portée  et  mise en œuvre par le gouvernement, sous l’impulsion du Président de la République.

1- A la différence de l’écologie verte (teintée de rouge), « l’écologie bleue » veut favoriser la croissance qui est la condition du développement et du progrès. La décroissance ou le ralentissement de la croissance voulus par les « verts », serait catastrophique pour le pouvoir d’achat et  pour l’emploi – on le voit bien dans cette période de crise – et diminuerait les moyens disponibles pour une politique sociale comme pour une politique écologique. Oui, il peut y avoir une écologie de la croissance, d’autant que les investissements réalisés dans les secteurs de l’énergie, des  transports – développement des transports en commun et des transports « propres », sans pénaliser les utilisateurs de voiture individuelle – du logement, participeront à cette croissance et au développement.

2- « L’écologie bleue » est une écologie offensive qui compte sur le progrès et l’innovation pour assurer la protection de l’environnement. Plus que sur la restriction, la privation, sur la limitation culpabilisante de la consommation, l’écologie bleue considère que c’est par des investissements massifs dans la recherche, par  les progrès de la science et de la technique que nous protègerons le mieux et de manière la plus durable, notre environnement. Ce n’est pas en adoptant une attitude défensive, en restreignant de manière drastique la consommation d‘énergie, et certainement pas  en renonçant au nucléaire – énergie propre, qui assure notre indépendance énergétique – que nous « sauverons » la planète, mais bien en accélérant les efforts de recherche et de mise en oeuvre des énergies renouvelables.  Nous ne voulons pas de cette fausse écologie, tournée vers le passé, effrayée par tout changement, opposée au progrès et prônant une utilisation paralysante du principe de précaution.

3- « L’écologie bleue » est une écologie de la liberté et de la responsabilité. Elle respecte, autant qu’il est possible, le libre arbitre des individus et des sociétés. Refusant l’écologie tyrannique et  punitive qui est celle du parti  « vert », nous ne voulons pas imposer des règles contraignantes ou infliger des contributions et des charges excessives. Nous voulons inciter et non contraindre à une attitude écologique. Les exemples de la taxe carbone (fixée à un niveau raisonnable, et compensée) ou du bonus-malus automobile vont clairement dans ce sens de l’incitation : ceux qui font des efforts et pollueront moins seront gagnants quand seuls ceux qui continueront à polluer paieront davantage. L’écologie ne doit pas être un élément d’une idéologie opposée à l’économie de marché et au dynamisme économique, en  emboîtant le pas  à l’extrême gauche, mais doit participer au développement nécessaire et peut s’intégrer à la politique  de réforme et de modernisation voulue par le gouvernement.

Cette « écologie bleue », dont les principes, qui commencent à se concrétiser dans le cadre du « Grenelle de l’environnement » et se sont étendus à l’Europe lors de la « présidence française », s’affirme comme une écologie pragmatique et de progrès, une écologie efficace, responsable et ambitieuse. C’est celle que défendront les listes d’Union de la majorité lors des prochaines élections régionales et c’est celle qu’elles mettront en œuvre dans les Régions, si les Français leur accordent majoritairement leur soutien.

Marc d’Héré