Archive pour septembre 2009
Communiqué
L’imposition des indemnités versées aux accidentés du travail, à l’image des indemnités de congé maladie, ne sera pas présentée dans le projet de budget du gouvernement. La Gauche Moderne se reconnaît dans cette prudence de bon aloi du gouvernement.
Cette proposition d’alignement des deux régimes, pour qu’elle représente une mesure comprise comme destinée à faire progresser l’équité, devrait faire l’objet d’une concertation préalable avec les acteurs sociaux avant toute décision législative.
D’autre part de nombreuses niches fiscales représentent, en termes budgétaires comme en termes d’opportunité, des cibles plus intéressantes que la petite niche sociale que pourraient constituer les accidentés du travail.
Daniel Marsin,
Sénateur, Porte-parole de La Gauche Moderne
www.lagauchemoderne.org
Article paru dans Le Journal du Dimanche le 23/09/09
Mercredi 23 septembre 2009
Bockel: La Gauche Moderne est un marqueur
le JDD.fr du 21 09…
La Gauche Moderne tenait ce week-end ses Rencontres nationales. Deux ans après sa fondation, le mouvement compte 1500 adhérents. « Nous sommes peut être une petite formation politique mais une formation qui existe réellement sur le terrain », assure au JDD.fr Jean-Marie Bockel, son président et secrétaire d’état auprès de la ministre de la Justice. Il table sur des régionales réussies pour asseoir un peu plus son mouvement en vue de 2012. Et ambitionne d’accueillir des socialistes déboussolés.
Comment se porte votre mouvement? Il progresse. Nous sommes encore petits mais nous sommes désormais présents dans toute la France. Nous avons 150 conseillers municipaux depuis les municipales de 2008 et deux députés de la Gauche Moderne ont été élus lors des européennes. Nous avons eu la capacité de présenter des candidats crédibles aux européennes, et nous l’aurons aux régionales. C’est la preuve que nous sommes peut être une petite formation politique mais une formation qui existe réellement sur le terrain.
Diriez-vous que votre mouvement a réellement trouvé sa place sur l’échiquier politique? Je ne peux pas dire ça. La Gauche Moderne trouvera vraiment et durablement sa place quand il se sera renforcé, quand il aura une influence, un poids plus important, une capacité à produire des idées. Nous bossons, nous avons un vrai corps de doctrine mais nous sommes encore trop faibles. On ne nous entend pas assez. Nous sommes au milieu du gué, nous avons accompli beaucoup de chemin depuis un an, où certains prédisaient que dans six mois, nous ne serions plus rien. Je prends le pari qu’après les régionales, nous serons encore mieux implanté dans le paysage et en 2012, vraiment inscrits, respectés. J’espère que nous aurons des parlementaires, que nos idées, nos propositions soit reconnues.
« Un coup de gueule utile »
A court terme, quelle est votre ambition pour les élections régionales? Aux européennes, nous avons eu une stratégie réaliste: on n’avait demandé aucune place éligible. Certains avaient souri à l’époque, mais finalement, nous avons deux élus. Il faut savoir prendre des risques quand on est petit… Là, nous avons la capacité d’avoir des places éligibles dans certaines régions où nous sommes assez fort, comme l’Ile-de-France ou l’Alsace. Dans d’autres, on jouera le succès: si on gagne, on est élu, si on perd, on ne l’est pas. Et là où nous sommes plus faible, nous serons « pousseurs », pour marquer notre présence, notre soutien. C’est une stratégie réaliste et appréciée. A l’UMP, nous sommes vus comme des alliés libres indépendants mais fiables.
Se revendiquer de gauche, dans une majorité à droite, vous vous êtes habitué? Nous ne sommes pas une sensibilité de l’UMP comme peuvent l’être les Progressistes ou le Parti radical, qui pratiquent la double adhésion. Nous sommes autre chose, nous ne sommes pas associés à l’UMP, au même titre que le Nouveau Centre. Nous sommes la formation politique indépendante, alliée à la majorité, qui symbolise sur le plan d’une formation politique l’aile gauche de la majorité. Je parle beaucoup avec les travaillistes britanniques, les sociaux-démocrates allemands ou les socialistes italiens: partout nous sommes considérés comme un élément de la gauche européenne, certes allié avec la droite dans un contexte particulier, celui de la politique de réforme menée par le président Sarkozy. Il n’y a qu’en France qu’on se fait insulter de traître. Ailleurs on comprend, voire cela paraît assez naturel, car beaucoup de députés socialistes européens se sentent plus proches de nos idées ou de celles de Sarkozy, que de celles du PS français. Dans cette majorité, nous voulons garder cette sensibilité propre, la liberté de ne pas être d’accord, voire si vraiment on n’est pas d’accord, de partir. Mais c’est aussi ce qui donne de la valeur à notre soutien.
Et vous pensez que ce positionnement vous permettra d’attirer à vous des socialistes déçus par ce qui se passe au PS, comme vous l’avez souhaité ce week-end? Nous pouvons attirer l’électorat de gauche qui se détourne du PS, qui se pose des questions, qui ne se retrouve pas dans le caractère trop dogmatique des Verts et qui ne rejette pas en bloc tout ce que fait le gouvernement. Pour tous ces socialistes déçus, nous pouvons être, comme je l’ai dit, « un permis de voter ». Un marqueur. Le fait que nous soyons au gouvernement montre qu’ils ne sont pas tous seuls à se poser des questions. Ils peuvent voter pour des gens de la majorité qui pensent comme eux et ont toute leur place au sein du gouvernement. Evidemment je parle de ceux qui se sentent proche de la grande tradition européenne de centre gauche. Ce qui peut être appelé la droite du PS en France et qui serait appelé partout en Europe l’axe de la gauche.
Vous ne vous opposez peut-être pas assez pour attirer des électeurs socialistes, mêmes déçus… S’opposer pour s’opposer, sans que cela ait d’effets ensuite, cela ne nous rendra pas plus crédibles. Nous somme d’abord une force de proposition. A plusieurs reprises, ce qu’on a pu dire a contribué à des réformes, comme sur la flexi-sécurité. Lorsque Philippe de Villiers a intégré le comité de liaison de la majorité, je crois que mon coup de gueule a été utile. J’avais dit que pour que ce rassemblement fonctionne, il ne fallait pas être négatif comme Philippe de Villiers, qui ne disait à l’époque que vouloir être « contre » la gauche. J’avais souligné qu’il fallait aussi être « pour », construire quelque chose de manière durable. Ça a été entendu. Cela dit, nous restons vigilants et attentifs. Mais je n’ai pas de raison non plus d’être sectaire a priori sur Philippe de Villiers, puisqu’on ne l’a pas été avec moi.
Jean-Marie Bockel dans le jdd.fr
Contribution énergie climat : pour une réforme juste
Vendredi 4 septembre 2009
Par Simon Pierre Trezeguet
Le Président de la République a raison de dire qu’il ne sert à rien de revendiquer une croissance verte si on a pas le courage politique d’aller jusqu’au bout du raisonnement, et donc de mettre en place une fiscalité qui décourage la pollution, et encourage les bonnes pratiques. Nous devons changer nos habitudes de consommation, en particulier énergétiques. Les Français l’ont largement accepté, à un point tel que 40% d’entre eux sont prêts à accepter la Contribution Energie Climat dans sa forme actuelle !
La Contribution Energie Climat n’est pas une taxe nous dit-on, mais un mécanisme incitatif pour faire évoluer les comportements et nos modes de consommation. Soit. La prime à la casse, couplée au bonus/malus écologique, est un mécanisme incitatif très efficace qui retire de la circulation de vieux véhicules polluants pour de nouveaux véhicules beaucoup moins polluants. En plus, cela permet de soutenir notre industrie automobile !
Mais si nous augmentons le prix de l’essence demain, quel nouveau comportement allons-nous favoriser ? Les millions de Français qui doivent obligatoirement prendre leur voiture pour aller au travail, emmener les enfants à l’école, les emmener à leurs activités du mercredi, pour aller faire leurs courses, pour aller visiter leur famille, vont-ils pouvoir librement opter pour un autre mode de transport (transport en commun, voiture électrique, vélo) ? Non car les infrastructures n’existent pas, les modèles de voitures n’existent pas. Aujourd’hui, une voiture électrique coûte au moins 25 000 euros à l’achat. Il n’existe pas de citadines électriques abordables (autour de 15 000 euros). Ces modèles n’arriveront pas sur le marché avant 2011.
Aujourd’hui, il ne serait pas juste de mettre en œuvre la Contribution Energie Climat sur l’essence et le diesel, car cette mesure n’aurait quasiment aucun rôle incitatif à l’adoption de nouveaux comportements ou de nouvelles technologies.
Aussi, je préconise que la mise en place de la Contribution Energie Climat (avec une tonne de CO2 à 32 euros) soit synchronisée avec l’arrivée sur le marché de véhicules électriques urbains (si possible fabriqués en France). C’est-à-dire qu’il faut annoncer aujourd’hui qu’elle rentrera en vigueur en 2012. Cela donnera de la visibilité aux industriels pour leur permettre les investissements nécessaires. Cela donnera de la visibilité aux particuliers pour qu’ils commencent à adapter aujourd’hui leurs décisions afin d’être prêt en 2012 (choix du logement, du véhicule, des écoles, etc.).
En attendant, la prime à la casse et le bonus/malus écologique doivent être prolongés, en étant plus sélectifs qu’aujourd’hui.
En parallèle, on peut dès 2010 mettre en place une Contribution Energie Climat sur le chauffage au fioul. Les technologies existent pour remplacer ce mode de chauffage par des technologies propres (pompe à chaleur en relève de chaudière, chauffe-eau solaire, etc.). On peut donc surtaxer significativement le fioul (32 euros voire plus) et utiliser cet argent pour financer les travaux. On peut aussi dès maintenant mettre en place une taxe sur les emballages vendus en France (y compris sur les produits importés).
Le Grenelle de l’Environnement a validé de nombreuses mesures qui créeront les conditions du choix face à la Contribution Energie Climat. Il faut donc mettre en œuvre ces mesures maintenant et prévoir une montée en puissance progressive de la Contribution Energie Climat.
Une réforme juste pour une fiscalité écologique, c’est d’abord inciter les citoyens à faire les bons choix. En l’absence de choix, il ne peut y avoir de justice.
Simon-Pierre TREZEGUET
Membre du Conseil National de La Gauche Moderne
Interview de Jean-Marie Bockel parue dans le JDD (01/09/09)
Bockel : l’illusion de La Rochelle
Ce week-end à La Rochelle, le PS a affiché une unité retrouvée. Vous y croyez?
Disons que j’ai du mal à y croire. Martine Aubry a certes pratiqué un exercice de synthèse – que j’ai bien connu quand j’étais au PS – mais j’ai du mal à penser qu’il puisse marquer une unité retrouvée. Dans tout ce qui a été dit cet été par les uns et les autres, on a en effet pu observer des visions stratégiques très différentes. Et connaissant bien les socialistes, je ne crois pas une seconde que tout ceci ait pu disparaître en deux jours à La Rochelle.
On a tout de même senti que Martine Aubry avait fixé un cap précis, tant au niveau calendrier que du projet…
Sur le calendrier, je ne le conteste pas, bien que je demande à voir sur quoi cela va déboucher dans les faits. Sur le projet, permettez-moi de vous dire que cela serait une grande première… Non pas que le PS sorte un document qui s’appelle projet, mais qu’il arrive à proposer aux Français une alternative crédible à la politique de réformes que nous menons. Je serais même extrêmement étonné que ce soit le cas.
La « régression » du coup de barre à gauche
Tout de même, valider le principe de primaires ouvertes ou organiser la consultation des militants au sujet de nouvelles règles au PS, c’est bien un signe d’ouverture du parti?
Je le dis sans esprit polémique, mais à La Rochelle, on a quand-même vu Mme Duflot (secrétaire nationale des Verts, ndlr) venir faire la leçon aux socialistes (lire: Duflot en toute franchise). Quant à Martine Aubry, si son discours de vendredi donnait certains gages d’ouverture à ses partenaires, celui de dimanche a absolument tout refermé, tout reverrouillé. On a assisté au retour de la rhétorique classique du Parti socialiste, quand elle a par exemple expliqué que le projet socialiste devait précéder la question des alliances.
En somme, vous semblez ne pas beaucoup croire à une possible alliance entre le PS et Europe Ecologie…
Je connais trop bien les différences à la fois idéologiques mais également de projet qui existent entre socialistes et écologistes. Regardez la cacophonie actuelle sur la taxe carbone par exemple. Je suis donc très sceptique sur leur capacité à trouver un terrain d’entente sur les bases d’un projet de gouvernement de la France. Le rapprochement de ce week-end n’était qu’un effet d’optique. Un bel effet certes, mais quand on creuse un peu, on se rend vite compte que cela ne marchera jamais. J’ai trop d’expérience de tout cela pour y croire, j’ai traversé trop de déceptions au sein du PS pour être séduit par ce que je considère être une illusion.
Dans son discours de clôture, Martine Aubry a mis la barre à gauche (lire: Aubry redonne espoir au PS). Certaines de ses propositions vous ont-elles séduit?
Pas du tout. Là encore, je connais trop bien cette tactique du « coup de barre à gauche » qui vise seulement à rassembler, même pas les adhérents socialistes, mais seulement les militants qui s’étaient déplacés à La Rochelle. Sur le moment, ça marche à tous les coups, mais la potion est amère et les lendemains sont toujours des lendemains de gueule de bois. Alors que l’on sait que le PS est divisé, cette tactique procède même de la régression, au sens psychologique du terme.
« Personne n’a à se renier »
Que voulez-vous dire par là?
Je veux dire que derrière tout cela, où se trouve le projet? Il faut être clair, et le passé l’a bien prouvé: soit ce coup de barre à gauche ne permet pas de gagner, soit il ne permet pas d’agir, comme on l’a vu avec les contradictions de l’époque Jospin, où l’on a fait des bêtises – comme les 35 heures – dans le seul et unique but d’envoyer un signe à son électorat. Dans les deux cas, cela conduit à une impasse. Malgré une légère euphorie sur le moment, cela ne se termine jamais bien…
Vous êtes sévère avec la gauche et le PS, mais de votre côté, au sein de la majorité, vous devez désormais composer avec le MPF de Philippe de Villiers. Regrettez-vous toujours cette ouverture à droite?
Je n’ai jamais eu d’opposition de principe à cette ouverture. Lorsque je me suis exprimé sur ce sujet à la mi-août, je n’ai pas fait de sectarisme, mais j’ai seulement dit que la Gauche moderne ne pouvait pas simplement se retrouver avec le MPF sur la seule idée que nous avions un adversaire commun. Or, en fin de semaine dernière, j’ai enfin pu avoir une conversation téléphonique avec Philippe de Villiers et j’ai pu être rassuré sur le fait que nous avions des éléments de projet à partager. Ceux-ci restent encore à discuter et à approfondir, mais, autant on peut garder des points de désaccord – personne n’a à se renier -, autant, dans la perspective des élections régionales et d’autres scrutins, nous pensons pouvoir les dépasser pour construire la plate-forme commune de l’ensemble de la majorité. Je n’oublie d’ailleurs pas que c’est de Villiers qui a fait la démarche de nous rejoindre, et pas le contraire. Il n’y a donc pas lieu d’être inquiet sur l’axe de la majorité. Sur ce point, j’ai acquis la certitude que le terrain avait été bien déminé.
Nicolas Moscovici – leJDD.fr
Mardi 01 Septembre 2009